jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2003777 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ADDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 31 mars 2020, le 14 décembre 2020, le 26 novembre 2021, le 13 mai 2022, le 15 juin 2022, le 13 juillet 2022, le 8 mars 2023 et le 21 mars 2023, la société par actions simplifiées (SAS) Team Réseaux, représentée par Me Hourmant, demande au tribunal :
1°) de fixer le solde du décompte général et définitif du lot n° 5 " électricité courants forts et faibles " du marché de reconstruction du collège Marcel Pagnol à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) à la somme globale de 1 157 875,99 euros toutes taxes comprises (TTC) ou, à défaut, d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine d'établir ce décompte général et définitif à la même somme ;
2°) de condamner le département des Hauts-de-Seine à lui verser la somme globale de 1 157 875,99 euros TTC, majorée des intérêts moratoires et de leur capitalisation à compter de la réception, par le département, de sa mise en demeure du 19 décembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la recevabilité de ses demandes :
- sa requête n'est pas prématurée, dès lors que les stipulations de l'article 13.3.2 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG Travaux) ne sont opposables que dans l'hypothèse où la réception a été prononcée sous réserve de l'exécution de prestations non réalisées ; le procès-verbal de réception a été édicté avec réserves, en application de l'article 41.6 du CCAG Travaux, et l'existence de réserves, quelle que soit leur importance, ne faisait donc pas obstacle à l'élaboration du décompte général ; il n'incombe pas au juge de requalifier la réception prononcée par le maître de l'ouvrage à qui il appartient d'être rigoureux ; le point de départ du délai de transmission du projet de décompte final était donc la date du procès-verbal de réception, le 22 août 2019 ;
- elle a produit, préalablement à la saisine du juge, le mémoire en réclamation exigé par les stipulations de l'article 50.1 du CCAG Travaux.
S'agissant des prestations supplémentaires :
- à la suite d'une demande formulée par le maître d'œuvre et acceptée par le maître de l'ouvrage, elle a produit un devis n° 20163 pour des travaux supplémentaires relatifs à la modification des éclairages de la salle des professeurs ;
- ces travaux sont devenus nécessaires du fait de la modification du lot n° 2 du contrat " plafonds suspendus - menuiseries intérieures - agencement " et notamment des faux-plafonds de la salle des professeurs qui a rendu impossible l'installation des luminaires prévus au contrat ;
- ces travaux, distincts par leurs caractéristiques techniques des prestations prévues au contrat, ont été réalisés ;
- ils étaient indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art de sorte que ni le caractère global et forfaitaire du prix contractuel, ni l'absence de délivrance d'un ordre par la maîtrise d'ouvrage, ne font obstacle à leur règlement.
S'agissant de la révision des prix :
- la révision de prix à laquelle elle a droit s'élève à la somme de 49 328,84 euros HT ;
- le département s'est fondé, pour la calculer, sur le seul état d'acompte n° 11 et non sur le montant total du marché, lequel doit intégrer les prestations supplémentaires du devis n° 20163 ;
- le montant de l'avance a été déduit du calcul de la révision des prix ;
- le département ne pouvait légalement imputer sur le règlement de l'acompte n° 11 des pénalités injustifiées d'un montant de 11 421,60 euros, de sorte que la révision des prix doit être majorée en conséquence.
S'agissant des fautes commises par le maître de l'ouvrage :
- la prolongation des délais d'exécution de 477 jours pour " aléa géotechnique " par le maître de l'ouvrage est fautive :
o elle résulte d'une sous-estimation des difficultés techniques du chantier et révèle donc une faute dans la définition et la conception du marché : les études géotechniques G2 réalisées par la société Ginger-CEBTP étaient nécessairement insuffisantes sans quoi elles auraient révélé la présence de cavités dans les galeries d'exploitation ; le maître de l'ouvrage s'est abstenu de faire réaliser des études préalables G1 actualisées ; le département avait une parfaite connaissance du risque géotechnique dès lors que le collège est situé dans une zone géologique sujette aux mouvements de terrain et que les études menées par les sociétés Fondasol et Ginger-CEBTP concluaient à une très forte probabilité de l'existence de cavités dans le calcaire grossier ;
o le maître de l'ouvrage, qui a été incapable de réduire le retard imputable à la découverte de cet aléa, a manqué à ses pouvoirs de contrôle et de direction du chantier ;
- les prolongations successives des délais d'exécution par les ordres de service n°s 5, 11 et 15 sont imputables au maître de l'ouvrage en raison de son propre retard dans la validation de documents et d'échantillons, et à son incapacité à maîtriser le chantier en faisant un usage raisonné et suffisant de ses pouvoirs de contrôle, de direction et de sanction pour limiter les préjudices subis ; le maître de l'ouvrage l'a tardivement informé des décalages de plannings, l'empêchant de se réorganiser ; les décisions de prolongation auraient dû faire l'objet d'avenants au contrat.
S'agissant des indemnités dues au titre de l'ajournement des travaux :
- le titulaire a droit, même sans faute du maître de l'ouvrage, à être indemnisé des frais de garde du chantier et de tous les préjudices subis à raison de l'ajournement des travaux sur la période du 5 mars au 16 avril 2018 ;
- le département n'est pas fondé à opposer l'absence de constat contradictoire d'état des lieux pour échapper à sa responsabilité : ce défaut de constat contradictoire n'est lié qu'à la carence de la maîtrise d'œuvre et de la maîtrise d'ouvrage à assister à la réunion du 6 mars 2018, qu'elle avait elle-même prévue pour les constatations contradictoires ; elle a adressé, par courrier du 7 mars 2018, la liste du matériel et du stock laissés sur le chantier durant la période d'ajournement, liste que le département n'a pas utilement contesté à l'époque et qu'il est dès lors réputé avoir acceptés ;
- l'ajournement des travaux lui a causé des préjudices liés à l'immobilisation du matériel, pour un montant 16 340,75 euros ; l'immobilisation de son personnel pour 66 945 euros ; l'immobilisation de véhicules pour 2 578,27 euros ; une perte d'exploitation de 19 636,60 euros et un recours aux intérimaires pendant la période d'ajournement, qui doit être réparé à hauteur de 7 430 euros ;
- les pièces et les documents qu'elle verse aux débats sont suffisamment probants pour justifier de la réalité de ces différents préjudices qui doivent donc être intégralement indemnisés.
