mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2004040 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LAFONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 avril et 16 septembre 2020, M. A B, représenté par Me Lafont, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de prononcer la décharge de la pénalité de recouvrement qui lui a été appliquée, sur le fondement de l'article 1730 du code général des impôts, par la mise en demeure de payer du 6 mars 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- les impositions mises en recouvrement le 31 décembre 2017 incluaient des sommes résultant de l'imposition de revenus ayant déjà été taxés au titre des impositions primitives, dont il s'était déjà acquitté, de telle sorte qu'il a été placé sous le coup d'une double obligation fiscale ;
- les pénalités de 10% ont été appliquées à l'ensemble des impositions supplémentaires, y compris aux sommes résultant de l'imposition de revenus ayant déjà été taxés au titre des impositions primitives, alors même que ces revenus avaient été régulièrement déclarés, et qu'elles ont fait l'objet d'un dégrèvement partiel.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Barraud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite de l'examen de la situation fiscale personnelle de M. B, l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification datée du 4 juillet 2016, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux, au titre de l'année 2013, assorties des pénalités correspondantes, pour un montant de 378 381 euros. Suite aux observations du contribuable, le montant de la dette fiscale de M. B a été fixée à 346 068 euros. L'administration fiscale a mis en recouvrement la somme de 340 671 euros, le 31 décembre 2017, et adressé à M. B une mise en demeure de payer le 6 mars 2018, assortissant ces impositions d'une pénalité de recouvrement de 10%. Par deux courriers du 24 avril 2018, l'administration fiscale a informé le contribuable du dégrèvement de ces impositions, à hauteur des impositions primitives qu'il avait acquittées avec son ex-épouse au titre de l'année 2013. Suite à la réclamation du 3 juillet 2018, par laquelle M. B a demandé le dégrèvement de l'intégralité des impositions supplémentaires mise en recouvrement le 31 décembre 2017, qui a fait l'objet d'une acceptation partielle, l'administration fiscale a procédé au dégrèvement de la somme de 132 796 euros. Par une réclamation contentieuse du 20 décembre 2019, portant également sur les pénalités de mise en recouvrement, rejetée par l'administration fiscale le 6 février 2020, le contribuable a demandé le dégrèvement des impositions supplémentaires restant en litige. Par cette requête, M. B demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013 et des pénalités correspondantes, ainsi que des pénalités de mise en recouvrement qui lui ont appliquées, pour un montant total de 186 187 euros.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Lorsqu'elle taxe, au titre d'une imposition supplémentaire, des revenus ayant déjà fait l'objet d'une taxation au titre d'une imposition primitive, l'administration fiscale, exposant ainsi le contribuable à une double imposition, doit être regardée comme commettant une erreur dans la détermination de l'assiette des impositions supplémentaires. Une telle erreur, qui se rattache au bien-fondé de l'imposition, implique seulement, si la double imposition persiste à la date à laquelle il statue, que le juge de l'impôt prononce la réduction des impositions supplémentaires à hauteur de la somme résultant de la double imposition de ces revenus.
3. S'il est constant que l'administration fiscale a mis en recouvrement, le 31 décembre 2017, des impositions résultant de la taxation de revenus qui avaient déjà fait l'objet d'une imposition primitive et dont M. B s'était acquitté, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a, par deux avis du 20 avril 2018, procédé au dégrèvement de ces sommes, à hauteur des impositions primitives que le contribuable avait acquittées avec son ex-épouse au titre de l'année 2013. Dès lors, M. B, qui ne fait plus l'objet d'une double imposition, n'est pas fondé à demander la décharge des impositions en litige.
4. Aux termes de l'article 1730 du code général des impôts : " 1. Donne lieu à l'application d'une majoration de 10 % tout retard dans le paiement des sommes dues au titre de l'impôt sur le revenu, des contributions sociales recouvrées comme en matière d'impôt sur le revenu, de la taxe d'habitation, des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties, des impositions recouvrées comme les impositions précitées et de l'impôt sur la fortune immobilière. / 2. La majoration prévue au 1 s'applique : / a. Aux sommes comprises dans un rôle ou mentionnées sur un avis de mise en recouvrement qui n'ont pas été acquittées dans les quarante-cinq jours suivant la date de mise en recouvrement du rôle ou de la notification de l'avis de mise en recouvrement () ".
5. Il résulte de l'instruction que par une mise en demeure de payer du 6 mars 2018, l'administration a assorti les impositions supplémentaires mises à la charge de M. B, par l'avis d'imposition du 31 décembre 2017, d'une pénalité de recouvrement de 10%, sur le fondement de l'article 1730 du code général des impôts, appliquée à l'intégralité des sommes mises en recouvrement. Toutefois, par deux avis du 20 avril 2018, l'administration a procédé au dégrèvement des impositions mises en recouvrement le 31 décembre 2017, à hauteur d'une somme de 80 523 euros. Par suite, M. B est fondé à demander la décharge de la pénalité de recouvrement de 10% qui avait été appliquée à cette somme de 80 523 euros.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander la décharge de la pénalité de recouvrement mise à sa charge par la mise en demeure de payer du 6 mars 2018 à proportion des sommes ayant été dégrevées le 20 avril 2018.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé de la pénalité de recouvrement mise à sa charge par la mise en demeure de payer du 6 mars 2018 à proportion des sommes ayant été dégrevées le 20 avril 2018.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, et au directeur départemental par intérim des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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