mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2003746 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET OBADIA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2020, la société à responsabilité limitée (SARL) Agence sécurité privée industrielle évènementielle (ASPIE), représentée par Me Obadia, demande au tribunal :
1°) la décharge, en droits et pénalités, des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016 et des cotisations supplémentaires de contribution sur les activités privées de sécurité mises à sa charge au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification du 13 juillet 2017 n'est pas motivée ;
- la méthode de calcul de la taxe sur la valeur ajoutée non collectée utilisée par le service est erronée dès lors que la charge de la preuve lui incombe, qu'il n'y a pas de présomption d'imposabilité de toutes les recettes, que la procédure contradictoire doit être respectée et que le service aurait dû s'appuyer sur la comptabilité régulière et probante ;
- les sociétés ABS3, Achtoug sécurité privée, GSF, RSP et sphinx ayant effectivement réalisées des prestations à son profit, les factures correspondantes ne peuvent pas être qualifiées de complaisantes et la taxe sur la valeur ajoutée afférente à ces charges est donc déductible ;
- la contribution sur les activités privée de sécurité méconnaît l'article 401 de la directive TVA ;
- la majoration pour manquement délibéré n'est pas justifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2006/112/CE du 28 novembre 2006 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, rapporteure,
- et les conclusions de M. Bories, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Agence de sécurité privée industrielle évènementielle (ASPIE) a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 étendue au 31 décembre 2016 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. A l'issue de ce contrôle, par une proposition de rectification du 13 juillet 2017, le service lui a notifié notamment des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des rehaussements en matière de contribution sur les activités privées de sécurité assortis de la majoration pour manquement délibéré. Les réclamations préalables de la société requérante ont été rejetées par une décision du 7 février 2020. Par la présente requête, la SARL ASPIE demande au tribunal la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation (). ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
3. La proposition de rectification du 13 juillet 2020 par laquelle l'administration a notifié à la SARL ASPIE des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016, mentionne le montant des encaissements issus des relevés bancaires de l'année 2016, le montant de taxe sur la valeur ajoutée brute exigible incluse, le chiffre d'affaires hors taxe déclaré et la taxe sur la valeur ajoutée collectée. La liste des encaissements issus des relevés bancaires est annexée à cette proposition de rectification. Figurent également sur la proposition de rectification les modalités de calcul de la contribution sur les activités privées de sécurité pour 2016. Enfin, la proposition de rectification précise, les années d'impositions concernées, l'impôt concerné, la base des redressements et les motifs sur lesquels l'administration se fonde pour justifier les redressements. Par suite, les indications que comporte cette proposition de rectification sont suffisantes pour éclairer la société requérante et lui permettre de discuter utilement le bien-fondé des redressements envisagés, ce qu'elle a d'ailleurs fait en adressant au service, le 27 septembre 2017 et le 2 août 2019, des observations et une réclamation, auxquelles il a été répondu le 27 octobre 2017 et le 7 février 2020. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette proposition de rectification ne peut, par suite, qu'être écarté.
Sur le bien-fondé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée non collectée :
4. Aux termes de l'article 266 du code général des impôts : " 1. La base d'imposition est constituée : / a. Pour les livraisons de biens, les prestations de services et les acquisitions intracommunautaires, par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en contrepartie de ces opérations, de la part de l'acheteur, du preneur ou d'un tiers, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations ; " Aux termes de l'article 269 du même code : " 1. Le fait générateur de la taxe se produit : / a) Au moment où la livraison, l'acquisition intracommunautaire du bien ou la prestation de services est effectué ; "
5. En l'absence de remise en cause du caractère régulier, sincère et probant de la comptabilité, l'administration fiscale ne peut, pour apporter la preuve qui lui incombe de ce que la société n'aurait pas déclaré la taxe sur la valeur ajoutée grevant l'ensemble des recettes encaissées, recourir à une méthode d'évaluation moins précise que les écritures comptabilisées. Il lui est en revanche loisible de procéder à des tests de cohérence des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée en les rapprochant d'autres éléments tirés de la comptabilité de la société, tels que les soldes des produits et ceux des comptes clients, corrigés de leur variation entre l'ouverture et la clôture de la période considérée.
