mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2002492 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | DEL DO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés respectivement les 27 février, 30 juillet et 4 décembre 2020, la société à responsabilité limitée (SARL) Le décor sur mesure, représentée par Me del Do, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos de 2012 à 2015, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er septembre 2013 au 30 septembre 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de le condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- les indemnités kilométriques versées à M. C A au titre des exercices 2013 à 2015 sont déductibles du résultat imposable à l'impôt sur les sociétés en application de l'article 39 du code général des impôts, dès lors qu'elles ont été exposées dans l'intérêt de l'entreprise et qu'elles sont justifiées ;
- l'administration fiscale a d'ailleurs admis les explications de M. A qui avait été, à raison de ses frais de déplacements, assujetti à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 109, 1, 2° du code général des impôts avant d'en être intégralement dégrevé le 4 août 2020 ;
- il en va de même des frais de déplacement de M. B A qui avaient été imposés entre ses mains dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 109, 1, 2° du code général des impôts desquels il a pourtant été dégrevé le 17 août 2020 ;
- la refacturation des loyers et charges locatives de la société Grandécor constitue une charge déductible du résultat de son impôt sur les sociétés et pour laquelle la taxe sur la valeur ajoutée serait déductible, dès lors que cette société stocke pour son compte, dans ses propres locaux, des marchandises lui appartenant, ce qui est dans l'intérêt de l'entreprise et a été utile à la réalisation d'opérations imposables à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- elle est recevable à solliciter le dégrèvement de l'intégralité des impositions supplémentaires mises à sa charge.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 8 juin 2020 et 26 août 2022, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France conclut au non-lieu à statuer à concurrence des dégrèvements intervenus en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu à statuer à concurrence du dégrèvement intervenu en cours d'instance dans la limite de 11 388 euros ;
- les conclusions de la requête sont irrecevables en ce que le quantum de la demande contentieuse est supérieure à celui de la réclamation préalable qui s'élevait à 40 445 euros ;
- les moyens de la requête demeurant en litige ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,
- les observations de Me del Do, représentant la société requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Le décor sur mesure, qui exerce une activité d'éditeur et de fabricant de tissus d'ameublement et de voilages, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er septembre 2012 au 31 août 2015, étendue jusqu'au 30 septembre 2016 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. A l'issue de ces opérations, l'administration fiscale l'a informée, par une première proposition de rectification du 19 décembre 2016, qu'elle entendait l'assujettir à des suppléments d'imposition à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2013, et par une seconde proposition de rectification du 13 février 2017, qu'elle envisageait de procéder à des rehaussements de ses cotisations d'impôt sur les société au titre des exercices clos en 2014 et 2015 et à la taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1e septembre 2014 au 30 septembre 2016. Après le rejet de sa réclamation préalable, elle demande la décharge de l'intégralité de ces impositions.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une première décision du 25 août 2022, postérieure à l'introduction de la requête, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France, a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, à concurrence d'une somme de 7 938 euros, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés auxquelles la société requérante a été assujettie au titre des exercices clos des années 2012 à 2015. Par une seconde décision du 26 août 2022, postérieure à l'introduction de la requête, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France, a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, d'une part, à concurrence d'une somme de 3 130 euros, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés auxquelles la société requérante a été assujettie au titre des exercices clos des années 2014 et 2015, et d'autre part, à concurrence d'une somme de 8 258 euros, des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er septembre 2013 au 30 septembre 2016. Les conclusions de la requête de la SARL Le décor sur mesure relatives à ces impositions sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. En vertu du 1° du 1 de l'article 39 du code général des impôts, le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, notamment, les frais généraux de toute nature. S'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que du caractère correct de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive. Lorsqu'une entreprise a déduit en charges une dépense réellement supportée, conformément à une facture régulière relative à un achat de prestations ou de biens dont la déductibilité par nature n'est pas contestée par l'administration, celle-ci peut demander à l'entreprise qu'elle lui fournisse tous éléments d'information en sa possession susceptibles de justifier la réalité et la valeur des prestations ou biens ainsi acquis. La seule circonstance que l'entreprise n'aurait pas suffisamment répondu à ces demandes d'explication ne saurait suffire à fonder en droit la réintégration de la dépense litigieuse, l'administration devant alors fournir tous éléments de nature à étayer sa contestation du caractère déductible de la dépense.
4. A la suite des dégrèvements intervenus en cours d'instance, ne demeurent plus en litige que les frais de déplacement de M. B A dont l'administration fiscale a remis en cause la déductibilité du résultat imposable de la SARL Le décor sur mesure au titre des années 2012 à 2015. L'administration fiscale a constaté au cours des opérations de contrôle que les frais ainsi versés à M. B A correspondaient à des remboursements de frais d'essence et des indemnités kilométriques. Elle indique, sans être contredite, que le gérant de la société a expliqué que l'essence était destinée aux deux camionnettes inscrites à l'actif de la société, qui n'employait aucun livreur, et qu'il était le seul à utiliser ces véhicules. L'administration fiscale en a refusé la déductibilité aux motifs, d'une part, que la matérialité et la réalité des frais ainsi engagés n'étaient pas établies, et d'autre part, que les indemnités kilométriques font double emploi avec les frais d'essence. La société requérante ne justifie pas davantage dans la présente instance la réalité et la matérialité des frais qu'elle a ainsi déduits de son résultat imposable, et partant, leur caractère déductible. Si elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que l'administration fiscale a accordé un dégrèvement à M. B A des suppléments à l'impôt sur le revenu auxquels il avait été personnellement imposé en application du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, outre que cette circonstance est sans incidence sur le bien fondé des impositions en litige, il résulte de l'instruction que ce dégrèvement, qui n'est pas motivé, porte exclusivement sur une partie des prélèvements sociaux mis à la charge de M. B A. Dans ces conditions, tant sur le terrain de la loi fiscale que de son interprétation administrative, c'est à bon droit que l'administration fiscale a remis en cause la déductibilité des frais de déplacements remboursés à M. B A des résultats imposables de la SARL Le décor sur mesure à l'impôt sur les sociétés au titre des années 2012 à 2015.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la SARL Le décor sur mesure n'est pas fondée à demander la décharge des impositions restant en litige.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SARL Le décor sur mesure présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Sur dépens :
7. Le présent litige n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions tendant à ce que l'État y soit condamné ne peuvent qu'être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SARL Le décor sur mesure à concurrence des dégrèvements, en droits et pénalités, prononcées par l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France, tant des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés au titre des exerces clos de 2012 à 2015, que des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er septembre 2013 au 30 septembre 2016, pour des montants respectifs de 11 068 euros et 8 258 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Le décor sur mesure et à l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le président-rapporteur,
T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Z. Saïh
La greffière,
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2002492
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604449
Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... B.... Ce dernier demandait, en pleine vague de chaleur et avant un rendez-vous médical, sa réintégration dans un hébergement d'urgence, invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales (droit à l'hébergement, droit à la vie et à l'intégrité physique). Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie ou que la demande était manifestement mal fondée, au vu des nombreux hébergements déjà proposés au requérant. La décision s'appuie sur les articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles, qui garantissent l'accès à l'hébergement d'urgence, mais dont la carence n'a pas été caractérisée en l'espèce.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2504730
Le Tribunal Administratif de Rennes a pris acte, par ordonnance du 1er juin 2026, du désistement pur et simple de Mme A... de son instance et de l'ensemble de ses conclusions. La requérante demandait initialement la condamnation de la commune de Rennes à l'indemniser de préjudices liés à une maladie professionnelle. Le tribunal, statuant sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a donné acte de ce désistement et a rejeté les conclusions de la commune présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026