jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2004964 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CASSEL |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 5 juin 2020 sous le n° 2004964, M. C D, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2020 par lequel le préfet de police l'a licencié pour insuffisance professionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à sa réintégration à compter du 15 février 2020, à sa titularisation et à la reconstitution de sa carrière ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que la régularité de la réunion de la commission administrative paritaire n'est pas établie, que l'avis de cette instance n'a pas été précédé d'un examen approfondi de son dossier ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le licenciement est intervenu en cours de stage et non en fin de stage, de sorte qu'il avait droit d'être mis à même de consulter son dossier et d'être accompagné lors de l'entretien préalable au licenciement ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2020, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. D dès lors que ce dernier a été exclu définitivement du service à compter du 6 août 2020, date de notification de la sanction disciplinaire du 28 juillet 2020.
Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2020, le ministre de l'intérieur demande sa mise hors de cause.
Par une ordonnance du 15 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 août 2020, le 8 septembre 2020 et le 13 janvier 2021, sous le n° 2008088, M. D, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2020 par lequel le ministre de l'intérieur lui a infligé une sanction d'exclusion définitive du service à compter du 16 août 2020 ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à sa réintégration à compter du 7 août 2020, à sa titularisation et à la reconstitution de sa carrière ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 € sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de compétence ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe d'unicité de la sanction pénale dès lors qu'il a déjà fait l'objet d'un déplacement d'office par un arrêté du 27 août 2019 et que les mêmes faits motivent l'arrêté du 16 mars 2020 ayant procédé à son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation, dès lors qu'il n'est pas l'auteur des tirs ayant entraîné le décès de sa collègue, qu'il convient de tenir compte de son manque d'expérience et de sa qualité de gardien de la paix stagiaire ainsi que des nombreux dysfonctionnements relevés par l'enquête administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 décembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun de ses moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la Constitution et son préambule ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n°2004-1439 du 23 décembre 2004 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n°2013-728 du 12 août 2013 ;
- l'arrêté du ministre de l'intérieur du 27 décembre 2017 relatif aux missions et à l'organisation de la direction des ressources et des compétences de la police nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
-et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a été nommé gardien de la paix stagiaire à compter du 17 décembre 2018, et affecté à la direction de la police judiciaire au sein de l'état-major du service d'information et d'assistance de Paris. A la suite d'un incident survenu le 10 mars 2019, l'intéressé a été suspendu de ses fonctions à compter du 25 mars 2019, par arrêté du ministre de l'intérieur du 15 mars 2019. Par arrêté du 27 août 2019, le ministre a prononcé sa réintégration à compter du 2 septembre 2019 et son affectation provisoire au sein du service d'information et d'assistance des Hauts-de-Seine situé à Nanterre. Par arrêté du 16 mars 2020, le préfet de police a mis fin à son stage pour insuffisance professionnelle avec effet au 15 février 2020. Dans l'instance n° 2004954, M. D demande l'annulation de cette décision.
2. Par une ordonnance du 25 juin 2020, le juge des référés du présent tribunal a prononcé la suspension de l'exécution de l'arrêté du 16 mars 2020 et a enjoint au préfet de police de réintégrer M. D à compter de la notification de l'ordonnance de référé et de réexaminer sa situation. En conséquence, par un arrêté du 8 juillet 2020, le préfet de police a suspendu l'arrêté du 16 mars 2020 ayant licencié l'intéressé pour insuffisance professionnelle, et a réintégré M. D dans ses fonctions. Par arrêté du 28 juillet 2020, pris au visa de l'arrêté de réintégration provisoire, le ministre de l'intérieur a prononcé une sanction disciplinaire d'exclusion définitive du service à l'encontre du requérant. Par la requête n° 2008088, M. D demande au tribunal l'annulation de ce dernier arrêté.