6. Il résulte de l'instruction, en particulier de la proposition de rectification du 13 juillet 2017, que l'administration n'a pas écarté la comptabilité de la société requérante ni procédé à une reconstitution de son chiffre d'affaires. Pour établir les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige, l'administration s'est appuyée sur un contrôle de cohérence effectué à partir, d'une part, des éléments figurant dans la comptabilité de la société requérante à savoir les encaissements au crédit du compte 411 et, d'autre part, le chiffre d'affaires déclaré sur la déclaration CA3 2016. Contrairement aux affirmations de la société requérante, le service n'a pas renversé la charge de la preuve et la méthode utilisée s'est appuyée sur la comptabilité de la société elle-même. Il en résulte que le moyen tiré de l'erreur dans la méthode employée par l'administration pour évaluer le montant de la taxe sur la valeur ajoutée non collectée pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2016 ne peut qu'être écarté.
Sur le caractère déductible de la taxe sur la valeur ajoutée afférente à des charges facturées par les sociétés ABS 3, Achtoug sécurité privée, GSF, RSP et Sphinx :
7. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " II 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon les cas : a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures ; " Aux termes de l'article 272 du même code : " () 2. La taxe sur la valeur ajoutée facturée dans les conditions définies au 4 de l'article 283 ne peut faire l'objet d'aucune déduction par celui qui a reçu la facture. " En vertu de l'article 283 : " () 4. Lorsque la facture ne correspond pas à la livraison d'une marchandise ou à l'exécution d'une prestation de services, ou fait état d'un prix qui ne doit pas être acquitté effectivement par l'acheteur, la taxe est due par la personne qui l'a facturée. "
8. En vertu des dispositions combinées des articles 271, 272 et 283 précités du code général des impôts, un contribuable n'est pas en droit de déduire de la taxe sur la valeur ajoutée, dont il est redevable à raison de ses propres opérations, la taxe mentionnée sur une facture établie à son nom par une personne qui n'est pas le fournisseur réel de la marchandise ou de la prestation effectivement livrée ou exécutée. Dans le cas où l'auteur de la facture était régulièrement inscrit au registre du commerce et des sociétés, assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée et se présente comme tel à ses clients, il appartient à l'administration, si elle entend refuser à celui qui a reçu la facture le droit de déduire la taxe qui y est mentionnée, d'établir qu'il s'agit d'une facture de complaisance et que le contribuable le savait ou ne pouvait l'ignorer. Si l'administration apporte des éléments suffisants en ce sens, il appartient alors au contribuable d'apporter toutes justifications utiles sur cette opération, sans qu'il ne puisse être exigé de lui des vérifications qui ne lui incombent pas.
9. Il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification du 13 juillet 2017 et de la réponse aux observations du contribuable du 27 octobre 2017, que l'administration a remis en cause le droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée mentionnée sur les factures émanant de plusieurs sociétés sous-traitantes de la société ASPIE, les sociétés ABS3, Achtoug sécurité privée, GSF, RSP et Sphinx. Concernant la société ABS3, l'administration fait valoir que malgré le contrat de sous-traitance stipulant " règlement par chèque uniquement ", de très nombreux paiements ont été effectués en espèce par la société requérante en 2014, pour la somme de 223 700 euros, et sont comptabilisés comme des paiements de la société ABS3, alors même que ces sommes n'apparaissent pas sur le compte client ASPIE de la société ABS3. Le paiement en espèces n'a pas permis d'identifier les bénéficiaires des règlements, la société ABS3 précisant par ailleurs n'avoir ni émis les factures ni encaissé les montants. Concernant la société Achtoug sécurité privée, il résulte de l'instruction qu'aucun contrat n'a été signé avec la société requérante, alors que onze chèques ont été émis par la société requérante et libellé au nom de personnes physiques dont quatre figurent sur les déclarations préalables à l'embauche de la société requérante. Concernant la société GSF, malgré le contrat de sous-traitance stipulant " règlement par chèque uniquement ", de très nombreux paiements ont été effectués en espèce par la société requérante en 2015 pour la somme de 130 310 euros et en 2016 pour la somme de 67 606 euros et sont comptabilisés comme des paiements de la société GSF, ce qui ne permet pas d'identifier les bénéficiaires de ces règlements. Concernant la société RSP, malgré la même stipulation dans le contrat de sous-traitance, de très nombreux paiements ont été effectués en espèce par la société requérante en 2016 et des chèques ont été émis par la société requérante pour 288 064 euros et libellés au nom de personnes physiques. Concernant la société Sphinx, sept chèques ont été émis dont quatre sont libellés au nom de FLASH BOISSONS dont le dirigeant est le bénéficiaire d'un chèque comptabilisé comme paiement de RSP et un chèque est libellé au nom d'une personne physique, Mme B A, alors qu'aucune personne de ce nom ne figure sur les déclarations préalables à l'embauche de la société Sphinx, mais que Monsieur C A figure sur les déclarations préalables à l'embauche de la société requérante. Enfin, il résulte de l'instruction que ces infractions sont les mêmes que celles constatées lors d'un précédent contrôle, ce que la société requérante ne pouvait ignorer. Par suite, et dès lors que la société requérante, qui se borne, par une argumentation inopérante à plaider la réalité des opérations, n'apporte pas de justification quant à l'auteur des prestations concernées, l'administration a pu, à juste titre, regarder les factures des sociétés ABS3, Achtoug sécurité privée, GSF, RSP et Sphinx comme étant de complaisance et refuser d'admettre la déduction de taxe sur la valeur ajoutée correspondante.
