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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2000033

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2000033

mardi 18 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2000033
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantDUQUESNE CLERC

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée sous le n°2000033 le 3 janvier 2020, des mémoires enregistrés le 28 septembre 2022, le 28 octobre 2022 et le 26 mai 2023 et des pièces complémentaires enregistrées les 27 mars et 26 mai 2023, Mme E D, représentée par Me Duquesne-Clerc, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner l'assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme de 291 488,20 euros en réparation des préjudices résultant de sa prise en charge fautive par l'hôpital Béclère à Clamart (92) le 13 octobre 2011 ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une nouvelle expertise au contradictoire de l'AP-HP et de l'ONIAM ;

3°) de condamner l'AP-HP aux entiers dépens ;

4°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'hôpital Béclère a commis plusieurs des fautes de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP tenant à une indication thérapeutique fautive consécutive à une erreur de diagnostic initial ; et à une information insuffisante sur les risques opératoires de l'intervention de pose d'une prothèse discale dont elle a bénéficiée le 13 octobre 2011 et sur les alternatives thérapeutiques à cette opération ;

- ces fautes ont été à l'origine d'une perte de chance de 75 % de se soustraire à cette opération et par conséquent d'éviter le dommage ;

- l'AP-HP doit être condamnée à lui verser, en réparation des préjudices temporaires et permanents qu'elle a subis du fait de cette intervention fautive, 75% d'un montant total de 388 650,93 euros résultant des sommes de :

- 32 928,50 euros au titre de ses pertes de gains professionnels du 13 février 2012 au 4 mai 2017, date de consolidation de son état de santé ;

- 14 208 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne qu'elle a engagés entre le 21 janvier 2012 et le 3 mai 2017 ;

- 15 000 euros au titre de l'incidence professionnelle dès lors qu'elle ne peut plus exercer le métier d'aide à domicile qu'elle exerçait auparavant ;

- 65 765 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne permanents ;

- 6 243 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire ;

- 15 000 euros au titre des souffrances endurées ;

- 500 euros au titre de son préjudice esthétique temporaire ;

- 20 581 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent ;

- 1 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent ;

- 10 000 euros au titre de son préjudice d'agrément ;

- 5 000 euros au titre de son préjudice sexuel ;

- 23 077,18 euros au titre des dépenses de santé futures ;

- 179 348,26 euros au titre de ses pertes de gains professionnels futures comprenant 100 008,41 euros de pertes de gains et de salaires et 79 339,85 euros de pertes de retraite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, l'assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que le taux de perte de chance d'éviter le dommage subi par Mme D en raison des fautes qu'elle a commises n'excède pas 25 %.

Elle fait valoir que :

- elle n'a commis aucune faute dès lors que le geste chirurgical était conforme aux règles de l'art, que la prise en charge post-opératoire de Mme D était adaptée et que celle-ci avait été suffisamment informée des risques associés à l'opération ;

- l'évaluation par la commission de conciliation et d'indemnisation d'Île-de-France (CCI) d'un taux de perte de chance de 75% n'est pas justifiée compte tenu de l'état antérieur lourd de Mme D et des conclusions des experts ;

- à titre subsidiaire, les montants réclamés par Mme D au titre de la réparation de ses préjudices sont excessifs ou ne sont pas assortis des justifications suffisantes ;

- la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-et-Marne n'apporte pas de justification suffisante des montants qu'elle réclame.

Par des mémoires enregistrés le 10 mars 2020 et le 3 octobre 2022 et des pièces complémentaires enregistrées le 31 mars 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-et-Marne conclut :

1°) à la condamnation de l'AP-HP à lui verser la somme de 50 718,72 euros en remboursement des prestations qu'elle a réglées en lien avec les fautes commises dans la prise en charge de Mme D le 13 octobre 2011, majorée des intérêts au taux légal à compter de la date de lecture du jugement à intervenir ;

2°) à la condamnation de l'AP-HP à lui verser la somme de 1 091 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3°) à la mise à la charge de l'AP-HP de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a pris à sa charge au titre des soins prodigués à Mme D les sommes de 1 240,21 euros de frais médicaux, de 864,61 euros de frais pharmaceutiques et de 3 511,25 euros de frais d'appareillage ;

- elle a versé à Mme D la somme de 15 176,85 euros d'indemnités journalières au cours de la période du 3 octobre 2014 au 31 mars 2016 ;

- elle lui a versé la somme de 9 824,08 euros au titre de ses pertes de gains professionnels futurs, la somme de 18 908,92 euros au titre d'un capital invalidité et la somme de 1 192,80 euros au titre de frais futurs viagers.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2023, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représentée par Me Saumon, conclut :

1°) à titre principal au rejet des conclusions dirigées à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que soit ordonnée, avant dire droit, une nouvelle expertise.

Il fait valoir que :

- l'AP-HP a commis plusieurs fautes dans la prise en charge de Mme D ;

- les conditions d'engagement de la solidarité nationale ne sont pas réunies.

Par ordonnance du 31 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juin 2023.