S'agissant des demandes reconventionnelles du département :
- le département n'est pas fondé à demander l'inscription au passif du décompte de la somme de 43 973,16 euros correspondant aux pénalités de retard dans l'exécution des travaux, dans la mesure où ce retard ne lui est pas imputable ;
- le département n'est pas fondé à demander l'application de pénalités liées à la levée des réserves, pour un montant de 212 000 euros, faute d'avoir assorti ces réserves de délais de levée dans le procès-verbal de réception des ouvrages ; ce procès-verbal ne mentionne aucun délai ; le document produit par le département ne lui a jamais été communiqué et ne constitue, en tout état de cause, qu'une annexe aux propositions du maître d'œuvre et non au procès-verbal de réception.
S'agissant des intérêts moratoires et de la capitalisation :
- ces intérêts ont commencé à courir à la date de la réception du projet de décompte final ou, à défaut, à la date de la réception, par le département, de sa mise en demeure de notifier le décompte général.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 octobre 2020, 21 mai 2021, 15 février 2022, 29 juin 2022 et 22 mars 2023, le département des Hauts-de-Seine, représenté par Me Nahmias, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire et reconventionnel, à l'établissement du décompte général et définitif à la somme de 74 116,14 euros TTC au débit de la SAS Team Réseaux, et à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à sa charge au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car prématurée dès lors que la procédure d'établissement du décompte ne pouvait être déclenchée avant le procès-verbal constatant l'exécution des travaux réservés conformément aux stipulations de l'article 13.3.2 du CCAG Travaux : la réception des ouvrages, intervenue le 26 juillet 2019, a été prononcée sous réserve de la réalisation de 91 prestations non exécutées et non pas avec réserves ; la circonstance que le procès-verbal de réception mentionne une réception avec réserve est à cet égard sans incidence dès lors que les prestations ainsi réservées correspondaient à des non-façons entrant dans le champ d'application de l'article 45.1 du CCAG Travaux, et non dans celui de l'article 41.6 de ce CCAG ;
- la requête est irrecevable faute pour la société requérante d'avoir produit préalablement à la saisine du juge le mémoire en réclamation prévu par les stipulations des articles 50.1 et suivants du CCAG Travaux ;
- la requête est, en tout état de cause, infondée.
S'agissant des prestations supplémentaires :
- la somme de 72 190,35 euros TTC au titre de travaux complémentaires commandés par ordres de services étant intégrée au décompte dont le solde est en sa faveur, elle n'est dès lors pas redevable de cette somme.
S'agissant des travaux supplémentaires :
- la SAS Team Réseaux n'est fondée à demander aucune rémunération supplémentaire pour les travaux du devis n° 20163 : elle ne démontre pas que ces travaux ont été réalisés ; ils n'ont pas été commandés ni acceptés par le maître de l'ouvrage ; ils ne sont pas consécutifs à une modification décidée par le maître de l'ouvrage de sorte qu'aucune faute ne peut lui être imputée ; ces travaux étaient déjà prévus au contrat et inclus dans le prix global et forfaitaire du marché ; il n'est pas démontré qu'ils étaient indispensables à la bonne réalisation de l'ouvrage.
S'agissant de la révision des prix :
- le montant de la révision des prix due à la SAS Team Réseaux ne saurait excéder 46 327,80 euros HT dès lors qu'aucune rémunération supplémentaire n'est due pour le devis n° 20163, que le remboursement de l'avance doit être pris en compte et que des pénalités de retard ont été imputées à bon droit sur l'acompte n° 11 de juillet 2019.
S'agissant des prétendues fautes commises par la maîtrise d'ouvrage :
- en ce qui concerne la prolongation des délais d'exécution par l'ordre de service n° 3 :
o la SAS Team Réseaux, qui n'a présenté aucune réserve sur cet ordre de service, doit être regardée comme ayant renoncé à la réparation de ses préjudices ;
o la maîtrise d'ouvrage n'a commis aucune faute dans la préparation du marché : le report des délais d'exécution est consécutif à la découverte, après les travaux de démolition, de cavités souterraines de nature à fragiliser l'ossature du bâtiment ; des études préliminaires ont été réalisées en nombre et en degré de spécialité et n'ont pas permis d'identifier un risque géotechnique spécifique ; elle ne peut être tenue responsable des éventuels manquements du maître d'œuvre ou de tout autre intervenant au titre de l'assistance technique ;
o le maître de l'ouvrage n'a pas davantage manqué à ses obligations contractuelles après la découverte de cet aléa : les intervenants en ont été immédiatement informés ; une réunion urgente a été organisée pour remédier aux difficultés géotechniques et des études complémentaires ont été commandées pour déterminer les solutions de reprise ; le département n'est pas responsable du prétendu retard pris par la société Technosol pour la réalisation de ces études ;
- aucune faute ne peut lui être reprochée s'agissant des prolongations successives des délais d'exécution par les ordres de service n°s 5, 11 et 15 :
o le titulaire n'a pas contesté en temps utile les ordres de service ;
o les reports ne sont imputables qu'aux retards des titulaires des autres lots ; des pénalités de retard leur ont été appliquées ; la prolongation est en partie consécutive au propre retard de la société requérante ;
o l'ordre de service n° 11 résulte de l'abandon de sa mission par le coordonnateur sécurité et protection de la santé (SPS) ;
o les prolongations de délais ne justifiaient pas la conclusion d'un avenant.
S'agissant de l'ajournement des travaux :
- en l'absence de constatations contradictoires, qu'il incombait au titulaire de demander pour la sauvegarde de ses droits, la SAS Team Réseaux ne justifie pas de la réalité de ses préjudices, ni de leur lien avec la décision d'ajournement ;
- en tout état de cause, les pièces versées aux débats par la société requérante ne suffisent pas à les démontrer.
S'agissant des pénalités de retard :
- il est fondé à demander, à titre reconventionnel, l'inscription au débit du titulaire de la somme de 43 973,16 euros, dont 11 421,60 euros ont déjà été déduits du règlement de l'acompte n° 11, au titre des pénalités sanctionnant le retard dans l'exécution globale du marché ; la réception des ouvrages est intervenue avec un retard de 77 jours calendaires ; la société requérante n'établit pas que ce retard ne lui est pas imputable ;
- il est fondé à demander, à titre reconventionnel, l'inscription au débit du titulaire de la somme de 212 000 euros, correspondant aux pénalités dues au titre de la levée des réserves : celle-ci est intervenue 424 jours calendaires après l'expiration du délai de levée des réserves qui était mentionné dans le courrier adressé à la SAS Team Réseaux le 22 août 2019.
S'agissant des intérêts moratoires et de la capitalisation :
- les intérêts moratoires sont inopposables avant l'expiration du délai global de paiement, qui ne court qu'à compter de la réception du décompte général et définitif ;
- la SAS Team Réseaux n'apporte pas la preuve de la date à laquelle le département aurait réceptionné sa mise en demeure ;
- en tout état de cause, le délai de paiement n'a pas pu courir avant cette réception.
Par une ordonnance du 22 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 avril 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- la loi n° 2013-100 du 28 janvier 2013 ;
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, dans sa version antérieure à l'arrêté interministériel du 3 mars 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sitbon, conseiller ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- et les observations de Me Hourmant pour la SAS Team Réseaux et de Me Guena pour le conseil départemental des Hauts-de-Seine.
Une note en délibéré a été produite pour la SAS Team Réseaux par Me Hourmant, le 2 mai 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement notifié le 1er juillet 2015, le département des Hauts-de-Seine a confié à la société par actions simplifiées (SAS) Team Réseaux le lot n° 5 ayant pour objet " électricité courants forts et faibles " du marché de reconstruction du collège Marcel Pagnol à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Ce marché mono-attributaire a été conclu pour une durée de vingt-quatre mois et un prix global et forfaitaire de 1 142 151,08 euros hors taxe (HT), soit 1 370 581,30 euros toutes taxes comprises (TTC). Le démarrage des travaux a été fixé, par ordre de service, au 6 juillet 2019. Par un procès-verbal de réception du 22 août 2019, les travaux ont été réceptionnés au 26 juillet 2019. Par des courriers du 4 octobre 2019, la SAS Team Réseaux a adressé au maître de l'ouvrage et au maître d'œuvre un projet de décompte final. Par des courriers du 19 décembre 2019, cette société a mis en demeure le maître de l'ouvrage de lui notifier le décompte général dans un délai de trente jours. Par la présente requête, la SAS Team Réseaux demande au tribunal, à titre principal, d'établir le décompte général et définitif et de condamner le département des Hauts-de-Seine à lui verser la somme de 1 157 875,99 euros TTC, majorée des intérêts moratoires et de leur capitalisation à compter de la réception de sa mise en demeure par le département, le 24 décembre 2019.
Sur les fins de non-recevoir soulevées par le département des Hauts-de-Seine :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 13.3.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG Travaux) dans sa version antérieure à l'arrêté du 3 mars 2014, rendues applicables au marché litigieux par les stipulations de l'article 2.2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) : " Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. (). ". Selon l'article 13.3.2 de ce CCAG : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / Toutefois, s'il est fait application des dispositions de l'article 41.5, la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux visés à cet article est substituée à la date de notification de la décision de réception des travaux comme point de départ des délais ci-dessus. / S'il est fait application des dispositions de l'article 41.6, la date de notification de la décision de réception des travaux est la date retenue comme point de départ des délais ci-dessus. ". L'article 41.5 de ce même cahier stipule que : " S'il apparaît que certaines prestations prévues par les documents particuliers du marché et devant encore donner lieu à règlement n'ont pas été exécutées, le maître de l'ouvrage peut décider de prononcer la réception, sous réserve que le titulaire s'engage à exécuter ces prestations dans un délai qui n'excède pas trois mois. La constatation de l'exécution de ces prestations doit donner lieu à un procès-verbal dressé dans les mêmes conditions que le procès-verbal des opérations préalables à la réception prévu à l'article 41.2. ". Son article 41.6 prévoit que : " Lorsque la réception est assortie de réserves, le titulaire doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes dans le délai fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur ou, en l'absence d'un tel délai, trois mois avant l'expiration du délai de garantie défini à l'article 44.1. ".
3. Il résulte de ces stipulations que, lorsque le pouvoir adjudicateur entend prononcer la réception en faisant application des dispositions de l'article 41.6 du CCAG Travaux relatives à la réception avec réserve des travaux, la date de notification de la décision de réception des travaux, et non la date de levée des réserves comme pour la réception sous réserves prévues par l'article 41.5 de ce CCAG, constitue le point de départ des délais prévus au premier alinéa de l'article 13.3.2, quelle que soit l'importance des réserves émises par le pouvoir adjudicateur.
4. Il résulte de l'instruction que par un formulaire " EXE 6 " du 22 août 2019, en dépit des préconisations du maître d'œuvre qui proposait la réception conditionnelle des travaux, le département des Hauts-de-Seine, maître de l'ouvrage et pouvoir adjudicateur, a prononcé la réception des travaux avec réserves, conformément aux stipulations de l'article 41.6 du CCAG Travaux. Par suite, ainsi qu'il a été dit au point 3 ci-dessus, le délai de transmission par le titulaire de son projet de décompte final a commencé à courir dès la notification de ce procès-verbal de réception. Si le département fait valoir que les réserves dont il a assorti cette réception correspondaient à des non-façons entrant dans le champ d'application des stipulations de l'article 41.5 précité, cette circonstance est sans incidence sur les effets de la réception prononcée, qu'il n'appartient pas au juge du contrat de requalifier. Dans ces conditions, la première fin de non-recevoir tirée du caractère prématuré de la requête ne peut qu'être écartée.
5. En second lieu, aux termes de l'article 50.1.1 du CCAG Travaux dans sa rédaction applicable au litige : " Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de quarante-cinq jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif. ". Selon son article 13.4.2 : " Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général avant la plus tardive des deux dates ci-après : - quarante jours après la date de remise au maître d'œuvre du projet de décompte final par le titulaire ; - douze jours après la publication de l'index de référence permettant la révision du solde. / Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire, dans les délais stipulés ci-dessus, le décompte général signé, celui-ci lui adresse une mise en demeure d'y procéder. L'absence de notification au titulaire du décompte général signé par le représentant du pouvoir adjudicateur, dans un délai de trente jours à compter de la réception de la mise en demeure, autorise le titulaire à saisir le tribunal administratif compétent en cas de désaccord. ".
6. Il résulte des stipulations de l'article 13.4.2 précitées que lorsque le pouvoir adjudicateur, mis en demeure de notifier le décompte général, s'abstient d'y procéder dans le délai de trente jours qui lui est imparti, le titulaire du marché peut saisir le tribunal administratif d'une demande visant à obtenir le paiement des sommes qu'il estime lui être dues au titre du solde du marché. Dans l'hypothèse où la personne publique notifie le décompte général postérieurement à la saisine du tribunal, le litige conserve son objet et il y a lieu pour le juge de le trancher au vu de l'ensemble des éléments à sa disposition, sans que le titulaire du marché soit tenu de présenter de mémoire de réclamation contre ce décompte.
7. Par des courriers du 4 octobre 2019 réceptionnés respectivement le 9 octobre et le 14octobre 2019, le titulaire a transmis son projet de décompte final au maître d'œuvre et au pouvoir adjudicateur. Ce dernier, qui s'est abstenu d'arrêter le décompte général dans le délai de quarante-cinq jours qui lui était imparti par les stipulations précitées de l'article 13.4.2 du CCAG Travaux, a été mis en demeure, par un courrier du 19 décembre 2019, réceptionné le 24 décembre 2019, d'y procéder dans un délai de trente jours. A défaut de toute notification du décompte général dans ce délai, le titulaire pouvait donc saisir directement le tribunal aux fins d'établissement du décompte, sans lui adresser préalablement le mémoire en réclamation exigé par les stipulations de l'article 50.1.1 du CCAG Travaux. Par conséquent, le département des Hauts-de-Seine ne peut utilement se prévaloir du défaut de production préalable de ce mémoire en réclamation. Cette seconde fin de non-recevoir doit donc être écartée.
Sur l'établissement du décompte :
En ce qui concerne les travaux supplémentaires :
8. Dans le cadre d'un marché à prix global et forfaitaire, l'entrepreneur a le droit d'être indemnisé du coût des travaux supplémentaires, non prévus au contrat, s'ils ont été prescrits par ordre de service ou acceptés par le maître de l'ouvrage ou si à défaut d'ordre de service ou d'acceptation du maître de l'ouvrage, ils présentent un caractère indispensable à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art. La charge définitive de l'indemnisation incombe, en principe, au maître de l'ouvrage.
9. La SAS Team Réseaux affirme qu'elle a réalisé des travaux supplémentaires relatifs à la modification des éclairages de la salle des professeurs qui doivent être rémunérés à due concurrence de la somme de 1 877,52 euros HT prévue par le devis n° 20163, émis le 6 août 2019. Pour attester de leur réalisation effective, la société requérante soutient qu'il n'y aurait, à défaut, aucun éclairage dans la salle des professeurs et verse à l'instance un courrier de la société Conpas du 31 mai 2019 qui la met en demeure de poser des luminaires dans " la salle à manger au R-2 ". Toutefois, d'une part, le devis n° 20163 a été émis le 6 août 2019, soit postérieurement à la réception avec réserves des travaux, dont le récapitulatif ne fait pas état de luminaires à poser dans la salle des professeurs mais simplement d'un " cache à mettre ". D'autre part, le courrier du 31 mai 2019, au demeurant antérieur au devis, ne mentionne pas la salle des professeurs, dont il résulte de l'instruction qu'elle est située au rez-de-chaussée, mais la salle à manger des professeurs qui constitue une pièce distincte. Dans ces conditions, la société requérante ne démontre pas que ces travaux ont été réalisés. Au surplus, le silence gardé par le maître de l'ouvrage sur le devis n° 20163, dont l'émission n'emportait aucune certitude quant à la réalisation des travaux qu'il mentionnait, ne saurait suffire à établir qu'il a accepté, même tacitement, ces travaux supplémentaires. En outre, à supposer même que ces travaux aient été réalisés, la SAS Team Réseaux ne démontre pas que ces prestations n'étaient pas prévues initialement au contrat, la seule circonstance qu'ils reposent sur des exigences techniques distinctes ne suffisant pas à l'établir.
En ce qui concerne les fautes imputées au maître de l'ouvrage :
10. Les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché à forfait ne peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés trouvent leur origine dans des sujétions imprévues ayant eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat, soit qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en œuvre, en particulier dans le cas où plusieurs cocontractants participent à la réalisation de travaux publics, mais pas du seul fait de fautes commises par d'autres intervenants.
S'agissant de la prolongation des délais d'exécution pour aléa géotechnique :
11. Par un ordre de service n° 3, notifié le 24 mai 2017, les délais d'exécution du lot n° 5 ont été prolongés d'une durée de 477 jours, en raison de la présence de cavités souterraines, qui auraient été découvertes le 11 décembre 2015 à la suite des travaux de terrassement de la zone du gymnase.
12. En premier lieu, d'une part, la SAS Team Réseaux ne peut utilement prétendre que la découverte tardive de ces cavités ne lui est pas imputable ou qu'elle résulterait des insuffisances des études géotechniques préalables menées par la société Ginger-CEBTP, lesquelles, à les supposer même établies, ne révèlent aucune faute du maître de l'ouvrage. En outre, il résulte de l'instruction que ce dernier a fait réaliser, avant la conclusion du marché et pour identifier d'éventuels aléas, des études géotechniques préalables, dites G1 en 2012, et des études géotechniques plus approfondies, dites G2, en 2014. La société requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que les études G1 n'auraient pas été réalisées ou qu'elles auraient dû être actualisées au regard de leur ancienneté. D'autre part, si la SAS Team Réseaux affirme que le maître de l'ouvrage ne pouvait sciemment ignorer le risque géotechnique lié à la présence de cavités souterraines, la situation géologique du collège Marcel Pagnol ne permettait pas, à elle-seule, de l'anticiper. Enfin, les rapports géotechniques établis par les sociétés Fondasol et Ginger-CEBPT n'étaient pas catégoriques sur l'existence d'un tel risque et concluaient, au contraire, à la présence probable de galeries d'exploitation remblayées, c'est-à-dire comblées, de calcaire grossier. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le maître de l'ouvrage aurait négligé les difficultés techniques du chantier et qu'il aurait, dès lors, commis une faute dans la préparation et la conception du marché.
13. En second lieu, il résulte de l'instruction que les cavités, identifiées le 11 décembre 2015, ont donné immédiatement lieu à deux propositions de résolution de la société Ginger-CEBPT, datées des 15 et 21 décembre 2015, ainsi qu'à un rapport de la société BET Pickaerts Consultants, mandatée par l'assistance technique à maître d'ouvrage sous la supervision du département, en date du 23 décembre 2015. De surcroît, une réunion a été organisée en urgence le 13 janvier 2016 pour la réalisation, par les intervenants concernés, d'investigations complémentaires avec une demande expresse d'optimisation des délais d'exécution. Si la SAS Team Réseaux soutient que certaines de ces études complémentaires ont été rendues avec retard, elle n'établit pas, en tout état de cause, que le maître de l'ouvrage aurait pu limiter ce retard dont elle ne précise même pas l'importance. Par conséquent, la société requérante ne démontre pas que le maître de l'ouvrage aurait insuffisamment exercé ses pouvoirs de contrôle et de direction du chantier à la suite de la découverte de l'aléa en question.
S'agissant des prolongations successives des délais d'exécution :
14. En premier lieu, si la SAS Team Réseaux affirme, sans l'établir, que les reports décidés par les ordres de service n°s 5, 11 et 15 résultent du retard du maître de l'ouvrage dans la validation de documents ou d'échantillons, il résulte de l'instruction qu'ils sont consécutifs aux retards pris par les titulaires des autres lots du marché et, s'agissant de l'ordre de service n° 11, au départ imprévu du coordonnateur SPS qui a nécessité l'ajournement des travaux et la fixation, pour le nouveau coordonnateur, d'un délai de préparation et de reprise du chantier. Par ailleurs, eu égard à la brièveté de ce retard et au nombre d'intervenants sur le chantier, le maître de l'ouvrage, qui a infligé des pénalités contractuelles aux autres titulaires, a fait un usage suffisant de ses pouvoirs de contrôle, de direction du chantier et de sanction. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est au demeurant pas soutenu, que le pouvoir adjudicateur aurait pu, par l'infliction de sanctions contractuelles plus lourdes, limiter les retards sur le chantier.
15. En deuxième lieu, l'ordre de service n° 5 n'a pas modifié la date d'achèvement contractuelle prévisionnelle mais s'est borné, par voie de régularisation, à retarder la date de début d'intervention de la société requérante. L'ordre de service n° 11, qui a décalé la fin des travaux d'électricité du 28 août 2018 au 19 janvier 2019, a été notifié le 27 juillet 2018, soit un mois avant le terme contractuel prévu. Si l'ordre de service n° 15, qui a reporté la fin de l'intervention au 10 mai 2019, n'a été notifié que le 25 février 2019, cette seule circonstance ne suffit pas à démontrer que la société requérante n'avait pas été informée préalablement de ce report. En tout état de cause, elle n'établit pas la réalité de sa désorganisation alors même, au demeurant, qu'il résulte de ses propres écritures que certains de ses personnels ont été réaffectés sur d'autres chantiers. Par suite, la SAS Team Réseaux ne démontre pas que le maître de l'ouvrage l'aurait tardivement informée des reports successifs en méconnaissance de ses obligations contractuelles, ni la réalité du préjudice dont elle se prévaut à cet égard.
16. En troisième lieu, si la SAS Team Réseaux prétend que ces prolongations successives des délais d'exécutions auraient dû faire l'objet d'avenants en application des stipulations des articles 19.2.1 et suivants du CCAG Travaux, cette faute alléguée est dépourvue de tout lien de causalité avec les difficultés d'exécution dont elle se prévaut et, dès lors, avec les préjudices dont elle demande réparation.
17. Il résulte de ce qui vient d'être dit que les demandes de la SAS Team Réseaux relatives à l'indemnisation des préjudices qu'elle aurait subis du fait des fautes du maître de l'ouvrage doivent être rejetées.
En ce qui concerne les préjudices liés à l'ajournement des travaux :
18. Aux termes de l'article 49 du CCAG Travaux : " 49.1 Ajournement des travaux : 49.1.1. L'ajournement des travaux peut être décidé par le représentant du pouvoir adjudicateur. Il est alors procédé, suivant les modalités indiquées à l'article 12, à la constatation des ouvrages et parties d'ouvrages exécutés et des matériaux approvisionnés. / Le titulaire, qui conserve la garde du chantier, a droit à être indemnisé des frais que lui impose cette garde et du préjudice qu'il aura éventuellement subi du fait de l'ajournement. Une indemnité d'attente de reprise des travaux peut être fixée suivant les modalités prévues aux articles 14.3 et 14.4. () ". Selon l'article 12 de ce CCAG : " 12.2. Des constations contradictoires concernant les prestations exécutées ou les circonstances de leur exécution sont faites sur la demande, soit du titulaire, soit du maître d'œuvre. / 12.3. Les constatations contradictoires faites pour la sauvegarde des droits éventuels de l'une ou de l'autre des parties ne préjugent pas l'existence de ces droits ; elles ne peuvent porter sur l'appréciation de responsabilités (). 12.5. Le titulaire est tenu de demander, en temps utile, qu'il soit procédé à des constatations contradictoires pour les prestations qui ne pourraient faire l'objet de constatations ultérieures notamment lorsque les ouvrages doivent se trouver par la suite cachés ou inaccessibles. A défaut et sauf preuve contraire fournie par lui et à ses frais, il n'est pas fondé à contester la décision du maître d'œuvre relative à ces prestations. () ".
19. Par une décision du 2 mars 2018, le chantier a été ajourné du 5 mars au 16 avril 2018. En vertu des stipulations citées au point 18 ci-dessus, le titulaire a droit à l'indemnisation des frais de garde et des autres préjudices subis en lien avec l'ajournement des travaux qui lui a été imposé. Toutefois, si la société requérante a été convoquée à un état des lieux contradictoire le 6 mars 2018, auquel ni le maître de l'ouvrage ni le maître d'œuvre ne s'est rendu, cette seule circonstance ne l'empêchait pas de demander en temps utile au maître de l'ouvrage de procéder à des constatations contradictoires avant le terme de la période d'ajournement. En l'absence de démarche en ce sens effectuée en vue de la sauvegarde de ses droits, la SAS Team Réseaux ne justifie pas de la réalité et du montant des préjudices subis du fait de l'immobilisation de son matériel, évalué à 16 340,75 euros, de l'immobilisation de ses véhicules, évalué à 2 578,27 euros, et de l'immobilisation de son personnel, évalué à 66 945 euros.
20. Par ailleurs, si la société requérante se prévaut d'un préjudice de perte d'exploitation à hauteur de 19 636,50 euros calculé sur la base d'un coefficient de frais généraux de 20,67 % et du chiffre d'affaires perdu sur la période contestée, soit 95 000 euros, elle se borne à produire en ce sens une attestation comptable de la société KPMG qui ne fait état que de ses résultats en baisse pour l'année 2018, sans les attribuer, de surcroît, à l'ajournement des travaux. Par suite, la SAS Team Réseaux ne démontre pas la réalité de sa perte de chiffre d'affaire pendant les quarante-deux jours de la période d'ajournement, ni que cette perte alléguée leur serait imputable. Faute d'établir ainsi la réalité d'un tel préjudice et son lien de causalité avec l'ajournement des travaux, elle n'est donc pas fondée à en demander réparation.
21. Enfin, la SAS Team Réseaux prétend avoir dû recourir à des intérimaires pendant la période d'ajournement. Néanmoins, les journaux de consommation et les factures qu'elle verse à l'instance pour l'établir ne font pas état de l'emploi d'intérimaires pendant cette période. Dès lors, la réalité de ce préjudice n'est pas davantage démontrée. Par conséquent, les demandes indemnitaires de la SAS Team Réseaux relatives à l'ajournement doivent également être rejetées.
En ce qui concerne les pénalités de retard :
22. Le département des Hauts-de-Seine demande, à titre reconventionnel, l'inscription au débit du titulaire de pénalités de retard sur le délai global d'exécution des travaux, pour 43 973,16 euros, dont 11 421,60 euros ont déjà été déduites du règlement de l'acompte n° 11 de juillet 2019, et dans la levée des réserves, pour 212 000 euros.
23. Aux termes de l'article 11.1 du CCAP applicable au marché : Par dérogation à l'article 20.1 du CCAG, en cas de non respect des délais d'exécution du marché prévus à l'article 4.1, le titulaire pourra se voir appliquer des pénalités dont le montant est fixé par jour calendaire de retard à : - délai global d'exécution du marché : 1/2000ème du montant du marché, avec un minimum de 500 euros ; () En ce qui concerne les autres délais prévus au marché et le non-respect des demandes assorties d'un délai émanant du maître d'ouvrage, du maître d'œuvre, du contrôleur technique ou du coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé, les pénalités encourues par jour de calendaire de retard sont les suivantes : () - levée global des réserves par rapport au délai dont elles ont été assorties dans le procès-verbal de réception des ouvrages : 500 euros () ".
24. Il est constant que la réception avec réserves des travaux est intervenue le 26 juillet 2019, soit soixante-dix-sept jours calendaires après le terme du délai contractuel, fixé, par l'ordre de service n° 15, au 10 mai 2019. Il résulte ainsi de l'instruction que certains travaux n'étaient pas achevés à l'issue du délai global d'exécution, à l'instar de la mise en place des équipements terminaux aux niveaux R-4 et R-3, de la mise en service des autocontrôles pour le contrôle d'accès et des horloges et sonneries, des éclairages extérieurs, du raccordement des stores extérieurs et intérieurs et de la pose et de la mise en service autocom. Si la SAS Team Réseaux fait valoir qu'elle était dépendante de l'avancement des travaux des autres corps d'état et que le retard ne lui était pas imputable, elle se borne à verser aux débats un constat d'huissier non contradictoire du 9 mai 2019, peu circonstancié et pas suffisamment catégorique sur l'impossibilité, pour le titulaire, de réaliser les travaux dans les délais. En tout état de cause, ce constat est silencieux sur certains travaux non exécutés, comme les contrôles d'accès. Dans ces conditions, la société requérante ne démontre pas, en tout état de cause, qu'elle n'aurait aucune responsabilité dans les retards pour l'ensemble des prestations qui ont été réalisées après l'expiration du délai contractuel. Dès lors, il y a lieu, en application des stipulations précitées de l'article 11.1 du CCAP, de mettre à son débit la somme de 43 973,16 euros pour sanctionner le retard sur le délai global d'exécution.
25. En revanche, il résulte de l'instruction que, si le formulaire " EXE 6 " du procès-verbal de réception liste, en annexe, les réserves qui doivent être levées, il ne précise pas dans quel délai. A cet égard, si le département produit une annexe fixant des dates limites d'exécution post-réception, ce document, qui n'aurait de surcroît jamais été communiqué, est une annexe au formulaire " EXE 5 " relatif aux propositions du maître d'œuvre. Par suite, les délais qui y sont mentionnés ne revêtent aucun caractère contractuel. Dès lors, en l'absence de tout délai impératif fixé dans la décision de réception, le département des Hauts-de-Seine n'est pas fondé à demander l'application des pénalités forfaitaires de levée des réserves. Il n'y a donc pas lieu d'inscrire au débit de la société requérante la somme de 212 000 au titre de ces pénalités.
En ce qui concerne la révision des prix :
26. La SAS Team Réseaux soutient que la somme de 49 328,84 euros HT lui est due, au titre de l'application de la formule de révision des prix. Le département fait valoir en défense que la révision des prix due ne saurait excéder 46 327,80 euros HT.
27. Selon l'article 8.1 du CCAP applicable au marché : " Les prix du marché sont réputés établis sur la base des conditions économiques du mois de la date limite de réception des offres, ce mois est appelé " mois zéro ". ". Aux termes de son article 8.2 : " Les prix sont révisables mensuellement, par application au prix d'un marché d'un coefficient Cn donné par la formule suivante : Cn = 0,15 + 0,85 * (lm/lo). Où : - lm est la valeur de l'indice de référence au mois de réalisation des travaux, - lo est la valeur de l'indice de référence au " mois zéro " défini à l'article 8.1. / Les indices de références applicables pour les révisions de prix sont les suivants : () 5 - Electricité courants forts et faibles : BT47 () ". L'article 11 du CCAP stipule que : " () Le recouvrement des retenues sera effectué par précompte sur le montant du décompte des travaux du mois de constatation du manquement. () ". Selon son article 13.2.1 : " Une avance est accordée au titulaire () en une seule fois (). / Le montant de l'avance est fixé à 5,00 % d'une somme égale à douze fois le montant initial, toutes taxes comprises, du marché divisé par le délai global d'exécution des travaux exprimé en mois. / () Le montant de l'avance ne peut être affecté par la mise en œuvre d'une clause de variation de prix. / Le remboursement de l'avance commence lorsque le montant des prestations exécutées par le titulaire atteint ou dépasse 65,00 % du montant initial du marché. Il doit être terminé lorsque ledit montant atteint 80,00 % du montant initial, toutes taxes comprises, du marché. / Ce remboursement s'effectue par précompte sur les sommes dues ultérieurement au titulaire à titre d'acompte ou de solde. ".
28. Il résulte de ces stipulations que les prix sont révisés mensuellement sur la base des acomptes mensuels versés au titulaire sur demande de paiement.
29. En premier lieu, la SAS Team Réseaux n'est pas fondée à demander l'application de la formule de révision des prix pour les travaux supplémentaires liés au devis n° 20163 dont il n'est pas démontré, ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent jugement, qu'ils ont été réalisés, ni, en tout état de cause, qu'ils ont été acceptés par le maître de l'ouvrage ou qu'ils étaient nécessaires à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art.
30. En deuxième lieu, elle n'est pas davantage fondée à soutenir, pour la majoration de la révision des prix, que le pouvoir adjudicateur ne pouvait régulièrement déduire du règlement de l'acompte n° 11, émis en juillet 2019, la somme de 11 421,60 euros au titre de pénalités de retard dès lors, d'une part, que ces pénalités sont justifiées, comme exposé ci-dessus, et, d'autre part, que les stipulations précitées de l'article 11 du CCAP permettent au département d'imputer les pénalités du mois du manquement sur les acomptes versés au titulaire et de réduire, en conséquence, le montant de la révision des prix.
31. En revanche, le département des Hauts-de-Seine ne peut déduire le montant de l'avance sur l'application de la formule de révision des prix, dès lors qu'il résulte de ses propres écritures que cette avance a été intégralement remboursée à 86 % de l'exécution des travaux. En outre, il résulte de l'instruction que le marché confié à la SAS Team Réseaux avait été exécuté à 94,99 % au mois de juillet 2019. Le titulaire avait donc droit à la perception d'un supplément de révision des prix pour les prestations qu'il restait à exécuter après cette date. Néanmoins, il résulte de l'instruction que la société requérante n'a effectué aucune demande de paiement mensuelle entre août 2019 et la levée des réserves en octobre 2020, rendant ainsi impossible le calcul de la révision mensuelle des prix. Par suite, faute d'avoir accompli ces diligences pour la sauvegarde de ses droits à révision des prix, la SAS Team Réseaux n'est pas fondée à demander un supplément de prix révisé pour les prestations exécutées après le mois de juillet 2019.
En ce qui concerne le solde du décompte général et définitif :
32. En premier lieu, il est constant que la somme de 1 417 133,20 euros TTC, correspondant au montant du marché initial et des avenants n°s 2 et 3, doit être inscrite à l'actif du décompte général et définitif. Les " retenues diverses " appliquées à la SAS Team Réseaux pour un montant de 4 750 euros ne sont pas davantage contestées. Cette somme doit être inscrite au passif du décompte général et définitif.
33. En deuxième lieu, il est constant que la somme de 1 341 013,46 euros TTC a déjà été réglée par le département.
34. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que l'ensemble des réclamations de la SAS Team Réseaux ont été rejetées. En outre, si le département des Hauts-de-Seine est fondé à demander à ce que la somme de 43 973,16 euros soit inscrite au passif du décompte général et définitif, ne peut, en revanche, être inscrite au débit du titulaire la somme de 212 000 euros. Par suite, en tenant compte du montant du marché, des sommes déjà réglées, et des pénalités et retenues inscrites au débit du titulaire, il y a lieu d'établir le solde du décompte général et définitif à la somme de 25 396,58 euros TTC au crédit de la SAS Team Réseaux.
En ce qui concerne les intérêts moratoires sur le solde du décompte général et définitif et leur capitalisation :
35. Aux termes de l'article 1er du décret du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique, applicable au marché en litige : " Le délai de paiement () est fixé à : 1° Trente jours pour : () b) Les collectivités territoriales et les établissements publics locaux ; () ". Son article 2 dispose que : " I. - Le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur (). Toutefois : () 2° Pour le paiement du solde des marchés de travaux soumis au code des marchés publics, le délai de paiement court à compter de la date de réception par le maître de l'ouvrage du décompte général et définitif établi dans les conditions fixées par le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux. (). ". Selon son article 8 : " I. - Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. / Les intérêts moratoires courent à compter du jour suivant l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse. / Les intérêts moratoires appliqués aux acomptes ou au solde sont calculés sur le montant total de l'acompte ou du solde toutes taxes comprises, diminué de la retenue de garantie, et après application des clauses d'actualisation, de révision et de pénalisation. ".
36. Pour l'application de l'article 2 du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013, lorsqu'un décompte général fait l'objet d'une réclamation par le cocontractant, le délai de paiement du solde doit être regardé comme ne commençant à courir qu'à compter de la réception de cette réclamation par le maître de l'ouvrage. En outre, lorsqu'une mise en demeure d'établir le décompte général et définitif est adressée par l'entreprise au maître de l'ouvrage, elle doit être regardée comme une réclamation pour l'application de ces dispositions. En un tel cas, le délai de paiement du solde commence à courir à compter de la réception de cette mise en demeure par le maître d'ouvrage.
37. Ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, la SAS Team Réseaux a adressé au département des Hauts-de-Seine, pouvoir adjudicateur, une mise en demeure d'établir le décompte général, réceptionnée le 24 décembre 2019. Par suite, le délai de paiement du solde mentionné ci-dessus a commencé à courir le 24 décembre 2019 et les intérêts moratoires à compter du 24 janvier 2020.
38. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 31 mars 2020. Il y a donc lieu de faire droit à cette demande à compter du 24 janvier 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions indemnitaires et le surplus des conclusions reconventionnelles :
39. Il résulte de ce qui précède que la SAS Team Réseaux est fondée à demander la condamnation du département des Hauts-de-Seine à lui verser la somme de 25 396,58 euros. Cette condamnation sera assortie des intérêts moratoires et de la capitalisation de ces intérêts dans les conditions définies aux points 37 et 38 du présent jugement.
40. Les conclusions reconventionnelles présentées par le département des Hauts-de-Seine sont rejetées, pour le surplus.
Sur les frais liés au litige :
41. Le département des Hauts-de-Seine, partie perdante de la présente instance, n'est pas fondé à demander à ce qu'une somme soit mise à la charge de la SAS Team Réseaux au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a en revanche lieu de mettre à sa charge la somme de 2 000 euros sur ce même fondement.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1 : Le solde du marché, restant à régler par le département des Hauts-de-Seine à la SAS Team Réseaux, est fixé à la somme de 25 396,58 euros toutes taxes comprises, augmentée des intérêts calculés selon les modalités indiquées aux points 37 et 38 du présent jugement. Les intérêts échus à la date du 24 janvier 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le département des Hauts-de-Seine versera à la SAS Team Réseaux la somme de 25 396,58 euros toutes taxes comprises, majorée des intérêts moratoires et de leur capitalisation dans les conditions définies à l'article 1er du dispositif.
Article 3 : Le département des Hauts-de-Seine versera à la SAS Team Réseaux la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiées Team Réseaux et au département des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente,
Mme A et M. Sitbon, conseillers,
Assistés de Mme Ricaud, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. Sitbon
La présidente,
Signé
C. OriolLa greffière,
Signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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