lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1914733 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | CABINET BOT-NORMAND-CREN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2019, la société civile immobilière (SCI) Ennery Moutier, représentée par Me Normand, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018 à raison d'un ensemble immobilier à usage d'habitation dont elle est propriétaire 2/13 rue du Moutier à Ennery (95) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.500 € au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- contrairement ce que mentionne la décision de rejet de sa réclamation, le service ne lui a pas demandé de produire des justificatifs ;
- elle est fondée à obtenir le bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions de l'article 1389 du code général des impôts ; en effet, la vacance des immeubles supérieure à trois mois consécutifs, ne lui est pas imputable dès lors qu'elle a dû attendre le départ des locataires afin de pouvoir exécuter les travaux de rénovation nécessaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions présentées au titre de l'année 2016 sont irrecevables en raison de la tardiveté de la réclamation ; celles relatives à l'année 2018 sont irrecevables, dès lors que l'imposition afférente à ladite année a été dégrevée à la suite d'une réclamation du 19 septembre 2019 ;
- le moyen présenté à l'appui des conclusions dirigées contre l'imposition établie au titre de l'année 2017 n'est pas fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de justice administrative.
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique:
- le rapport de M. Huon, magistrat désigné,
- les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par réclamation du 26 décembre 2018, la SCI Ennery Moutier a sollicité, sur le fondement de l'article 1389 du code général des impôts, l'exonération des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018 à raison d'un ensemble immobilier à usage d'habitation dont elle est propriétaire rue du Moutier à Ennery (95). A la suite du rejet de cette réclamation, la société réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
Sur les conclusions en décharge présentées au titre de l'année 2018 :
2. Il n'est pas contesté qu'à la suite d'une seconde réclamation, présentée le 19 décembre 2019, soit postérieurement à l'introduction de la présente requête, le service a prononcé le dégrèvement de la taxe établie au titre de l'année 2018. Dans cette mesure, les conclusions de la requête sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions en décharge présentées au titre de l'année 2016 :
3. Aux termes de l'article R. 196-5 du livre des procédures fiscales : " Les dégrèvements de taxe foncière prévus par l'article 1389 du code général des impôts pour vacance d'une maison ou inexploitation d'un immeuble à usage industriel ou commercial, doivent être demandés au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle au cours de laquelle la vacance ou l'inexploitation atteint la durée minimum exigée. ".
4. Il résulte de l'instruction que la taxe foncière mise à la charge de la SCI Ennery Moutier au titre de l'année 2016 a été mise en recouvrement le 31 août de ladite année. Par suite, et comme le fait valoir l'administration, en tant qu'elle portait sur l'imposition de l'année 2016, la réclamation précitée du 26 décembre 2018 - et, a fortiori, celle du 19 décembre 2019 - était tardive au regard du délai fixé par les dispositions précitées. Les conclusions relatives à cette imposition ne peuvent donc qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions en décharge présentées au titre de l'année 2017 :
5. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". En vertu de l'article 1415 du même code, la taxe foncière sur les propriétés bâties est établie pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. Aux termes de l'article 1389 de ce code : " I . - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location () à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. ".
6. En premier lieu, les erreurs qui peuvent entacher les motifs de la réponse par laquelle le directeur des services fiscaux rejette une réclamation contentieuse sont sans influence sur l'imposition contestée. Par suite, si la SCI Ennery Moutier, soutient que, contrairement à ce que mentionne la décision de rejet sa réclamation, le service ne l'a pas invitée à produire des justificatifs, ce moyen est inopérant.
7. En second lieu, la requérante fait valoir qu'elle n'a pu réaliser les travaux de réhabilitation de l'ensemble immobilier en litige avant le départ des locataires. Toutefois, d'une part, il ressort des attestations du gestionnaire versées au dossier que les départs se sont échelonnés au moins jusqu'en 2018, de sorte que tous les logements n'étaient pas vacants en 2017, faisant ainsi obstacle au dégrèvement de la totalité de la taxe. D'autre part, et surtout, la société admet que lorsqu'elle en a fait l'acquisition en vue de les louer, elle connaissait le degré de vétusté des locaux ainsi que leurs conditions d'occupation. Ainsi, et alors, de surcroît, que l'opération de réhabilitation entreprise a apporté une plus-value à l'immeuble, la vacance liée à cette opération ne peut être regardée comme indépendante de la volonté de la propriétaire, au sens de l'article 1389 du code général des impôts.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande la SCI Ennery Moutier au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la SCI Ennery Moutier dirigées contre l'imposition établie au titre de l'année 2018.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Ennery Moutier et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
C. ALa greffière,
signé
S. RIQUIN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2102277
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026