mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1912169 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | RICOUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2019, Mme C B, agissant en son nom propre et en sa qualité de tutrice de Mme G B, majeure protégée, et Mme E B, représentées par Me Heurton, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Gonesse à leur verser la somme totale de 3 511 510,50 euros en réparation des préjudices ayant résulté pour elles de l'accouchement de Mme C B dans cet établissement le 4 juin 1987 ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Gonesse à leur verser la somme totale de 2 809 209,20 euros en réparation des préjudices qu'elles estiment avoir subis du fait de la destruction fautive des dossiers médicaux de Mmes C et G B ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Gonesse la somme de 5 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de statuer sur les dépens.
Elles soutiennent que :
- à titre principal, la responsabilité sans faute du centre hospitalier est engagée dès lors que la dystocie des épaules est un dommage dont la réalisation est exceptionnelle, qui résulte d'un risque connu, auquel G B n'était pas particulièrement exposée, qui a occasionné un dommage grave et sans rapport avec son état initial ni l'évolution prévisible de celui-ci ;
- à titre subsidiaire, la responsabilité pour faute du centre hospitalier est engagée dès lors qu'il n'a pas conservé les dossiers médicaux de Mmes C et G B en méconnaissance des dispositions applicables ; ce manquement est à l'origine d'une perte de chance de pouvoir obtenir la réparation de leurs préjudices ;
- les experts ont considéré que les dommages subis par Mme G B en lien avec sa naissance étaient d'une part une atteinte paralytique partielle des racines supérieures du plexus brachial et d'autre part des troubles neuropsychologiques extrêmement importants se traduisant par un retard mental léger majoré par une importante inhibition ; compte tenu de l'absence d'anomalie fœtale, ces dommages ne peuvent résulter que des complications de l'accouchement de Mme C B ;
- en ce qui concerne Mme G B :
. s'agissant de ses préjudices temporaires, le centre hospitalier de Gonesse doit être condamné à lui verser les sommes de 375 084 euros au titre de l'assistance par tierce personne, 82 582, 50 euros au titre du déficit fonctionnel, 40 000 euros au titre des souffrances endurées, 30 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;
. s'agissant des préjudices permanents, le centre hospitalier de Gonesse doit être condamné à lui verser les sommes de 1 105 799 euros au titre de l'assistance par tierce personne, 22 657 euros au titre des frais de véhicule adapté, 50 000 euros au titre du préjudice scolaire, 876 037 euros au titre de la perte de gains professionnels, 398 610 euros au titre de l'incidence professionnelle, 360 750 euros au titre du déficit fonctionnel, 30 000 euros au titre du préjudice esthétique, 35 000 euros au titre du préjudice d'agrément, 15 000 euros au titre du préjudice sexuel, 20 000 euros au titre du préjudice d'établissement ;
- en ce qui concerne Mme C B, le centre hospitalier de Gonesse doit être condamné à lui verser les sommes de 30 000 euros au titre du préjudice d'affection et de 20 000 euros au titre du préjudice extra patrimonial exceptionnel ;
- en ce qui concerne Mme E B, le centre hospitalier de Gonesse doit être condamné à lui verser les sommes de 10 000 euros au titre du préjudice d'affection et de 10 000 euros au titre du préjudice extra patrimonial exceptionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2021, le centre hospitalier de Gonesse, représenté par Me Ricouard, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal :
. sa responsabilité pour faute ne peut être engagée dès lors qu'un accouchement par césarienne n'était pas indiqué, que l'équipe médicale a agi conformément aux règles de l'art, que la circonstance que le chef de garde n'a pas été appelé n'a pas eu de conséquence sur la prise en charge des patientes et que la dystocie des épaules n'était pas identifiable ni prévisible ; celle-ci est un aléa thérapeutique ;
. aucune des conditions relatives à la mise en œuvre de sa responsabilité sans faute ne sont réunies dès lors que la dystocie des épaules est un risque habituel des accouchements par voie basse, que le dommage est en rapport avec l'état initial de l'enfant et n'est pas d'une extrême gravité ; rien ne permet de relier les troubles neurologiques dont souffre Mme G B à sa prise en charge par le centre hospitalier de Gonesse ;
- à titre subsidiaire, le centre hospitalier de Gonesse n'a commis aucun manquement en détruisant le dossier médical de Mme C B plus de vingt ans après sa dernière visite ; quant au dossier pédiatrique de Mme G B, son absence fautive ne saurait donner lieu à la réparation d'une fraction des préjudices invoqués par les requérantes ; en tout état de cause, les experts ont pu reconstituer les faits, même en son absence ; les requérantes ne sont pas fondées à invoquer ce manquement alors qu'elles n'ont pas coopéré à la mission confiée aux experts désignés par le tribunal ;
- à titre très subsidiaire, les prétentions indemnitaires des requérantes devront être réduites à de plus justes proportions.