II. Par une requête enregistrée, sous le n°2010773, le 21 octobre 2020, des mémoires, enregistrés le 28 septembre 2022, le 28 octobre 2022 et le 26 mai 2023 et des pièces complémentaires enregistrées les 27 mars et 26 mai 2023, Mme E D, représentée par Me Duquesne-Clerc, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), à lui verser la somme de 388 650,94 euros en réparation des préjudices résultant de l'accident médical non fautif dont elle a été victime lors de sa prise en charge du 13 octobre 2011 par l'hôpital Béclère à Clamart (92), ou une somme correspondant à la différence entre ce montant et celui que l'AP-HP serait condamnée à lui verser en préparation de ces préjudices si sa responsabilité dans la survenance du dommage devait être engagée ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une nouvelle expertise au contradictoire de l'AP-HP et de l'ONIAM ;

3°) de condamner l'ONIAM aux entiers dépens ;

4°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a été victime d'un accident médical non fautif lors de l'intervention chirurgicale dont elle a bénéficié le 13 octobre 2011 à l'hôpital Béclère à Clamart (92) devant être pris en charge au titre de la solidarité nationale en application du II de l'article L. 1142-1 code de la santé publique ;

- elle a subi de ce fait les mêmes préjudices que ceux détaillés dans la requête n°2000033 s'élevant à un montant total de 388 650,94 euros ;

- l'ONIAM doit de ce fait être condamné à lui verser une somme correspondant à la partie de ces préjudices non pris en charge par l'AP-HP dans le cadre de l'engagement éventuel de sa responsabilité dans la survenance de ces fautes ;

- à titre subsidiaire, une troisième expertise pourra être ordonnée compte tenu des divergences entre les deux rapports d'expertises remis à la CCI.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 décembre 2020 et le 2 novembre 2022, et des mémoires récapitulatifs enregistrés le 1er décembre 2022 et le 3 avril 2023, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Saumon, conclut :

1°) à titre principal à sa mise hors de cause et au rejet de l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, en cas de nouvelle expertise, à l'extension de la mission de l'expert.

Il fait valoir que :

- la prise en charge de Mme D a été fautive dès lors que l'indication thérapeutique était erronée et qu'elle n'a pas suffisamment été informée ; cette faute a causé l'entier dommage ;

- les conditions d'engagement de la solidarité nationale ne sont pas réunies dès lors que le critère d'anormalité n'est pas rempli ;

- à titre subsidiaire, si une nouvelle expertise devait être ordonnée, celle-ci devrait être étendue et explorer notamment l'imputabilité des préjudices, toutes les causes possibles du dommage, le rôle de la pathologie initiale dans la survenance du dommage et l'anormalité du dommage au regard de l'état initial de la patiente.

Par ordonnance du 31 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juin 2023.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code de santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Moinecourt, rapporteure

- les conclusions de M. Goupillier, rapporteur public ;

- et les observations de Me Duquesne, représentant Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, née le 5 août 1964, qui souffrait de lombalgies chroniques depuis 2001 s'étant aggravées en 2010, a subi une intervention chirurgicale à l'hôpital Béclère à Clamart, relevant de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP), le 13 octobre 2011 pour la pose d'une prothèse de disque, une discectomie par voie antérieure rétro péritonéale et reconstruction par prothèse. Dès le réveil, elle a ressenti des douleurs nouvelles de type douleurs sciatiques irradiant à la jambe droite, qui ont persisté. Elle a subi par la suite plusieurs interventions consistant en des infiltrations, une arthrodèse en 2014 et la pose d'un stimulateur médullaire en 2016. Elle a été placée en invalidité de catégorie 2 le 1er avril 2016 et son état a été reconnu consolidé le 5 mai 2017, avec un déficit fonctionnel permanent de 15 % en raison de douleurs persistantes. Mme D a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) le 17 octobre 2017 d'une demande d'indemnisation des préjudices qu'elle estimait avoir subis du fait de sa prise en charge fautive le 13 octobre 2011. La CCI a ordonné une expertise confiée au Dr A dont le rapport a été remis le 9 avril 2018. S'estimant insuffisamment informée par ce rapport, la CCI a diligenté une contre-expertise, confiée au Dr F, qui a remis son rapport le 2 mars 2019.

2. Par un avis du 25 avril 2019, la CCI a estimé que les fautes commises par l'AP-HP lors de la prise en charge de Mme D lui avait fait perdre 75% de chance de se soustraire à l'opération du 13 octobre 2011, à l'origine de son dommage. Par un courrier notifié à Mme D le 17 décembre 2019, l'AP-HP lui a indiqué qu'elle refusait de l'indemniser. Mme D a alors saisi l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) d'une demande de substitution sur le fondement de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, qui a rejeté cette demande par un courrier en date du 21 août 2020.

3. Par la requête enregistrée sous le n°2000033, Mme D demande au tribunal de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 291 488,20 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait des fautes commises lors de sa prise en charge par l'hôpital Béclère. Par la requête enregistrée sous le n°2010773, Mme D demande au tribunal de condamner l'ONIAM à lui verser une somme correspondant à la différence entre le montant total des préjudices qu'elle estime avoir subis, s'élevant à 388 650,93 euros, et la somme qui lui sera versée par l'AP-HP.

4. Les requêtes susvisées enregistrées sous les numéros 2000033 et 2010773 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.

Sur la responsabilité de l'AP-HP :

En ce qui concerne le principe de responsabilité :

5. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

S'agissant de l'indication thérapeutique et de l'établissement du diagnostic initial :

6. Aux termes de l'article L. 1110-5 du code de la santé publique : " Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées () ".