3. Les requêtes dans les instances enregistrées sous les numéros 2004964 et 2008088 ont été introduites par le même requérant et présentent à juger des questions communes, qui ont fait l'objet d'une même instruction. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions d'annulation de la requête n° 2004964 :
En ce qui concerne l'exception de non-lieu à statuer :
4. Le préfet de police fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation de sa décision du 16 mars 2020 par laquelle il a procédé au licenciement pour insuffisance professionnelle de M. D à compter du 15 février 2020 au motif que le ministre de l'intérieur a, par un arrêté du 28 juillet 2020 postérieur à l'introduction de l'instance, pris une mesure disciplinaire d'exclusion définitive des fonctions à l'encontre de l'intéressé. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet de police ait retiré l'arrêté attaqué. En outre, eu égard aux termes dans lesquels la décision de sanction est rédigée ainsi qu'à la circonstance qu'elle vise seulement l'arrêté par lequel le préfet de police a provisoirement réintégré M. D en application de l'ordonnance de référé, mentionnée au point 2, l'arrêté du 28 juillet 2020 du ministre de l'intérieur ne saurait être regardé comme ayant implicitement retiré l'arrêté attaqué du 16 mars 2020. Enfin, la circonstance que l'arrêté litigieux ait été provisoirement suspendu par le juge des référés n'est pas de nature à établir que la requête a perdu son objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne la légalité de la décision :
5. Aux termes de l'article 8 du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale : " La durée du stage est d'un an ". Aux termes de l'article 7 du décret du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics. " Le fonctionnaire stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage () ".
6. Le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé ou correspondant à son grade et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le stage de M. D, qui a débuté le 17 décembre 2018, a été interrompu par sa suspension entre le 25 mars 2019 et le 1er septembre 2019, de sorte qu'à la date de son licenciement pour insuffisance professionnelle, le 15 février 2020, il n'avait pas effectué une année de stage complète. La décision attaquée doit donc être regardée comme ayant procédé à son licenciement en cours de stage pour insuffisance professionnelle.
8. D'autre part, les motifs de cette insuffisance alléguée ne ressortent ni des termes de la décision, qui n'est pas motivée en fait, ni des pièces du dossier, le préfet de police s'étant abstenu de défendre sa décision au fond dans la présente instance.
9. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 16 mars 2020 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2008088:
11. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : 1°() les directeurs d'administration centrale, () ". Aux termes de l'article 6 du décret du 12 août 2013 portant organisation de l'administration centrale du ministère de l'intérieur et du ministère des outre-mer : " Le directeur général de la police nationale dirige les activités des directions et services suivants : 1° La direction des ressources et compétences de la police nationale ; 2° Les directions et services actifs de police () ". Aux termes de l'article 2 de l'arrêté ministériel du 27 décembre 2017 relatif aux missions et à l'organisation de la direction des ressources et des compétences de la police nationale prévoit, entre autres fonctions de cette direction, qu'elle " prépare, valide et fait exécuter les décisions ministérielles portant sanction disciplinaire concernant les personnels des corps actifs, techniques et scientifiques de la police nationale gérés par la direction des ressources et des compétences de la police nationale ".
12. En application de ces dispositions, M. B A, inspecteur général de l'administration, qui a été nommé directeur des ressources et compétences de la police nationale à compter du 1er septembre 2019, par décret du 24 juillet 2019 publié au Journal officiel de la République française le 25 juillet 2019, avait qualité pour signer au nom du ministre l'arrêté attaqué portant sanction disciplinaire d'un fonctionnaire stagiaire d'un corps actif de la police nationale. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.
13. En deuxième lieu, selon l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 : " La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée ". Les principes ainsi énoncés ne concernent pas seulement les peines prononcées par les juridictions pénales mais s'étendent à toute sanction ayant le caractère d'une punition. Le principe de nécessité des délits et des peines implique qu'une même personne ne puisse faire l'objet de poursuites différentes conduisant à des sanctions de même nature pour les mêmes faits, en application de corps de règles protégeant les mêmes intérêts sociaux.
14. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à l'issue de sa suspension et en raison des mêmes faits que ceux ayant conduit à la sanction attaquée, M. D a fait l'objet d'une mutation dans l'intérêt du service, mesure qui toutefois n'a pas le caractère d'une sanction et vise à protéger l'intérêt du service.
15. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 1 du présent jugement que M. D avait précédemment fait l'objet d'une mesure de licenciement pour insuffisance professionnelle en raison de ces mêmes faits, par une décision du 16 mars 2020 du préfet de police. Toutefois, et comme il a été dit au point 3, il est constant que cette décision a été suspendue par le juge des référés, qu'en conséquence le préfet de police a procédé à la réintégration provisoire de M. D et que la sanction attaquée a été prise au visa de cette mesure provisoire de réintégration. Au demeurant, l'annulation, par le présent jugement, de la décision du 16 mars 2020 portant licenciement de M. D pour insuffisance professionnelle entraîne la disparition rétroactive de cette décision qui est réputée n'avoir jamais existée.
16. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision méconnaît le principe non bis in idem.
17. En dernier lieu, aux termes de l'article 10 du décret du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'État et de ses établissements publics : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être infligées au fonctionnaire stagiaire sont : 1° L'avertissement ; 2° Le blâme ; 3° L'exclusion temporaire, avec retenue de rémunération à l'exclusion du supplément familial de traitement, pour une durée maximale de deux mois ; 4° Le déplacement d'office ; 5° L'exclusion définitive de service ".
18. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
19. Au cas particulier, il ressort des termes de la décision attaquée que M. D a été révoqué au motif qu'il avait manqué à son devoir d'obéissance par la violation délibérée de règles professionnelles, en l'espèce relatives à la sécurité des armes de service, ainsi qu'à ses devoirs d'exemplarité et de discernement et avait porté atteinte au crédit et au renom de la police nationale, en ayant pris part, le 10 mars 2019 sur son lieu de travail, à un jeu avec son arme de service, en compagnie de trois collègues, ayant abouti au décès accidentel de l'une de ses collègues, touchée mortellement par une balle de l'arme de service de l'un des participants au jeu.
20. D'une part, pour contester le caractère fautif des faits reprochés, le requérant soutient qu'il n'était pas à l'origine du jeu dangereux, qu'il n'était pas davantage en position hiérarchique à l'égard des autres participants à ce jeu et qu'il n'était pas correctement formé au maniement des armes à feu, eu égard à sa qualité de stagiaire. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des rapports administratifs établis après cet accident mortel, que le requérant avait été formé au maniement des armes, lui-même indiquant lors d'une audition qu'on lui avait " rabâché " les règles de sécurité à l'école de police. En outre, il ressort du récit circonstancié des faits que M. D a bien contribué à initier ce jeu et à l'organiser, alors qu'au demeurant sa seule participation suffit à qualifier les manquements relevés par la décision attaquée. Enfin, la circonstance, à la supposer avérée, que sa qualité de stagiaire ne lui conférait pas de mission d'encadrement, notamment, sur l'adjoint de sécurité responsable du tir mortel est sans incidence sur les manquements relevés dans la décision. Par suite, l'intéressé doit être regardé comme ayant commis plusieurs fautes justifiant l'intervention d'une sanction disciplinaire.
21. D'autre part, si le requérant soutient que la sanction de révocation serait disproportionnée, ne tenant compte ni de sa qualité de stagiaire, ni des dysfonctionnements du service où il était affecté, il ressort des pièces du dossier qu'il avait auparavant exercé les fonctions d'adjoint de sécurité entre mai 2014 et le 1er janvier 2018, date de son entrée à l'école de police, où il a reçu une formation complète au maniement des armes. Dans ces conditions, eu égard la gravité des manquements reprochés qui témoigne d'un comportement incompatible avec l'exercice des fonctions de gardien de la paix, le ministre ne saurait être regardé comme ayant infligé à M. D, par la décision contestée, une sanction disproportionnée avec les fautes commises.
22. Il résulte de ce qui précède que la décision litigieuse n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 28 juillet 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé son exclusion définitive des fonctions et que ses conclusions en ce sens doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
24. Eu égard aux motifs retenus par le présent jugement, qui annule l'arrêté du 16 mars 2020, il y a seulement lieu d'ordonner au préfet de police de procéder à la réintégration de M. D du 15 février 2020, date d'effet de son licenciement pour insuffisance professionnelle, au 27 juillet 2020, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
25. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, pris en la personne du préfet de police, qui doit être regardée comme la partie perdante, la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par M. D dans l'instance n° 2004964 et non compris dans les dépens.
26. Il n'y a pas lieu en revanche de mettre à la charge de l'État, pris en la personne du ministre de l'intérieur, une quelconque somme sur le fondement de ces mêmes dispositions dans l'instance n° 2008088.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : L'arrêté du 16 mars 2020 du préfet de police est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de procéder à la réintégration de M. D du 15 février 2020 au 27 juillet 2020, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. D la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La requête n° 2008088 est rejetée.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme E et M. F, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
M. ELa présidente,
signé
C. Van Muylder
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2004964-2008088
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01300
31/03/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01592
31/03/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01849
31/03/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01908
31/03/2026