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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2004762

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2004762

mercredi 29 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2004762
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantSELARL LAETITIA JOUATTE AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mai 2020, M. A D, représenté par Me Jouatte, demande au tribunal la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012, 2013 et 2014.

Il soutient que :

- les revenus distribués de la SARL GT CORP en 2012 et imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, n'ont pas été appréhendés par lui ;

- il n'est pas le maître de l'affaire de la société Data New Solutions dont il n'a pas appréhendé les revenus distribués au titre des années 2012, 2013 et 2014 et imposés dans la catégorie de revenus de capitaux mobiliers ;

- il n'a pas disposé du revenu distribué par la SARL Odell Info en 2012 et imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers ;

-il a cédé ses parts de la SARL Global Trade Service le 31 décembre 2014 et ne dispose plus des informations permettant d'établir qu'il n'a pas appréhendé les revenus distribués par cette SARL ;

- il a bénéficié d'un prêt de la part de M. E en 2012 ;

-il n'a pas appréhendé les revenus distribués imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux et en provenance de la SARL GT Corp en 2012 et 2013 ;

- l'imposition, dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, de ses gains de jeux de 2013 et 2014, d'un prêt qui lui a été accordé en 2012 et 2013, des produits de ses ventes sur le bon coin en 2012 et 2013, des montants versés sur son compte par sa grand-mère qui réside en Russie et d'une somme correspondant à sa rémunération par la société Transpace, n'est pas fondée ;

- la majoration de 40% n'est pas fondée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,

- les conclusions de M. Bories, rapporteur public ;

- et les observations de M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle à l'issue de laquelle par une proposition de rectification du 21 décembre 2015 et deux propositions de rectification du 30 mai 2016, des rehaussements à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux ont été notifiés au titre des années 2012, 2013 et 2014. Le requérant dont la réclamation du 28 février 2017 a été rejetée le 27 mars 2020, demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de contributions sociales et des majorations et intérêts de retard mis à sa charge au titre des années 2012, 2013 et 2014.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne les revenus de capitaux mobiliers

2. En premier lieu, aux termes de l'article 111 bis du code général des impôts " Lorsqu'une personne morale soumise à l'impôt sur les sociétés cesse d'y être assujettie, ses bénéfices et réserves, capitalisés ou non, sont réputés distribués aux associés en proportion de leurs droits ./ Cette disposition est applicable, le cas échéant, au prorata des résultats qui cessent d'être soumis à cet impôt. " Il résulte de ces dispositions que les associés réputés bénéficiaires de la distribution des bénéfices et réserves sont les associés de la société à la date à laquelle celle-ci cesse d'être assujettie à l'impôt sur les sociétés.

3. Il résulte de l'instruction que M. B a cédé à M. D le 2 janvier 2012 la part sociale qu'il détenait dans la société à responsabilité limitée GT CORP soumise à l'impôt sur les sociétés, faisant ainsi de lui l'unique gérant de cette société. En l'absence d'option par M. D pour l'imposition à l'impôt sur les sociétés de la société GT CORP devenue une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, dans les trois mois suivant la réunion des parts sociales dans les mains de son associé unique M. D, cette dernière a cessé d'être assujettie à l'impôt sur les sociétés. Par suite, M. D, associé unique de ladite société est, en application des dispositions précitées de l'article 111 bis du code général des impôts, réputé bénéficiaire de la distribution des bénéfices et réserves de la société GT CORP, peu important à cet égard qu'aucune somme correspondant à la distribution de ce boni n'ait été relevée sur ses relevés bancaires personnels. C'est donc à bon droit que le service l'a imposé, au titre de l'année 2012, à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers à hauteur de 60% du boni de liquidation.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts qui, en vertu de l'article 108, est applicable aux revenus distribués par les personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : - 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; - 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur le bénéfice ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application de l'article 109-1-1°, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés () ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : a) Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. "