Par une décision du 3 mars 2020, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à Mme C B, le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, en qualité de tutrice de Mme G B.
Les écritures ont été communiquées à la caisse primaire d'assurance maladie du
Val-d'Oise qui n'a pas produit d'observation.
Par ordonnance du 28 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code la santé publique ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public,
- les observations de Me Heurton, représentant Mmes B,
- et les observations de Me Ricouard, représentant le centre hospitalier de Gonesse.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que le 3 juin 1987, à 18 heures, Mme C B, née le 2 septembre 1946, a été admise au centre hospitalier de Gonesse à 38 semaines d'aménorrhée pour accoucher de son quatrième enfant. Au moment de l'expulsion, l'enfant a présenté une dystocie des épaules (épaules bloquées dans le bassin maternel) et une anomalie du rythme cardiaque. L'extraction de l'enfant a été réalisée à l'aide de forceps. Le 4 juin 1987 à 4 heures, elle a donné naissance à G, en état de mort apparente. Il a été immédiatement diagnostiqué une paralysie obstétricale du plexus brachial (racines nerveuses issues de la moelle épinière au niveau du rachis cervical) sur l'enfant. Mme C B a regagné son domicile au bout de huit jours et G est restée hospitalisée pendant vingt-deux jours au sein du service de néonatologie du centre hospitalier de Gonesse. La paralysie du plexus branchial diagnostiqué à la naissance a impliqué des séances de rééducation et un suivi jusqu'en 2007 ainsi qu'une intervention chirurgicale en septembre 2006. Le 5 décembre 2012, Mme C B a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui a ordonné une expertise par une ordonnance du 30 janvier 2013. En l'absence de production des dossiers médicaux de Mme C B et de G, les experts ont estimé dans leur rapport déposé le 15 novembre suivant, que cette dernière, alors âgée de 25 ans, présentait, d'une part, des troubles neuropsychologiques extrêmement importants se traduisant par un retard mental léger majoré par une importante inhibition, dont il ne peut être exclu qu'ils résultent partiellement de l'hypoxie fœtale résultant de la difficulté à réduire la dystocie des épaules et, d'autre part, une atteinte paralytique partielle des racines supérieures du plexus brachial droit d'origine obstétricale suite aux manœuvres nécessaires au traitement de la dystocie des épaules à l'accouchement, résultant " a priori d'un aléa médical non fautif ". Par courrier du 8 février 2019, Mmes G et C B, ainsi que Mme E B, sœur de G B, ont formé une réclamation indemnitaire auprès du centre hospitalier de Gonesse qui a été expressément rejetée le 1er août 2019. Par la présente requête, Mmes B demandent au tribunal, à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Gonesse à leur verser la somme totale de 3 511 510,50 euros, en réparation des préjudices ayant résulté pour elles de l'accouchement de Mme C B dans cet établissement le 4 juin 1987, ou, à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier à leur verser la somme totale de 2 809 209,20 euros, en réparation des préjudices qu'elles estiment avoir subis du fait de destruction fautive des dossiers médicaux de Mmes C et G B.
I. Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité sans faute du centre hospitalier de Gonesse :
2. Lorsqu'un acte médical nécessaire au diagnostic ou au traitement du malade présente un risque dont l'existence est connue mais dont la réalisation est exceptionnelle et dont aucune raison ne permet de penser que le patient y soit particulièrement exposé, la responsabilité du service public hospitalier est engagée si l'exécution de cet acte est la cause directe de dommages sans rapport avec l'état initial du patient comme avec l'évolution prévisible de cet état, et présentant un caractère d'extrême gravité.
