mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1908307 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FIDAL DIRECTION PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 juillet 2019 et 10 mars 2020, M. B , représenté par Me Kozlowski, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu acquittées en 2018, à raison de la distribution de dividendes de la société PCC Holding ;
3°) dans tous les cas, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, c'est à tort que l'administration a mis en œuvre l'article 155 A du code général des impôts, dès lors qu'elle n'a pas démontré que la perception de management fees par la société PCC Holding, qu'il contrôle, dissimulerait une prestation de services qu'il aurait réalisée personnellement et non au titre de son activité salariée de la société PST Industries ;
- à titre subsidiaire, l'application de l'article 155 A aboutirait à une situation de double imposition prohibée par la jurisprudence, sauf à diminuer le montant imposable des dividendes versés par la société PCC Holding du montant de la rectification contestée ;
- à titre très subsidiaire, et à supposer que le rehaussement soit fondé dans son principe, les sommes litigieuses auraient dû être taxées dans la catégorie des traitements et salaires ;
- en tout état de cause, l'administration ne pouvait retenir, dans la base taxable en bénéfices non commerciaux, que le résultat net de la prestation prétendument rendue ; en outre, la quote-part de la rémunération correspondant aux prestations qu'il aurait réalisées ne saurait excéder 25% du montant perçu par la société PCC Holding ;
- l'administration n'apporte pas la preuve d'une activité occulte justifiant l'application de la pénalité de 80 % prévue en pareil cas, une telle pénalité n'étant, au surplus, pas susceptible de s'appliquer en matière de traitements et salaires, ainsi qu'en dispose d'ailleurs la doctrine administrative. De surcroît ladite pénalité n'est pas fondée, dès lors qu'il pouvait légitimement estimer n'être soumis à aucune obligation déclarative en France.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 janvier 2020 et 20 septembre 2021, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huon, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1 A la suite d'une vérification de comptabilité de la SAS PST Industries, qui exploite en France une activité de vente de produits chimiques et dont la présidence est assurée depuis juin 2016 par M. B ainsi que d'un contrôle sur pièces des déclarations fiscales de ce dernier au titre de l'année 2014, l'administration a considéré que les sommes versées au cours de ladite année, soit 57 000 euros, par la société PST Industries à sa société mère de droit luxembourgeois PCC Holding en rémunération de prestations de gestion et d'administration, devaient, par application de l'article 155 A du code général des impôts, être rapportées au revenu imposable de M. B, regardé comme le véritable auteur desdites prestations, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Les suppléments d'impôt sur le revenu correspondant établis selon la procédure d'évaluation d'office prévue aux articles L. 68 et L. 73 du livre des procédures fiscales et assortis de la majoration de 80 % visée par le c. du 1. de l'article 1768 du code général des impôts ont été notifiés à M. et Mme B par une proposition de rectification du 21 novembre 2017 puis mis en recouvrement le 31 octobre 2018. A la suite du rejet de sa réclamation, M. B demande la décharge des droits et pénalités qui lui ont ainsi été assignés.
2. Aux termes de l'article 155 A du code général des impôts : " I. Les sommes perçues par une personne domiciliée ou établie hors de France en rémunération de services rendus par une ou plusieurs personnes domiciliées ou établies en France sont imposables au nom de ces dernières : / - soit, lorsque celles-ci contrôlent directement ou indirectement la personne qui perçoit la rémunération des services () ". Les prestations dont la rémunération est ainsi susceptible d'être imposée entre les mains de la personne qui les a effectuées correspondent à un service rendu pour l'essentiel par elle et pour lequel la facturation par une personne domiciliée ou établie hors de France ne trouve aucune contrepartie réelle dans une intervention propre de cette dernière, permettant de regarder ce service comme ayant été rendu pour son compte. Ces dispositions ne dispensent pas l'administration, pour soumettre cette rémunération à l'impôt sur le revenu entre les mains de la personne ayant rendu les services, de faire application des règles de taxation relatives à la catégorie de revenus dont elle relève. La détermination de cette catégorie ne saurait dépendre que de l'analyse des relations existant entre la personne qui a rendu pour l'essentiel les services facturés et le bénéficiaire de ces services.
3. Aux termes de l'article 79 du code général des impôts : " Les traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères concourent à la formation du revenu global servant de base à l'impôt sur le revenu () ". Aux termes de l'article 92 du même code : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus () ".
4. L'administration fiscale a relevé que la société de droit luxembourgeois PCC Holding, dirigée par M. B, avait, le 6 juin 2013, conclu avec la SAS PST Industries dont elle détenait 100 % du capital et dont M. B était alors directeur commercial, un contrat de prestations de services visant à lui fournir, moyennant une rémunération de 3 000 euros mensuels, une assistance en matière de direction, de suivi juridique, de mise en place des contrats, de développement commercial et de tenue de comptabilité. Au cours de l'année 2014, la SAS PST Industries a versé à la société PCC Holding une somme de 57 000 euros au titre de cette mission. Pour estimer que cette somme ne correspondait à aucune intervention propre de cette société, le service a relevé que celle-ci ne disposait que d'une adresse de domiciliation et était dépourvue d'équipement et de moyens humains. Il a ainsi considéré que les prestations en cause n'avaient pu être réalisées, à titre personnel, que par M. B, impliqué à la fois dans la société PCC Holding et la société PST Industries. En se bornant à soutenir qu'il ne disposait pas des compétences financières, comptables et juridiques pour assurer les missions précitées, M. B, n'apporte aucun élément permettant d'établir que la facturation des prestations en cause par la société PCC Holding aurait trouvé une contrepartie réelle dans une intervention qui lui aurait été propre et de regarder les services ainsi rendus comme l'ayant été pour son compte. L'administration doit être ainsi regardée comme apportant la preuve que les rémunérations versées par la société PST Industries à la société PCC Holding pouvaient être regardées comme entrant dans les prévisions de l'article 155 A du code général des impôts.
5. Toutefois, alors qu'il est constant que M. B exerçait la fonction salariée de directeur commercial de la société PST Industries, dont, selon le vérificateur, il était en outre dirigeant de fait au cours de l'année vérifiée, l'administration a expressément relevé que " les opérations réalisées par M. B au sein de la SAS Pst Industries concordent avec les missions assurées au profit de cette dernière entité par la société Pcc Holding ". Ainsi, les prestations en cause ne peuvent être regardées comme fournies par un entrepreneur agissant dans le cadre d'une activité libérale, dont, du reste, le service n'a pas mis en évidence les conditions d'exercice, mais comme accomplies dans le cadre du lien de subordination de M. B vis-à-vis de la société PST Industries, bénéficiaire des services, de sorte que les sommes correspondantes étaient imposables dans la catégorie des traitements et salaires. Par suite, en imposant ces sommes dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, le service a méconnu le champ d'application respectif des articles 79 et 92 du code général des impôts.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B, est fondé à demander la décharge, en droits et pénalités, des suppléments d'impôt sur le revenu qui lui ont été assignés au titre de l'année 2014.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat au profit de M. B une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction du contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
M. Vian, premier conseiller,
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
L'assesseur le plus ancien,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026