mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1916017 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | AZOULAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés le 20 décembre 2019, le 28 juillet 2020 et le 12 octobre 2021, M. A C et Mme B C, représentés par Me Azoulay, avocate, demandent au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des majorations de 40% pour manquement délibéré, dont ont été assorties les cotisations supplémentaires de contribution sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux mises à leur charge au titre des années 2015 et 2016, qui leur ont été appliquées sur le fondement du a) de l'article 1729 du code général des impôts pour un montant total de 134 662 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme C soutiennent qu'ils ne sauraient être regardés comme ayant commis un manquement délibéré dès lors que :
- ils n'ont pas omis de déclarer une plus-value mais seulement de préciser le montant de l'abattement dont ils bénéficiaient dans la case " 3SG ", ce qui ne permet pas de caractériser une omission déclarative ;
- le montant total de la plus-value a été distinctement communiqué à l'administration fiscale concernant l'année 2015, ce qui est de nature à témoigner de l'absence d'intentionnalité de leur oubli ;
- l'importance du montant omis ne saurait caractériser à lui seul un manquement délibéré ;
- le fait qu'ils aient correctement rempli leurs déclarations, au titre des années 2013 et 2014, n'est pas de nature à établir leur connaissance de la législation et du dispositif déclaratif ;
- c'est Mme C qui a effectué les déclarations en question et envoyé avec sa déclaration de revenus un document faisant apparaître le montant qu'elle avait omis de déclarer, et qu'elle a, suite à un courrier du 26 avril 2018 communiqué l'ensemble des justificatifs qui lui avaient été réclamés par l'administration fiscale.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- les conclusions de M. Barraud, rapporteur public ;
- et les observations de Me Azoulay.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont fait l'objet, par un courrier en date du 26 avril 2018, d'une demande de renseignements concernant leur situation fiscale à laquelle ils ont répondu par un courriel du 30 mai 2018. Par une proposition de rectification, en date du 11 juin 2018, l'administration fiscale leur a notifié, selon la procédure contradictoire, des rehaussements en matière d'impôt sur le revenu, de contribution sur les hauts revenus et de contributions sociales au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des majorations pour manquement délibéré de 40 % sur le fondement du a) de l'article 1729 du code général des impôts. Par une réclamation préalable en date du 20 juin 2019, M. et Mme C ont indiqué accepter les rehaussements en matière d'impôt sur le revenu, de contribution sur les hauts revenus et de contributions sociales et contesté le surplus des rectifications, à savoir les majorations pour manquement délibéré. Par une décision en date du 22 juillet 2019, l'administration a rejeté cette réclamation. Par la présente requête, les requérants demandent au Tribunal de prononcer la décharge des majorations pour manquement délibéré auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015 et 2016, pour un montant total de 134 662 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Il résulte de ces dispositions que la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a. de l'article 1729 du code général des impôts sanctionne la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir le manquement délibéré, l'administration fiscale doit apporter la preuve de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations du contribuable, et son intention délibérée d'éluder l'impôt.
En ce qui concerne la majoration appliquée aux impositions dues au titre de 2015 :
3. Il est constant que M. et Mme C ont adressé au service des impôts leur déclaration de revenu global modèle n° 2042 au titre de l'année 2015, mentionnant à la case 3VG le montant des plus-values imposables minoré des abattements appliqués, mais en omettant d'indiquer à la case 3SG le montant de l'abattement dont ils étaient en droit de bénéficier en raison de la durée de détention des titres cédés. Il est, toutefois, constant que les requérants avaient joint à cette déclaration un document qui précisait le montant des plus-values avant abattement, le montant des plus-values après abattement, ainsi que le motif de cet abattement. Dans ces conditions, le service, au seul examen de ce document, avait son attention nécessairement appelée sur l'existence et les modalités de calcul de la plus-value et disposait de tous les éléments d'information nécessaires lui permettant de vérifier que cette plus-value était passible des contributions sociales et de contribution sur les hauts revenus, ainsi que d'asseoir et de mettre en recouvrement ces impositions afin qu'elles soient acquittées dans le délai légal. Dès lors, cette déclaration ne saurait être regardée comme incomplète ou inexacte. Par suite, l'administration n'était pas fondée à assortir les cotisations supplémentaires de contributions sociales et de contribution sur les hauts revenus auxquelles elle a assujetti M. et Mme C au titre de l'année 2015, de la majoration pour manquement délibéré prévue au a. de l'article 1729 précité du code général des impôts.
En ce qui concerne la majoration appliquée aux impositions dues au titre de 2016 :
4. D'une part, il est constant que les requérants ont omis d'indiquer, dans la case 3SG de leur déclaration au titre des revenus pour 2016, les montants des abattements appliqués sur les plus-values de valeurs mobilières réalisées lors de cette même année. Ces éléments de déclaration, rendus nécessaires afin de permettre à l'administration fiscale de calculer les prélèvements sociaux et la contribution sur les hauts revenus venant grever le montant de ces plus-values, n'ayant pas été renseignés par les contribuables, le caractère inexact des déclarations en litige doit être regardé comme établi.
5. D'autre part, afin de retenir le caractère délibéré du ces inexactitudes déclaratives, l'administration fiscale a relevé l'importante discordance entre les montants omis et les montants effectivement déclarés, ainsi que l'importance des impositions éludées. Cette dernière a également retenu que les contribuables connaissaient nécessairement les modalités de déclaration, dès lors qu'ils avaient procédé régulièrement à la déclaration de tels revenus au titre des années 2013 et 2014, et que leur banque leur avait fourni suite à la cession de leurs actions une documentation présentant les conditions de déclaration des plus-value résultant de cette cession. Par ailleurs, si les requérants font valoir qu'ils ont correctement déclaré les plus-values après abattement, cette circonstance est seulement de nature à établir de leur volonté de se voir imposer au titre du seul impôt sur le revenu, dès lors que les contributions sociales et la contribution sur les hauts revenus s'appliquent, quant à elles, à la totalité des plus-values réalisées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du manquement délibéré de M. et Mme C et, par suite, du bien-fondé de la majoration de 40 % qui a été mise à leur charge, en application du a. de l'article 1729 précité du code général des impôts au titre de 2016.
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C sont seulement fondés à demander la décharge de la majoration de 40 % pour manquement délibéré appliquée aux cotisations supplémentaires de contributions sociales et de contribution sur les hauts revenus auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des requérants présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. et Mme C sont déchargés de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue à l'article 1729 du code général des impôts appliquée aux cotisations supplémentaires de contributions sociales et de contribution sur les hauts revenus auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et Mme B C, et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. VILLETTE
Le président,
Signé
K. KELFANI La greffière,
Signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La Greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026