Sur le bien-fondé de la cotisation supplémentaire de contribution sur les activités privées de sécurité :
10. Aux termes de l'article 401 de la directive 2006/112/CE du
28 novembre 2006 relative au système commun de TVA, dont les dispositions reprennent celles de l'article 33 de la directive n° 77/388/CEE du 17 mai 1977 : " Sans préjudice d'autres dispositions communautaires, les dispositions de la présente directive ne font pas obstacle au maintien ou à l'introduction par un État membre de taxes sur les contrats d'assurance et sur les jeux et paris, d'accises, de droits d'enregistrement, et, plus généralement, de tous impôts, droits et taxes n'ayant pas le caractère de taxes sur le chiffre d'affaires, à condition que la perception de ces impôts, droits et taxes ne donne pas lieu dans les échanges entre États membres à des formalités liées au passage d'une frontière " . La société requérante soutient que la contribution sur les activités privées de sécurité instauré par l'article 1609 quintricies du code général des impôts constitue une taxe ayant le caractère d'une taxe sur le chiffre d'affaires, que le législateur aurait créée en méconnaissance des dispositions précitées de la directive 2006/112. L'objet de cet article est d'éviter que soient instaurés ou maintenus des impôts, droits et taxes qui, du fait qu'ils grèvent la circulation des biens et des services d'une façon comparable à la taxe sur la valeur ajoutée, compromettent le fonctionnement du système commun de cette dernière. Doivent ainsi être considérés comme tels les impôts, droits et taxes qui présentent les caractéristiques essentielles de cette taxe. En revanche, cet article ne fait pas obstacle au maintien ou à l'introduction d'autres types d'impôts, droits et taxes, dès lors qu'ils ne présentent pas les caractéristiques essentielles de la taxe sur la valeur ajoutée.
11. La taxe sur la valeur ajoutée s'applique de manière générale aux transactions ayant pour objet des biens ou des services, elle est proportionnelle au prix de ces biens et de ces services, elle est perçue à chaque stade du processus de production et de distribution et, enfin, elle s'applique à la valeur ajoutée des biens et des services, la taxe due lors d'une transaction étant calculée après déduction de celle qui a été payée lors de la transaction précédente. La contribution sur les activités privées de sécurité n'a pas de caractère général, ne s'applique pas à chaque stade du processus de production et de distribution de ces objets et n'a pas une assiette limitée à la valeur ajoutée. Par suite, le moyen tiré du caractère de taxe sur le chiffre d'affaires de l'imposition instaurée par l'article 1609 quintricies du code général des impôts doit être écarté.
Sur la majoration pour manquement délibéré :
12. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a) 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. "
13. D'une part, il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
14. Pour justifier l'application de la majoration pour manquement délibéré sur les rappels notifiés en matière de taxe sur la valeur ajoutée collectée suite à l'insuffisance de déclaration de taxe sur la valeur ajoutée exigible pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2016 et sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée liées aux factures de complaisance des années 2014, 2015 et 2016, l'administration s'est fondée notamment sur l'existence d'un précédent contrôle fiscal qui avait relevé les mêmes irrégularités, sur la circonstances du dépôt par la société requérante de déclarations mensuelles de chiffre d'affaires ne comportant aucun montant au titre des mois de mars, avril, juin, octobre et décembre 2016 alors que des chiffres d'affaires importants avaient été encaissés au titre de ces périodes et sur le recours à des factures de complaisance. Ainsi, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe, de l'intention délibérée de la société requérante de minorer l'impôt dont elle était redevable au titre des années en litige. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a assorti les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de la société requérante pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016 d'une majoration de 40 % pour manquement délibéré.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL ASPIE n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, de cotisations supplémentaires de contributions sur les activités privées de sécurité et de la majoration pour manquement délibéré mis à sa charge au titre des années 2014, 2015 et 2016.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par la SARL ASPIE et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL ASPIE est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL ASPIE et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Eustache, premier conseiller,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
La rapporteure,
signé
S. Cuisinier-HeisslerLe président,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2003746
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026