LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1910748

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1910748

mardi 10 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1910748
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCABINET NETTER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête enregistrée sous le n° 1910748 le 27 août 2019, Mme C B, représentée par Me Netter, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2009 à 2011, ainsi que des intérêts et pénalités de retard correspondants ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- elle n'a jamais exercé d'activité occulte, les sommes qui lui ont été versées par M. A correspondent au remboursement de dépenses engagées pour le compte de ce dernier, et elle n'a tiré aucun profit des services rendus à cette personne avec qui elle est mariée depuis 2016 ;

- à supposer qu'elle ait exercé une activité occulte, l'administration aurait dû accepter la déductibilité des factures présentées lors du contrôle, faute pour elle d'établir qu'il s'agissait de factures fictives ou de complaisance ;

- les subsides qui lui ont été versés par M. A, à savoir le paiement du loyer de l'appartement situé 5, rue Gribeauval à Paris, ne peuvent être imposés, dès lors que sa résidence principale se situait à cette époque 29, rue du Viaduc à Issy-les-Moulineaux, et qu'elle n'a jamais eu la libre disposition de ce bien qui était occupé par sa fille ;

- les sommes remises par M. A correspondent à des avances et prêts, ce qui ressort d'une reconnaissance de dette et d'une déclaration de prêt, de sorte que les crédits identifiés ne sauraient être considérés comme des sommes soumises à imposition ;

- les sommes versées par la société M et B Communication ne sauraient être qualifiées de distributions occultes, ces sommes correspondant au remboursement de charges de la société.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance et au rejet du surplus de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que :

- les cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux mises à la charge de Mme B au titre des années 2009 à 2011 ont fait l'objet d'un dégrèvement partiel, d'un montant total de 6 747 euros en droits et pénalités.

- les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.

II- Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 1910751 les 27 août 2019 et 10 février 2020, Mme C B, représentée par Me Netter, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011, ainsi que des intérêts et pénalités de retard correspondants ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- elle n'a jamais exercé d'activité occulte, les sommes qui lui ont été versées par M. A correspondent au remboursement de dépenses engagées pour le compte de ce dernier, elle n'a tiré aucun profit des services rendus à cette personne avec qui elle est mariée depuis 2016, et cette activité ne présente pas de caractère professionnel dès lors qu'elle n'a pas été exercée à titre habituel, qu'elle ne s'est pas constitué de clientèle et ne détient pas les diplômes correspondant à cette activité, et n'est donc pas imposable ;

- l'administration a méconnu sa propre doctrine référencée BOI-BNC-BASE-60 du 12 septembre 2012 ;

- à supposer qu'elle ait exercé une activité occulte, l'administration aurait dû accepter la déductibilité des factures présentées lors du contrôle, faute pour elle d'établir qu'il s'agissait de factures fictives ou de complaisance et donc accepter la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée correspondante, quand bien même ces factures ne présenteraient pas l'ensemble des conditions requises par les article 271 et 289 du code général des impôts ;

- les prestations en litige ont été réalisées hors de France, pour le bénéfice d'un preneur non assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée, et ne sont donc pas assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée ;

- l'administration ayant retenu forfaitairement un montant de charges à hauteur de 70% du chiffre d'affaires réalisé, ces charges ont nécessairement été grevées de taxe sur la valeur ajoutée déductible.

Par des mémoires en défense enregistrés les 3 décembre 2019 et 27 février 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Villette, conseiller ;

- et les conclusions de M. Barraud, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle au titre des années 2009 à 2011. Dans ce cadre, le service a constaté que l'intéressée avait exercé, lors de cette période, une activité occulte de décoratrice et procédé à une vérification de comptabilité de cette activité pour la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011. Par deux propositions de rectification datées du 13 décembre 2012 et deux propositions de rectification datées des 14 mars et 25 juin 2013, Mme B s'est vu notifier selon la procédure de taxation d'office, d'une part, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2009 à 2011, et d'autre part, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011. Les réclamations, des 19 mars, 10 avril et 2 juillet 2014, présentées par la requérante en vue d'obtenir le dégrèvement de ces impositions supplémentaires ont été rejetées par l'administration fiscale par des décisions du 26 juin 2019. Par ces requêtes, enregistrées sous les n°s 1910748 et 1910751, Mme B demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2009 à 2011, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011, ainsi que des intérêts et pénalités de retard correspondants.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 1910748 et 1910751 concernent le même contribuable, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. Par une décision du 3 décembre 2019, postérieure à l'enregistrement de la requête, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a prononcé un dégrèvement, pour un montant total de 6 747 euros, correspondant à la décharge partielle des cotisations supplémentaires de prélèvement sociaux qui ont été réclamées à Mme B au titre des années 2009 à 2011, ainsi que des pénalités correspondantes. La requête de Mme B, enregistrée sous le n° 1910748, est, dans cette mesure, devenue sans objet.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

Sur les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux :

Sur la charge de la preuve :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / 1° à l'impôt sur le revenu, les contribuables qui n'ont pas déposé dans le délai légal la déclaration d'ensemble de leurs revenus () ". Aux termes de l'article L. 73 du même livre : " Peuvent être évalués d'office : () 2° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus non commerciaux ou des revenus assimilés lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 97 du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal () ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ".

6. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a régulièrement taxé d'office Mme B à l'impôt sur le revenu, et évalué d'office les bénéfices non commerciaux que celle-ci aurait tirée de son activité occulte de décoratrice. Par suite, il appartient à la requérante d'établir le caractère exagéré des impositions mises à sa charge.

Sur les bénéfices non commerciaux :

Sur l'activité occulte de décoratrice :

7. Aux termes de l'article 92 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices () de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus () ". Il appartient à l'administration, lorsqu'elle entend fonder une imposition sur les dispositions de cet article, en dehors de toute procédure de taxation d'office, d'établir que les sommes réintégrées dans les bases imposables du contribuable constituent des revenus. Dans ce cadre, il incombe au juge de l'impôt d'apprécier si l'administration établit la nature de revenus des sommes en cause, compte tenu des éléments de preuve qu'elle présente et, le cas échéant, des éléments que lui soumet le contribuable qui soutient que les sommes en litige ne présentent pas la nature de revenus ou relèvent d'une autre catégorie d'imposition et de ceux que l'administration lui oppose alors en vue d'établir, par tout autre moyen complémentaire, le bien-fondé de l'imposition.

8. Mme B soutient ne pas avoir exercé d'activité occulte de décoratrice, imposable au titre des bénéfices non commerciaux, dès lors que les sommes créditées sur son compte constituent le simple remboursement de dépenses de mobilier en vue procéder à la décoration de logements appartenant à un ami, devenu plus tard son époux, et qu'elle n'en a donc tiré aucun revenu. Toutefois, faute de produire le moindre justificatif à l'appui de ses allégations, la requérante n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, qu'elle n'aurait tiré aucun profit, susceptible de renouvellement, de cette activité qui s'est déroulée sur les trois années en litige et a concerné trois logements situés à Issy-les-Moulineaux, Neuilly-sur-Seine et au Maroc. Par suite, l'administration fiscale était fondée à réintégrer ces sommes aux bénéfices non commerciaux de Mme B.

9. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. / Par exception aux dispositions du premier alinéa, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la dixième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due, lorsque le contribuable exerce une activité occulte ou lorsqu'il est bénéficiaire de revenus distribués par une personne morale exerçant une activité occulte () ".

10. Il résulte de ces dispositions que dans le cas où un contribuable n'a ni déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire, ni fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, son activité est réputée occulte s'il n'est pas en mesure d'établir qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives.

11. Il est constant que Mme B n'a ni déposé dans le délai légal les déclarations qu'elle était tenue de souscrire, ni fait connaître son activité au centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce. Elle ne soutient pas davantage avoir commis une erreur justifiant qu'elle ne se soit acquittée d'aucune de ses obligations déclaratives. Par suite, c'est à bon droit que le service a estimé que la requérante avait exercé une activité occulte de décoratrice au sens des dispositions précitées de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales.

12. Aux termes de l'article 93 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice à retenir dans les bases de l'impôt sur le revenu est constitué par l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession () ".