7. Il résulte de l'instruction, et notamment des deux rapports d'expertise du Dr A et du Dr F que Mme D souffrait de douleurs rachidiennes depuis 2001, qui se sont aggravées en 2010, et qu'elle présentait une scoliose depuis l'adolescence. Ses douleurs étaient décrites par le Dr F comme " lombaires basses et de la charnière thoraco-lombaire, plutôt latéralisées à droite et irradiant à la fesse ", sans douleurs radiculaires ou sciatiques, alors que l'intéressée présentait une discopathie affectant majoritairement le disque situé entre les vertèbres L5 et S1. Le Dr F mentionne également, dans son rapport, une étude de la haute autorité de santé (HAS) de 2007 intitulée " Remplacement du disque intervertébral lombaire par prothèse ", aux termes de laquelle la présence de déformations telles qu'une scoliose comptent parmi les contre-indications à la pose d'une prothèse discale lombaire. Cette étude indique également que " cette intervention est difficile " et nécessite notamment un " respect strict des critères de sélection et des contre-indications ". Le Dr F souligne à cet égard que des alternatives thérapeutiques auraient dû être proposées à Mme D voire privilégiées en première intention, et déplore que le caractère " chronique et multi dimensionnel " de sa pathologie n'ait pas été abordé en amont de l'opération. Selon lui, " Il est fait abstraction de la présence d'une scoliose pouvant, à elle seule générer des rachialgies, l'incidence de la pénibilité professionnelle sur l'acutisation des lombalgies présentes depuis de nombreuses années, les éventuels facteurs émotionnels de renforcement. Une approche globale en centre de rééducation, tenant compte de la scoliose, proposant un renforcement musculaire, un accompagnement psychologique, une évaluation professionnelle aurait été utile ". Cet expert ajoute que cette prise en charge est d'ailleurs recommandée par l'HAS en préalable de ce type d'intervention. Il en résulte que l'indication chirurgicale faite à Mme D d'une discectomie avec reconstruction par prothèse, alors qu'elle souffrait d'une scoliose constituant une contre-indication à cette intervention difficile, et alors que des alternatives thérapeutiques existaient et auraient dû être privilégiées, était fautive.

8. Il résulte en outre de l'instruction et notamment des deux rapports d'expertise précités, que Mme D a commencé à souffrir, dès le réveil de son opération du 13 octobre 2011, d'une douleur à la jambe droite qualifiée par le Dr F de " douleur neuropathique L5 ". Les deux experts retiennent comme cause probable de ces douleurs sciatiques une atteinte de la racine L5 au cours de cette opération. Le Dr F souligne à cet égard que sans l'intervention litigieuse, " il n'y a pas d'argument objectif pour imaginer la survenue d'une sciatique en complément des lombalgies connues " chez Mme D. Dans ces conditions, le dommage subi par la requérante, constitué par une douleur neuropathique au membre inférieur droit, doit être regardé comme ayant été causé par l'intervention chirurgicale de pose d'une prothèse de disque dont elle a bénéficié le 13 octobre 2011.

9. Il résulte de ce qui précède que le choix thérapeutique erroné qui a été réalisé lors de la prise en charge de Mme D le 13 octobre 2011 constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP.

S'agissant du défaut d'information :

10. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable aux faits de l'espèce : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus.() Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. ".

11. L'information qui doit être portée à la connaissance du patient en application de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique, lorsqu'elle porte sur les risques fréquents ou graves normalement prévisibles que comporte une intervention chirurgicale ainsi que sur les autres solutions thérapeutiques possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus, doit en principe être délivrée par le médecin ou l'équipe médicale chargée de cette intervention, dans un délai suffisant pour permettre au patient de donner, de manière éclairée, son consentement à la réalisation de l'acte chirurgical ou d'en refuser la réalisation.

12. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du Dr F que, Mme D a signé un acte de consentement généraliste en date du 13 juillet 2011 dans lequel elle atteste avoir bénéficié d'une " information éclairée " sur l'intervention. Toutefois, elle a déclaré lors des opérations d'expertise que le Dr B avait été optimiste au sujet des douleurs post-opératoires et qu'elle n'aurait pas pris la décision de se faire opérer si elle avait eu connaissance des risques neurologiques. Elle a également soutenu qu'elle n'avait pas été informée du risque d'échec thérapeutique de l'intervention. L'AP-HP n'établit pas, alors que la charge lui en incombe, que Mme D aurait été informée de l'existence d'alternatives thérapeutiques à la discoplastie dont elle a bénéficié, ni des risques spécifiques associés à cette intervention compte tenu de ses antécédants de scoliose.Si l'expert relève que " Mme D avait rencontré auparavant plusieurs spécialistes dont trois chirurgiens qui avaient été réservés quant à la chirurgie ", cette circonstance n'est pas de nature à décharger l'AP-HP de son obligation d'information à l'égard de ses patients. Ainsi, Mme D est fondée à soutenir que l'AP-HP a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en manquant à son obligation d'information.

