LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2004099

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2004099

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2004099
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantESSONO NGUEMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés le 16 avril 2020, le 17 août 2020 et le 14 octobre 2022, Mme B C, représentée par Me Essono Nguema, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les trois titres exécutoires émis par le conseil départemental des Hauts-de-Seine à son encontre le 13 février 2020 pour des indus de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant total de 10 118,98 euros ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer ces sommes ;

3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise gracieuse de sa dette ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sur la prescription de l'action en paiement du RSA, il est attesté par un psychiatre-psychanalyste, dès octobre 2016 qu'elle présente un état dépressif depuis le mois de novembre 2015 qui a eu des conséquences sur ses capacités de travail, de relations sociales et dans la gestion de ses affaires privées ; son état de santé défaillant a affecté ses facultés de sorte qu'elle a commis des erreurs dans ses déclarations qui ne relèvent pas de la mauvaise foi ou d'une intention frauduleuse et qu'elle est alors fondée à soutenir que les créances de RSA dont le paiement lui est réclamé par l'avis des sommes à payer étaient toutes prescrites dès lors qu'elles sont nées antérieurement au 1er févier 2018 ;

- sur la remise gracieuse de la dette de RSA, ses revenus sont modestes, disposant d'une retraite mensuelle d'un montant de 929 euros et devant s'acquitter d'un loyer mensuel d'un montant de 600 euros ; sa précarité et ses problèmes de santé justifient une remise gracieuse de sa dette de RSA.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 avril 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- l'ordonnance n° 1907966 du président de la 10ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 3 septembre 2019 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Poyet, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Poyet, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a été bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA) depuis 2015. Il a été constaté par la CAF des Hauts-de-Seine que l'intéressée percevait une pension de retraite versée par l'institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités publiques (Ircantec) au titre d'une retraite complémentaire à hauteur de 305,52 euros par an, depuis le 1er septembre 2015, une allocation mensuelle d'un montant de 637,75 euros versée par la Caisse nationale de l'assurance vieillesse pour l'année 2018, une allocation mensuelle d'un montant de 632,69 euros versée par la Caisse nationale de l'assurance vieillesse pour la période de septembre 2016 à juillet 2017 et une allocation de retraite mensuelle du régime de retraite de l'ARRCO, depuis le 1er septembre 2015, à hauteur variant entre 266,37 euros et 267,98 euros nets. La régularisation de sa situation, au-delà de la prescription biennale dès lors que les omissions déclaratives de Mme C ont été considérées frauduleuses, a entraîné un indu de RSA d'un montant total de 10 118,98 euros pour la période de décembre 2015 à avril 2017. Trois titres de recette ont été émis, le 13 février 2020, d'un montant de 4 730,77 euros au titre d'un indu de RSA pour la période de décembre 2015 à octobre 2016, d'un montant de 2 562,51 euros au titre d'un indu de RSA pour la période de décembre 2015 à octobre 2016 et d'un montant de 2 825,70 euros au titre d'un indu de RSA pour la période de novembre 2016 à avril 2017, pour le recouvrement de cette créance du département des Hauts-de-Seine dont Mme C demande l'annulation ainsi que la décharge de l'obligation de payer ces sommes. Mme C a ensuite formé un recours administratif par lequel elle contestait cette régularisation. Sa demande tendant à la remise gracieuse de sa dette a été rejetée par une décision du département des Hauts-de-Seine du 26 juin 2020. Par la présente requête, Mme C demandant également une remise gracieuse de l'indu de revenu de solidarité active qui lui est réclamé.

Sur les conclusions dirigées contre les trois décisions du 13 février 2020 :

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, de prime d'activité, de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. /Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active. ". Il résulte de ces dispositions que toutes les ressources des personnes composant le foyer sont prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active. Aucune autre disposition du code de l'action sociale et des familles, notamment celles de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles ne prévoit que les pensions de retraite du régime général ou les pensions de retraite complémentaire ne seraient pas prises en compte pour le calcul des droits au revenu de solidarité active. Aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose ainsi que sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence. Cette obligation a notamment pour objet de permettre la mise en œuvre d'un accompagnement social et professionnel adapté à ses besoins, ainsi que l'exercice des contrôles relatifs à cette allocation par l'organisme chargé de son versement, pouvant porter notamment sur la composition de son foyer.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la CAF des Hauts-de-Seine a constaté que Mme C percevait une pension de retraite versée par l'institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités publiques (Ircantec) au titre d'une retraite complémentaire à hauteur de 305,52 euros par an, depuis le 1er septembre 2015, une allocation mensuelle d'un montant de 637,75 euros versée par la Caisse nationale de l'assurance vieillesse pour l'année 2018, une allocation mensuelle d'un montant de 632,69 euros versée par la Caisse nationale de l'assurance vieillesse pour la période de septembre 2016 à juillet 2017 et une allocation de retraite mensuelle du régime de retraite de l'ARRCO, depuis le 1er septembre 2015, à hauteur variant entre 266,37 euros et 267,98 euros nets. Il est constant que Mme C, qui bénéficiait du RSA, n'a pas déclaré les pensions de retraite complémentaire et allocations mensuelles versées par la Caisse nationale de l'assurance vieillesse en cause sur ses déclarations trimestrielles de ressources. Au demeurant, l'état dépressif de la requérante n'est pas suffisant pour faire regarder sa mauvaise foi ou son intention frauduleuse comme de simples erreurs dans ses déclarations. Dans ces conditions, c'est par une exacte application des dispositions précitées que le département des Hauts-de-Seine a pu mettre à la charge de Mme C l'indu en litige et considérer que l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

5. Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. () "

6. L'absence de déclarations par Mme C relatives à la réalité de ses ressources fait obstacle à ce que sa bonne foi puisse être admise, alors qu'elle bénéficiait du RSA depuis 2015 et que les formulaires de déclaration trimestrielle rappellent clairement à l'allocataire l'obligation de déclarer l'ensemble des ressources et que Mme C a signé ces déclarations en attestant sur l'honneur l'exactitude de sa déclaration. Dans ces conditions, en dépit de l'attestation d'un psychiatre-psychanalyste du 20 octobre 2016, le département des Hauts-de-Seine a pu lever la prescription biennale prévue par les dispositions précitées, qui ne trouve pas à s'appliquer en cas de fraude ou de fausse déclaration.

Sur la demande subsidiaire de remise gracieuse :

7. Aux termes de l'article L. 262-46 du même code : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

8. Ainsi qu'il a été dit au point 4, Mme C ne peut se prévaloir de sa bonne foi, en dépit de l'attestation d'un psychiatre-psychanalyste du 20 octobre 2016. Dès lors, les dispositions précitées font obstacle à ce qu'elle puisse bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette en raison de sa situation de précarité.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme C doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer l'indu et celles tendant au bénéfice de frais de procès.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine et au département des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

signé

M. ALa greffière,

signé

S. Lefebvre

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions