mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1910085 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | POUGET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 août 2019 et 27 février 2020, M. A, représenté par Me Pouget demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales qui lui ont été assignés au titre des années 2013 et 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, en dernier lieu, que :
- la décision statuant sur sa réclamation comporte une erreur en ce qu'elle mentionne qu'elle a été présentée par son conseil ; en outre, c'est à tort qu'avant de prendre cette décision, le service lui a, par deux fois et sans motif juridique, réclamé les avis d'imposition contestés ;
- l'administration a adressé seulement à son conseil, chez lequel il n'avait pas élu domicile, la réponse à la demande de saisine du supérieur hiérarchique, ce qui l'a privé d'une garantie de procédure prévue par la charte du contribuable vérifié ;
- la procédure de taxation d'office procédant de l'application des dispositions combinées des articles L. 16, L. 16 A et L69 du livre des procédures fiscales est irrégulière dès lors qu'il a répondu à la mise en demeure de compléter sa réponse à la demande de justifications de l'administration dans le délai de trente jours francs prévu à cette fin, décompté comme le prévoient l'article L. 286 du livre des procédures fiscales et la doctrine administrative référencée BOI-CF-IOR-50-30 n° 150. ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2019, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huon, président rapporteur,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle de M. A portant sur les années 2012, 2013, 2014 et aux termes d'une proposition de rectification du 11 octobre 2016, le service vérificateur a rehaussé le revenu imposable de l'intéressé des années 2013 et 2014 à raison de revenus de capitaux mobiliers, taxés selon la procédure contradictoire, et de revenus d'origine indéterminée taxés selon la procédure d'office prévue à l'article L. 69 du livre des procédures fiscales. M. A a contesté les suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi mis à sa charge au titre de ces deux années par une réclamation du 28 juillet 2017, qui a été rejetée par décision du 6 juin 2019. Le requérant réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
2. En premier lieu, les vices qui entachent soit la procédure d'instruction, par l'administration, de la réclamation d'un contribuable, soit la décision par laquelle cette réclamation est rejetée, sont sans influence sur la régularité des impositions contestées. Par suite, les moyens soulevés par M. A et tirés de ce que le service, d'une part, lui a, sans motif valable, demandé de produire, par deux fois, ses avis d'imposition avant de statuer sur sa réclamation et, d'autre part, a mentionné à tort, aux termes de la décision du 6 juin 2019, que ladite réclamation avait été présentée par son conseil sont inopérants.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes du 4ème alinéa de l'article L 10 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à l'espèce : "'Avant l'engagement d'une des vérifications prévues aux articles L 12 et L 13, l'administration des impôts remet au contribuable la charte des droits et obligations du contribuable vérifié'; les dispositions contenues dans la charte sont opposables à l'administration.'". Les dispositions de la charte, dans sa version applicable au litige, assurent notamment au contribuable qui en fait la demande la garantie substantielle de pouvoir obtenir, avant la mise en recouvrement des impositions, un débat avec le supérieur hiérarchique du vérificateur puis avec l'interlocuteur départemental dans les conditions qu'elles précisent.
4. D'autre part, le mandat donné à un conseil ou à tout autre mandataire par un contribuable, personne physique ou morale, pour recevoir l'ensemble des actes de la procédure d'imposition et y répondre emporte élection de domicile auprès de ce mandataire, sauf stipulation contraire. En présence d'une telle stipulation, l'administration doit notifier l'ensemble des actes de la procédure au contribuable. Si, cependant, l'administration procède à une notification non au contribuable lui-même, mais à une personne qui se présente comme son mandataire, il appartient au juge d'apprécier, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la notification est parvenue au contribuable et si, par suite, elle peut être regardée comme régulière.
5. M. A, relevant que le mandat donné le 7 janvier 2016 à M. E, écrivain fiscal, autorisait ce dernier à le représenter au cours du contrôle et à recevoir copie de tous documents mais stipulait expressément ne pas valoir élection de domicile auprès du mandataire, fait grief au service d'avoir adressé seulement à ce dernier le courriel du 13 février 2017 proposant que la réunion demandée avec le supérieur hiérarchique se tienne soit le 28 février soit le 2 mars suivant. Toutefois, outre que le requérant n'allègue pas sérieusement ne pas avoir reçu cette information de la part de son mandataire, il ressort du compte-rendu de l'entretien avec l'inspectrice principale qui a eu lieu le 2 mars 2017 avec M. E que celui-ci y a fait part des remarques du contribuable, lequel ne pouvait donc ignorer la tenue de cette réunion. Du reste, à réception de ce compte-rendu, M. A a, par courrier du 7 mars 2017, remercié l'inspectrice principale d'avoir reçu M. E et, non seulement n'a émis aucune réserve sur les conditions de l'entrevue ni sollicité un nouveau rendez-vous, mais s'est expressément désisté de ses demandes de saisine de la commission départementale des impôts et de l'interlocuteur départemental. Dans ces circonstances, le contribuable ne peut être regardé comme n'ayant pas été avisé de la date de l'entretien dont il s'agit, ni, par suite, comme ayant été irrégulièrement privé d'un débat avec le supérieur hiérarchique du vérificateur - débat au cours duquel il a pu valablement être représenté par son mandataire -.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements () Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés () ". Aux termes de l'article L. 16 A du même livre : " () Lorsque le contribuable a répondu de façon insuffisante aux demandes d'éclaircissements ou de justifications, l'administration lui adresse une mise en demeure d'avoir à compléter sa réponse dans un délai de trente jours en précisant les compléments de réponse qu'elle souhaite. ". Aux termes de l'article L. 69 de ce livre : " () sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. " . Il résulte notamment de ces dispositions qu'un contribuable dispose d'un délai franc de trente jours pour répondre à une mise en demeure de compléter sa réponse à une demande de justifications.
7. Il est constant que M. A a reçu le 3 septembre 2016 la mise en demeure d'avoir à compléter sa réponse du 12 août 2016 à la demande de justifications qui lui avait été adressée en vertu des dispositions de l'article L.16 du livre des procédures fiscales. Le délai de trente jours imparti à l'intéressé pour répondre à cette mise en demeure expirait donc le 4 octobre 2016. Par suite, en estimant que sa réponse transmise par courriel le 5 octobre 2016 était tardive, le service n'a pas fait, comme il est soutenu, une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 16 A du livre des procédures fiscales et n'a donc pas, pour ce motif entaché d'irrégularité la procédure de taxation d'office. A cet égard, le requérant n'est, en tout état de cause, pas fondé à se prévaloir des énonciations de la documentation administrative référencée BOI-CF-IOR-50-30 n° 150, dès lors que, relatives à la régularité de la procédure d'imposition, elles sont exclues du champ d'application de la garantie contre les changements de doctrine prévue par l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des impositions contestées. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. Ne peuvent également qu'être rejetées, en l'absence de dépens, celles tendant à la condamnation de l'État à leur paiement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M.C A et au directeur des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
M. D et M. B, premiers conseillers,
Assistés de Mme Riquin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
L'assesseur le plus ancien,
signé
S. D
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
S. RIQUIN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026