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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1907106

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1907106

jeudi 30 juin 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1907106
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantWAN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 juin 2019, la société civile immobilière (SCI) Erval, représentée par Me Oliel, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de prononcer la restitution des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dont elle s'est acquittée au titre de l'année 2014 à raison de la plus-value réalisée lors de la cession d'un appartement sis 26 rue Perronet à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à concurrence de la somme de 4 428 euros ;

3°) de condamner l'Etat aux dépens de l'instance ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le prix d'acquisition à retenir pour déterminer le montant de la plus-value de cession immobilière est celui effectivement acquitté par le cédant tel que stipulé dans l'acte, en application des dispositions de l'article 150-VB du code général des impôts et des prévisions du paragraphe n° 80 de la doctrine administrative référencée BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 du 12 septembre 2012 ;

- les dépenses liées à la création d'une cloison de séparation constituent des travaux d'amélioration déductibles du prix de cession.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 novembre et 10 décembre 2019, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut, d'une part, au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements d'un montant total de 49 054 euros prononcés en cours d'instance et, d'autre part, au rejet du surplus des conclusions de la requête.

A concurrence de ce surplus, elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la SCI Erval n'est fondé.

Par ordonnance du 5 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 septembre 2021.

Par lettres des 26 novembre 2019 et 2 mai 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés, d'une part, de l'erreur de détermination du redevable de l'imposition en litige, seuls les associés d'une société civile immobilière n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux étant les redevables légaux, à proportion de leurs droits dans la société, de l'impôt sur le revenu et des plus-values de cession immobilière et, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions de la SCI Erval tendant à la restitution des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dont elle s'est acquittée au titre de l'année 2014, faute d'intérêt à agir.

Par un mémoire, enregistré le 2 mai 2022, la SCI Erval présente ses observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Barès, premier conseiller ;

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière (SCI) Erval, qui exerce une activité de location de biens immobiliers à Saint-Nom-La-Bretèche (Yvelines), a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de son dossier fiscal au titre de l'année 2014, selon la procédure de rectification contradictoire. A l'issue de ce contrôle, l'administration fiscale a remis en cause le montant de la plus-value immobilière réalisée par la société lors de la cession d'un appartement sis 26 rue Perronet à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). La SCI Erval demande au tribunal de prononcer, d'une part, la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a subséquemment été assujettie au titre de l'année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes, et, d'autre part, la restitution des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dont elle s'est acquittée au titre de l'année 2014 à raison de cette plus-value, à concurrence de la somme de 4 428 euros.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 9 décembre 2019, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a prononcé le dégrèvement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles la SCI Erval a été assujettie, au titre de l'année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une somme totale de 49 054 euros. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.

Sur la recevabilité du surplus des conclusions présentées par la SCI Erval :

3. Aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " () les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. Il en est de même () : 1° Des membres des sociétés civiles (). ". Selon l'article 150 U de ce code : " I. Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH (). ". L'article 150 VB du code général des impôts dispose que : " I. - Le prix d'acquisition est le prix effectivement acquitté par le cédant, tel qu'il est stipulé dans l'acte, étant précisé que ce prix s'entend de l'existant et des travaux dans le cas d'une acquisition réalisée selon le régime juridique de la vente d'immeuble à rénover. () / II. - Le prix d'acquisition est, sur justificatifs, majoré : / () 4° Des dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, supportées par le vendeur et réalisées par une entreprise depuis l'achèvement de l'immeuble ou son acquisition si elle est postérieure, lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'elles ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. () ". Aux termes de l'article 150 VF du même code : " I. L'impôt sur le revenu correspondant à la plus-value réalisée sur les biens ou droits mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est versé par la personne physique, la société ou le groupement qui cède le bien ou le droit () II. En cas de cession d'un bien ou d'un droit mentionné aux articles 150 U et 150 UB par une société ou un groupement qui relève des articles 8 à 8 ter, l'impôt sur le revenu afférent à la plus-value est dû au prorata des droits sociaux détenus par les associés soumis à cet impôt présents à la date de la cession de l'immeuble. L'impôt acquitté par la société ou le groupement est libératoire de l'impôt sur le revenu afférent à la plus-value dû par ces associés L'impôt sur le revenu afférent à la plus-value dû par les associés qui ne sont pas fiscalement domiciliés en France ou dont le siège social est situé hors de France est acquitté par la société ou le groupement selon les modalités prévues à l'article 244 bis A. () ". Enfin, selon l'article 150 VH du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu afférent à la plus-value réalisée sur les biens mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est versé lors du dépôt de la déclaration prévue à l'article 150 VG (). ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'en cas de cession de biens immobiliers ou de droits relatifs à ces biens par une société civile immobilière n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, les associés de cette société qui sont soumis à l'impôt sur le revenu sont les seuls redevables légaux, à proportion de leurs droits dans la société, de l'impôt sur la plus-value de cession prévu par l'article 150 U du code général des impôts, établi et recouvré dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH du même code. Les dispositions combinées des articles 150 VF et 150 VH prévoient qu'en cas de cession d'un bien ou droit immobilier par une société ou un groupement soumis au régime fiscal des sociétés de personnes, l'impôt est acquitté par cette société ou ce groupement lors du dépôt de la déclaration prévue à l'article 150 VG et est libératoire de l'impôt sur le revenu afférent à la plus-value dû par les associés soumis à cet impôt.

5. Il est constant que la SCI Erval n'a pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux. Dès lors, il résulte de ce qui précède que si elle s'est effectivement acquittée du montant de la plus-value immobilière en litige, elle a agi pour le compte de ses associés, qui en sont les seuls redevables. Dans ces conditions, elle ne dispose pas d'un intérêt à demander la restitution d'une quote-part des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dont elle s'est acquittée au titre de l'année 2014 à raison de cette plus-value. Par suite, de telles conclusions doivent être rejetées comme étant irrecevables.

Sur les dépens de l'instance :

6. La société requérante n'établit pas avoir engagé de dépens dans la présente instance. Sa demande tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de l'Etat ne peut donc, en tout état de cause, qu'être rejetée.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des conclusions de la SCI Erval présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SCI Erval à concurrence des dégrèvements de 49 054 euros prononcés par la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise le 9 décembre 2019.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à la SCI Erval au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus de la requête de la SCI Erval est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière (SCI) Erval et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 7 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente,

Mme B et M. A, premiers conseillers,

Assistés de Mme Tainsa, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2022.

Le rapporteur,

signé

M. A

La présidente,

signé

C. ORIOL

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°1907106

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