jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1912491 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DARTEVELLE & DUBEST |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 3 octobre 2019, enregistrée le 4 octobre 2019 au tribunal administratif de Cergy - Pontoise sous le n° 1912491, le président du tribunal administratif de Montreuil a renvoyé au tribunal administratif de Cergy - Pontoise la requête de la société La Poste, enregistrée le 19 septembre 2019 devant cette juridiction.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés le 19 juillet 2022, la société La Poste, représentée par le cabinet Arpi Dartevelle et Dubest, avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2019 par lequel la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Ile-de-France lui a infligé une amende administrative d'un montant de 26 500 euros pour des manquements aux articles L. 3171-2 et D. 3171-8 du code du travail constatés dans son établissement d'Ermont ;
2°) à titre subsidiaire, de substituer un avertissement à l'amende infligée ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, de réduire le montant de l'amende.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de compétence ;
- le caractère contradictoire de la procédure a été méconnu, en violation du principe du respect des droits de la défense, dès lors que la décision s'est fondée sur les dispositions de l'article R. 8115-10 du code du travail, elles-mêmes illégales, que le rapport à l'appui duquel a été prise la sanction n'a pas été rédigé par l'agent de contrôle, que ce rapport est postérieur à l'engagement de la procédure de sanction et qu'il ne lui a pas été communiqué ;
- elle méconnaît les dispositions des articles D. 3171-1 et D. 3171-8 du code du travail ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 3121-48 du code du travail relatives à l'organisation du temps de travail ;
- elle méconnaît l'accord d'établissement du 20 mai 2015 et l'accord national du 7 février 2017, fixant le régime d'horaire de travail de l'entreprise ;
- elle contrevient à l'autorité de chose jugée qui s'attache aux décisions des juridictions pénales ayant prononcé la relaxe de la société La Poste et des directeurs d'établissements auxquels étaient faits exactement les mêmes griefs ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors que les rapports des contrôleurs du travail n'ont pas de force probante ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation, dès lors que la nature de l'activité de l'établissement et l'existence de quelques dépassements ne suffisent pas pour conclure à l'absence d'horaires collectifs de travail ;
- le montant de la sanction n'a pas été fixé conformément à l'article L. 8115-3 du code du travail, dès lors qu'à considérer le manquement établi, il n'a été constaté que pour six salariés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2021, la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une ordonnance du 5 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- et les observations de Me Rossignol, représentant la société La Poste.
1. A la suite de contrôles effectués les 19 septembre 2017 et le 19 janvier 2018, sur la plateforme de préparation et de distribution du courrier d'Ermont, la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Ile-de-France a, par une décision du 18 juillet 2019, infligé à la société La Poste une amende de 26 500 euros liquidée au tarif unitaire de 500 euros et appliquée à cinquante-trois salariés, pour manquement à l'obligation de tenir des décomptes individuels de durée du travail applicable alors que les salariés d'un établissement sont soumis au régime d'horaire non collectif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la régularité de la sanction :
2. En premier lieu, par une décision n°2019-25 du 20 mai 2019 publiée au recueil des actes administratifs de l'État en Ile-de-France et en vigueur jusqu'au 30 juillet 2019 inclus, Mme C F, a délégué sa signature en matière de sanction administrative prise en application de l'article L. 8115-1 du code du travail à Mme E A, signataire de la décision attaquée et alors responsable par intérim du pôle Politique du travail de la direction régionale. Le moyen tiré du vice de compétence ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux terme de l'article L. 8515-1 du code du travail - " L'autorité administrative compétente peut, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail (), et sous réserve de l'absence de poursuites pénales, prononcer à l'encontre de l'employeur une amende en cas de manquement : () 3° À l'article L. 3171-2 relatif à l'établissement d'un décompte de la durée de travail et aux dispositions réglementaires prises pour son application () ". Aux termes de l'article R. 8115-10 du code du travail : " Par dérogation à l'article R. 8115-2, lorsque le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi décide de prononcer une amende administrative sur le fondement des articles L. 4751-1 à L. 4754-1 et L. 8115-1 à L. 8115-8, il invite l'intéressé à présenter ses observations dans un délai d'un mois. / Ce délai peut être prorogé d'un mois à la demande de l'intéressé, si les circonstances ou la complexité de la situation le justifient ".
