jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2002873 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ESTEVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mars 2020, la société à responsabilité limitée (SARL) So.Tra.Bat 93, initialement représentée par Me Dumont, demande à la juge des référés :
1°) de condamner la société anonyme d'économie mixte (SAEM) Citallios à lui verser, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une provision de 27 011,54 euros, majorée d'une indemnité égale à trois fois le taux de l'intérêt légal à compter de la mise en demeure adressée le 20 décembre 2019, ainsi qu'à une indemnité forfaitaire de recouvrement de 80 euros ;
2°) de mettre à la charge de la SAEM Citallios la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en tant que sous-traitante de second rang du marché de construction du centre socio-culturel et de la maison de la jeunesse Louise Michel à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), agréée par toutes les parties au marché, la SAEM Citallios, à la suite de mises en demeure restées infructueuses, se doit de lui verser la somme de 27 011,54 euros correspondant aux impayés de la société Geneton, sous-traitant de premier rang, au paiement de laquelle elle s'est contractuellement engagée ;
- la créance en cause n'est pas sérieusement contestable et n'a en tout état de cause jamais été contestée.
Par un mémoire en défense et en intervention forcée de la société Cruard Charpente et Construction Bois, enregistré le 4 novembre 2020, la SAEM Citallios, représentée par Me Alix, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la demande de la société So.Tra.Bat 93 soit limitée à la somme de 24 486,53 euros hors taxes (HT) ;
3°) à ce que la société Cruard Charpente et Construction Bois la garantisse de toutes condamnations prononcées à son encontre en raison du retard de paiement de la société So.Tra.Bat 93, notamment les intérêts de retard, les dépens et les demandes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge des sociétés So.Tra.Bat 93 et Cruard Charpente et Construction Bois la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance dont se prévaut la SARL So.Tra.Bat 93 est contestable dès lors qu'elle correspond à des factures qui, outre qu'elles n'ont pas été acceptées par la sous-traitant de premier rang, correspondent non pas à l'avancement des travaux constatés par le titulaire du marché, mais à des travaux supplémentaires dont les conditions de paiement n'ont pas été agréées ;
- en tout état de cause, au vu des paiements déjà intervenus et du montant rectifié du marché, la requérante ne saurait prétendre au paiement d'une somme excédant 24 486,53 euros au paiement de laquelle, en toute hypothèse, il convient d'appeler la société Cruard Charpente et Construction Bois en garantie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Cruard Charpente et Construction Bois, représentée par Me Bouliou, conclut :
1°) au rejet des appels en garantie formulés à son encontre par la SAEM Citallios ;
2°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de toute partie succombant à l'instance sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- dès lors que la SAEM Citallios a agréé la SARL So.Tra.Bat 93 en qualité de sous-traitante, acceptant de ce fait une éventuelle demande de paiement direct, les appels en garantie formés à son encontre, alors de surcroît qu'elle a résilié le contrat en raison des malfaçons constatées dans l'avancement des travaux, sont voués à l'échec.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 75-1134 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En 2018, la commune d'Asnières-sur-Seine et le département des Hauts-de-Seine ont constitué ensemble un syndicat mixte afin de construire sur le territoire de la commune un centre socio-culturel et une maison de la jeunesse. La société anonyme d'économie mixte (SAEM) Citallios a été désignée maître d'ouvrage par un contrat de concession signé avec le syndicat mixte, avant d'attribuer au groupement solidaire représenté par la société par actions simplifiée (SAS) Cruard Charpente et Construction Bois le lot n° 2 " gros œuvre " du marché. Pour réaliser les travaux correspondants, le groupement a désigné un sous-traitant de premier rang, la société Geneton, qui a elle-même sous-traité les travaux de gros œuvre à la société à responsabilité limitée (SARL) So.Tra.Bat 93. Après que la société Geneton eut été placée en redressement puis en liquidation judiciaire, les 6 novembre 2019 et 22 janvier 2020 respectivement, la SARL So.Tra.Bat 93 s'est tournée vers la SAEM Citallios pour obtenir le règlement des factures des 31 août et 9 septembre 2019, s'élevant à 15 721,01 euros et 11 290,53 euros, au titre du paiement direct prévu par l'article 6 de la loi n° 75-1134 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance. A la suite de deux mises en demeure en ce sens des 17 octobre et 20 décembre 2019, demeurées infructueuses, la SARL So.Tra.Bat 93 demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la SAEM Citallios à lui verser, à titre de provision, la somme de 27 011,54 euros au paiement de laquelle elle l'estime tenue.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
4. Aux termes de l'article 6 de la loi n° 75-1134 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance : " Le sous-traitant direct du titulaire du marché qui a été accepté et dont les conditions de paiement ont été agréées par le maître de l'ouvrage, est payé directement par lui pour la part du marché dont il assure l'exécution. / () ". Selon l'article 6.2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché : " () Les paiements sont répartis entre l'équipe de conception et l'équipe de réalisation et chacun des cotraitants des sous-groupements éventuels ou sous-traitants payés directement comme indiqué dans l'acte d'engagement. / Les paiements seront subordonnés au visa du mandataire de chacun des sous-groupements concernés sachant que seul le mandataire du groupement concepteur/ réalisateur est habilité à présenter les demandes de paiement à l'ATMO. / Les règlements des sous-traitants ayant droit au paiement direct seront subordonnés à l'information par le maître d'ouvrage, dans les conditions prévues par l'article 136 du décret du 25 mars 2016, de l'acceptation par l'entrepreneur principal des pièces justificatives servant de base au paiement direct, prévue par l'article 8 de la loi du 31 décembre 1975. / En complément de l'article 13.1.7 du CCAG travaux, le cotraitant concerné transmet, par l'intermédiaire du mandataire du sous-groupement et du mandataire du groupement concepteur/réalisateur comme indiqué ci-dessus, avec sa demande de paiement, la copie des demandes de paiement des sous-traitants acceptées, complétées ou rectifiées par lui. / Le paiement du sous-traitant sera effectué sur la base de la demande de paiement adressée, par le sous-traitant, au pouvoir adjudicateur et libellée en son nom, ou, de l'acceptation totale ou partielle de la facture du sous-traitant par le cotraitant concerné, dans les conditions visées à l'article 136 du décret du 25 mars 2016. Ces dispositions sont applicables aux demandes de paiement en cours de marché et pour solde du contrat de sous-traitance. ". Enfin, le contrat de sous-traitance conclu entre la SAS Geneton et la SARL So.Tra.Bat 93 stipule que : " Le sous-traitant transmettra sa situation le 25 du mois pour une prise en compte dans la situation de l'entrepreneur principal. / La situation du sous-traitant peut être validée et corrigée. / Sur cette base un bon de placement à l'ordre du sous-traitant sera établi. ".
5. Il résulte de l'instruction, notamment du courrier recommandé avec accusé de réception adressé par la SAS Cruard Charpente et Construction Bois à la SAS Geneton, le 21 juin 2019, que les sous-traitants du marché ont pris d'importants retards dans l'exécution des travaux, encourant de ce fait des pénalités, sauf à prendre des mesures correctives dans les meilleurs délais. Resté sans effet, ce courrier a été suivi d'un second du 20 septembre 2019, de même nature, par lequel il a cette fois-ci été reproché à la SAS Geneton et à ses sous-traitants de second rang, dont la SARL So.Tra.Bat 93, de méconnaître les règles de l'art et de ne pas suivre les avis mentionnés dans les comptes rendus de chantiers, les intéressés ayant à ce titre été invités à découper et évacuer les voiles de l'escalier, à avancer sur les reprises en zones 1 et 2 et à reprendre les travaux sur l'infrastructure. En raison de ces lacunes, une nouvelle déclaration de sous-traitant a été conclue avec la SARL So.Tra.Bat 93 en septembre 2019, afin de porter le montant des travaux qui lui ont été confiés de 128 651 euros HT à 111 833,49 euros HT, avant que le maître d'ouvrage ne décide finalement, face à leur incapacité de respecter les exigences techniques du marché, de résilier les contrats de sous-traitance conclus avec les sociétés Geneton et So.Tra.Bat 93 par une lettre recommandée avec accusé de réception du 11 octobre 2019. Si, par la présente requête, la SARL So.Tra.Bat 93 sollicite à titre de provision le règlement des factures des 31 août et 9 septembre 2019 s'élevant respectivement à 15 721,01 euros et 11 290,53 euros, correspondant selon elle aux travaux non payés qu'elle a réalisés sur le chantier en cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces factures auraient suivi le circuit prévu par les stipulations précitées des articles 6.2 du CCAP du marché et 6.2 du contrat de sous-traitance, à savoir une transmission pour validation à la SAS Geneton, puis, le cas échéant, une transmission pour validation à la SAS Cruard Charpente et Construction Bois, et, enfin, une ultime transmission au maître d'ouvrage en vue d'un éventuel paiement direct. Pour ce seul motif, la SARL So.Tra.Bat 93 ne détient donc sur la SAEM Citallios aucune créance non sérieusement contestable. Au surplus, il résulte également de l'instruction, notamment du courriel adressé le 8 octobre 2019 par la SAS Cruard Charpente et Construction Bois à la SAS Geneton, que l'avancement des travaux, en raison de malfaçons confirmées par l'état des lieux réalisé par le bureau d'études ICM Structure le 9 octobre 2019, a été bloqué par le titulaire du marché, tandis qu'il ressort de la situation de travaux n° 7 que la SAS Geneton a elle-même bloqué l'avancement des travaux de la SARL So.Tra.Bat 93, le 30 septembre 2019, en ne lui réglant aucune somme. Enfin, en toute hypothèse, la SARL So.Tra.Bat 93 ne saurait pertinemment solliciter le paiement de travaux complémentaires s'élevant respectivement à 5 500 et 5 528 euros, dont elle ne précise pas la nature et dont elle ne justifie pas qu'ils seraient inclus dans l'agrément dont elle a initialement fait l'objet.
6. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de l'instruction, l'existence de l'obligation dont se prévaut la SARL So.Tra.Bat 93 n'apparaît pas comme étant non sérieusement contestable. Dès lors, sa demande de provision doit être rejetée.
Sur l'appel en garantie de la SAEM Citallios :
7. En l'absence de toute condamnation prononcée à l'encontre de la SAEM Citallios, ses conclusions subsidiaires d'appel en garantie dirigées contre la SAS Cruard Charpente et Construction Bois sont sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés à l'instance :
8. La SAEM Citallios n'étant pas la partie perdante à l'instance, il y a lieu de rejeter les conclusions de la SARL So.Tra.Bat 93 présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, la SARL So.Tra.Bat 93 versera la somme de 500 euros à la SAEM Citallios et à la SAS Cruard Charpente et Construction Bois sur le même fondement.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de la SARL So.Tra.Bat 93 est rejetée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur l'appel en garantie présenté par la SAEM Citallios.
Article 3 : La SARL So.Tra.Bat 93 versera la somme de 500 euros à la SAEM Citallios et à la SAS Cruard Charpente et Construction Bois au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL So.Tra.Bat 93, à la SAEM Citallios et à la SAS Cruard Charpente et Construction Bois.
Fait à Cergy, le 8 décembre 2022.
La juge des référés,
signé
C. Oriol
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026
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01/06/2026