mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1908011 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SANCHEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2019, la société civile immobilière (SCI) EB2Y, représentée par Me Sanchez, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 20 881 euros, procédant d'un avis à tiers détenteur émis le 14 décembre 2018 ;
2°) d'ordonner la mainlevée de l'avis à tiers détenteur, sous astreinte de 400 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'ordonner la restitution de la somme de 20 881 euros, sous astreinte de 400 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des articles 699 et 700 du code de procédure civile.
Elle soutient que :
- le délai de recours prévu à l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales ne lui est pas opposable, dès lors que le courrier de notification de l'avis à tiers détenteur a été retourné au service avec la mention " pli avisé non réclamé " ;
- son opposition à l'avis à tiers détenteur en litige n'est pas tardive, dès lors que la circonstance qu'elle n'ait pas la qualité d'associée du débiteur principal constitue un évènement au sens du c) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ;
- en application de l'article 31 du code de procédure civile, aucun délai ne lui est opposable dans la contestation de l'avis à tiers détenteur en litige, dès lors qu'elle n'est plus associée du débiteur principal depuis le 4 février 2013 et qu'il lui fait grief ;
- la solidarité de paiement n'est pas fondée dès lors qu'elle n'est plus associée du débiteur principal depuis le 4 février 2013 et que le service n'a pas examiné sa situation lors de l'émission de l'avis à tiers détenteur contesté ;
- faute d'insolvabilité du débiteur principal au sens de l'article L. 221-1 du code de commerce, l'administration fiscale n'était pas fondée à lui adresser l'avis à tiers détenteur contesté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2019, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que l'opposition à poursuite n'a pas été effectuée dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'avis à tiers détenteur contesté, conformément aux dispositions de l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales ;
- les moyens soulevés par la SCI EB2Y ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 septembre 2021.
Par lettre du 16 juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés, d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la mainlevée de l'avis à tiers détenteur en litige dès lors qu'elles sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître et d'autre part, de la tardiveté de la requête.
Par un mémoire, enregistré le 20 juin 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a présenté des observations en réponse à cette lettre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de procédure civile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dutertre, rapporteure ;
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis à tiers détenteur du 14 décembre 2018, émis par le comptable public du pôle de recouvrement spécialisé du Val-d'Oise, la société civile immobilière (SCI) EB2Y, qui exerce une activité de location de biens immobiliers à L'Isle-Adam (Val-d'Oise), a été recherchée en paiement d'une somme de 20 881 euros, en qualité de débiteur solidaire de la SCI L'Hermitage dont elle était associée à hauteur de 10 % jusqu'au 4 février 2013, sur le fondement de l'article L. 211-2 du code de la construction et de l'habitation, à raison de rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) assignés à cette société au titre de la période du 1er janvier 2009 au 31 octobre 2011. Par la présente requête, la SCI EB2Y demande au tribunal de prononcer la décharge de cette obligation de payer.
Sur les conclusions à fin de mainlevée de l'avis à tiers détenteur en litige :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Les contestations ne peuvent porter que : / 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le juge de l'exécution, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199. ".
3. Les conclusions de la requête tendant à ce que soit ordonnée la mainlevée de l'avis à tiers détenteur délivré à la SCI EB2Y relèvent, en application de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, de la compétence du juge de l'exécution et ne peuvent être que rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur le surplus des conclusions :
4. Aux termes de l'article R. 281-1 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 () font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, en premier lieu, au chef du service du département ou de la région dans lesquels est effectuée la poursuite (). ". L'article R. 281-3-1 du livre précité, dans sa rédaction alors applicable, dispose que : " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée, selon le cas, au directeur départemental des finances publiques () dans un délai de deux mois à compter de la notification : / a) De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée ; / b) De tout acte de poursuite si le motif invoqué porte sur l'obligation de payer ou le montant de la dette ; / c) Du premier acte de poursuite permettant d'invoquer tout autre motif. ". En outre, aux termes de l'article R. 281-4 du même livre : " Le chef de service se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception. Si aucune décision n'a été prise dans ce délai ou si la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281. Il dispose pour cela de deux mois à partir : / a) soit de la notification de la décision du chef de service ; (). ". Enfin, l'article R. 421-5 du code de justice administrative dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
5. Il résulte des dispositions précitées que les conclusions aux fins de décharge d'une obligation de payer, dirigées contre une mesure de recouvrement d'une imposition, doivent faire l'objet dans le délai de deux mois à compter de tout acte de poursuite, à peine d'irrecevabilité, d'une réclamation, préalablement à la saisine du juge, adressée au comptable public qui exerce les poursuites.
6. Il résulte de l'instruction que par courriel du 12 janvier 2019, la SCI EB2Y a adressé au comptable public une première opposition à poursuite à l'encontre de l'avis à tiers détenteur du 14 décembre 2018, qui contenait les voies et délais de recours, dans le délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales. Alors que cette réclamation a été rejetée par une décision du 6 mars 2019, qui mentionnait également les voies et délais de recours et dont la requérante a accusé réception le 8 mars 2019, sa requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 26 juin 2019, après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 281-4 du livre des procédures fiscales, insusceptible de prorogation. Par ailleurs, s'il était loisible à la SCI E2BY de contester à nouveau l'avis à tiers détenteur en litige dans le délai de deux mois qui a couru à compter du 12 janvier 2019, date à laquelle elle en a eu une connaissance certaine, la seconde opposition à poursuite n'a été adressée au comptable public que le 27 mars 2019, au-delà du délai de rigueur. Pour faire échec à cette forclusion, la SCI EB2Y ne peut utilement se prévaloir de ce que le courrier de notification de l'avis à tiers détenteur en litige a été retourné au service avec la mention " pli avisé et non réclamé ". En outre, la circonstance que l'intéressée, qui ne peut au demeurant se prévaloir ni des dispositions de l'article 31 du code de procédure civile ni de celles de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales dans le cadre d'un contentieux de recouvrement, conteste sa qualité d'associée du débiteur principal et par suite, sa solidarité de paiement, est sans incidence sur ce qui précède et sur les délais de recours qui lui ont été ouverts pour contester son obligation de payer.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SCI EB2Y doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi, et en tout état de cause, de celles présentées sur le fondement des articles 699 et 700 du code de procédure civile.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI EB2Y est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière (SCI) EB2Y et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Beaufaÿs, président,
Mme B et M. A, premiers conseillers,
Assistés de Mme Tainsa, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
S. B
Le président,
signé
F. BEAUFAYS
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°1908011
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026