mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2001578 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 11ème Chambre |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 février 2020 et le 6 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Moutoussamy demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire en date du 16 octobre 2017 par lequel le conseil départemental des Hauts-de-Seine met en recouvrement la somme de 9 942,96 euros pour compensation d'un indu de revenu de solidarité active, ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur émise le 23 janvier 2020 par la paierie départementale des Hauts-de-Seine afin de recouvrer un indu de revenu de solidarité active de 9 942,96 euros pour les mois de décembre 2013 à mars 2016 ;
3°) de prononcer la décharge des sommes dues ;
4°) de mettre à la charge du conseil départemental des Hauts-de-Seine une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- le titre exécutoire en litige méconnaît le caractère suspensif du recours introduit auprès du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 20 mai 2017 par lequel il demande l'annulation de la décision d'indu prononcé par le conseil départemental des Hauts-de-Seine ;
- la décision contestée n'est pas signée ;
- le titre exécutoire en litige ne mentionne pas les bases de liquidation de la somme réclamée ;
- le titre exécutoire ne mentionne pas l'imputation budgétaire précise de la créance mise en recouvrement ;
- la saisine administrative à tiers détenteur est caduque du fait de cette requête.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 septembre 2022, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable à raison de sa tardiveté ;
- les conclusions aux fins d'annulation de la saisine administrative à tiers détenteur sont irrecevables car dirigées contre une juridiction incompétente pour en connaître ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Le rapporteur public a été dispensé, sur proposition du président de la chambre de jugement, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Dupin, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été avisées par courrier du tribunal du 1er septembre 2022 que la solution du litige était susceptible d'être fondée sur le moyen soulevé d'office de l'incompétence du juge administratif pour connaître des conclusions à fin de l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un recours administratif préalable obligatoire en date du 27 février 2017, M. A a contesté auprès du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 9 942,96 euros qui lui a été notifié le 9 décembre 2016. L'absence de réponse à ce recours a fait naître une décision implicite de refus que M. A a contesté devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise par une requête enregistrée le 20 mai 2017 et qui a été rejeté par un jugement du 20 juin 2019. Un avis de somme à payer a été émis le 16 octobre 2017 afin de solder cette dette, donnant lieu de la part du requérant à un nouveau recours gracieux qui a également fait naître une décision implicite de refus. Une saisie à tiers détenteur a été notifiée le 23 janvier 2020 à M. A. La présente requête demande l'annulation du titre exécutoire du 16 février 2017 ainsi que la décision implicite de refus née de l'absence de réponse au recours administratif préalable obligatoire formé contre lui, et de la saisie à tiers détenteur qui résulte de la mise en œuvre du titre exécutoire.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 110-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérées comme des demandes au sens du présent chapitre les demandes et les réclamations, y compris les recours gracieux ou hiérarchiques, adressées aux autorités administratives. / () ". Aux termes des articles L. 112-3 et L. 112-6 du même code : " Toute demande adressée à une autorité administrative fait l'objet d'un accusé de réception délivré dans les conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () / () / Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications prévues par le décret mentionné au premier alinéa. / () ". Aux termes de l'article L. 231-4 du même code : " Sauf dans les cas où un régime de décision implicite d'acceptation est institué dans les conditions prévues à l'article 22, le silence gardé pendant plus de deux mois par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet. / () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, le silence gardé pendant plus de deux mois sur une réclamation par l'autorité compétente vaut décision de rejet. / Les intéressés disposent, pour se pourvoir contre cette décision implicite, d'un délai de deux mois à compter du jour de l'expiration de la période mentionnée au premier alinéa. () ". Aux termes de l'article R. 112-5 du code des relations entre le public et l'administration: " L'accusé de réception prévu par l'article 19 de la loi du 12 avril 2000 susvisée comporte les mentions suivantes : / 1° La date de réception de la demande et la date à laquelle, à défaut d'une décision expresse, celle-ci sera réputée acceptée ou rejetée ; / () / L'accusé de réception indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision. () ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, qu'en l'absence d'accusé de réception comportant les mentions prévues par ces dernières dispositions, les délais de recours contentieux contre une décision implicite de rejet ne sont, en principe, pas opposables à son destinataire et, d'autre part, qu'un recours gracieux constituant une demande, ce principe s'applique aux décisions rejetant implicitement un tel recours gracieux.
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Les règles énoncées au point 3, relatives au délai raisonnable au-delà duquel le destinataire d'une décision ne peut exercer de recours juridictionnel sont également applicables à la contestation d'une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur une demande présentée devant elle, lorsqu'il est établi que le demandeur a eu connaissance de la décision. Ce principe s'applique également au rejet implicite d'un recours gracieux. La preuve de la connaissance du rejet implicite d'un recours gracieux ne saurait résulter du seul écoulement du temps depuis la présentation du recours. Elle peut en revanche résulter de ce qu'il est établi, soit que l'intéressé a été clairement informé des conditions de naissance d'un refus implicite de son recours gracieux, soit que la décision prise sur ce recours a par la suite été expressément mentionnée au cours de ses échanges avec l'administration. S'il n'a pas été informé des voies et délais dans les conditions prévues par les textes cités au point 2, l'auteur du recours gracieux, dispose, pour saisir le juge, d'un délai raisonnable qui court, dans la première hypothèse, de la date de naissance de la décision implicite et, dans la seconde, de la date de l'événement établissant qu'il a eu connaissance de cette décision.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a formé contre l'avis de somme à payer du 16 octobre 2017, dont la date de réception par le requérant n'est pas établie par le conseil départemental des Hauts-de-Seine, un recours gracieux le 18 janvier 2018 qui a interrompu le délai de recours contentieux. Ce recours gracieux n'a pas fait l'objet d'un accusé de réception comportant les mentions rappelées ci-avant et informant l'intéressé des conditions de naissance d'une décision implicite de rejet. En l'absence d'autres éléments, tels que la preuve d'échanges avec l'administration, et compte tenu de la notification d'une saisine administrative à tiers détenteur adressée à son employeur le 23 janvier 2020 indiquant l'existence de ce titre exécutoire, M. A ne peut être regardé comme ayant eu connaissance du rejet de son recours gracieux au plus tôt le 23 janvier 2020. Dans ces conditions, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que le délai de recours contre la décision rejetant son recours gracieux et la décision visée par ce recours gracieux ne pouvait courir qu'à compter du 23 janvier 2020. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'annulation de l'avis de somme à payer du 16 octobre 2017 comme du rejet du recours gracieux introduites devant le tribunal par une requête enregistrée le 7 février 2020 n'étaient pas tardives. Par suite la fin de non-recevoir opposée par le conseil départemental des Hauts-de-Seine doit être écartée.
Sur la saisine administrative à tiers détenteur :
6. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de finance rectificative pour 2017 : " () / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".
7. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
8. M. A demande l'annulation de l'acte de poursuite que constitue la saisie administrative à tiers détenteur du 23 janvier 2020 relative à un indu de revenu de solidarité active. Une telle demande ressortissant au contentieux du recouvrement, c'est le juge de l'exécution qui est compétent pour en connaître, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance. Il suit de là, ainsi que les parties en ont été informées en application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative par courrier du tribunal du 1er septembre 2022, que le tribunal administratif n'est manifestement pas compétent pour connaître de cette demande, qui relève du seul juge judiciaire. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur du 23 janvier 2020 de M. A doivent être rejetées.
Sur l'avis de somme à payer du 16 octobre 2017 et le rejet du recours gracieux :
9. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. / Sauf si le bénéficiaire opte pour le remboursement de l'indu en une seule fois, l'organisme mentionné au premier alinéa procède au recouvrement de tout paiement indu de revenu de solidarité active par retenues sur les montants à échoir. / () / Après la mise en œuvre de la procédure de recouvrement sur prestations à échoir, l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active transmet () les créances du département au président du conseil départemental. () Le président du conseil départemental constate la créance du département et transmet au payeur départemental le titre de recettes correspondant pour le recouvrement. () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur () ".
10. En adoptant les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, citées au point 9, le législateur a entendu que l'effet suspensif des recours dirigés contre une décision de récupération de l'indu s'attache à l'exigibilité de la créance. Il en résulte que l'exercice d'un tel recours, de même d'ailleurs qu'une demande de remise gracieuse, fait par lui-même obstacle, aussi longtemps que ce recours est pendant devant l'administration ou devant les juges du fond, d'une part, à la possibilité pour l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active d'opérer une compensation avec les sommes dues à l'allocataire et, d'autre part, à l'émission, par le département, d'un titre exécutoire sur le fondement de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, cité au point 9.
11. Il résulte de l'instruction que par une requête n° 1704706 enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 20 mai 2017 et jugée par le tribunal le 20 juin 2019, M. A a contesté l'indu de revenu de solidarité active résultant d'un trop-perçu d'un montant de 9 942,96 euros pour la période allant de décembre 2013 à mars 2016. Dès lors, le titre attaqué par la présente requête, émis le 16 octobre 2017, l'a été alors que le recours dirigé contre la créance réclamée était encore pendant devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Par suite, nonobstant la circonstance que cette créance soit redevenue exigible à la suite du rejet définitif de sa contestation juridictionnelle le 29 juin 2019, M. A est fondé à soutenir que l'avis de somme à payer a été émis le 16 octobre 2017 à une date où il ne pouvait être pris et notifié sans méconnaitre du caractère suspensif du recours institué par l'article L. 262-46 précité.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a seulement lieu d'annuler l'avis de somme à payer émis par le conseil départemental des Hauts-de-Seine le 16 octobre 2017 ainsi que le rejet implicite du recours gracieux introduit par le requérant contre cet acte le 18 janvier 2018. Par voie de conséquence, M. A doit être déchargé de l'obligation de payer la somme de 9 942,96 euros résultant de l'acte annulé Cette décision juridictionnelle, compte tenu des motifs d'annulation retenus, ne fait pas obstacle, dans le respect des règles de prescription, à l'émission d'un nouvel avis ayant le même objet.
Sur les frais liés au litige :
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme que demande M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins d'annulation de la saisine administrative à tiers détenteur émise le 23 janvier 2020 par la paierie départementale des Hauts-de-Seine sont rejetées comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : L'avis de somme à payer émis par le département des Hauts-de-Seine le 16 octobre 2017 et le rejet implicite du recours gracieux introduit par M. A le 18 janvier 2018 sont annulés.
Article 3: M. A est déchargé de l'obligation de payer la somme de 9 942,96 euros.
Article 4 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au département des Hauts-de-Seine
Une copie de ce jugement sera adressée à la Paierie départementale des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Robert, premier conseiller,
M. Dupin, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
F. Dupin
Le président,
signé
T. Bertoncini
Le greffier,
signé
V. Guillaume
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026