lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2001247 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | SYLVAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 janvier 2020, M. et Mme A, représentés par Me Sylvain, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les rectifications opérées pour l'année 2014 ne pouvaient être fondées sur le 2° du 1 de l'article 109 dès lors qu'ils ne sont pas associés de la société CERSO ;
- les rectifications opérées pour l'année 2015 sont fondées sur un procès-verbal qui ne leur est pas opposable ;
- la proposition de rectification pour l'année 2016 est insuffisamment motivée au regard des articles L. 55 et L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- la réponse aux observations du contribuable fait état du versement d'une somme de 60 000 euros sur son compte courant le 10 juin 2016 alors qu'aucune somme n'a été versée à cette date ; si l'administration indique qu'il ne s'agit que d'une erreur de plume, la somme ayant été versée le 10 mars 2016, il s'agit en réalité d'une erreur substantielle qui l'a empêchée d'assurer utilement sa défense ;
- son compte courant des années 2015 et 2014, années vérifiées, n'a pas été reconstitué en méconnaissance du principe de la correction symétrique des bilans et de l'intangibilité du bilan d'ouverture.
Par un mémoire, enregistré le 9 juin 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Weiswald, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle au titre des années 2014 à 2016. A l'issue de ce contrôle, par des propositions de rectification des 18 décembre 2017 et 12 mars 2018, l'administration fiscale lui a notifié, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2014 à 2016, assorties de pénalités. Les réclamations des 9 et 24 octobre 2018 présentées par M. A ont donné lieu à une décision de rejet en date du 9 décembre 2019. A l'appui de leur requête, M. et Mme A doivent être regardés comme demandant la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014, 2015 et 2016.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la rectification opérée au titre de l'année 2014 :
2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ". Pour soumettre à l'impôt sur le revenu des revenus sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, il incombe à l'administration d'établir qu'ils ont été mis à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts.
3. Il résulte de l'instruction que la société HMB, dont M. A est associé à hauteur de 33,40 %, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. L'administration fiscale fait valoir, sans que cela ne soit contesté, que ce contrôle a révélé qu'au cours de l'année 2014, des sommes détournées de la société HMB pour un montant total de 287 047 euros ont été encaissées sur un compte bancaire de la société CERSO, qui était toujours actif en dépit de la circonstance que cette société a été radiée d'office du registre du commerce et des sociétés en juin 2006 et qu'elle n'a plus d'activité depuis cette date, ladite société n'ayant depuis plus déposé aucun bilan. Par ailleurs, l'administration fiscale fait également valoir, sans que cela ne soit davantage contesté, que l'examen des données TRACFIN et des comptes bancaires de M. A a fait apparaitre qu'une partie des sommes ainsi détournées de la société HMB et encaissées sur le compte bancaire de la société CERSO a été reversée à M. A pour un montant total de 10 270 euros. Dans ces conditions, dès lors que la société CERSO n'existait plus à la date à laquelle M. A a encaissé les sommes regardés comme des revenus distribués et que les sommes reversées à M. A depuis le compte bancaire de cette société correspondaient à des sommes détournées de la société HMB et encaissées sur ce compte bancaire, l'administration fiscale doit être regardé comme établissant que la société HMB a utilisé le compte bancaire de la société CERSO pour mettre à disposition de Ma, son associé, une somme de 10 270 euros. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a regardé la somme de 10 270 euros appréhendée par M. A sur le compte bancaire de la société CERSO comme un revenu distribué par la société HMB au sens du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
En ce qui concerne la rectification opérée pour l'année 2015 :
4. La circonstance que la proposition de rectification du 12 mars 2018 soit fondée sur les éléments qui figurent dans un procès-verbal d'audition de l'associé de M. A au sein de la société HBM réalisé par la brigade de recherches et d'investigations financières (BRIF) le 10 mai 2016 ne permet pas d'établir, à elle seule, que la rectification opérée pour l'année 2015 serait dénuée de fondement dès lors que l'administration fiscale est en droit de se fonder sur de tels éléments. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que la rectification en litige n'est pas fondée sur cet unique procès-verbal mais également sur l'analyse par le service vérificateur des pièces collectées auprès d'établissements bancaires et sur les investigations menées par le service TRACFIN et la BRIF qui démontrent que la société HBM a fait l'objet de détournements de fonds par le biais de dépenses fictives comptabilisées au nom de différents fournisseurs. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la rectification opérée pour l'année 2016 :
5. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile.
6. D'une part, il résulte de l'instruction que la société HMB n'ayant présenté aucune comptabilité pour l'année 2016, le compte courant d'associés de M. A a été reconstitué par le service vérificateur à partir des flux financiers constatés sur ses comptes personnels, les sommes perçues de la part de la société HMB ayant été considérées comme des distributions occultes devant être comptabilisées au débit de son compte courant d'associé. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette reconstitution du compte courant de M. A au titre de l'année 2016 a été communiquée à ce dernier de manière suffisamment détaillée dans la proposition de rectification du 12 mars 2018 qui mentionne également le fondement légal sur lequel lesdites sommes sont imposées. Par suite, la proposition de rectification répondait aux exigences de motivation prévues par les dispositions précitées de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.
7. D'autre part, la seule circonstance que, dans la réponse aux observations du contribuable, le compte courant reconstitué comporte une erreur de date sur une des sommes libellées en débit au 10 juin 2016 au lieu du 10 mars 2016 constitue une simple erreur de plume et n'a pas empêché M. A d'assurer utilement assurer sa défense.
8. Enfin, le principe de la correction symétrique des bilans et de l'intangibilité du bilan d'ouverture du premier exercice non prescrit ne faisait pas obstacle à ce que l'administration fiscale corrige le montant du report de " l'A-Nouveau " du compte courant de Ma au 1er janvier 2016 et, à supposer même que l'administration fiscale n'ait pas reconstitué symétriquement son compte courant des années 2015 et 2014, cette circonstance est sans incidence sur les rehaussements d'imposition mis à la charge des requérants charge au titre de l'année 2016.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. B et M. C, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
J.-B. C
Le président,
signé
R. FéralLa greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026