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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2003761

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2003761

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2003761
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantRIQUIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 mars 2020 et le 11 avril 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Société d'études et de travaux d'étanchéité (SETE), représentée par Me Billebeau, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la Maison de retraite du Parc de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) a décidé de résilier le marché relatif au lot n° 6 " étanchéité " du marché de travaux d'extension et de réaménagement de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ;

2°) de prononcer la résiliation du marché aux torts exclusifs de la Maison de retraite du Parc ;

3°) de l'indemniser des préjudices subis en conséquence de la résiliation contestée à concurrence d'une somme globale de 172 435 euros ;

4°) de mettre à la charge de la Maison de retraite du Parc la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

- la décision de résiliation du 29 janvier 2020, de même que la mise en demeure du 7 octobre 2019 et le courrier du 13 décembre 2019, au demeurant non assorti des voies et délais de recours, qui l'ont précédée, sont insuffisamment motivés, tant en droit qu'en fait ;

- elle a été édictée à la suite d'une procédure irrégulière au regard de stipulations de l'article 46.3 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux (CCAG-Travaux), au vu notamment de l'imprécision de la mise en demeure du 7 octobre 2019 et du courrier du 13 décembre 2019, de l'absence de réponse circonstanciée apportée aux questions qu'elle a posées pour être éclairée sur les manquements qui lui ont été reprochés, de tout constat contradictoire préalable desdits manquements et d'avis préalable du maître d'œuvre ;

- elle révèle une violation par la Maison de retraite du Parc, qui est à l'origine de la désorganisation du chantier ayant généré ses préjudices, de ses obligations contractuelles ;

- elle est disproportionnée.

Sur les conclusions indemnitaires :

- la résiliation fautive du marché doit ouvrir lieu à la réparation des préjudices subis en conséquence à concurrence de :

. 26 075 euros au titre de la perte de marge brute non réalisée du fait du non achèvement du chantier ;

. 13 860 euros au titre du complément de frais de gestion induits par le décalage d'une année de commencement de travaux ;

. 125 000 euros au titre de la perte d'industrie due aux décalages successifs des travaux sur une année, de novembre 2016 à mi-décembre 2017, induisant mobilisation et démobilisation des équipes et achat de matériels ;

. 7 500 euros au titre du coût des matériels stockés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 décembre 2022 et le 30 juin 2023, la Maison de retraite du Parc, représentée par Me Riquier, conclut :

1°) au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation ;

2°) au rejet du surplus des conclusions de la requête ;

3°) à la mise à la charge de la SARL SETE de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions à fin d'annulation, qui doivent être regardées comme tendant à la reprise des relations contractuelles, sont sans objet, dès lors que le marché de substitution a été entièrement exécuté ; en tout état de cause, la demande de requalification de la résiliation en cause au tort du maître de l'ouvrage ne relève pas de l'office du juge de plein contentieux ;

- pour le surplus, les moyens soulevés ne sont pas fondés en l'absence de résiliation fautive et de préjudice, au demeurant non objectivé, direct et certain.

Par ordonnance du 5 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2023 à 12 heures.

Les parties ont été informées le 29 janvier 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions de la SARL SETE tendant à la résiliation du marché aux torts exclusifs de la Maison de retraite du Parc, dès lors que le marché de substitution a été réceptionné le 21 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- l'arrêté du 8 septembre 2009 modifié portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Oriol, présidente ;

- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;

- et les observations de Me Riquier représentant la Maison de retraite du Parc.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le cadre du projet d'extension et de réaménagement de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du Parc, la Maison de retraite du Parc de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) a lancé un marché de travaux divisé en 18 lots, dont le n° 6 " étanchéité " a été attribué en décembre 2016 à la société à responsabilité limitée (SARL) Société d'études et de travaux d'étanchéité (SETE) pour un montant de 355 939,53 euros toutes taxes comprises (TTC). Estimant que la SARL SETE avait manqué de diligences dans l'exécution des travaux à sa charge, au regard notamment des dégâts des eaux intervenus par sa faute, de lacunes à plusieurs reprises soulignées par la maîtrise d'œuvre, et, en dernier lieu, du déclenchement d'un incendie ayant nécessité l'évacuation de résidents de l'EHPAD, et retardé de ce fait l'exécution globale du chantier, la Maison de retraite du Parc, après plusieurs avertissements demeurés infructueux, l'a mise en demeure, le 7 octobre 2019, de remédier à la situation, faute de quoi elle confierait les travaux à une autre entreprise et résilierait le marché à ses frais et risques. Alors que de nouveaux retards et dégâts des eaux ont été ultérieurement constatés, notamment au niveau du deuxième étage de l'EHPAD dont la coursive a été entièrement inondée, la Maison de retraite du Parc a adressé à la SARL SETE, le 13 décembre 2019, un courrier portant résiliation du marché et la convoquant à un constat contradictoire le 17 décembre 2019 à 16 heures. Après que la SARL SETE eut contesté cette résiliation, la Maison de retraite du Parc l'a confirmée par courrier du 29 janvier 2020 en informant la société que le solde du marché serait réglé après exécution du marché de substitution. Par la présente requête, la SARL SETE doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision par laquelle la Maison de retraite du Parc a décidé de résilier son marché et de l'indemniser des préjudices subis en conséquence, à concurrence de 172 435 euros.

