mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2001982 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BUISSON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 février 2020 et le 17 août 2020, Mme A C doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de contrôler le montant de l'appel de fonds du syndicat intercommunal d'assainissement autonome (SIAA) compétent pour la commune de Vienne-en-Arthies et notamment de vérifier que cet appel n'impute pas de charges manifestement étrangères à l'objet du service ;
2°) d'apprécier cet appel de fonds au regard des usages et prix du marché et d'en réduire le montant ;
3°) d'annuler le marché conclu entre le SIAA et le maître d'œuvre Avenvironnement ;
4°) de contrôler que le maître d'œuvre a correctement effectué sa prestation et d'ajuster le prix de la prestation en conséquence ;
5°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal d'assainissement autonome une somme de 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- l'exécution de la convention du 18 juin 2021 la liant au SIAA est entachée d'un vice de procédure dès lors que le changement de maître d'œuvre pour la réalisation des travaux confiés n'a pas fait l'objet d'un avenant ;
- l'acte d'engagement par lequel le SIAA a confié à la société Avenvironnement la réalisation de la maîtrise d'œuvre des travaux était entaché d'un vice d'incompétence, la signature du contrat n'étant pas lisible ;
- la convention la liant au SIAA est entachée d'illégalité en raison du rapport inégalitaire entre les contractants ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir dès lors qu'elle a eu pour effet de conduire à la réalisation des travaux à un tarif bien supérieur au marché ;
- le maître d'œuvre n'a pas respecté ses obligations contractuelles s'agissant du suivi de chantier et du contrôle de l'installation avant remblai.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2020, le syndicat intercommunal d'assainissement autonome, représenté par Me Buisson, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et qu'il n'a commis aucun manquement.
Par un courrier du 24 octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés de :
- l'incompétence de la juridiction administrative pour contrôler le montant de l'appel de fonds du SIAA et notamment vérifier que cet appel n'impute pas de charges manifestement étrangères à l'objet du service, ainsi que pour apprécier cet appel de fonds au regard des usages et prix du marché et d'en réduire le montant, ces conclusions relevant d'un litige résultant de l'exécution de la convention signée par Mme C avec le SIAA le 21 juin 2018, dès lors que de tels litiges doivent être portés devant les juridictions judiciaires en application de l'article 28 de cette convention ;
- l'irrecevabilité des conclusions de Mme C tendant à l'annulation du marché conclu par le SIAA avec la société Avenvironnement, dès lors qu'elle n'est pas susceptible d'avoir été lésée dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par cette passation ;
- l'irrecevabilité des conclusions de Mme C à fin de contrôle de la prestation effectuée par le maître d'œuvre dans le cadre de l'exécution du contrat le liant au SIAA qui constituent des conclusions à fin d'injonction formulées à titre principal et qui ne relèvent ni de l'office du juge de l'excès de pouvoir ni de celui du juge de plein contentieux ;
- l'irrecevabilité de conclusions de Mme C tendant à l'ajustement du prix de la prestation du maître d'œuvre en conséquence de ses manquements dans l'exécution du contrat dès lors que sa qualité de tiers à un contrat administratif fait obstacle à ce qu'un requérant se prévale d'une inexécution du contrat dans le cadre d'une action en responsabilité quasi-délictuelle.
Par ordonnance du 7 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Moinecourt, rapporteure
- les conclusions de Mme Fléjou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat intercommunal d'assainissement autonome (SIAA), compétent en matière d'assainissement des eaux usées de la commune de Vienne-en-Arthies, a constaté la non-conformité de nombreuses installations de la commune, dont celle de Mme C. Dans ce contexte, il a proposé aux propriétaires concernés, dont Mme C, de participer à une opération globale de réhabilitation des installations individuelles d'assainissement. Mme C a ainsi signé une première convention d'étude par laquelle elle mandatait le SIAA pour la réalisation d'une étude de projet à son domicile. Le 21 juin 2018, elle a signé une deuxième convention de mandat confiant au SIAA l'exécution de travaux de réhabilitation d'une installation d'assainissement non collective, pour sa mise aux normes, conduits sous maîtrise d'ouvrage publique. Les travaux ont dès lors été réalisés sous la maîtrise d'ouvrage du syndicat qui en a confié la maîtrise d'œuvre à la société Avenvironnement par un acte d'engagement du 26 avril 2019. Les travaux ont été réceptionnés sans réserve le 12 décembre 2019. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal de contrôler que l'appel de fonds du syndicat intercommunal d'assainissement autonome ne comporte pas de charges manifestement étrangères à l'objet du service, d'apprécier son montant au regard des usages et prix du marché et d'en réduire le montant, d'annuler le marché conclu entre le SIAA et le maître d'œuvre Avenvironnement et de contrôler que cette société a correctement effectué sa prestation et d'ajuster le prix de cette prestation en conséquence.
2. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 28 de la convention de mandat relative à l'exécution de travaux de réhabilitation d'une installation d'assainissement non collective sous maîtrise d'ouvrage publique signée par Mme C le 21 juin 2018 : " Le Tribunal d'ordre judiciaire aura compétence pour juger tous les litiges pouvant résulter de l'exécution de la présente convention ". Il en résulte que les conclusions par lesquelles Mme C demande au tribunal de contrôler le montant de l'appel de fonds du SIAA et notamment de vérifier que cet appel n'impute pas de charges manifestement étrangères à l'objet du service, ainsi que d'apprécier cet appel de fonds au regard des usages et prix du marché et d'en réduire le montant, qui relèvent d'un litige résultant de l'exécution de la convention précitée, doivent être rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
3. En deuxième lieu, indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Cette action devant le juge du contrat est également ouverte aux membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné ainsi qu'au représentant de l'Etat dans le département. Les requérants peuvent éventuellement assortir leur recours d'une demande tendant, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution du contrat.
4. Mme C, qui ne démontre pas avoir été d'être lésée dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par la passation par le SIAA d'un marché de maîtrise d'œuvre avec la société Avenvironnement, n'est pas recevable à contester la validité de ce contrat. En tout état de cause, la signature apposée sur ce contrat par M. M., directeur de la société Avenvironnement, est parfaitement lisible. Ainsi le moyen tiré de son irrégularité manque en fait et aurait été écarté, à supposer même ces conclusions recevables. Dans ces conditions, les conclusions de Mme C à fin d'annulation du marché conclu par le SIAA avec la société Avenvironnement ne peuvent qu'être rejetées.
5. En troisième lieu, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal de contrôler que le maître d'œuvre a correctement effectué sa prestation. Ces conclusions à fin d'injonction, formulées à titre principal, et qui ne relèvent ni de l'office du juge de l'excès de pouvoir ni de celui du juge de plein contentieux, ne sont pas recevables et doivent être rejetées.
6. En quatrième lieu, les tiers à un contrat administratif ne peuvent en principe se prévaloir des stipulations de ce contrat, à l'exception de ses clauses réglementaires. Dès lors, la qualité de tiers au contrat fait obstacle à ce qu'un requérant se prévale d'une inexécution du contrat dans le cadre d'une action en responsabilité quasi-délictuelle.
7. Mme C doit être regardée comme soutenant que la société Avenvironnement a commis des manquements dans la réalisation de sa prestation et demandant au tribunal d'ajuster le montant de sa prestation en conséquence. Toutefois, la requérante, qui n'apporte aucune précision sur les éventuelles clauses méconnues par la société dans l'exécution de sa prestation, n'est en tout état de cause pas recevable, en sa qualité de tiers à l'acte d'engagement conclu entre le SIAA et la société Avenvironnement, à se prévaloir des stipulations de ce contrat. Dès lors, ses conclusions à fin d'ajustement du prix du marché en raison des manquements supposément commis par le maître d'œuvre dans l'exécution de ce marché ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le SIAA, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme C la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C la somme que demande le SIAA au même titre.
DECIDE :
Article 1 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le syndicat intercommunal d'assainissement autonome sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :
Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au syndicat intercommunal d'assainissement autonome.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Drevon-Coblence, présidente,
Mme B et Mme Moinecourt, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
La rapporteure,
signé
L. Moinecourt
La présidente,
signé
E. Drevon-CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026