4. Si la requérante soutient que les dispositions de l'article R. 8115-10 du code du travail sont illégales dès lors qu'elles empêchent que soit discuté lors de la phase contradictoire préalable à la sanction le principe même cette dernière, il ne ressort pas des termes de cet article que les observations que peut présenter l'intéressée doivent se limitent au quantum de la peine. Par suite, La Poste n'est pas fondée à soutenir que les dispositions de l'article R. 8115-10 du code du travail méconnaissent le principe général des droits de la défense et le moyen tiré de l'exception d'illégalité ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que le rapport du 14 novembre 2018 de Mme D B ne doit pas être regardé comme le rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail, au sens des dispositions de L. 8515-1 du code du travail et sur lequel se fonde la sanction attaquée, mais comme un acte préparatoire établi à l'issue de la procédure contradictoire visant à éclairer la décision finale de l'autorité administrative. La circonstance que ce document soit postérieur à la phase contradictoire et qu'il n'ait pas été communiqué par l'administration à la société La Poste avant l'intervention de la décision attaquée est donc sans incidence sur la légalité de cette dernière, alors que la société ne conteste pas avoir eu connaissance du rapport du 17 mai 2018 des agents ayant procédé au contrôle de ses établissements. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de la sanction :
6. En premier lieu, si la société requérante se prévaut de plusieurs jugements de différentes juridictions judiciaires ayant eu à connaître de griefs analogues pour d'autres établissements postaux à travers la France entre les années 2011 et 2018, il n'existe ni identité de cause, ni identité d'objet avec la présente procédure qui concerne une sanction administrative faisant suite à des constats effectués par l'inspection du travail entre septembre 2017 et janvier 2018 à la plateforme d'Ermont. La Poste n'est donc pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée qui s'attache à ces jugements.
7. En deuxième lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 3171-1 du code du travail : " L'employeur affiche les heures auxquelles commence et finit le travail ainsi que les heures et la durée des repos ". Aux termes de l'article D. 3171-1 du même code : " Lorsque tous les salariés d'un atelier, d'un service ou d'une équipe travaillent selon le même horaire collectif, un horaire établi selon l'heure légale indique les heures auxquelles commence et finit chaque période de travail. Aucun salarié ne peut être employé en dehors de cet horaire, sous réserve des dispositions des articles L. 3121-30, L. 3121-33, L. 3121-38 et L. 3121-39 relatives au contingent annuel d'heures supplémentaires, et des heures de dérogation permanente prévues par un décret pris en application de l'article L. 3121-67. ".
8. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 3171-2 du code du travail : " Lorsque tous les salariés occupés dans un service ou un atelier ne travaillent pas selon le même horaire collectif, l'employeur établit les documents nécessaires au décompte de la durée de travail, des repos compensateurs acquis et de leur prise effective, pour chacun des salariés concernés. ". Aux termes de l'article D. 3171-8 du même code : " Lorsque les salariés d'un atelier, d'un service ou d'une équipe, au sens de l'article D. 3171-7, ne travaillent pas selon le même horaire collectif de travail affiché, la durée du travail de chaque salarié concerné est décomptée selon les modalités suivantes : 1° Quotidiennement, par enregistrement, selon tous moyens, des heures de début et de fin de chaque période de travail ou par le relevé du nombre d'heures de travail accomplies ; 2° Chaque semaine, par récapitulation selon tous moyens du nombre d'heures de travail accomplies par chaque salarié. ".