3. Mmes B soutiennent que la responsabilité sans faute du centre hospitalier de Gonesse est engagée, dès lors que la paralysie du plexus brachial et les troubles neuropsychologiques dont Mme G B est atteinte suite à la manœuvre d'extraction au forceps pratiquée lors de l'accouchement remplit les conditions d'engagement de sa responsabilité sans faute du centre hospitalier de Gonesse.
4. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 15 novembre 2013, que les experts n'ont pas été en capacité de déterminer l'origine des troubles neuropsychologiques dont est atteinte Mme G B, considérant qu'ils " ne pouvaient se prononcer " sur ce point " en l'absence de documents " médicaux. Ces troubles ne peuvent dès lors être regardés comme résultant de l'acte médical réalisé lors de sa naissance, à savoir des manœuvres obstétricales visant à l'extraction de l'enfant. En revanche, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté par les parties, que la paralysie du plexus branchial présentée par Mme G B dès sa naissance résulte quant à elle de ces manœuvres.
5. A cet égard, il résulte de l'instruction que l'acte médical, consistant dans les manœuvres obstétricales, était nécessaire pour extraire l'enfant rapidement compte tenu de l'urgence vitale que constitue la dystocie des épaules, les experts soulignant le caractère " parfaitement justifié et indispensable " des manœuvres effectuées par le docteur A et les deux sages-femmes présentes, et que cet acte comporte un risque de lésion du plexus branchial dont l'existence est connue. Toutefois, selon les experts, ce risque se réalise " fréquemment suite aux manœuvres pour réduire la dystocie des épaules " et ne présente donc pas de caractère exceptionnel. De plus, les experts ont considéré que le déficit fonctionnel permanent dont souffre Mme G B, imputable à la seule lésion du plexus branchial s'élevait à 20 %. Les conditions tenant au caractère exceptionnel du risque et au caractère d'extrême gravité du préjudice ne peuvent dès lors être regardées comme remplies. Par suite, la responsabilité sans faute du centre hospitalier de Gonesse ne peut être engagée du fait de l'acte médical pratiqué lors de l'accouchement de Mme C B.
En ce qui concerne la responsabilité pour faute du centre hospitalier de Gonesse :
S'agissant de l'engagement de la responsabilité :
6. Aux termes de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique : " Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé détenues, à quelque titre que ce soit, par des professionnels de santé, par des établissements de santé par des centres de santé, () qui sont formalisées ou ont fait l'objet d'échanges écrits entre professionnels de santé, notamment des résultats d'examen, comptes rendus de consultation, d'intervention, d'exploration ou d'hospitalisation, des protocoles et prescriptions thérapeutiques mis en œuvre, feuilles de surveillance, correspondances entre professionnels de santé, à l'exception des informations mentionnant qu'elles ont été recueillies auprès de tiers n'intervenant pas dans la prise en charge thérapeutique ou concernant un tel tiers. " Aux termes de l'article R. 1112-7 du code la santé publique dans sa version applicable au litige : " Les informations concernant la santé des patients sont soit conservées au sein des établissements de santé qui les ont constituées, soit déposées par ces établissements auprès d'un hébergeur agréé en application des dispositions à l'article L. 1111-8. / Le directeur de l'établissement veille à ce que toutes dispositions soient prises pour assurer la garde et la confidentialité des informations ainsi conservées ou hébergées. / Le dossier médical mentionné à l'article R. 1112-2 est conservé pendant une durée de vingt ans à compter de la date du dernier séjour de son titulaire dans l'établissement ou de la dernière consultation externe en son sein. Lorsqu'en application des dispositions qui précèdent, la durée de conservation d'un dossier s'achève avant le vingt-huitième anniversaire de son titulaire, la conservation du dossier est prorogée jusqu'à cette date. () Ces délais sont suspendus par l'introduction de tout recours gracieux ou contentieux tendant à mettre en cause la responsabilité médicale de l'établissement de santé ou de professionnels de santé à raison de leurs interventions au sein de l'établissement ".