En ce qui concerne la perte de chance :

13. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public de santé a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage advienne. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel, déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

14. Selon le rapport d'expertise du Dr F, " Il est difficile d'affirmer qu'une information plus complète de la part du docteur B et une évaluation pré opératoire globale dans un centre spécialisé avec une rééducation adaptée et une adaptation des conditions de vie aurait abouti à une autre décision thérapeutique ". En outre, il souligne dans le rapport qu' " Il n'est pas certain que l'alternative 'médicale' ait reçu une adhésion auprès de Mme D et même si elle avait été effectuée, elle pouvait être mise en échec et secondairement conduire à la chirurgie ". Il y a dès lors lieu de retenir que les fautes commises par l'AP-HP, tenant à une indication thérapeutique erronée et à un défaut d'information, ont seulement fait perdre une chance à Mme D d'éviter le dommage. Il y a lieu de fixer le taux de cette perte de chance à 25 %, compte tenu des incertitudes quant à la décision thérapeutique qui aurait pu être prise et ce notamment dans l'hypothèse où des alternatives auraient été proposées à l'intéressée et qu'elle avait été suffisamment informée.

Sur la réparation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale :

15. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique " II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical () ouvre droit à la réparation des préjudices du patient () lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". L'article D. 1142-1 du même code définit le seuil de gravité prévu par ces dispositions législatives.

16. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1. La condition d'anormalité du dommage doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Ainsi, elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage.

17. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du Dr F que Mme D souffrait avant l'intervention du 13 octobre 2011 de " douleurs lombaires basses et de la charnière thoraco-lombaire, plutôt latéralisées à droite et irradiant vers la fesse ". Celle-ci déclarait avant l'opération litigieuse être très limitée pour toute activité sportive intense ou modérée, pour marcher quelques centaines de mètres ou monter des escaliers, avec une intensité de douleur rapportée souvent supérieure à 5. Il ressort du rapport du Dr C que le Dr G qui l'a examinée le 12 janvier 2011 évoque des douleurs " de plus en plus handicapantes ". Après l'opération du 13 octobre 2011, Mme D a développé de nouvelles douleurs de type sciatiques à la jambe droite, qui ont motivé de nouvelles interventions chirurgicales, notamment une arthrodèse en 2014 et la pose d'un implant médullaire en 2016. Toutefois, compte-tenu de la lourdeur de son état antérieur, qui présentait un risque d'aggravation en l'absence de chirurgie, les conséquences de l'acte chirurgical du 13 octobre 2011 sur l'état de santé de Mme D ne peuvent être regardées comme notablement plus graves que celles auxquelles elle était exposée de manière suffisamment probable en l'absence d'un tel acte.

18. D'autre part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du Dr F, s'appuyant sur l'étude de l'HAS de 2007 précitée, que la probabilité que Mme D souffre, en conséquence de l'intervention de pose d'une prothèse discale PRODISC dont elle a bénéficié, de douleurs lombaires, ou radiculaires, ou lombaires et radiculaires, était de 12 %. Si le premier expert, le Dr A, estime quant à lui que le dommage constitué par l'atteinte de la racine L5 droite de la pose d'une prothèse de disque L5-S1 est une complication peu fréquente avec une probabilité d'occurrence de moins de 1 %, il ne s'appuie sur aucune source pour justifier cette estimation qui diverge des résultats de l'étude de la HAS. La survenance du dommage de Mme D, constitué par des douleurs lombaires et radiculaires apparues postérieurement à l'intervention, ne peut donc être considérée comme présentant une probabilité faible de nature à justifier la mise en œuvre de la solidarité nationale.

19. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner le critère de gravité du dommage de Mme D, celle-ci ne remplissait pas les conditions d'une indemnisation par l'ONIAM, au titre de la solidarité nationale, des préjudices découlant de l'intervention dont elle a bénéficié le 13 octobre 2011. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de prononcer une nouvelle expertise avant dire droit, que les conclusions tendant à ce que l'ONIAM l'indemnise des conséquences de la survenue du dommage au titre de la solidarité nationale doivent rejetées. En conséquences de ce rejet, les conclusions accessoires de la requête de Mme D enregistrée sous le n° 2010773 doivent également être rejetées.

Sur les préjudices de Mme D :

20. D'une part, il résulte du rapport d'expertise, dont les conclusions ne sont pas contredites sur ce point, que la date de consolidation de l'état de santé de Mme D peut être fixée au 4 mai 2017.

21. D'autre part, en application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, le juge saisi du recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du taux de perte de chance retenu. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale.

En ce qui concerne les préjudices temporaires :

S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant aux dépenses de santé actuelles :

22. La CPAM de la Seine-et-Marne demande à être indemnisée au titre des prestations qu'elle a versées depuis le 19 octobre 2014 pour les frais médicaux, pharmaceutiques et d'appareillage de Mme D en lien avec le dommage. Toutefois, les éléments produits par la CPAM dans le cadre de la présente instruction, tel un relevé de débours présentant un détail des prestations sous forme d'une liste de montants portant des intitulés de trois lettres dont le sens n'est pas précisé, comportant des prestations de gynécologie, et dont le total ne correspond pas aux sommes exposées dans l'attestation d'imputabilité établie par le médecin conseil, ne permettent pas de déterminer quels ont été les frais engagés par la caisse en lien avec le dommage subi par Mme D. Par conséquent, la demande indemnitaire formulée par la CPAM au titre des frais de santé doit être rejetée.

