LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2001255

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2001255

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2001255
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCASSEL

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2020 sous le numéro 2001255, et un mémoire, enregistré le 14 août 2020, Mme G C D, représentée par Me Cassel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision révélée par son bulletin de paie du mois de novembre 2019 par laquelle le maire de A l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 15 novembre 2018 ;

2°) d'annuler la décision du 8 mars 2019 par laquelle le maire de A a jugé que son état résultant de l'accident de service du 23 mai 2018 était consolidé à compter du 15 novembre 2018 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2019 par lequel le maire de A l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 16 novembre 2018 ;

4°) en tant que de besoin, de désigner un expert chargé de procéder à un examen contradictoire en vue d'établir si son état de santé postérieur au 15 novembre 2018 est en relation directe et certaine avec l'accident de service survenu le 23 mai 2018 ;

5°) d'enjoindre à la commune de A de la placer en congé de maladie imputable au service à compter du 15 novembre 2018 ou, à défaut, de réexaminer son dossier dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge de la commune de A la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

s'agissant de la décision révélée par son bulletin de paie de novembre 2019 :

- cette décision est entachée d'un vice de procédure tenant aux conditions de réunion de la commission de réforme dès lors que le médecin de prévention n'a été informé ni de la date, ni de l'objet de la réunion de cette commission, en méconnaissance des dispositions des articles 9, 37-1 et 37-7 du décret du 30 juillet 1987 ;

s'agissant de l'arrêté du 14 novembre 2019 :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, tenant à l'absence d'information du médecin de prévention de la tenue de la réunion de la commission de réforme ;

s'agissant de l'ensemble des décisions :

- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors que ses congés de maladie postérieurs au 15 novembre 2019 sont imputables de manière directe et certaine à l'accident de service survenu le 23 mai 2018.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2021, la commune A, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 24 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 juin 2022.

Par un courrier du 12 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office tirés, d'une part, de ce que les conclusion d'annulation du courrier du 8 mars 2019 sont irrecevables dès lors que ce courrier est dépourvu de caractère décisoire et, d'autre part, de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation de la décision, révélée par le bulletin de paie du mois de novembre 2019 de Mme C D, par laquelle le maire de A l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 16 novembre 2018, en raison de l'intervention de l'arrêté du 14 novembre 2019, porté à la connaissance de la requérante en cours d'instance par un courrier du 10 juillet 2020, par lequel le maire de A l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 16 novembre 2018 et dont la requérante demande également l'annulation.

II. Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2020 sous le numéro 2006101, Mme C D, représentée par Me Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision révélée par ses bulletins de paie à compter du mois de novembre 2019 par laquelle le maire de A l'a placée en disponibilité d'office à compter du 15 novembre 2019 ;

2°) en tant que de besoin, de désigner un expert chargé de procéder à un examen contradictoire en vue d'établir si son état de santé postérieur au 15 novembre 2018 est en relation directe et certaine avec l'accident de service survenu le 23 mai 2018 ;

3°) d'enjoindre à la commune de A de la placer en congé de maladie imputable au service à compter du 15 novembre 2018 ou, à défaut, de réexaminer son dossier dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de A la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- cette décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le comité médical n'a pas été saisi ni pour se prononcer sur son aptitude, en méconnaissance des dispositions du 4° de l'article 4 et de l'article 17 du décret du 30 juillet 1987, ni pour se prononcer sur sa disponibilité d'office, en méconnaissance de l'article 38 du même décret ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors que ses congés de maladie postérieurs au 15 novembre 2019 sont imputables de manière directe et certaine à l'accident de service survenu le 23 mai 2018.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2021, la commune A, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de cette requête, dès lors que par un courrier du 17 juillet 2020, la commune de A a retiré sa décision par laquelle elle avait placé Mme C D en disponibilité d'office pour raison de santé ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 24 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 juin 2022.

III. Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2020 sous le numéro 2008575, Mme C D, représentée par Me Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 mai 2020 par lequel le maire de A l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 16 novembre 2019 ;

2°) en tant que de besoin, de désigner un expert chargé de procéder à un examen contradictoire en vue d'établir si son état de santé postérieur au 15 novembre 2018 est en relation directe et certaine avec l'accident de service survenu le 23 mai 2018 ;

3°) d'enjoindre à la commune de A de la placer en congé de maladie imputable au service à compter du 15 novembre 2018 ou, à défaut, de réexaminer son dossier dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de A la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que la décision méconnaît les dispositions de l'article 21bis de la loi de la loi du 13 juillet 1983, dès lors que ses congés de maladie postérieurs au 15 novembre 2019 sont imputables de manière directe et certaine à l'accident de service survenu le 23 mai 2018, justifiant qu'elle bénéficie d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2021, la commune A, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que le moyen de la requête n'est pas fondé.

Par une ordonnance du 24 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 juin 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,

- et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, responsable d'office pour une école de la commune de A, a été arrêtée à compter du 24 mai 2018, en raison d'un accident reconnu imputable au service survenu le 23 mai 2018. Par un courrier du 8 mars 2019, dont la requérante demande l'annulation dans l'instance n° 2001255, la commune l'a informée du résultat de l'expertise menée le 15 novembre 2018 par un médecin psychiatre, qui avait conclu à sa guérison. Réunie le 24 septembre 2020, la commission de réforme, saisie par la commune, s'est appropriée les termes de cette expertise concluant que les arrêts de travail de la requérante postérieurs au 15 novembre 2018 n'étaient plus en lien avec l'accident de service. En novembre 2019, la commune a procédé à la régularisation de la paie de l'intéressée, ce dont la requérante a pris connaissance à réception de son bulletin de paie. Par la requête n° 2001255, Mme C D demande l'annulation de la décision, révélée par ce bulletin, de la placer en congé de maladie ordinaire à compter du 16 novembre 2018. Par un courrier du 17 juillet 2020, intervenu en cours d'instance, le maire de A a transmis à Mme C D l'arrêté du 14 novembre 2019 la plaçant en congé de maladie ordinaire depuis le 16 novembre 2018 et l'a informée de ce qu'elle avait été, initialement et par erreur, placée en disponibilité d'office pour raison de santé sur cette même période. Après avoir complété sa requête n°2001255 en demandant l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2019, Mme C D a également, par la requête n°2006101, demandé l'annulation de la décision, révélée par son bulletin de salaire du mois de novembre 2019, par lequel le maire de A l'avait placée en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 16 novembre 2018. Enfin, par l'arrêté du 20 mai 2020, dont la requérante demande l'annulation dans l'instance n° 2008575, le maire de A a prolongé les congés de maladie ordinaire de Mme C D, qui n'avait pas repris le travail, à compter du 16 novembre 2019.

2. Les requêtes dans les instances enregistrées sous les numéros 2001255, 2006101 et 2008575 ont été introduites par la même requérante et présentent à juger des questions communes, qui ont fait l'objet d'une même instruction. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur l'exception de non-lieu à statuer sur les décisions révélées par le bulletin de salaire du mois de novembre 2019 :

3. La requérante demande dans sa requête n° 2001255 l'annulation de la décision, révélée par son bulletin de salaire du mois de novembre 2019, par laquelle le maire de A l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 15 novembre 2018. Elle demande également, dans sa requête n° 2006101, l'annulation de la décision, révélée par ses bulletins de paie à compter du mois de novembre 2019, par laquelle le maire de A l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé.

4. Toutefois et d'une part, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 14 novembre 2019, le maire de A a formalisé sa décision de placer Mme C D en congé de maladie ordinaire à compter du 16 novembre 2018. Il ressort en outre des termes de la lettre du 17 juillet 2020 par laquelle le maire de A a notifié cet arrêté à Mme C D que cet arrêté procède, implicitement mais nécessairement, au retrait de la décision initiale de placer Mme A en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 16 novembre 2018.

