vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1907289 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | TABI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 juin 2019, 23 mai 2021, 11 août 2021 et 13 février 2022, la société P. ONE, représentée par Me Tabi, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 et 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2013 au 31 octobre 2014, et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société P. ONE soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, dès lors que le service a refusé, à tort, de lui accorder la prorogation du délai de réponse à la proposition de rectification en date du 13 février 2015, qu'elle avait demandée par un courrier en date du 20 mars 2015 ;
- la procédure est irrégulière, dès lors que le service a refusé, à tort, de faire droit à sa demande de saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires ;
- le service n'a pas répondu à ses observations formulées le 20 avril 2015 ;
- le service a méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, dès lors qu'il ne lui a pas communiqué, malgré sa demande en date du 20 avril 2015, les documents que le vérificateur avait obtenus dans le cadre de l'exercice du droit de communication.
Par des mémoires en défense enregistrés les 26 juillet 2019, 23 juin 2021 et 20 décembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut, à titre principal, à la tardiveté de la requête et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir :
- la requête est tardive, dès lors que la seconde décision de rejet, en date du 3 avril 2019, n'était que confirmative de la première décision de rejet, en date du 16 février 2016 et ne pouvait, dès lors, rouvrir le délai de recours contentieux ;
- les moyens de la requête de la société P. ONE ne sont pas fondés.
Par des lettres en date du 9 mai 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins de décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et des pénalités correspondantes au titre de l'année 2014, en l'absence de toute cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et de pénalités correspondantes mise en recouvrement au titre de cette année.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prost, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Barraud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société P. ONE, qui exerce une activité de nettoyage courant de bâtiments, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2013 au 31 octobre 2014. À la suite de ce contrôle, l'administration lui a notifié, par une proposition de rectification en date du 7 décembre 2015, selon la procédure contradictoire des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour l'année 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2013 et, selon la procédure de taxation d'office, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 octobre 2014. Ces impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 29 mai 2015. La société P. ONE a contesté ces impositions supplémentaires par deux réclamations préalables datées des 28 juin 2015 et 31 décembre 2018, qui ont été rejetées par l'administration respectivement les 16 février 2016 et 3 avril 2019.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision en date du 22 juin 2021, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a prononcé le dégrèvement des cotisations d'impôts sur les sociétés, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes auxquelles la société P. ONE a été assujettie au titre de l'année 2013, à concurrence d'une somme de 133 603 euros. Les conclusions de la requête de la société P. ONE relatives à ces impositions sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins de décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2014 et des pénalités correspondantes :
3. Il résulte de l'instruction que l'administration n'a procédé à aucun redressement en matière d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2014. Par suite, les conclusions tendant à la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et des pénalités correspondantes au titre de l'année 2014 sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les autres conclusions aux fins de décharge :
4. Il résulte de ce qui a été dit aux points 1 à 3 que seules les conclusions aux fins de décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de l'année 2014 demeurent en litige. Par suite, ces rappels ayant été établis selon la procédure de taxation d'office, les moyens tirés du refus de lui accorder la prorogation du délai de réponse à la proposition de rectification, l'absence de réponse à ses observations et du défaut de saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
5. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Lorsque le contribuable lui en fait la demande, l'administration est, en principe, tenue de lui communiquer, alors même qu'il en aurait eu connaissance, les renseignements, documents ou copies de documents obtenus auprès de tiers qui lui sont opposés, afin de lui permettre d'en vérifier l'authenticité ou d'en discuter la teneur ou la portée. Il en va autrement s'agissant des documents et renseignements qui, à la date de la demande de communication, sont directement et effectivement accessibles au contribuable dans les mêmes conditions qu'à l'administration. Dans cette dernière hypothèse, si le contribuable établit qu'il ne peut avoir effectivement accès aux mêmes documents et renseignements que ceux détenus par l'administration, celle-ci est alors tenue de les lui communiquer.
6. La société P. ONE soutient qu'elle a été privée de la garantie prévue par l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, dès lors qu'elle a, dans un courrier en date du 20 avril 2015, antérieur à la mise en recouvrement des impositions en litige, demandé la communication de l'ensemble des documents obtenus auprès de tiers sur lesquels l'administration s'était fondée pour établir les impositions mises à sa charge et qu'il n'a pas été répondu à sa demande. Toutefois, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification en date du 13 février 2015, adressée à la société P. ONE mentionne de manière précise les droits de communication réalisés par l'administration dans le cadre de la procédure de vérification de comptabilité et que seuls les relevés bancaires portant sur l'année 2014 obtenus auprès des établissements bancaires de la société requérante ont servi à l'établissement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 demeurant en litige. Dans ces conditions, la société P. ONE ne saurait sérieusement soutenir qu'elle ne pouvait avoir accès, en avril 2015, à ces relevés bancaires dans les mêmes conditions que l'administration. Par suite, la société P. ONE n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été privée de la garantie prévue par l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales et que la procédure serait irrégulière.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise, que les conclusions aux fins de décharge de la société P. ONE doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions susmentionnées font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la société P. ONE doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge de la requête de la société P. ONE à hauteur du dégrèvement prononcé le 22 juin 2021.
Article 2 : Le surplus de la requête de la société P. ONE est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société P. ONE et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. A et M. B, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
F.-X. A
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
Signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026