mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1914988 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 novembre 2019 et 25 août 2020, M. B D, représenté par Me Huet, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes.
Il soutient que :
- La société MP SERVICE ne faisait pas de bénéfice et aucune somme n'a en conséquence été distribuée ;
- l'administration fiscale n'apporte pas la preuve qu'il était maître de l'affaire de la SARL MP SERVICE et qu'il a dès lors appréhendé les sommes qui auraient été distribuées.
Par des mémoires en défense enregistrés les 21 avril et 6 octobre 2020, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillier, rapporteur,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite d'une vérification de comptabilité de la SARL MP SERVICE, dont M. B D détenait 100 % des parts entre le 10 août 2015 et le 9 novembre 2016, M. D, par ailleurs gérant de cette société, s'est vu notifier, par une proposition de rectification du 16 juillet 2018, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2015 et 2016, assorties des pénalités correspondantes. La réclamation préalable de l'intéressé, en date du 10 mars 2019, a fait l'objet d'une décision de rejet de l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de France le 26 septembre 2019. Par la présente requête, M. D demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des impositions qui lui ont ainsi été assignées, d'un montant global de 40 916 euros.
2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés () ". Les sommes réintégrées par l'administration dans le résultat imposable d'une société ayant fait l'objet d'un redressement ne peuvent être regardées comme des revenus distribués au sens de ces dispositions que dans la mesure où elles ont été effectivement appréhendées par leur bénéficiaire. Toutefois, le contribuable maître d'une affaire est réputé avoir appréhendé les distributions réalisées par la société qu'il contrôle à la date de clôture de l'exercice au cours duquel l'existence de ces distributions a été constatée.
3. Il est constant que le service vérificateur a estimé que l'intéressé avait bénéficié de revenus distribués par la SARL MP SERVICE, à hauteur de 26 925 euros en 2015 et de 33 029 euros en 2016. Il a donc réintégré les sommes correspondantes dans le revenu imposable du requérant au titre des années 2015 et 2016, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sur le fondement des dispositions précitées du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts.
Sur le montant des distributions :
4. Il résulte de l'instruction, notamment de l'annexe 1 à la proposition de rectification du 16 juillet 2018 adressée à M. D, que le résultat imposable de la SARL MP SERVICE a, compte tenu de l'impossibilité de procéder aux opérations de contrôle du fait de la société, été reconstitué à hauteur de la somme de 33 029 euros au titre de l'exercice clos en 2015 et de 33 029 euros au titre de l'exercice clos en 2016. Ainsi, les revenus distribués à M. D en application des dispositions du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts correspondent à des rehaussements des bénéfices de la SARL MP SERVICE ayant été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés dû par cette entreprise au titre des exercices clos en 2015 et 2016, conformément aux dispositions précitées de l'article 110 du code général des impôts.
5. Si M. D soutient que l'administration fiscale n'est pas fondée à réintégrer dans son revenu imposable au titre des années 2015 et 2016, sur le fondement des dispositions précitées du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, les sommes qui lui auraient été distribuées par la SARL MP SERVICE, dès lors que cette société ne faisait pas de bénéfice, il n'assortit cette affirmation d'aucun élément, notamment comptable, susceptible de l'établir. Par suite, il ne conteste pas utilement la reconstitution de résultats à laquelle a procédé l'administration fiscale pour les deux années en litige.
Sur l'appréhension des sommes distribuées :
6. Il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification adressée à M. D, que le service vérificateur a relevé que l'intéressé était l'associé unique et le gérant de la SARL MP SERVICE du 10 août 2015 au 9 novembre 2016, et que, pour la période courant du 10 novembre au 31 décembre 2016, il était resté l'unique titulaire de la signature des trois comptes bancaires de la société. Par ces constatations, non sérieusement contestées par le requérant, qui se borne à faire valoir qu'il avait cédé l'intégralité de ses parts le 9 novembre 2016, démissionné de ses fonctions de gérant le même jour et que le nouveau gérant n'avait pas eu le temps d'effectuer le changement de signature en banque pour la période postérieure au 9 novembre 2016, l'administration fiscale établit que M. D avait eu seul la maîtrise de l'affaire au cours des années 2015 et 2016. Dans ces conditions, elle était fondée à regarder l'intéressé comme ayant appréhendé des distributions en provenance de la société MP SERVICE. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a réintégré ces revenus distribués dans le revenu imposable du requérant au titre des années 2015 et 2016, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sur le fondement des dispositions du 1° du 1. de l'article 109 précité du code général des impôts.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de M. D doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
M. C et M. A, premiers conseillers,
Assistés de Mme Tainsa, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
S. C
Le président,
signé
C. Huon
La greffière,
signé
A. Tainsa
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°1914988
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026