5. D'une part, il résulte de ces dispositions que les sommes réintégrées par l'administration dans le résultat imposable d'une société ne peuvent être regardées comme des revenus distribués au sens du 2° du 1 de l'article 109 précité que dans la mesure où elles ont été effectivement appréhendées par leur bénéficiaire. La circonstance que le contribuable que l'administration entend imposer soit le maître de l'affaire est à cet égard sans incidence. En application des dispositions précitées de l'article 111 du code général des impôts, les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus distribués et sont alors imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

6. M. D conteste l'imposition entre ses mains en tant que revenus distribués au titre de l'année 2012, sur le fondement du 2°du 1° de l'article 109 du code général des impôts, les virements de la SARL Data New Solutions perçus par lui durant l'année 2012 pour un montant global de 5 000 euros. Il résulte de l'instruction que ce montant apparaît au crédit de son compte courant d'associé. Il s'ensuit que M. D, qui n'apporte aucun élément de nature à justifier la nature de cette somme, en a eu la mise à disposition. Dans ces conditions, c'est à bon droit que cette somme a été imposé entre les mains de M. D en application du 2° du 1 de l'article 109 pour l'année 2012.

7. D'autre part, le contribuable maître d'une affaire est réputé avoir appréhendé les distributions réalisées par la société qu'il contrôle. La qualité de seul maître de l'affaire suffit à regarder le contribuable comme bénéficiaire des revenus réputés distribués, en application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, par la société en cause, la circonstance qu'il n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes ou qu'elles auraient été versées à des tiers étant sans incidence à cet égard. L'administration fiscale a imposé entre les mains de M. D en tant que revenus distribués au titre des années 2013 et 2014, sur le fondement du 1°du 1°de l'article 109 du code précité, les bénéfices évalués d'office de la SARL Data News Evolution, dont le requérant assurait la gérance. Le requérant ne conteste pas sérieusement le fait que détenteur de l'intégralité des parts sociales de la société, il a été son gérant de sa création jusqu'au 3 mars 2014 selon les actes déposés au tribunal de commerce. Il a toutefois continué à assumer les fonctions de gérant après la délibération de l'assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle il a démissionné. Interlocuteur unique de la société vis-à-vis des fournisseurs européens entre le 22 avril et le 31 décembre 2014, il est resté le titulaire de la signature bancaire, il disposait des pouvoirs les plus étendus de représentation de la société vis-à-vis des tiers. Par suite, il concentre pour les années 2013 et 2014, les pouvoirs de gérance, financiers, de gestion et d'administration. Au regard de ces circonstances, il est établi que M. D se comportait comme le seul maître de l'affaire au titre des exercices clos en 2013 et 2014, et pouvait ainsi être regardé comme étant présumé avoir appréhendé les revenus distribués par la société. Dans ces conditions, c'est à bon droit que les revenus distribués litigieux ont été imposés entre les mains de M. D en application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts pour les années 2013 et 2014.

8. Enfin, l'administration fiscale a imposé entre les mains de M. D en tant que revenus distribués au titre de l'année 2014, sur le fondement du 1°de l'article 109 du code précité, le bénéfice fiscal reconstitué de la SARL Global Trade Services, dont le requérant assurait la gérance. Si le requérant soutient ne plus détenir les documents administratifs et comptables permettant de se justifier, après avoir cédé ses parts le 31 décembre 2014, il résulte de l'instruction que l'acte de cession d'actions n'a pas été enregistré au service des impôts des entreprises. Par suite, ni l'existence matérielle de cette cession ni son effectivité ne sont établies. Par ailleurs, si le requérant fait valoir qu'il a sollicité la communication des pièces de procédure à l'administration fiscale pour lui permettre d'assurer sa défense, il résulte de l'instruction que le service vérificateur a annexé à sa réponse aux observations n° 3926 en date du 28 septembre 2016 adressée à M. D, la proposition de rectification n° 3924 adressée le 4 novembre 2015 à la société Global Trade Services. L'administration a ainsi communiqué les éléments sur lesquelles elle s'est fondée pour imposer entre les mains de M. D les revenus distribués par la société.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () / c) Les rémunérations et avantages occultes () ".