5. D'autre part, il ressort de ces mêmes pièces que l'arrêté du 14 novembre 2019, dont la requérante a demandé l'annulation par son mémoire complémentaire enregistré dans l'instance n° 2001255 le 14 août 2020, n'a été notifié à Mme C D qu'alors que les instances nos 2001255 et 2006101 étaient déjà en cours.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions, présentées dans la requête n° 2001255, d'annulation de la décision, révélée par le bulletin du mois de novembre 2019 de Mme C D la plaçant en congé de maladie ordinaire à compter du 16 novembre 2018, ces dernières ayant perdu en cours d'instance leur objet par l'intervention de l'arrêté du 14 novembre 2019. De plus, et comme le fait valoir la commune en défense, il n'y a plus non plus lieu de statuer sur les conclusions l'annulation de la décision, révélée par ses bulletins de paie à compter du mois de novembre 2019, par laquelle le maire de A l'avait initialement placée en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 16 novembre 2018, dès lors que cette décision a été retirée par l'arrêté du 14 novembre 2019.

Sur la recevabilité des conclusions d'annulation du courrier du 8 mars 2019 :

7. Le courrier du 8 mars 2019, dont Mme C D demande l'annulation en tant qu'il statuerait sur la date de consolidation de son état de santé résultant de l'accident de service, n'a qu'à une visée purement informative. Par suite, dès lors qu'il est dépourvu de tout caractère décisoire, la requérante n'est pas recevable à en demander l'annulation.

Sur les conclusions d'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2019 :

8. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code: " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

9. Il résulte de ces dispositions que la décision refusant à un fonctionnaire territorial le bénéfice du 2ème alinéa du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 doit être regardée comme refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens des dispositions précitées du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.

10. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'en transmettant, après le 15 novembre 2018, des arrêts de travail de prolongation établis par son médecin, Mme C D doit être regardée comme ayant sollicité le bénéfice des dispositions du 2ème alinéa du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984.

11. D'autre part, pour motiver en fait la décision refusant à Mme C D le bénéfice de ces dispositions, la commune s'est bornée à viser l'expertise pratiquée par le Dr B le 15 novembre 2018, sans mentionner ses conclusions, et l'avis de la commission de réforme intervenu le 24 septembre 2019, sans préciser le sens de cet avis, ni indiquer si la commune entendait s'en approprier le contenu, ni énoncer aucun autre motif de fait pour lesquels la commune considérait que la requérante était guérie le 15 novembre 2018 et n'entendait plus imputer à l'accident de service du 23 mai 2018 les arrêts de travail de Mme C D postérieurs au 15 novembre 2018. Il est constant que ces avis n'étaient au demeurant pas joints à l'arrêté attaqué.

12. Enfin, si l'arrêté du 14 novembre 2019 a été transmis à Mme C D par une lettre d'accompagnement, la commune se borne dans cette lettre à informer la requérante de son intention de suivre l'avis de la commission de réforme et de l'expert, sans préciser, là non plus, les motifs et le sens de ces avis.

13. Il résulte de ce qui précède que l'arrête litigieux, qui ne mentionne aucun motif de fait, ni ne fait référence à aucun document éclairant lui-même ces motifs, est entaché d'un défaut de motivation, en méconnaissance des dispositions des articles L.211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, ni qu'il soit utile de procéder à une nouvelle expertise médicale, que l'arrêté du 14 novembre 2019 doit être annulé.

Sur les conclusions d'annulation de l'arrêté du 20 mai 2020 :

15. Aux termes de l'article 21bis de la loi du 13 janvier 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite ".

16. Lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice des dispositions précitées est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain, mais non nécessairement exclusif, avec l'accident de service.