13. Si Mme B soutient pouvoir obtenir la déduction d'un montant de charges supérieur à celui établi forfaitairement par l'administration, elle n'en apporte pas la preuve, faute de produire la moindre facture ou justificatif des dépenses engagées dans le cadre de son activité.

Sur les subsides versés par M. A :

14. Les dispositions de l'article 92 du code général des impôts, citées au point 7. du présent jugement, ne permettent, dans le cas des personnes dont le train de vie est assuré par des subsides qu'elles reçoivent d'un tiers, de soumettre à l'impôt, comme constituant des revenus, les sommes ainsi perçues que si l'ensemble des circonstances de l'affaire fait ressortir que le versement de ces subsides n'a pas le caractère d'une pure libéralité.

15. D'une part, si Mme B soutient qu'elle ne saurait être regardée comme bénéficiaire de la somme de 28 700 euros correspondant au paiement des loyers, lors de l'année 2011, d'un appartement de 95 m2 situé rue Gribeauval, à Paris, dès lors qu'elle résidait à cette époque à Issy-les-Moulineaux, et que l'appartement en litige était occupé par sa fille, elle n'apporte pas le moindre élément de preuve à l'appui de ses allégations, alors qu'il est constant, au demeurant, qu'elle était titulaire du contrat de location de l'appartement et que sa fille était mineure lors de l'année en litige. D'autre part, Mme B, qui était en relation d'affaires avec M. A lors de l'année en litige, n'apporte pas la preuve qui lui incombe que les sommes en litige constitueraient de pures libéralités et non une source de profit imposable en application de l'article 92 du code général des impôts.

Sur les revenus de capitaux mobiliers :

16. En vertu du 3 de l'article 158 du code général des impôts, sont notamment imposables à l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, les revenus considérés comme distribués en application des articles 109 et suivants du même code. Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c) les rémunérations et avantages occultes () ".

17. Si Mme B soutient que les sommes identifiées sur son compte bancaire comme provenant de l'EURL M et B Communication, dont elle était dirigeante et unique associée, correspondraient au remboursement de charges acquittées pour le compte de la société, celle-ci ne disposant plus d'instrument de paiement lors des années en litige, elle n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'existence de charges de l'EURL M et B Communication, ni de ce que les versements réalisés sur son compte bancaire correspondraient au remboursement de ces charges. Par suite, l'administration fiscale était fondée à regarder ces sommes comme des rémunérations occultes et à les imposer dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

Sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

Sur la charge de la preuve :

18. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes () ". En vertu des dispositions des L. 193 et R. 193-1 du code général des impôts, citées au point 5. du présent jugement, il appartient au contribuable taxé d'office d'apporter la preuve du caractère exagéré des impositions mises à sa charge.

19. Il est constant que Mme B n'a procédé à aucune déclaration de taxe sur la valeur ajoutée. Dès lors, il lui appartient d'établir le caractère exagéré des impositions mises à sa charge.

Sur l'application de la loi fiscale :

20. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel () ". Selon l'article 256 A du même code : " Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une des activités économiques mentionnées au cinquième alinéa, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention () Les activités économiques visées au premier alinéa se définissent comme toutes les activités de producteur, de commerçant ou de prestataire de services, y compris les activités extractives, agricoles et celles des professions libérales ou assimilées () ". Enfin, l'article 293 B du code précité dispose : " I. Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du troisième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée () ".

21. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 11 du présent jugement que le service a établi que Mme B avait exercé une activité occulte de décoratrice au titre des années 2009 à 2011. Dans ces conditions, et alors même que cette activité n'aurait pas été exercée à titre professionnel, c'est à bon droit que l'administration fiscale l'a assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011.