9. Si La Poste soutient que ces dispositions ont été méconnues au motif qu'elle ne peut se voir reprocher une absence de suivi du temps de travail individuel alors que ses salariés travaillent sous le régime de l'horaire collectif de travail, il résulte des dispositions du code du travail citées aux point 7 et 8 qu'en cas de dépassement de l'horaire collectif prévu à l'article L. 3171-1 ou de non-respect de ce dernier, l'employeur doit mettre en place un système permettant la vérification du temps de travail effectif et ainsi de s'assurer que le temps de travail correspond effectivement au nombre d'heures applicables ou encore du seuil de déclenchement d'heures supplémentaires et d'éventuellement décompter celles-ci avec précision. Dans ces conditions, l'autorité administrative a pu légalement fonder la sanction litigieuse sur les dispositions de l'article D. 3171-8 du code du travail, exigeant un décompte individuel du temps de travail, sans qu'y fasse non plus obstacle la circonstance que les accords d'établissement du 20 mai 2015 et national du 7 février 2017 fixent officiellement un régime d'horaire collectif de travail pour la plateforme d'Ermont de la société La Poste. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des article D. 3171-1 et D. 3171-8 du code du travail ainsi que celui tiré de la méconnaissance des accords de l'entreprise ne peuvent qu'être écartés.
10. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que l'autorité administrative ait entendu appliquer à la société La Poste les dispositions de l'article L. 3121-48 du code du travail, dont l'objet est la mise en place d'un dispositif d'horaires individualisés permettant un report d'heures d'une semaine à une autre. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, inopérant, doit être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 8113-7 du code du travail : " Les inspecteurs du travail, les contrôleurs du travail et les fonctionnaires de contrôle assimilés constatent les infractions par des procès-verbaux qui font foi jusqu'à preuve du contraire. / Ces procès-verbaux sont transmis au procureur de la République. () Lorsqu'il constate des infractions pour lesquelles une amende administrative est prévue au titre V du livre VII de la quatrième partie ou à l'article L. 8115-1, l'agent de contrôle de l'inspection du travail peut, lorsqu'il n'a pas dressé un procès-verbal à l'attention du procureur de la République, adresser un rapport à l'autorité administrative compétente, dans le cadre de la procédure prévue au chapitre V du présent titre ".
12. Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que les procès-verbaux établis par les contrôleurs du travail font foi jusqu'à preuve du contraire. Par suite, La Poste, qui peut contester par tout moyen les faits établis par les rapports à l'origine de la sanction attaquée, n'est pas fondée à soutenir que la sanction est entachée d'une erreur de fait, au seul motif que les rapports qui la fondent seraient dénués de toute valeur probante. Son moyen ne pourra qu'être écarté.
13. En cinquième lieu et d'une part, il résulte de l'instruction que la durée du travail des cinquante-huit facteurs, dont cinquante-trois salariés, de la plateforme de préparation et de distribution du courrier d'Ermont est officiellement organisée selon six horaires collectifs de travail, quarante-cinq salariés étant soumis à un horaire collectif allant de 7h45 à 13h50. S'il résulte des constatations opérées par les contrôleurs de la DIRECCTE le 19 septembre 2017, que ces horaires sont affichés dans les locaux, ils ne sont pas conformes aux horaires déclarés à l'inspection du travail, pour la dernière fois en 2011. En outre, lors de ce contrôle, plusieurs facteurs étaient à leur poste de travail dès 7h10 et vingt-et-un facteurs sur les cinquante-deux présents le jour du contrôle ont été occupés au-delà de l'horaire collectif, le système d'information de La Poste destiné à enregistrer les heures excédentaires n'en ayant d'ailleurs recensé que dix-sept. Les contrôleurs ont également relevé que les horaires effectifs des cinq employés travaillant dans les postes dits " de cabine " ne correspondaient pas non aux horaires collectifs de ce service, portant à vingt-six le nombre total de travailleurs du site n'ayant pas respecté leur horaire collectif respectif de travail. Lors d'un second contrôle le 19 janvier 2018, les mêmes constats ont été opérés, avec trente facteurs ayant pris leur poste avant 7h45, pour la majorité avant 7h30, et quinze facteurs ayant terminé leur journée au-delà de 13h50. En conséquence, sur cinquante-quatre facteurs présents le 19 janvier 2018, plus de trente-cinq ont eu des horaires effectifs différents des horaires collectifs, parmi lesquels seulement treize ont enregistré des heures excédentaires dans les systèmes d'information de La Poste. Enfin, la société La Poste n'a produit aucune pièce, relative tant aux horaires de travail effectifs de ses salariés qu'à ses conséquences éventuelles en paie ou en jour de congé, permettant d'établir que ces constatations revêtaient un caractère ponctuel et que l'horaire collectif était effectivement appliqué. Dans ces conditions, et alors même que les agents seraient affectés à des équipes ou des services auxquels correspondent des horaires prédéfinis, c'est à bon droit, compte tenu de la méconnaissance structurelle de normes régissant les horaires de travail, que l'administration a déduit des constatations effectuées par les agents de contrôle que les cinquante-trois salariés du site d'Ermont ne travaillaient pas selon le même horaire collectif de travail et qu'il appartenait, par conséquent, à l'employeur de mettre en place les documents nécessaires au décompte du temps de travail prévus par les dispositions ci-dessus reproduites des articles L. 3171-2 et D. 3171-8 du code du travail.
14. D'autre part, il est constant qu'aucun document permettant de comptabiliser, au sein de l'établissement, le temps de travail accompli par chacun des cinquante-trois salariés de droit privé n'a été communiqué à l'inspection du travail par le directeur de l'établissement en dépit des relances effectuées et n'a pas davantage été produit dans le cadre de cette instance
15. Il résulte de ce qui précède que la société La Poste n'est pas fondée à soutenir que le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Ile-de-France a entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation en considérant que les salariés des sites concernés ne travaillaient pas effectivement selon un horaire collectif, qu'il appartenait en conséquence à leur employeur de procéder à un décompte individuel de leur temps de travail en application de l'article D. 3171-8 du code du travail et que l'absence de ce dernier caractérisait un manquement passible d'une sanction administrative. Son moyen ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin de réformation de la sanction :
16. Aux termes de l'article L. 8115-3 du code du travail, dans sa rédaction applicable à la date du manquement : " Le montant maximal de l'amende est de 2 000 euros et peut être appliqué autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés par le manquement. () ". Aux termes de l'article L. 8115-4 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour déterminer si elle prononce un avertissement ou une amende et, le cas échéant, pour fixer le montant de cette dernière, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges. ".
17. En premier lieu, si La Poste conclut à ce qu'à la sanction pécuniaire soit substitué un avertissement, elle n'articule aucun moyen au soutien de cette conclusion qui ne pourra qu'être rejetée.
18. En second lieu, il résulte des dispositions combinées des articles L. 8115-1 et L. 3171-2 du code du travail que, sous réserve de l'absence de poursuites pénales, l'autorité administrative peut, lorsqu'elle constate que n'a pas été respectée l'obligation d'élaboration et de tenue d'un document de travail individuel recensant les horaires de chaque salarié, infliger une amende administrative à l'employeur à chaque fois que cette règle est méconnue. En particulier, les dispositions citées ci-dessus de l'article L. 8115-3 du même code ont pour seul objet de fixer le plafond d'une amende et de préciser que celui-ci peut être multiplié par le nombre de travailleurs concernés par le manquement sanctionné. Elles n'ont ni pour objet, ni pour effet de limiter le nombre d'amendes au nombre de salariés pour lesquels les manquements ont été relevés le jour du contrôle. Ainsi, dès lors que la méconnaissance de normes régissant les horaires de travail concerne l'ensemble des salariés de l'entreprise travaillant dans les mêmes conditions que celles pour lesquelles les constats ont été réalisés, tous les salariés, sans se limiter au nombre de salariés dont la présence a été constatée lors du contrôle ou au nombre de salariés nommément désignés dans le rapport de l'inspecteur du travail, doivent être pris en considération.
19. Au cas particulier et comme il a été dit précédemment, la société La Poste était tenue d'établir un document de décompte du temps de travail des cinquante-trois salariés travaillant sur le site d'Ermont, la circonstance que certains d'entre eux soient embauchés en tant qu'intérimaires étant à cet égard indifférente. Dès lors, l'administration était fondée à calculer l'amende litigieuse en estimant que tous les salariés étaient concernés par le manquement en cause. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 8115-3 du code du travail ne peut qu'être écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de réduction du montant de la sanction doivent être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de la société La Poste est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société La Poste et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Copie sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme G et M. H, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
M. GLa présidente,
signé
C. Van Muylder La rapporteure,
M. G La présidente,
C. Van Muylder
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 1912491
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026