Sur l'étendue du litige :

2. D'une part, le juge du contrat, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution d'un contrat, peut seulement, en principe, rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi de conclusions " aux fins d'annulation " d'une mesure de résiliation, de les regarder comme un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation du contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles.

3. D'autre part, lorsque, dans le cadre de l'examen de conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles présentées par un cocontractant de l'administration dont le contrat a fait l'objet d'une résiliation, il résulte de l'instruction que le terme stipulé du contrat est dépassé, le juge constate un non-lieu à statuer sur ces conclusions.

4. En premier lieu, si, dans le cadre de la présente requête, la SARL SETE demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la Maison de retraite du Parc a résilié le marché relatif au lot n° 6 " étanchéité " dont elle était titulaire dans le cadre des travaux d'extension et de réaménagement de l'EHPAD, de telles conclusions doivent être regardées, ainsi qu'il vient d'être dit, comme tendant à la reprise des relations contractuelles. Or, il résulte de l'instruction que le marché de substitution confié à la société SABATE a été entièrement exécuté, comme cela ressort de la décision de réception de travaux intervenue le 21 décembre 2022, versée à l'instance en défense. Dès lors que le terme du marché était dépassé à la date du présent jugement, les conclusions à fin d'annulation et de reprise des relations contractuelles de la SARL SETE sont sans objet. L'exception de non-lieu à cet égard soulevée par la Maison de retraite du Parc doit donc être accueillie.

5. En second lieu, pour les mêmes motifs, il n'y a pas davantage lieu de statuer, en tout état de cause, sur les conclusions de la SARL SETE tendant à ce que le marché soit résilié aux torts exclusifs de la Maison de retraite du Parc.

Sur les conclusions indemnitaires :

6. D'une part, il résulte des stipulations de l'article 47-2-3 du CCAG-Travaux applicables au litige que le cocontractant de l'administration dont le marché a été résilié à ses frais et risques ne peut obtenir le décompte général de ce marché, en vue du règlement des sommes dues au titre des travaux exécutés, qu'après règlement définitif du nouveau marché passé pour l'achèvement des travaux. Les conclusions présentées au juge du contrat en vue d'obtenir le règlement des sommes contractuellement dues avant le règlement définitif du nouveau marché sont ainsi irrecevables. Ces dispositions, applicables lorsque le marché a été régulièrement résilié, ne font cependant pas obstacle à ce que, sous réserve que le contentieux soit lié, le cocontractant dont le marché a été résilié à ses frais et risques saisisse le juge du contrat afin de faire constater l'irrégularité ou le caractère infondé de cette résiliation et demander, de ce fait, le règlement des sommes qui lui sont dues, sans attendre le règlement définitif du nouveau marché après, le cas échéant, que le juge du contrat a obtenu des parties les éléments permettant d'établir le décompte général du marché résilié.

7. D'autre part, aux termes de l'article 46.3.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, dans sa version issue de l'arrêté du 8 septembre 2009 modifié : " Le représentant du pouvoir adjudicateur peut résilier le marché pour faute du titulaire dans les cas suivants : () c) Le titulaire, dans les conditions prévues à l'article 48, ne s'est pas acquitté de ses obligations dans les délais contractuels, après que le manquement a fait l'objet d'une constatation contradictoire et d'un avis du maître d'œuvre, et si le titulaire n'a pas été autorisé par ordre de service à reprendre l'exécution des travaux ; dans ce cas, la résiliation du marché décidée peut être soit simple, soit aux frais et risques du titulaire et, dans ce dernier cas, les dispositions des articles 48. 4 à 48. 7 s'appliquent ; / () ". Selon l'article 46.3.2 du même cahier : " Sauf dans les cas prévus aux g, i, k et l du 46. 3. 1 ci-dessus, une mise en demeure, assortie d'un délai d'exécution, doit avoir été préalablement notifiée au titulaire et être restée infructueuse. / Dans le cadre de la mise en demeure, le représentant du pouvoir adjudicateur informe le titulaire de la sanction envisagée et l'invite à présenter ses observations. ". Enfin, en vertu de l'article 39 du cahier des clauses administratives particulières du marché : " Par dérogation aux articles 46 et 48 du CCAG, en cas de carence de l'entrepreneur dans l'exécution de ses prestations, par manque de moyens matériels ou humains mis en œuvre sur le chantier : / Une injonction de réaliser les prestations sera notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception, envoyée par le maître d'ouvrage à l'entrepreneur défaillant. Elle précisera les prestations à effectuer, le délai maximal de réalisation de ces prestations, les moyens minimums à mettre en œuvre par l'entrepreneur, le délai maximal de début des prestations, sans que celui-ci ne puisse être inférieur à 72 heures (3 jours ouvrés) à compter de la date d'accusé de réception, ainsi que la date et l'heure de la convocation de l'entrepreneur pour la réunion de constat d'exécution ou de carence. / Cette injonction vaudra mise en demeure, au sens de l'article 46.3.2 du CCAG. / L'entrepreneur disposera d'un délai minimal de 2 jours ouvrés pour présenter ses observations et réserves. / Si l'entrepreneur n'a pas réalisé les prestations notifiées par l'injonction dans le délai imparti, ou au maximum dans le délai de 8 jours calendaires à compter de l'avis de réception de l'injonction, dans le cas où le délai imparti est inférieur, le Maître d'ouvrage pourra ordonner la poursuite des travaux, aux frais et risques de l'entrepreneur défaillant, par un autre prestataire de son choix. / Dans les mêmes conditions, le Maître d'ouvrage pourra décider de la résiliation du marché, aux frais et risques de l'entrepreneur défaillant. ".

8. En premier lieu, il résulte de l'instruction que par lettre du 7 octobre 2019 recommandée avec accusé de réception, la Maison de retraite du Parc a adressé à la SARL SETE un courrier qui a listé les manquements lui étant reprochés, à savoir des dégâts des eaux nombreux et dangereux liés à un défaut d'étanchéité, et fait référence aux consignes et instructions non respectées de la maîtrise d'œuvre contenues dans une lettre recommandée avec accusé de réception du 25 janvier 2019 et des courriels des 7 juin 2019, 12 juin 2019, 7 août 2019, 23 septembre 201 et 27 septembre 2019, outre les comptes rendus hebdomadaires de chantier, documents que la SARL SETE ne conteste pas avoir reçus. Par ce même courrier, la Maison de retraite du Parc a mis en demeure la SARL SETE, d'une part, d'exécuter sous 24 heures les travaux conservatoires nécessaires à la mise en sécurité des zones sinistrées et à l'arrêt de la dégradation des existants suivant les préconisations définies par la maîtrise d'œuvre, faute de quoi elle ferait exécuter ces travaux par une autre entreprise à ses frais et risques, et, d'autre part, de terminer sous quinze jours l'étanchéité complète des zones concernées et de produire ses autocontrôles, faute de quoi elle résilierait son marché pour faute, à ses frais et risques, en application des dispositions des articles 3.6.1.4 et 43.3 du CCAG-Travaux. La SARL SETE a également été invitée à se rapprocher sans délais du maître d'œuvre et de l'assistant à maîtrise d'ouvrage pour toutes précisions d'ordre technique et administratif. La procédure ainsi suivie est conforme aux stipulations précitées de l'article 39 du CCAP, de sorte que le moyen tiré de ce que la mise en demeure du 7 octobre 2019 serait irrégulière et entacherait subséquemment d'irrégularité la procédure de résiliation suivie par la Maison de retraite du Parc doit être écarté.

9. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, la Maison de retraite du Parc, prenant acte des manquements à nouveau commis par la SARL SETE, qui ne s'est pas conformée à la mise en demeure du 7 octobre 2019, a décidé de résilier le marché relatif au lot n° 6 étanchéité par décision du 13 décembre 2019. Cette décision rappelle les manquements déjà évoqués dans la mise en demeure, en renvoyant aux documents visés dans ce document, et rappelle que les dégâts des eaux se poursuivent par sa faute et mettent en danger les personnes hébergées dans les logements de fonction situés au 2ème étage en raison de l'inondation de la coursive menant aux habitations. Par ce même document, la Maison de retraite du Parc, d'une part, a informé la SARL SETE qu'à défaut pour elle de s'être conformée à la mise en demeure du 13 octobre 2019, elle confiait les travaux requis pour rétablir la situation à la société SABATE pour un montant de 48 790,14 euros TTC à ses frais et charges, ainsi que la réalisation des mesures conservatoires nécessaires à la mise hors de danger des personnes hébergées dans les logements de fonction, et, d'autre part, l'a convoquée à un constat contradictoire le 17 décembre 2019 à 16 heures. Cette décision étant également conforme aux stipulations précitées de l'article 39 du CCAP, le moyen tiré de ce qu'elle entacherait d'irrégularité la procédure de résiliation suivie doit être écarté. Sur ce point, la SARL SETE, qui ne se prévaut pas de la méconnaissance par la Maison de retraite du Parc de stipulations contractuelles ou de dispositions légales lui imposant une motivation en droit, n'est pas fondée à soutenir que la décision du 13 décembre 2019 serait à cet égard irrégulière. La circonstance que cette décision ne soit pas assortie des voies et délais de recours est sans incidence sur la solution du litige. Enfin, la SARL SETE ne saurait utilement reprocher à la décision du 29 janvier 2020 portant confirmation de la résiliation en litige d'être insuffisamment motivée en droit et en fait, dès lors que celle-ci, superfétatoire sur le fond, se borne à informer la SARL SETE que le règlement financier du marché n'interviendra qu'après exécution complète du marché de substitution, en mentionnant les voies et délais de recours.

10. En troisième lieu, si la SARL SETE soutient qu'elle n'a pas obtenu de réponse claire et circonstanciée aux questions qu'elle a posées à la suite de la mise en demeure du 7 octobre 2019 pour être éclairée sur les manquements qui lui ont été reprochés, il résulte de l'instruction que par deux courriers du 10 octobre 2019, le maître d'œuvre Artélia lui a énuméré les prestations non réalisées retardant l'intervention des autres intervenants du chantier, notamment la finalisation du pare-vapeur, la réalisation de l'isolation et de l'étanchéité bicouche des toitures terrasses T2 et T3, la réalisation des relevés périphériques et isolés des terrasse T1, T2 et T3, et l'intervention sur la terrasse T8 dans le but de mettre en sécurité les zones sinistrées situées en-dessous de cette terrasse. De même, si la SARL SETE reproche à la Maison de retraite du Parc l'absence de constat contradictoire et d'avis préalable du maître d'œuvre prévus par les stipulations précitées du c) de l'article 46.3 du CCAG-Travaux, il est constant, ainsi qu'il a déjà été dit, que les parties ont entendu y déroger à l'article 39 du CCAP. Les moyens tirés de ce que la Maison de retraite du Parc aurait conduit la procédure de résiliation en litige en méconnaissance des stipulations contractuelles doit donc être écarté.

11. En dernier lieu, la SARL SETE soutient que la Maison de retraite du Parc, qui serait à l'origine de la désorganisation du chantier ayant généré ses préjudices, a méconnu ses obligations contractuelles. Toutefois, au vu des manquements sus énoncés qui lui sont reprochés, et qu'elle ne conteste pas pertinemment sur le fond, un tel moyen ne peut qu'être écarté. Il en va de même du moyen tiré de ce que la résiliation en cause serait disproportionnée, la SARL SETE s'étant rendue coupable d'inexécutions importantes de ses prestations, qui ont perduré malgré les alertes de la Maison de retraite du Parc et ont mis en danger les usagers du service, personnes âgées de santé fragile, en les exposant à un niveau anormal d'humidité pendant plusieurs mois.

12. Il résulte de ce qui précède que la décision de résiliation en litige n'est ni irrégulière, ni mal fondée. Par suite, en l'absence de toute faute de la Maison de retraite du Parc, les conclusions indemnitaires de la SARL SETE ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. La Maison de retraite du Parc n'étant pas la partie perdante à l'instance, les conclusions de la SARL SETE présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a de faire droit, à concurrence de 2 000 euros, aux conclusions de la Maison de retraite du Parc présentées sur le même fondement.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la société à responsabilité limitée (SARL) Société d'études et de travaux d'étanchéité (SETE) tendant à la reprise des relations contractuelles.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la SARL SETE tendant à ce que le marché soit résilié aux torts exclusifs de la Maison de retraite du Parc.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la SARL SETE est rejeté.

Article 4 : La SARL SETE versera la somme de 2 000 euros à la Maison de retraite du Parc au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL SETE et à la Maison de retraite du Parc de Fontenay-aux Roses.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente, et Mmes A et Lusinier, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

C. ORIOL

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

A. ALa greffière,

Signé

V. RICAUD

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

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