mardi 12 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2004386 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BENDJEBBAR - LOPES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 mai 2020 et le 11 février 2022, M. A B, représenté par Me Lopes, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune d'Issy-les-Moulineaux à lui verser la somme de 90 000 euros en réparation des préjudices résultant de la faute commise en omettant de l'affilier à la Caisse nationale de l'assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAV) et à l'Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'état et des collectivités (IRCANTEC) pendant sa période d'emploi ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commune d'Issy-les-Moulineaux a commis une faute en s'abstenant de l'affilier à la CNAV et à l'IRCANTEC et de verser les cotisations salariales et patronales afférentes pour au cours de sa période d'emploi du 1er octobre 1986 au 31 décembre 2004 ;
- il a subi de ce fait un préjudice d'un montant égal à la somme des cotisations sociales non versées au cours de sa période d'emploi du 1er octobre 1986 au 31 décembre 2004 d'une part, et du moins perçu de pensions de retraites entre le 1er décembre 2015, date de liquidation de ses droits à la retraite, et la date de versement de cette indemnité lui permettant la régularisation de ses cotisations auprès des organismes de retraite, d'autre part.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2021, la commune d'Issy-les-Moulineaux, représentée par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête et à ce que qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et que :
- que la juridiction administrative est incompétente pour connaître du litige ;
- la requête est mal dirigée ;
- M. B n'établit pas avoir subi un préjudice réel et certain ni qu'elle aurait refusé de régulariser sa situation auprès des organismes de retraite ;
- à titre subsidiaire, M. B n'a pas droit à être indemnisé du montant des cotisations non versées à la CNAV ni du montant des cotisations salariales non versées à l'IRCANTEC et le montant qu'il demande au titre du moins perçu de pension de retraite doit être ramené à de plus justes proportions.
La requête a été communiquée à l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest, qui n'a pas produit d'observations.
Par ordonnance du 14 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Moinecourt, rapporteure
- les conclusions de M. Goupillier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Magnaval, représentant la commune d'Issy-les-Moulineaux.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, fonctionnaire titulaire de l'Etat entre le 1er février 1973 et le
31 octobre 2005, a été employé entre le 1er octobre 1986 et le 31 décembre 2004 par la commune d'Issy-les-Moulineaux sur un emploi de professeur de musique. Il a ensuite été transféré, à compter du 1er janvier 2005, dans les effectifs de la communauté d'agglomération Arc de Seine, devenue compétente en matière d'enseignement de la musique, de la danse et de l'art dramatique, à laquelle ont succédé la communauté d'agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO) au 1er janvier 2010, puis l'établissement public territorial du même nom au
1er janvier 2016. Ayant fait valoir ses droits à la retraite au titre de son activité de professeur de musique à compter du 1er novembre 2015, M. B demande la condamnation de la commune d'Issy-les-Moulineaux à réparer le préjudice né de la faute qu'elle a commise en s'abstenant l'affilier aux régimes obligatoire et complémentaire de sécurité sociale.
Sur l'exception d'incompétence soulevée en défense :
2. Aux termes des articles L. 142-1 à L. 142-3 du code de la sécurité sociale attribuent compétence au tribunal des affaires de sécurité sociale pour connaître des " litiges relevant du contentieux général de la sécurité sociale ". En ce qui concerne les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des collectivités publiques, le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
3. En l'espèce, les conclusions de M. B tendant à la condamnation de la commune d'Issy-les-Moulineaux à lui verser une indemnité équivalente aux cotisations qu'elle aurait dû lui verser au cours de la période d'emploi et une indemnité égale au moins perçu de pensions de retraite ne sont pas directement fondées sur les droits que l'intéressé estime tenir de sa qualité d'assuré social, mais sur les carences fautives de la commune susceptibles de l'exposer à verser des sommes en lieu et place de la commune pour percevoir une pension en rapport avec l'activité exercée en son sein, et pour compenser la minoration de sa pension à raison desdites carences. Un tel litige relève par nature de la compétence des juridictions de l'ordre administratif. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée par la commune d'Issy-les-Moulineaux, qui doit s'analyser comme une exception d'incompétence du tribunal administratif pour connaître de ce litige, doit être écartée.
Sur la responsabilité de la commune d'Issy-les-Moulineaux :
4. L'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction issue de la loi n°2010-1563 du 16 décembre 2010, dispose que " () III. - Le transfert des compétences entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article
L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5. () ". Le transfert de compétences non obligatoires d'une commune vers un établissement public de coopération intercommunale est prévu par les dispositions de l'article
L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales aux termes duquel : " Les communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale peuvent à tout moment transférer, en tout ou partie, à ce dernier, certaines de leurs compétences dont le transfert n'est pas prévu par la loi ou par la décision institutive ainsi que les biens, équipements ou services publics nécessaires à leur exercice. / Ces transferts sont décidés par délibérations concordantes de l'organe délibérant et des conseils municipaux se prononçant dans les conditions de majorité requise pour la création de l'établissement public de coopération intercommunale. () / Pour les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre additionnelle, la délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale visée à l'alinéa précédent définit, le coût des dépenses liées aux compétences transférées ainsi que les taux représentatifs de ce coût pour l'établissement public de coopération intercommunale et chacune de ses communes membres dans les conditions prévues au 3 du 3° du B du III de l'article 85 de la loi n° 2005-1719 du 30 décembre 2005 de finances pour 2006 (1). / Le transfert de compétences est prononcé par arrêté du ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements intéressés. / Il entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles
L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5. / () L'établissement public de coopération intercommunale est substitué de plein droit, à la date du transfert de compétences, aux communes qui le composent dans toutes leurs délibérations et tous leurs actes. () ". Le transfert des personnels de la commune vers l'établissement public de coopération intercommunale est encadré par l'article L. 5211-4-1 du même code qui prévoit que : " I.- Le transfert de compétences d'une commune à un établissement public de coopération intercommunale entraîne le transfert du service ou de la partie de service chargé de sa mise en œuvre. () / Les fonctionnaires territoriaux et agents territoriaux non titulaires qui remplissent en totalité leurs fonctions dans un service ou une partie de service transféré en application de l'alinéa précédent sont transférés dans l'établissement public de coopération intercommunale. Ils relèvent de cet établissement dans les conditions de statut et d'emploi qui sont les leurs. / Les modalités du transfert prévu aux alinéas précédents font l'objet d'une décision conjointe de la commune et de l'établissement public de coopération intercommunale, prise respectivement après avis du comité technique compétent pour la commune et, s'il existe, du comité technique compétent pour l'établissement public. ".
5. Il résulte de ces dispositions que le transfert de compétence et des personnels y afférents s'accompagne d'un transfert de responsabilité, à la communauté d'agglomération, des actes accomplis par la commune ou de ses manquements en sa qualité d'employeur.
6. En l'espèce, M. B, qui était agent de la commune d'Issy-les-Moulineaux affecté au conservatoire, a été transféré à compter du 1er janvier 2005 à la communauté d'agglomération Arc de Seine devenue communauté d'agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO) le 1er janvier 2010, puis l'établissement public territorial du même nom au
1er janvier 2016. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'indemnisation du préjudice financier résultant du défaut d'affiliation à la caisse nationale d'assurance vieillesse pour la période du 1er octobre 1986 au 31 décembre 2004 qui est imputable à la carence éventuelle de la commune d'Issy-les-Moulineaux a été transféré le 1er janvier 2016 à l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest. Dans ces conditions, les conclusions de M. B dirigées contre la commune d'Issy-les-Moulineaux doivent être rejetées comme étant mal dirigées.
Sur les frais liés au litige
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas davantage lieu de mettre une somme à la charge de M. B, en application des dispositions précitées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Issy-les-Moulineaux présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune d'Issy-les-Moulineaux et à l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest.
Délibéré après l'audience du 29 août 2023, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
Mme Fléjou, première conseillère,
Et Mme Moinecourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Moinecourt
Le président,
signé
L. BuissonLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026