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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1906151

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1906151

mardi 25 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1906151
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELARL VERPONT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés respectivement le 15 mai 2019, le 13 septembre 2019, le 25 mars 2020, le 5 mai 2021, le 28 janvier 2022, le 4 mars 2022, le 8 avril 2022, la société Axeme Déco, représentée par Me Corre, demande au juge des référés du tribunal :

1°) à titre principal de condamner la commune de Pierrelaye à lui verser, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la somme de 284 889,54 euros TTC assortie des intérêts moratoires au taux légal, majoré de huit points, courant à compter de l'émission de chaque situation et de prononcer la capitalisation des intérêts conformément aux dispositions de l'article 1154 du Code civil ;

2°) à titre subsidiaire de modérer les pénalités et retenues appliquées par la commune de Pierrelaye ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Pierrelaye la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable conformément aux dispositions de l'article 50.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux 2009 dès lors qu'elle justifie de la notification de son mémoire en réclamation aux sociétés Mikou design studio et à la société Projexia ;

- la commune n'a pas honoré le paiement de la facture n°18080 (situation n°9) d'un montant de 164 790,79 euros TTC ainsi que la facture n°18082 (situation n°10) d'un montant de 37 610,82 euros TTC et enfin la facture n° 18095 (situation n°11) d'un montant de 56 206,21 euros TTC, soit un total restant dû de 258 607,82 euros ; en raison de ces impayés une mise en demeure a été adressée à la commune le 9 janvier 2019 ;

- elle est fondée à saisir le tribunal sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dès lors qu'elle détient sur la ville une créance non sérieusement contestable de 258 607,82 euros toutes taxes comprises, augmentée des intérêts moratoires ;

- la commune n'a pas réglé les sommes dues alors que les situations n°10 et n°11 n'ont pas été contestées à réception ;

- la commune n'a pas déféré aux nombreuses mises en demeure ni même au mémoire en réclamation du 5 avril 2019 ;

- la commune a procédé à une retenue d'un montant de 3 400 euros au titre d'une pénalité pour non-respect du nettoyage du chantier alors que la somme correspondante a déjà été prélevée ;

- la commune revendique dans le cadre de l'établissement du solde du marché une somme totale de 590 116,19 euros au titre des pénalités de retard (pénalités de retard pour non-respect du nettoyage, pénalités de retard afférantes aux travaux de serrurerie / métallerie, pénalités de retard afférentes au sinistre de la cuisine, pénalités de retard pour emploi de sous-traitant non déclaré) et au titre des retenues (retenue de garantie de 5%, retenue pour réparation du préjudice résultant d'un sinistre relatif à la cuisine, retenue pour non réalisation de travaux prévus au marché et retenues) ;

- les pénalités retenues sont manifestement excessives en ce qu'elles représentent près de 50 % du marché de base ;

- contrairement à ce que soutient la commune le simple fait d'appliquer des pénalités et retenues n'a pas pour effet de rendre la créance sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;

- elle est fondée à contester les pénalités : les pénalités de retard ne sont pas justifiées dès lors que le délai prévisible d'achèvement était prévu pour la fin du mois de juin 2018, qu'au 21 janvier 2018 le bâtiment était toujours hors d'eau et hors d'air, que le planning n'a pas été modifié alors même que des travaux supplémentaires ont été confiés en cours de chantier par les avenants n°3, n°4 et n°5, que des modifications ont été apportées, que les plans de la zone de désenfumage étaient attendus et enfin que la commune ne justifie pas d'un constat précis attestant du retard reproché ; les pénalités pour non-respect du nettoyage ont déjà été déduites des situations en raison de l'émission de deux titres de recettes ; la commune opère improprement des retenues pour pénalités alors qu'il s'agit de retenues sujettes à discussion ; la commune ne peut cumuler des pénalités et des indemnités pour un préjudice qu'elle aurait subi, et enfin que les travaux qu'elle a réalisés sont parfaitement achevés et les réserves levées ;

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 juillet 2019, le 13 décembre 2019, le

24 juillet 2020, le 2 mars 2021, et le 10 mai 2021, le 26 janvier 2022, le 28 janvier 2022 la commune de Pierrelaye, représentée par Me Toihiri, demande au juge des référés de rejeter les conclusions de la société Axeme Déco et de mettre à sa charge la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'en produisant à l'instance qu'un bordereau de dépôt d'une lettre recommandée dépourvu de date ou de cachet des services postaux, la société requérante ne justifie pas avoir transmis un mémoire en réclamation dans les conditions prévues à l'article 50.1 du CCAG travaux 2009 ;

- la créance dont se prévaut la société requérante est sérieusement contestable. Le montant total du marché après avenants et révision des prix s'élève à la somme de 1 505 018,71 euros et une somme de 1 217 044,17 euros TTC a été versée à la société Axeme Déco au titre des différents acomptes versés entre janvier et août 2018 ;

- sur l'application des pénalités de retard : la société requérante apparaît mal fondée à solliciter le versement d'une provision au titre du paiement du solde de son marché, en se prévalant d'une créance non sérieusement contestable dès lors qu'en raison de retards dans la réalisation des obligations contractuelles, des pénalités de retard ont été appliquées. En retranchant le montant des pénalités de retard applicables de la somme restant à payer au titre des travaux relevant du lot n°3, la société Axeme Déco n'apparaît pouvoir solliciter le paiement d'aucune somme dans la mesure où elle est redevable d'une somme de 88 737, 86 euros. L'application de pénalités de retard au débit du compte du titulaire d'un marché, quand bien même ce dernier contesterait leur bien-fondé, empêche qu'il puisse être considéré qu'il disposerait d'une créance non sérieusement contestable à la charge du maître d'ouvrage. La société requérante devra être déboutée de sa demande de provision, a minima, à proportion de la somme de 376 712, 40 euros correspondant au montant des pénalités pour retard dans l'exécution de ses prestations.

- sur l'application des pénalités afférentes au non-respect des obligations de nettoyage : c'est à bon droit que la commune de Pierrelaye a procédé à une retenue sur acompte en raison du défaut de nettoyage de la société Axeme Déco ;

- sur l'application de pénalités de retard afférentes au travaux de la société : le délai global d'exécution du marché a été fixé à 16 mois à compter du 1er décembre 2016. Le retard par tâche a été constaté dans un tableau puis constaté par le maître d'œuvre au contradictoire de la société Axeme Déco au cours des opérations préalables à la réception. En tout état de cause, il ne relève pas du juge des référés de se prononcer sur le bien-fondé de l'application de pénalités de retard.

- sur l'application de pénalités afférentes au non-respect des obligations de nettoyage dans la cuisine : à la fin de l'année 2018, la société Axeme Déco a été impliquée dans un sinistre relatif à la cuisine centrale et n'a toujours pas remédié aux désordres résultant de son défaut de nettoyage.

- sur l'application de pénalités de retard afférentes au non-respect des obligations de déclaration des sous-traitants : à l'occasion du sinistre de la cuisine centrale, il a été découvert

que la société Axeme Déco faisait intervenir sur le chantier, au minimum, trois sous-traitants non déclarés.

- sur l'application d'une retenue de garantie de 5 % : la société Axeme Déco a fourni une garantie à première demande uniquement pour le marché de base et non pour les différents avenants au marché. En conséquence, c'est à bon droit que, conformément aux stipulations de l'article 6.1 du CCAP, la commune a conservé 5% du montant cumulé des avenants au marché non couverts par une garantie à première demande.

- sur le sinistre de la cuisine centrale : la commune ne demande pas la réparation d'un préjudice consécutif au retard de la société requérante mais celle d'un préjudice distinct correspondant au coût que représentent les frais de remplacement du matériel endommagé du fait du manquement du sous-traitant.

- sur la moins-value pour travaux non réalisés : la commune est fondée à déduire du montant du marché une somme de 92 251,61 euros TTC correspondant à des travaux prévus au marché de la société mais qu'elle n'a pas réalisés.

- la société Axeme Déco n'est pas fondée à se prévaloir d'une créance non sérieusement contestable et sa demande de provision devra être rejetée à concurrence d'une somme de 376 712, 40 euros correspondant à l'application de pénalités de retard, qui, par leur nature, échappent au débat devant le juge du référé provision.

- sur la demande de modulation des pénalités de retard : la demande sera rejetée dès lors qu'il ne relève pas de l'office du juge du référé provision de procéder à une modulation des pénalités de retard. En outre, la société requérante ne justifie aucunement de motifs permettant qu'il soit procédé à une modulation.

Par un mémoire, enregistré le 27 juillet 2022, la société Axeme Déco demande au tribunal de donner acte de son désistement d'instance et d'action.

Par un mémoire, enregistré le 27 juillet 2022, la commune de Pierrelaye demande au tribunal de donner acte à la société Axeme Déco de son désistement.

Vu les pièces jointes au dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gabarda, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

1. Dans le cadre de l'édification d'un groupe scolaire maternelle et élémentaire, la commune de Pierrelaye a, par un acte d'engagement notifié le 22 novembre 2016, attribué à la société Axeme Déco la réalisation du lot n° 3 " second œuvre ", pour un montant global forfaitaire initial de 1 393 114,26 euros toutes taxes comprises. Par un ordre de service n°2, la commune de Pierrelaye a notifié à la société Axeme Déco le démarrage des travaux à compter du 10 février 2017 pour une période d'exécution de 14 mois s'achevant au 10 avril 2018. Postérieurement aux opérations préalables à la réception des travaux organisées le 10 octobre 2018, la société Axem Déco a adressé pour paiement à la commune de Pierrelaye une facture n°18080 d'un montant de 164 790,79 euros TTC (situation n°9), une facture n°18082 d'un montant de 37 610,82 euros TTC (situation n°10) et enfin une facture n° 18095 d'un montant de 56 206,21 euros TTC (situation n°11). Par un mémoire en réclamation en date du 5 avril 2019, la société Axeme Déco a sollicité auprès de la commune de Pierrelaye le versement d'une somme totale de 300 869,78 euros avec intérêts moratoires au titre des trois factures considérées comme impayés pour un montant total de 258 607,82 euros et au titre de la révision du prix pour un montant de 42 261,96 euros. Par la présente requête, la société Axeme Déco demande au juge des référés à titre principal de condamner la commune de Pierrelaye à lui verser, à titre de provision, la somme de 284 889,54 euros TTC assortie des intérêts moratoires, et à titre subsidiaire de modérer le montant des pénalités appliquées par la commune de Pierrelaye.

Sur la demande principale tendant au versement d'une provision et à la modulation des pénalités :

2. Par un mémoire, enregistré le 27 juillet 2022, la société Axeme Déco déclare se désister de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais d'instance :

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou à défaut la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () " ;

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société Axeme Déco une somme au titre des frais exposés par la commune de Pierrelaye et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de la société Axeme Déco.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Pierrelaye présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Axeme Déco et à la commune de Pierrelaye.

Fait à Cergy, le 25 octobre 2022.

Le juge des référés,

signé

O. Gabarda

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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