17. Il ressort des pièces du dossier que Mme C D a subi une crise d'angoisse sur son lieu de travail le 23 mai 2018 après une conversation téléphonique avec un syndicat au cours de laquelle le représentant de ce dernier lui a fait état de la teneur des reproches formulées par une de ses adjointes à son encontre auprès de la direction des ressources humaines de la commune. Après que cet évènement a été reconnu comme accident de service par la commune de A, Mme C D a été placée en arrêt de travail pour " anxiété réactionnelle en raison d'un stress au travail ", de manière continue à compter du 24 mai 2018, ses congés de maladie étant reconnus comme imputables à l'accident de service. Le 15 novembre 2018, un médecin psychiatre, praticien hospitalier a expertisé la requérante, expertise au terme de laquelle il a estimé que Mme C D était guérie. La commission de réforme, instance collégiale, a validée cette expertise lors de sa séance du 24 septembre 2019, fixant au 15 novembre 2018 sa date de guérison et estimant que les arrêts de travail postérieurs à cette date n'étaient plus à prendre en compte au titre de l'accident de service subi le 23 mai 2018.

18. Si Mme C D soutient qu'à compter du 16 novembre 2019, les symptômes dont elle était affectée, à l'origine de son impossibilité temporaire d'occuper son poste, étaient toujours la conséquence directe de l'accident de service, elle ne produit pour l'établir qu'une attestation de son médecin traitant datée du 10 septembre 2019, soit deux mois avant le début de la période litigieuse. Ce certificat se borne à mentionner la persistance d'une anxiété majeure réactionnelle en raison d'une situation de stress au travail. Toutefois, les termes non circonstanciés dans lesquels il est rédigé, qui ne sont corroborés par aucune autre pièce, ne permettent pas de remettre en cause les conclusions convergentes auxquelles ont abouti le médecin spécialiste et la commission de réforme estimant qu'elle était guérie des conséquences de l'accident de service depuis le 15 novembre 2018. De plus, si ce certificat précise que la situation de stress de Mme C D a " majoré une pathologie cardiaque ", Mme C D n'a pas fait état de cette pathologie lorsqu'elle a été examiné deux mois plus tard par le médecin agréé et n'apporte aucune pièce permettant de préciser cette assertion et son lien avec l'accident de service, alors qu'en tout état de cause cette maladie n'est pas le motif médical de ses arrêts de travail postérieur au 16 novembre 2019. Enfin, si ce certificat mentionne l'existence d'une maladie pulmonaire, la requérante n'allègue, ni ne soutient que cette maladie, pour laquelle elle a entamé une procédure de reconnaissance de maladie professionnelle, aurait un lien avec l'accident survenu le 23 mai 2018.

19. Il résulte de ce qui précède que Mme C D n'est pas fondée à soutenir que son employeur, en lui refusant le bénéfice d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service pour ses arrêts de travail postérieurs au 15 novembre 2019, a inexactement apprécié sa situation au regard des dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du 13 janvier 1983 qui permettent au fonctionnaire territorial d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service.

20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit utile de diligenter une nouvelle expertise que les conclusions d'annulation de l'arrêté du 20 mai 2020 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Eu égard aux motifs retenus par le présent jugement, qui annule l'arrêté du 14 novembre 2019 pour un vice de forme, il y a seulement lieu d'ordonner à la commune de A de réexaminer la situation administrative de Mme C D entre le 16 novembre 2018 et le 15 novembre 2019, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de A, qui doit être regardée comme la partie perdante la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par Mme C D dans l'ensemble des instances et non compris dans les dépens.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er: Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation des décisions, révélées par le bulletin de paie du mois de novembre 2019 de Mme C D, par laquelle le maire de A l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé, puis en congé de maladie ordinaire à compter du 15 novembre 2018.

Article 2: L'arrêté du 14 novembre 2019 du maire de A est annulé.

Article 3: La commune de A versera à Mme C D la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4: Il est enjoint à la commune de A de réexaminer la situation administrative de Mme C D entre le 16 novembre 2018 et le 15 novembre 2019, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 5: Le surplus des conclusions des requêtes n° 2001255 et n° 2006101 est rejeté.

Article 6 : La requête n°2008575 est rejetée.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme G C D et à la commune de A.

Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

Mme E et M. F, premiers conseillers,

assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.

La rapporteure,

signé

M. ELa présidente,

signé

C. Van Muylder

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2001255, 2006101 et 2008575

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions