mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2003958 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ZAMOUR ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 9 avril 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal de Cergy-Pontoise la requête de M. et Mme A B enregistrée le 26 février 2020.
Par cette requête et un mémoire enregistré le 4 août 2020, M. et Mme A B, représentés par Me Zamour et Me Goldman, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- alors que les rappels contestés, opérés sur le fondement de l'article 111-c du code général des impôts, procèdent du contrôle de la SELARL B, dont M. B est gérant et associé, la proposition de rectification du 21 juillet 2017 adressée à cette société est insuffisamment motivée, en ce qu'elle n'expose pas précisément les modalités de reconstitution du chiffre d'affaires et ne détaillent pas les omissions de recettes qui ont été regardées comme des revenus distribués ;
- la proposition de rectification qui leur a été adressée est également insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne permet pas d'identifier les sommes encaissées sur le compte bancaire HSBC ; à cet égard, l'administration ne saurait se prévaloir de l'attestation aux termes de laquelle M. B reconnaît avoir encaissé sur ce compte des chèques correspondant à des honoraires perçus dans le cadre de son activité médicale dès lors qu'elle a été obtenue sous la contrainte et n'apporte aucune précision sur les encaissements litigieux.
- alors qu'ils ont demandé le 19 septembre 2017, dans leurs observations à la proposition de rectification qui leur avait été adressée, les pièces sur lesquelles le service vérificateur avait fondé ses rehaussements, ils n'ont reçu ces documents que le 20 février 2018, soit cinq mois après leur demande.
Par des mémoires en défense enregistrés les 4 mai 2020 et 9 février 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huon, président-rapporteur,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A B ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle portant les années 2014 et 2015. A l'issue de ce contrôle et aux termes d'une proposition de rectification du 21 juillet 2017, le service, au vu des éléments recueillis par l'exercice de son droit de communication et des déclarations de M. B, a relevé que l'intéressé avait directement encaissé sur son compte personnel ouvert à la banque HSBC, des sommes s'élevant à 175 540 euros en 2014 et 130 668 euros en 2015 et correspondant à des recettes afférentes à l'activité de la SELARL B, dont il était gérant et associé unique, que la société n'avait ni comptabilisées ni soumises à l'impôt sur les sociétés. L'administration a, sur le fondement du c. de l'article 111 du code général des impôts, rapporté ces sommes au revenu imposable de M. et Mme B des années en cause dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Les suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales en résultant, assortis de la majoration de 40 % pour manquement délibéré, ont été mis en recouvrement le 31 janvier 2019. A la suite du rejet de leur réclamation, les époux B demandent la décharge des impositions et pénalités qui leur ont ainsi été assignées.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une notification de redressement doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile ; en revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
3. D'une part, les moyens contestant la régularité de la procédure d'imposition suivie à l'encontre d'une société soumise au régime d'imposition des sociétés de capitaux sont inopérants au regard des impositions mises à la charge de l'un de ses associés ou gérants. Par suite, la circonstance que la proposition de rectification adressée à la SELARL B aurait été insuffisamment motivée est sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition suivie à l'encontre de M. et Mme B, d'autant que les rehaussements assignés à ces derniers ne procèdent pas de la vérification de comptabilité de la société mais des constatations opérées lors de l'examen de leur situation fiscale personnelle.
4. D'autre part, la proposition de rectification adressée le 21 juillet 2017 aux requérants mentionne les motifs de droit et de fait pour lesquels le vérificateur a estimé qu'à hauteur de 175 540 euros en 2014 et 130 668 euros, les sommes portées au crédit du compte HSBC de M. B devaient être regardées comme correspondant à des honoraires versés par les patients en rémunération de l'activité de stomatologue exercé par l'intéressé au sein de la SELARL B. Les annexes 3 et 4 de ce document détaillent par date d'encaissement le nombre de chèques concernés ainsi que le montant crédité sur le compte en cause, dont, par ailleurs, il n'est pas contesté que les relevés ont été examinés contradictoirement durant le contrôle. Contrairement à ce qui est soutenu, l'administration a ainsi donné aux contribuables les informations leur permettant d'identifier aisément les sommes en litige et, par suite, de discuter utilement du rehaussement proposé, tant dans son principe que dans son montant. Dans ces conditions, la proposition de rectification du 21 juillet 2017 est suffisamment motivée au regard des exigences posées par l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, peu importe à cet égard le contenu et les conditions d'établissement de l'attestation rédigée le 27 mars 2017 par M. B.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ".
6. Alors que l'administration n'était pas tenue de joindre spontanément à la proposition de rectification du 21 juillet 2017 la copie des documents bancaires obtenus par l'exercice de son droit de communication et dont elle a précisé la teneur et l'origine, il est constant qu'à la suite de la demande formulée en ce sens dans la réponse à cette proposition de rectification, elle a transmis ces documents à M. et Mme B le 20 février 2018, soit avant la mise en recouvrement des impositions contestées, laquelle est intervenue le 31 janvier 2019. Les requérants ne sont donc pas fondés à invoquer une méconnaissance par l'administration des obligations découlant des dispositions précitées de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Huon, président ;
- M. Viain, premier conseiller ;
- M. Dupin, conseiller ;
assistés de Mme Tainsa, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
L'assesseur le plus ancien,
signé
T. Viain
Le président,
signé
C. Huon
La greffière,
signé
A. Tainsa
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2003958
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026