Quant aux pertes de gains professionnels actuels :

23. Aux termes de l'article L. 341-1 du code de la sécurité sociale : " L'assuré a droit à une pension d'invalidité lorsqu'il présente une invalidité réduisant dans des proportions déterminées sa capacité de travail ou de gain, c'est-à-dire le mettant hors d'état de se procurer un salaire supérieur à une fraction de la rémunération soumise à cotisations et contributions sociales qu'il percevait dans la profession qu'il exerçait avant la date de l'interruption de travail suivie d'invalidité ou la date de la constatation médicale de l'invalidité ". Eu égard à la finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail qui lui est assignée par ces dispositions législatives et à son mode de calcul, en fonction du salaire, fixé par l'article R. 341-4 du code de la sécurité sociale, la pension d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet exclusif de réparer, sur une base forfaitaire, les préjudices subis par la victime dans sa vie professionnelle en conséquence de l'accident, c'est-à-dire ses pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle de l'incapacité.

24. Pour se conformer aux règles rappelées ci-dessus, il convient, pour la période au titre de laquelle Mme D a bénéficié d'une pension d'invalidité et d'indemnités journalières, de déterminer, en premier lieu, si l'incapacité permanente conservée par l'intéressée en raison du dommage subi lors de l'intervention du 13 octobre 2011 entraine des pertes de revenus professionnels et une incidence professionnelle et, dans l'affirmative, d'évaluer ces postes de préjudice sans tenir compte, à ce stade, du fait qu'ils donnent lieu au versement d'une pension d'invalidité. Pour déterminer ensuite dans quelle mesure ces préjudices sont réparés par la pension, il y a lieu de regarder cette prestation comme réparant prioritairement les pertes de revenus professionnels et, par suite, comme ne réparant tout ou partie de l'incidence professionnelle que si la victime n'a pas subi de pertes de revenus ou si le montant de ces pertes était inférieur au capital représentatif de la pension. Dès lors que les fautes commises par l'AP-HP ont contribué, en l'espèce, pour 25 % à la réalisation du préjudice, cette part du montant des pertes de revenus et de l'incidence professionnelle doit être mise à sa charge. Dans cette limite la victime doit se voir allouer, le cas échéant, une somme correspondant à la part de ces postes de préjudice non réparée par la pension, évaluée ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le solde éventuel étant versé à la caisse primaire d'assurance maladie.

25. Mme D demande à être indemnisée au titre des pertes de gains professionnels qu'elle a subies en raison de son incapacité à reprendre son activité professionnelle après l'intervention litigieuse. Il résulte de l'instruction que la requérante exerçait, antérieurement au 13 octobre 2011, l'activité d'assistante à domicile et bénéficiait à ce titre et à celui d'autres activités, en sus d'une pension de retraite de la fonction territoriale qu'elle perçoit depuis 2004 et qui est demeurée inchangée, de revenus professionnels d'un montant annuel moyen de 12 092 euros. Il résulte en outre de l'instruction que postérieurement à l'intervention, au cours la période s'écoulant entre le 12 février 2012, date de fin de son congé de maladie lié à l'intervention litigieuse, et le 4 mai 2017, date de consolidation de son état de santé, Mme D n'ayant plus été en mesure de reprendre son activité, ses revenus professionnels se sont élevés à 2 489 euros en 2012, 5 070 euros en 2013 et 518 euros en 2014, et ont été nuls par la suite. Par conséquent, Mme D a subi au cours de cette période une perte de revenus professionnels pouvant être évaluée à la somme totale de 55 319 euros avant compensation par les indemnités journalières et la pension d'invalidité qui lui ont été versées. La part indemnisable de ce préjudice s'élève donc, après application du taux de perte de chance, à la somme de 13 830 euros. Il résulte toutefois de l'instruction que Mme D a perçu de la part de la CPAM de la Seine-et-Marne des indemnités journalières d'un montant total de 32 751 euros pour la période du 12 février 2012 au 31 mars 2016. A compter du 1er avril 2016, l'intéressée s'est vue octroyer le bénéfice d'une pension d'invalidité au titre de laquelle un montant total de 5 912 euros lui a été versé pour la période du 1er avril 2016 au 4 mai 2017.

26. Ainsi, la part des pertes de gains professionnels de Mme D qui n'a pas été réparée par les prestations versées par la CPAM de la Seine-et-Marne s'élève à la somme de 16 655 euros. Ce montant étant supérieur à la part indemnisable des pertes de gains professionnels de l'intéressée s'élevant ainsi qu'il a été dit à la somme de 13 830 euros, ce dernier montant doit être mis à la charge de l'AP-HP qui le versera dans sa totalité à Mme D.

27. En application des principes rappelés ci-dessus, le solde de l'indemnité versée à la victime et de la part indemnisable du préjudice étant nul, aucun montant résiduel ne peut être versé à la CPAM de la Seine-et-Marne au titre des pertes de gains professionnels temporaires subis par Mme D.

Quant aux frais d'assistance par tierce personne temporaires :

28. D'une part, lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

29. D'autre part, en vertu des principes qui régissent l'indemnisation par une personne publique des victimes des dommages dont elle doit répondre, il y a lieu de déduire de l'indemnisation allouée à la victime d'un dommage corporel au titre des frais d'assistance par une tierce personne le montant des prestations dont elle bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. Il en est ainsi alors même que les dispositions en vigueur n'ouvrent pas à l'organisme qui sert ces prestations un recours subrogatoire contre l'auteur du dommage. La déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement au bénéficiaire s'il revient à meilleure fortune. Les règles rappelées ci-dessus ne trouvent à s'appliquer que dans la mesure requise pour éviter une double indemnisation de la victime. Par suite, lorsque la personne publique responsable n'est tenue de réparer qu'une fraction du dommage corporel, notamment parce que la faute qui lui est imputable n'a entraîné qu'une perte de chance d'éviter ce dommage, la déduction ne se justifie, le cas échéant, que dans la mesure nécessaire pour éviter que le montant cumulé de l'indemnisation et des prestations excède le montant total des frais d'assistance par une tierce personne. L'indemnisation doit alors être diminuée du montant de cet excédent.