22. Aux termes de l'article 259 A du code général des impôts dans sa version applicable pour la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2009 : " Par dérogation aux dispositions de l'article 259, le lieu des prestations suivantes est réputé se situer en France : () 2° Les prestations de services se rattachant à un immeuble situé en France, y compris les prestations tendant à préparer ou à coordonner l'exécution de travaux immobiliers et les prestations des agents immobiliers ou des experts () ". Aux termes de l'article 259 A du code général des impôts dans sa version applicable pour la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2011 : " Par dérogation à l'article 259, est situé en France le lieu des prestations de services suivantes : () 2° Les prestations de services se rattachant à un bien immeuble situé en France, y compris les prestations d'experts et d'agents immobiliers, la fourniture de logements dans le cadre du secteur hôtelier ou de secteurs ayant une fonction similaire tels que des camps de vacances ou des sites aménagés pour camper, l'octroi de droits d'utilisation d'un bien immeuble et les prestations tendant à préparer ou à coordonner l'exécution de travaux immobiliers, telles que celles fournies par les architectes et les entreprises qui surveillent l'exécution des travaux () ".

23. Il est constant que les activités de décoratrice de Mme B ont concerné, notamment, lors des années en litige, des immeubles situés à Issy-les-Moulineaux et Neuilly-sur-Seine, de sorte que ces prestations, dont le lieu est réputé se situer en France, étaient bien soumises à la taxe sur la valeur ajoutée dans ce pays. Par ailleurs, à supposer même que les prestations de décoration concernant la maison de M. A au Maroc aient été exonérées de taxe sur la valeur ajoutée, il résulte de l'instruction que Mme B ne comptabilisait pas distinctement, faute de toute comptabilité, les recettes provenant de l'exercice de son activité en France de celle résultant de prestations effectuées au Maroc, de sorte qu'elle devait être assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée à raison des recettes retirées de l'ensemble de son activité.

24. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération () II. 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures d'achat qui leur sont délivrées par leurs vendeurs () 2. La déduction ne peut pas être opérée si les redevables ne sont pas en possession soit desdites factures, soit de la déclaration d'importation sur laquelle ils sont désignés comme destinataires réels () ". En vertu des dispositions de l'article 289 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à la période d'imposition en litige, tout assujetti doit délivrer une facture ou un document en tenant lieu pour les biens livrés ou pour les services rendus à un autre assujetti, laquelle doit faire apparaître, par taux d'imposition, le total hors taxe et la taxe correspondante mentionnés distinctement.

25. Faute pour Mme B de produire les factures dont elle se prévaut, ou toute autre pièce de nature à établir que des biens et des services lui ont effectivement été fournis en amont par des assujettis, pour les besoins de ses propres opérations soumises à la taxe sur la valeur ajoutée, et à l'égard desquels elle s'est effectivement acquittée de la taxe sur la valeur ajoutée, elle n'est pas fondée à demander la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée qu'elle aurait acquittée au titre de ces factures.

26. Il résulte des dispositions précitées des articles 271 et 289 du code général des impôts que le droit à déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée est soumis à la condition formelle de produire une facture ou de tout document en tenant lieu. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'administration aurait dû déterminer d'office, comme elle l'a fait s'agissant des charges grevant les revenus tirés de son activité occulte de décoratrice, le montant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée dans le cadre de son activité et dont elle peut demander la déduction.

Sur l'interprétation administrative de la loi fiscale :

27. Mme B doit être regardée comme se prévalant, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des paragraphes 20 à 30 de l'instruction référencée BOI-BNC-BASE-60 du 12 septembre 2012 aux termes desquels : " 20 Pour l'appréciation du caractère professionnel ou non d'une activité libérale, la jurisprudence administrative a défini deux critères : l'activité doit être exercée à titre habituel et constant et dans un but lucratif. / Ces deux conditions doivent être remplies simultanément. / 30 D'une manière générale, le caractère habituel et constant de l'activité résulte de la répétition pendant plusieurs années des opérations qui la caractérisent. ". Toutefois, la requérante n'est pas fondée à invoquer cette documentation administrative dès lors que celle-ci n'ajoute rien à la loi fiscale.

28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par Mme B doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B doivent, par suite, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge de la requête de Mme B à hauteur du dégrèvement prononcé le 3 décembre 2019.

Article 2 : Le surplus des requêtes de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2023.

Le rapporteur,

signé

G. VILLETTE

Le président,

signé

K. KELFANI La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 1910748,1910751

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions