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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1915712

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1915712

mercredi 12 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1915712
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBOZZACCHI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 décembre 2019 et 30 avril 2020, M. C B et Mme A B, représentés par Me Bozzacchi, avocat, demandent au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2013 pour un montant total de 74 414 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 20 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

M. et Mme B soutiennent que :

- l'administration ne peut pas leur reprocher de ne pas avoir transmis les engagements de location définis à l'article 46-AG-quaterdecies de l'annexe III du code général des impôts et les avis d'imposition des différents locataires, dès lors que, si ces engagements ont pour objet d'obtenir des informations relatives au contribuable, au logement concerné, ainsi qu'au locataire, l'administration a pu bénéficier de telles informations suite aux propositions de rectification des 12 décembre 2011 et 14 décembre 2016, et que, par ailleurs, ils justifient de ce que leur appartement a bien été loué en 2013 ;

- il n'y a pas eu de rupture de la location en 2013 ;

- l'administration fiscale ne peut contester le dépôt de leur engagement de location dans les six mois à compter de l'achèvement des travaux, cet élément n'ayant jamais été remis en cause par l'administration lors du premier contrôle effectué en 2011 ;

- cette situation constitue une prise de position ne pouvant être remise en cause postérieurement par l'administration ;

- l'administration ne peut pas soutenir que leur appartement n'a pas été loué à titre de résidence principale en 2014, dès lors que si leur locataire a omis de changer le lieu de sa résidence principale dans ses déclarations de revenu au titre des années 2013 à 2016, ces erreurs ne leur sont en tout état de cause pas imputables.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. et Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Villette, conseiller ;

- et les conclusions de M. Barraud, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B ont acquis, le 31 décembre 2007, un appartement en duplex de type 2, achevé le 24 décembre 2008, au sein d'un ensemble immobilier situé sur le territoire de la commune de La Possession, dans le département de la Réunion, pour lequel ils ont bénéficié, sur le fondement de l'article 199 undecies A du code général des impôts, d'une réduction d'impôt sur le revenu au titre des années 2008 à 2012. Par une proposition de rectification en date du 14 décembre 2016, l'administration a remis en cause ces réductions. Les suppléments d'impôt sur le revenu établis au titre de l'année 2013 en conséquence de la reprise de ces réductions d'impôt ont été mis en recouvrement le 30 avril 2018 par voie d'avis d'imposition supplémentaire. Les requérants ont formé, le 20 mai 2019, une réclamation préalable rejetée le 25 octobre 2019 par l'administration. Par cette requête, M. et Mme B demandent au Tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge au titre de l'année 2013 pour un montant total de 74 414 euros.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes de l'article 199 undecies A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " 1. Il est institué une réduction d'impôt sur le revenu pour les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui investissent dans les départements d'outre-mer () 2. La réduction d'impôt s'applique : () b) Au prix de revient de l'acquisition ou de la construction régulièrement autorisée par un permis de construire d'un immeuble neuf situé dans les départements () visés au 1, que le propriétaire prend l'engagement de louer nu dans les six mois de l'achèvement ou de l'acquisition si elle est postérieure pendant cinq ans au moins à des personnes, autres que son conjoint ou un membre de son foyer fiscal, qui en font leur habitation principale () 7. En cas de non-respect des engagements mentionnés aux 2 () la réduction d'impôt pratiquée fait l'objet d'une reprise au titre de l'année où interviennent les événements précités () ". Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que le bénéfice de l'avantage fiscal qu'elles prévoient est subordonné à la condition que, d'une part, le locataire, autre que le conjoint ou un membre du foyer fiscal du contribuable, fasse effectivement de l'immeuble qui lui est loué son habitation principale et que, d'autre part, le contribuable prenne l'engagement exprès de donner en location, à cet usage, l'immeuble à un tel locataire pendant cinq ans au moins. Compte tenu de sa nature, cet engagement de mise en location doit être souscrit avant la prise d'effet du premier bail d'habitation, laquelle intervient au plus tard six mois après la date d'achèvement de l'immeuble ou celle de son acquisition, si cette dernière date est postérieure à l'achèvement de la construction.

3. Aux termes de l'article 46 AG quaterdecies de l'annexe III au code général des impôts : " Le contribuable doit joindre à sa déclaration de revenus de l'année au titre de laquelle il demande le bénéfice de la réduction d'impôt les documents suivants : / I. - Lorsque le logement neuf est destiné à devenir son habitation principale : / 1. L'engagement prévu au a du 2 de l'article 199 undecies A du code général des impôts qui comporte les éléments suivants : / a) L'identité et l'adresse du contribuable ; / b) L'adresse et la surface habitable du logement concerné ; / c) Le prix de revient ou le prix d'acquisition du logement accompagné des justificatifs ; / d) La date d'achèvement du logement ou de son acquisition si elle est postérieure () II. - Lorsque le logement neuf est destiné à la location : / 1. L'engagement prévu au b du 2 () de l'article 199 undecies A du code général des impôts qui comporte les éléments définis aux a, b, c et d du I ainsi que, lorsque le bien est loué à un organisme public ou privé pour le logement à usage d'habitation principale de son personnel, le nom du sous-locataire et les nom et adresse de son employeur () / Si un bail n'est pas signé à la date de souscription de la déclaration susvisée, les documents énumérés aux 1, 3 et 4 sont joints à la déclaration de l'année au cours de laquelle le bail est signé. Il en est de même en cas de changement de locataire ou de sous-locataire pendant la durée de l'engagement mentionné au 1. () ". Il résulte de ces dispositions que, dès lors qu'un contribuable revendique, pour une année déterminée, le bénéfice de la réduction d'impôt prévue par l'article 199 undecies A, précité, il doit, en principe, joindre à la déclaration de revenus souscrite une copie de l'engagement de location mentionné par cet article. Toutefois, ces dispositions n'ont pas pour effet d'interdire au contribuable qui aurait omis de joindre la copie de cet engagement à sa déclaration de revenus, de régulariser sa situation dans l'un ou l'autre des délais de réclamation prévus aux articles R. 196-1 et R. 196-3 du livre des procédures fiscales.

4. D'une part, alors qu'il résulte de la décision de rejet du 25 octobre 2019 que l'administration a invité les contribuables à produire l'engagement de location exigé par les articles 199 undecies A du code général des impôts et 46 AG quaterdecies de l'annexe III au même code, il ne résulte pas de l'instruction, faute de tout élément en ce sens, que M. et Mme B aient souscrit un tel engagement préalable ni davantage qu'ils l'auraient joint à leurs déclarations de revenus des années au titre desquelles ils demandaient le bénéfice de la réduction d'imposition.

5. D'autre part, M. et Mme B font valoir que l'administration fiscale ne peut contester le dépôt de leur engagement de location dans les six mois à compter de l'achèvement des travaux, cet élément n'ayant jamais été remis en cause par l'administration lors du premier contrôle effectué en 2011, et qu'ils peuvent donc se prévaloir d'une position formelle de l'administration au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration fiscale se soit expressément prononcée, à l'issue de la procédure de contrôle diligentée en 2011, sur l'existence d'un engagement préalable du contribuable par la remise d'un engagement de location, de sorte que les requérants ne peuvent se prévaloir d'une prise de position formelle de l'administration.

6. Dans ces conditions, et pour ce seul motif, et à supposer même que le logement de M. et Mme B ait été effectivement loué pendant six années à titre de résidence principale, l'administration a pu, à bon droit, remettre en cause la réduction d'impôt dont les contribuables avaient bénéficié à raison de leurs investissements.

7. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander la décharge des impositions litigieuses.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :

8. La présente instance n'ayant pas donné lieu à la liquidation de dépens, les conclusions de M. et Mme B présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. L'État n'étant pas, dans cette instance, la partie perdante à l'instance, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. et Mme B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme A B, et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.

Le rapporteur,

Signé

G. VILLETTE

Le président,

Signé

K. KELFANI La greffière,

Signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La Greffière

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