30. Pour la période avant consolidation, soit du 21 janvier 2012 au 3 mai 2017, le besoin d'assistance par une tierce personne en lien avec le dommage peut être évalué, en tenant compte de l'évaluation de la seconde expertise, à une heure et trente minutes par jour pendant les périodes de déficit fonctionnel en lien avec le dommage supérieur à 25%, hors périodes d'hospitalisation, soit pendant 35 jours, et à quatre heures par semaine pendant les périodes dans lesquelles ce déficit est inférieur à 25%, soit 1 879 jours. Il y a lieu de calculer l'indemnisation de ce besoin en tenant compte du coût horaire moyen du salaire minimum au cours de la période en cause, majoré afin de tenir compte des charges sociales, soit un taux horaire fixé à 16 euros par heure, et de retenir une base d'une année de 412 jours afin de tenir compte des dimanches et jours fériés ainsi que des congés payés. Sur cette base, le montant de l'indemnité due au titre de l'assistance par une tierce personne doit être évalué, pour la période considérée, à la somme de 18 000 euros.

31. Après application du taux de perte de chance, il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser la somme de 4 500 euros à ce titre.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

32. Mme D demande une somme de 6 243 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire entre le 21 janvier 2012 et le 3 mai 2017. Sur la période considérée, le Dr F a estimé que le déficit fonctionnel temporaire de Mme D en lien avec le dommage a été de 93% pendant 16 jours, de 43% pendant 35 jours et de 18% pendant 1 879 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme 6 000 euros. Après application du taux de perte de chance, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 1 500 euros en réparation de ce chef de préjudice.

Quant aux souffrances endurées avant consolidation :

33. Les souffrances endurées par Mme D avant consolidation, imputables au dommage, ont été fixées par l'expert à 3,5 sur 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 5 000 euros. Après application du taux de perte de chance de 25%, la somme de 1 250 euros doit être mise à la charge de l'AP-HP en réparation de ce chef de préjudice.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

34. Le préjudice esthétique temporaire a été évalué par l'expert à 0,5 sur 7, en raison des cicatrices présentées par Mme D et l'usage du générateur de stimulation médullaire. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme 1 000 euros. Compte tenu d'un taux de perte de chance de 25%, la somme due par l'AP-HP à Mme D s'élève à 250 euros.

En ce qui concerne les préjudices permanents :

S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :

Quant aux dépenses de santé :

- Les demandes de Mme D :

35. En premier lieu, si Mme D réclame une indemnisation au titre des neurostimulateurs médullaires qu'elle devra acquérir en remplacement de son équipement actuel tous les cinq ans, elle ne produit pas de justificatifs des dépenses engagées et qui seraient restées à sa charge pour l'acquisition d'un tel équipement. Si elle soutient qu'elle doit également se munir d'un neurostimulateur externe, elle n'établit toutefois pas cette nécessité, qui ne ressort pas du rapport d'expertise. Dès lors, les demandes d'indemnisation de Mme D au titre des neurostimulateurs médullaires interne et externe doivent être rejetées.

36. En deuxième lieu, Mme D soutient qu'elle devra se procurer des équipements d'aide à la mobilité tels qu'un fauteuil roulant et une orthèse. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le dommage soit à l'origine d'un tel besoin. Le Dr F, qui n'évoque pas la nécessité de tels équipements, indique que " L'examen neurologique objectif ne révèle aucun déficit. II n'y a donc pas, selon l'expert, du fait des douleurs neuropathiques en lien avec le dommage d'indication à porter une attelle cruro pédieuse ou une talonnette ". Dans ces conditions, Mme D n'établit pas de lien de causalité entre l'acquisition de ces équipements et le dommage. Sa demande d'indemnisation à ce titre doit donc être rejetée.

37. En troisième lieu, Mme D demande le remboursement de séances d'ostéopathie, non évoquées par l'expert, et dont elle n'établit pas davantage la nécessité en lien avec le dommage. Dans ces conditions, le lien de causalité entre ce chef de préjudice et le dommage n'est pas établi et cette demande doit être rejetée.

- Les demandes de la CPAM de la Seine-et-Marne :

38. Pour les motifs exposés au point 22 du présent jugement, la CPAM de la Seine-et-Marne n'établit pas, par l'attestation d'imputabilité produite, la réalité de son préjudice. Par suite, sa demande d'indemnisation au titre des frais de santé engagés pour Mme D après la date de consolidation doit être rejetée.

Quant aux frais d'assistance par tierce personne :

39. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le besoin d'assistance non spécialisée par tierce personne de Mme D après consolidation doit être évalué à trois heures par semaine en lien avec le dommage résultant de l'intervention du 13 octobre 2011.

40. Pour la période allant du 4 mai 2017, date de consolidation de l'état de santé de Mme D, à la date de la présente décision, le préjudice subi par l'intéressée au titre de l'assistance par tierce personne, calculé selon les modalités définies aux points 28 à 30, peut ainsi être arrêté, en l'absence d'aide extérieure perçue à ce titre, à la somme de 17 547 euros. Après application du taux de perte de chance, l'AP-HP doit être condamnée à verser à Mme D la somme de 4 387 euros à ce titre.

41. Pour la période postérieure à la mise à disposition du jugement, il y a lieu de procéder à l'indemnisation des besoins de Mme D sous la forme d'un capital. S'agissant de la détermination du taux de cette aide, il convient de retenir, dans les circonstances de l'espèce et compte tenu de l'évolution du segment particulier dans le marché de l'emploi et du niveau de qualification requis, un taux horaire d'assistance non spécialisée de 20 euros. Dans ces conditions, par application des principes rappelés ci-dessus aux points 28 et 29, les besoins d'assistance par tierce personne de Mme D peuvent être évalués à la somme de 3 531 euros pour une année. Ainsi, en l'absence d'aide extérieure perçue à ce titre, il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser à Mme D une rente capitalisée de 24 400 euros calculée en application de la table de capitalisation 2022 de l'ONIAM des rentes viagères pour une femme de 58 ans, et compte-tenu du taux de perte de chance.

Quant aux pertes de gains professionnels futurs et à l'incidence professionnelle :

42. Mme D demande à être indemnisée au titre des pertes de gains professionnels et de l'incidence professionnelle qu'elle a subies après la date de consolidation. Il résulte de l'instruction qu'elle n'a pas pu reprendre son activité professionnelle après l'intervention litigieuse et perçoit depuis le 1er avril 2016 une pension d'invalidité d'un montant annuel de 5 100 euros et qu'elle atteindra l'âge de la retraite, soit 63 ans, le 5 août 2027.

43. En premier lieu, s'agissant de la période du 4 mai 2017 à la date du présent jugement, ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 25, Mme D bénéficiait avant l'intervention litigieuse de revenus professionnels d'un montant annuel moyen de 12 092 euros, elle a dès lors subi, au cours de cette période, une perte de revenus professionnels en lien avec le dommage pouvant être évaluée à la somme de 75 071 euros avant compensation par la pension d'invalidité. La part indemnisable de ce préjudice s'élève, après application du taux de perte de chance, à 18 768 euros. Il résulte de l'instruction que Mme D a perçu de la part de la CPAM de la Seine-et-Marne une pension d'invalidité pour un montant total de 31 663 euros au cours de cette période.

44. En deuxième lieu, s'agissant de la période de la date du présent jugement à la date du 1er septembre 2027, jour théorique à partir duquel Mme D percevra une pension de retraite, la perte de revenus professionnels en lien avec le dommage subis par la requérante peut être évaluée à la somme de 48 872 euros avant compensation par la pension d'invalidité qu'elle a perçue. Compte-tenu du taux de perte de chance, la part indemnisable de ce préjudice s'élève à la somme de 12 218 euros. Il résulte également de l'instruction que Mme D aura perçu de la part de la CPAM de la Seine-et-Marne une pension d'invalidité pour un montant total de 20 613 euros au cours de cette période.

45. En troisième lieu, s'agissant de la période postérieure au 1er septembre 2027 pendant laquelle Mme D percevra des revenus de remplacement, il convient, compte tenu de la proximité relative du départ à la retraite de l'intéressée, de déterminer la perte éventuelle de droits à pension que celle-ci pourrait subir en raison du dommage. Il résulte de l'instruction et notamment d'une estimation de sa retraite fournie par Mme D que celle-ci bénéficiera d'une pension de 509 euros mensuels à partir de son départ en retraite à 63 ans. Mme D soutient que, sans l'accident litigieux, elle aurait pu percevoir une retraite à taux plein. Or, dès lors que les revenus professionnels mensuels moyens de Mme D avant le dommage s'élevaient à 1 008 euros, la retraite à taux plein se serait élevée à 504 euros mensuels, soit un montant inférieur au montant qu'elle devrait vraisemblablement percevoir en dépit du dommage. Dès lors, Mme D n'établit pas qu'elle subira du fait de l'intervention litigieuse une perte de revenus après le 1er septembre 2027.

46. En quatrième lieu, Mme D demande à être indemnisée de l'incidence professionnelle du dommage causé par l'intervention du 13 octobre 2011. A cet égard, il résulte du rapport d'expertise du Dr F que " il est probable que le travail d'aide à domicile n'aurait pas pu être envisagé, même en l'absence de dommage, mais une activité professionnelle sans manutention aurait pu être réalisée ". Le premier expert, le Dr A, conclut quant à lui à une " Inaptitude professionnelle à toute profession " à la suite de l'intervention, expliquant que " La position assise est complexe si elle est prolongée. La position debout est mal tolérée. Le reclassement et l'employabilité de la patiente sont très limités ". Au regard de ces constats et compte tenu de l'âge de l'intéressée, il sera fait une juste appréciation de l'incidence professionnelle subie par Mme D en l'évaluant à la somme de 5 000 euros. Après application du taux de perte de chance, la part indemnisable de ce chef préjudice s'élève à la somme de 1 250 euros.