10. D'une part, le requérant a été imposé selon la procédure de redressement contradictoire dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers à raison de l'encaissements d'un chèque de 41 860 euros inscrit dans son compte bancaire dont il a affirmé être en provenance de la société MK Developpement et à destination de l'acquisition de véhicules pour le compte de cette société. Toutefois, il résulte de l'instruction que cette somme provient de la société à responsabilité limitée (SARL) Odell Info, distincte de la société MK Developpement et que la nature de cette somme n'a pas été justifiée. Aucune écriture comptable retraçant le versement de cette somme au bénéfice de M. D par la SARL Odell Info n'a été retrouvée dans le cadre de la vérification de comptabilité de la SARL Odell info, ni aucune déclaration mentionnant le versement d'une rémunération au profit de M. D. Dans ces circonstances, faute de justifier de la nature de ce versement, l'administration fiscale établit que c'est à bon droit qu'elle l'a qualifié d'avantage occulte et l'a imposé entre les mains du requérant en application des dispositions du c de l'article 111 du code général des impôts.

11. D'autre part, le requérant a été imposé selon la procédure de redressement contradictoire dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers à raison de l'encaissement d'un chèque inscrit dans son compte bancaire dont il affirme être un prêt de M. C E. Toutefois, il résulte de l'instruction que la reconnaissance de dette communiquée ne présente aucune valeur probante ni date certaine et que ce chèque a été émis par la SARL SNEM, au demeurant radiée depuis le 6 juin 2013, et non M. E. Dans ces circonstances, faute de justifier de la nature de ce versement, l'administration fiscale établit que c'est à bon droit qu'elle l'a qualifié d'avantage occulte et l'a imposé entre les mains du requérant en application des dispositions du c de l'article 111 du code général des impôts.

En ce qui concerne les bénéfices industriels et commerciaux :

12. Aux termes de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales : " Peuvent être évalués d'office : / 1o Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales, ou des revenus d'exploitations agricoles imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53 A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal ; ". Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. " L'administration fiscale fait valoir sans être contestée que la SARL GT CORP n'a déposé aucune déclaration au titre des années 2012 et 2013, même après avoir été mise en demeure de le faire. Par suite, le requérant supporte la charge de la preuve en application des dispositions précitées de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales.

13. Aux termes de l'article 8 du code général des impôts : Sous réserve des dispositions de l'article 6, les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. () /Il en est de même, sous les mêmes conditions : () /4° De l'associé unique d'une société à responsabilité limitée lorsque cet associé est une personne physique ;() " Aux termes de l'article 206 du code général des impôts : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 8 ter, 239 bis AA, 239 bis AB et 1655 ter, sont passibles de l'impôt sur les sociétés, quel que soit leur objet, les sociétés anonymes, les sociétés en commandite par actions, les sociétés à responsabilité limitée n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes dans les conditions prévues au IV de l'article 3 du décret n° 55-594 du 20 mai 1955 modifié () et toutes autres personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations de caractère lucratif () / 3. Sont soumis à l'impôt sur les sociétés s'ils optent pour leur assujettissement à cet impôt dans les conditions prévues à l'article 239 : () / e. Les sociétés à responsabilité limitée dont l'associé unique est une personne physique () ".

14. Il résulte de ces dispositions que l'associé unique personne physique d'une société à responsabilité limitée est imposé à l'impôt sur le revenu dans la catégorie de revenus correspondant à l'activité de la société, sauf à ce que la société ait opté en faveur de l'assujettissement à l'impôt sur les sociétés. Dans ces conditions, alors que la SARL GT Corp, qui exerce une activité industrielle et commerciale, n'a pas opté en faveur de l'assujettissement en France à l'impôt sur les sociétés, ses résultats sont imposables à l'impôt sur le revenu, au nom de M. A D, associé unique, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.

En ce qui concerne les revenus d'origine indéterminée :

15. Aux termes de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. " Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. "

16. Il est constant que le service vérificateur a eu recours à la procédure de taxation d'office, prévue par l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, pour réintégrer dans le revenu imposable de M. D au titre des années 2012 et 2013 des sommes portées au crédit de son compte bancaire, dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée. Par suite, le requérant, qui ne conteste pas le recours à cette procédure, supporte la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions réclamées à raison de ces rectifications, en application des dispositions précitées de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales.

17. En premier lieu, M. D soutient que les sommes de 1590 euros et 1860 euros, taxées respectivement en 2012 et 2013 dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, correspondent à des gains provenant de la française des jeux et du poker. Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations et n'établit pas la nature et la cause des versements dont il a bénéficié et, par suite, le caractère non imposable de ces sommes.

18. En deuxième lieu, pour justifier la nature et l'origine des sommes perçues en 2012 et 2013 et qu'il affirme provenir d'un prêt de M. E à son bénéfice, le requérant se borne à communiquer une reconnaissance de dette établie sur papier libre, signée par lui, qui n'a pas été enregistrée. Ce document ne présentant aucune valeur probante, le requérant n'apporte pas la preuve qui lui incombe, de l'origine, la nature, l'objet et, par suite, le caractère non imposable de ces sommes.

19. En troisième lieu, M. D soutient que les sommes de 620 euros pour 2012 et 950 euros pour 2013, taxées dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, proviennent de ventes réalisées sur " le bon coin ". Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations et n'établit pas la nature et la cause des versements dont il a bénéficié et, par suite, le caractère non imposable de ces sommes.

20. En quatrième lieu, pour justifier la nature et l'origine des sommes de 1580 euros perçue en 2012 et 4360 euros perçue en 2013 et qu'il affirme provenir de virements de sa grand-mère qui réside en Russie, le requérant se borne à communiquer une attestation de sa grand-mère qui n'a pas été traduite par un traducteur habilité. Ce document ne présentant aucune valeur probante, le requérant n'apporte pas la preuve qui lui incombe, de l'origine, la nature, l'objet et, par suite, le caractère non imposable de ces sommes.

21. En cinquième lieu, M. D soutient que la somme de 1463 euros qu'il a perçue et qui a été taxée dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, constitue une rémunération de Transpace. Il n'apporte aucun élément probant à l'appui de cette allégation.

Sur la majoration pour manquement délibéré :

22. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a) 40 % en cas de manquement délibéré ; ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. "

23. Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.

24. Pour justifier l'application de la majoration pour manquement délibéré sur les cotisation supplémentaires d'impôt sur le revenu, l'administration s'est fondée sur la circonstance que les revenus déclarés de M. D s'élevaient à 12 934 euros pour 2012, 13 384 euros pour 2013 et 23 000 pour 2014 alors qu'à la suite des rectifications opérées les revenus imposables omis par le requérant s'élevaient à 188 373 euros en 2012, 276 209 euros en 2013 et 2 706 534 euros en 2014. Par ailleurs, M. D n'a pas déclaré de distributions par la société Data New Solutions alors qu'il disposait de l'intégralité des parts sociales et en assurait la gérance de droit puis de fait. Ainsi, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe, de l'intention délibérée de M. D de minorer l'impôt dont il était redevable au titre des années en litige. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a assorti les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles a été assujetti le requérant au titre des années 2012, 2013 et 2014 d'une majoration de 40 % pour manquement délibéré.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de prélèvements sociaux auxquelles M. D a été assujetti au titre des années 2012, 2013 et 2014 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 3 mai 2024 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saïh, première conseillère,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.

La rapporteure,

signé

S. Cuisinier-HeisslerLe président,

signé

T. BertonciniLa greffière,

signé

M. F

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°200476

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