7. Il résulte de l'instruction que le dossier médical de Mme C B a été détruit le 14 septembre 2008, plus de vingt ans après sa dernière prise en charge par le centre hospitalier de Gonesse, conformément aux dispositions précitées. En revanche, il est constant que le centre hospitalier de Gonesse n'a pas été en mesure de produire le dossier de Mme G B, notamment en 2013, dans le cadre de la réalisation de l'expertise, alors que l'intéressée n'était âgée que de 26 ans. Par suite, dès lors que le centre hospitalier de Gonesse était tenu de conserver son dossier jusqu'à son vingt-huitième anniversaire, en application de l'article R. 1112-7 précité, ce dernier a commis une faute dans l'organisation du service de nature à engager sa responsabilité.
S'agissant du lien de causalité :
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire, que Mme G B souffre d'une paralysie du plexus brachial et de troubles neuropsychologiques se traduisant par un retard mental. S'agissant de la paralysie du plexus branchial, les experts ont pu, même en l'absence de dossier médical, reconstituer les événements survenus lors de l'accouchement et conclure à l'existence d'un aléa thérapeutique à l'origine de celui-ci. Par suite, les requérantes n'ont été privées d'aucune chance de connaître l'origine de ce dommage. Pour autant, il résulte également de l'instruction que, faute d'avoir disposé de données complètes sur l'accouchement et la prise en charge néonatale de G B par le centre hospitalier de Gonesse, les experts n'ont pu déterminer l'origine de ses troubles neuropsychologiques. Par suite, les requérantes sont fondées à soutenir que la perte du dossier pédiatrique de Mme G B les a privées de la possibilité de connaître l'origine de ces troubles.
S'agissant des préjudices :
9. Le seul préjudice direct et certain dont les intéressées sont fondées à demander réparation à raison de la perte du dossier pédiatrique de Mme G B résulte de l'impossibilité de connaître l'origine des séquelles neurologiques source de son retard mental léger, faute de pouvoir connaître les conditions précises dans lesquelles se sont déroulées sa naissance et sa prise en charge par le service de néonatologie pendant les vingt-deux jours qui l'ont suivie, et ainsi de s'assurer de la conformité de sa prise en charge aux données de la science. L'éventualité que Mme G B ait fait l'objet d'une faute médicale à l'occasion de sa naissance et dans sa prise en charge en service néonatologie, qui ne peut être ni établie ni écartée, occasionne un préjudice moral pour elle, pour sa mère et pour sa sœur, dont ces dernières doivent être regardées comme demandant l'indemnisation. En revanche, contrairement à ce que les requérantes soutiennent, l'indemnisation de ce préjudice ne saurait se confondre avec la réparation des préjudices résultant du dommage corporel que G a effectivement subi à raison de sa prise en charge lors de l'accouchement et immédiatement après ou avec une fraction de ceux-ci dès lors qu'ils ne présentent pas de lien de causalité avec la perte fautive du dossier pédiatrique engageant la responsabilité du centre hospitalier de Gonesse. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral résultant de la faute liée à la perte du dossier médical de Mme G B en fixant aux sommes de 15 000, 10 000 et 5 000 euros les indemnités respectivement dues à Mmes G, C et Gaëlle B à ce titre.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Gonesse est condamné à verser les sommes de 15 000 euros à Mme G B, représentée par sa tutrice Mme C B, 10 000 euros à Mme C B et 5 000 euros à Mme E B.
II. Sur les frais liés à l'instance :
En ce qui concerne les dépens :
11. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
12. En application des dispositions précitées de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier de Gonesse les honoraires, frais et débours, de l'expertise confiée aux docteurs Istria et Finkelstein par l'ordonnance n°1210082 du 30 janvier 2013 du président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Gonesse le versement d'une somme de 2 000 euros à Me Heurton, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Le centre hospitalier de Gonesse versera les sommes de 15 000 euros à Mme G B, représentée par sa tutrice Mme C B, 10 000 euros à Mme C B et 5 000 euros à Mme E B.
Article 2 : Les honoraires, frais et débours, de l'expertise confiée aux docteurs Istria et Finkelstein par l'ordonnance n°1210082 du 30 janvier 2013 du président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Gonesse.
Article 3 : Il est mis à la charge du centre hospitalier de Gonesse le versement d'une somme de 2 000 euros à Me Heurton en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, en sa qualité de représentante unique des requérantes, à Me Heurton, à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-d'Oise et au centre hospitalier de Gonesse.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère,
M. Goupillier, conseiller,
assistés de Mme Charleston, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
V. D
La présidente,
signé
Mme F
La greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°1912169
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026