47. Il résulte ainsi de l'instruction que le montant total des pertes de revenus futurs subis par Mme D en lien avec le dommage doit être évalué à la somme de 123 943 euros. Compte tenu du taux de perte de chance, la part indemnisable de ce poste de préjudice s'élève à la somme de 30 986 euros. Il résulte toutefois de l'instruction que Mme D aura perçu de la part de la CPAM de la Seine-et-Marne une pension d'invalidité pour un montant total de 52 275 euros entre le 4 mai 2017 et son départ en retraite. Ainsi, la part des pertes de gains professionnels qui n'a pas été réparée par les prestations versées par la CPAM de la Seine-et-Marne s'élève à la somme de 71 668 euros. Ce montant étant supérieur à la part indemnisable des pertes de gains professionnels de l'intéressée s'élevant ainsi qu'il a été dit à la somme de 30 986 euros au titre des pertes de gains professionnels futures, ce montant doit être mis à la charge de l'AP-HP et versé dans sa totalité à Mme D. Par suite, le solde de l'indemnité versée à la victime et de la part indemnisable du préjudice étant nul, aucun montant résiduel ne peut être versé à la CPAM de la Seine-et-Marne au titre des pertes de gains professionnels futurs subis par Mme D. Dès lors que les pertes de gains professionnels subies par Mme D ne sont pas intégralement réparées par la pension d'invalidité qu'elle perçoit, il n'y a pas lieu de regarder cette pension comme réparant l'incidence professionnelle subie par l'intéressée en raison du dommage. Dans ces conditions, et compte-tenu du taux de perte de chance, il y a lieu de condamner en outre l'AP-HP à verser la somme de 1 250 euros à Mme D au titre de l'incidence professionnelle, tandis qu'aucun montant résiduel ne peut être versé à la CPAM de Seine-et-Marne.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

48. En l'espèce, le déficit fonctionnel permanent de Mme D en lien avec le dommage a été évalué à 15 % par le Dr F. Dans ces conditions, en tenant compte de l'âge de la requérante à la date de la consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme totale de 20 000 euros. Après application du taux de perte de chance, la somme de 5 000 euros doit être mise à la charge de l'AP-HP.

Quant au préjudice d'agrément :

49. Le préjudice d'agrément est le préjudice spécifique lié à la possibilité pour la victime de pratiquer régulièrement une activité sportive ou de loisirs qu'elle justifie avoir pratiqué avant la réalisation du dommage. Mme D soutient que les séquelles de l'intervention chirurgicale du 13 octobre 2011 l'empêchent de pratiquer des ses activités sportives habituelles telles que la course, le vélo et le badminton. Toutefois, en l'absence de justificatifs d'une activité sportive ou de loisirs spécifiquement pratiquée par la requérante avant le dommage, l'intéressée déclarant déjà antérieurement à l'intervention qu'elle rencontrait de grandes difficultés pour marcher quelques centaines de mètres, elle n'établit pas l'existence d'un préjudice à ce titre, qui serait distinct de celui déjà indemnisé au titre du déficit fonctionnel permanent. Par suite, elle ne saurait obtenir aucune indemnisation pour ce chef de préjudice.

Quant au préjudice esthétique permanent :

50. Ce chef de préjudice a été évalué à 1 sur 7 par le Dr F compte tenu, en particulier, des cicatrices et du stimulateur médullaire de Mme D. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros. Après application du taux de perte de chance, il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser la somme de 250 euros à ce titre.

Quant au préjudice sexuel :

51. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise que Mme D souffre d'une perte de libido en lien avec le dommage. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros. L'AP-HP doit par conséquent être condamnée, après prise en compte du taux de perte de chance, à verser 250 euros à Mme D au titre de ce chef de préjudice.

En ce qui concerne les demandes tendant à la réserve de certains préjudices :

52. Il n'appartient pas au tribunal de donner acte de réserves sur les préjudices non susceptibles d'être évalués à la date du jugement. Dans ces conditions, il appartiendra à Mme D, si elle s'y croit fondée, de saisir le tribunal, dans le cadre d'une requête distincte, d'une demande complémentaire d'indemnisation en cas de nécessité de dépenses d'adaptation de son logement et de dépenses de santé futures.

53. Il résulte de tout ce qui précède que l'AP-HP doit être condamnée à verser à Mme D la somme totale de 87 852 euros.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :

54. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée () ".

55. Par voie de conséquence du rejet des demandes indemnitaires formulées par la CPAM de Seine-et-Marne ont été rejetées, il n'y a pas lieu de lui accorder une indemnité forfaitaire de gestion. Ses conclusions en ce sens doivent ainsi être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

En ce qui concerne les dépens :

56. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".

57. Mme D demande que les dépens soient mis à la charge de l'AP-HP. Toutefois, elle ne justifie d'aucun frais à ce titre. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :

58. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

59. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros à verser à Mme D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, la demande formulée à ce titre par la CPAM de la Seine-et-Marne doit, dans les circonstances de l'espèce, être rejetée.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1 : La requête n°2010773 de Mme D est rejetée.

Article 2 : L'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris versera à Mme D la somme de 87 852 euros, en réparation des préjudices subis.

Article 3 : L'AP-HP versera à Mme D une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 :

Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à l'Assistance publique -hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Coblence, présidente,

Mme Fléjou, première conseillère,

Et Mme Moinecourt, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.

La rapporteure,

signé

L. Moinecourt

La présidente,

signé

E. CoblenceLa greffière,

signé

D. Charleston

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2000033 et 2010773

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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