mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2005083 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 11ème Chambre |
| Avocat requérant | BREGERAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2020, Mme C E, représentée par Me Bregeras, demande au tribunal
1°) d'annuler un avis de somme à payer du 12 février 2020 émis par le département des Hauts-de-Seine relatif à un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 3 529,98 euros pour la période du 1er juillet 2016 au 31 mai 2018 ;
2°) de prononcer la décharge des sommes dues ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'avis contesté n'est pas signé ;
- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;
- l'avis n'est pas suffisamment motivé, notamment au regard de la base de liquidation ;
- les sommes indues sont prescrites ;
- l'indu réclamé est infondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2022, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et fait valoir que ses moyens sont infondés.
Par un courrier du 15 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active, en ce que le titre exécutoire attaqué n'a pas été précédé d'un recours administratif préalable en application des dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles (A, 5 février 2018, n° 403650).
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012';
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur proposition du président de la chambre de jugement, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Dupin, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative .
Considérant ce qui suit :
1.Mme C E a perçu le revenu de solidarité active entre le 1eraoût 2015 et le 31 mai 2018. Par un avis de somme à payer du 12 février 2020, le conseil départemental des Hauts-de-Seine lui a réclamé le paiement d'un indu de RSA relatif à la période courant du 1er juillet 2016 au 31 mai 2018, et ce pour un montant de 3 529,98 euros. La présente requête demande l'annulation de cet avis et la décharge des sommes dues.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dans sa version applicable : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () "
3. Il résulte de ces dispositions que la circonstance que l'ampliation de la décision contestée ne comporte pas les mentions prescrites par les dispositions précitées est sans incidence sur la régularité de cette décision, seul le bordereau du titre de recette devant être signé. Il résulte de l'instruction que le bordereau électronique de recettes a bien été signé le 13 février 2020 par Mme B D, cheffe du service de l'exécution budgétaire du conseil départemental des Hauts-de-Seine, qui avait reçu délégation pour ce faire par un arrêté n°2020-DAJA-17 du président du conseil départemental en date du 28 mai 2019 régulièrement publié. Dès lors le moyen, tiré de l'absence de signature de l'acte contesté doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 24 du décret relatif à la gestion budgétaire et comptable publique n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 : " () Toute créance faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ". Ces dispositions imposent à la personne publique qui émet un état exécutoire d'indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis.
5. Le titre exécutoire contesté est intitulé " Trop perçu RSA 2016R03 01/07/2016 - 12/02/2020 " et indiquant le montant total dû de 3 529,98 euros permettait à l'intéressé de comprendre que la créance visée portait sur un montant de RSA et la période considérée. Dans ces conditions l'avis comportait les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde permettant à la requérante d'utilement le contester. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'état exécutoire doit être écarté.
6. En troisième lieu, une décision de récupération d'un indu de RSA prise par le président du conseil départemental, ou par délégation de celui-ci ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès de cette autorité. Si la recevabilité d'un recours contentieux dirigé contre le titre exécutoire émis pour recouvrer un indu de RSA n'est pas subordonnée à l'exercice d'un recours administratif préalable, le débiteur ne peut toutefois, à l'occasion d'un tel recours, contester devant le juge administratif le bien-fondé de cet indu en l'absence de tout recours préalable saisissant de cette contestation le président du conseil départemental. En revanche, une telle contestation reste possible à l'occasion d'un recours contre les actes de poursuite qui procèdent du titre exécutoire exercé conformément aux dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, même en l'absence de recours administratif préalable.
7. La preuve de l'existence d'un recours administratif préalable formé par la requérante contre le titre exécutoire en litige n'ayant pas été apportée, le moyen contestant le bien-fondé de cet indu est irrecevable, en vertu des dispositions rappelées au point précédent, et doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance. / La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles L. 553-2, L. 821-5-1 ou L. 845-3 du code de la sécurité sociale, L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ou L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation ". Selon l'article L. 262-46 du même code : " () Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. () ". La notion de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration doit s'entendre comme visant les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative.
9. Il résulte de l'instruction que le titre de perception contesté émis le 12 février 2020 poursuit le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active dont les faits générateurs s'étalent du 1er juillet 2016 au 31 mai 2018. D'une part il ne résulte pas de l'instruction, le conseil départemental des Hauts-de-Seine ne le faisant d'ailleurs pas valoir en défense, que l'indu de RSA à l'origine du titre de perception litigieux relèverait d'une fraude ou d'une fausse déclaration. D'autre part si le conseil départemental fait valoir que la prescription biennale a été interrompue par des courrier indiquant à la requérante son indu en date des 4 mai 2019 et 12 février 2020, il ne produit pas ces décisions, ni la preuve de leur notification à Mme E. Dès lors il n'établit pas avoir interrompu la prescription avant la réception par la requérante du titre de perception litigieux le 17 février 2020. Il s'ensuit que la requérante est fondée à soutenir que les créances de RSA dont le paiement lui est réclamé par l'avis des sommes à payer étaient prescrites pour celles nées antérieurement au 1er février 2018.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme E est seulement fondée à demander l'annulation de l'avis des sommes à payer émis le 12 février 2020 en tant qu'il porte sur un indu de revenu de solidarité active antérieur au 1er février 2018, et, partant, à demander la décharge de l'obligation de payer la somme correspondant à cet indu de revenu de solidarité active.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil départemental des Hauts-de-Seine une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme E et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le titre de perception du 12 février 2020 est annulé en tant qu'il porte sur un indu de revenu de solidarité active antérieur au 1er février 2018.
Article 2 : Mme E est déchargée de l'obligation de payer l'indu de revenu de solidarité active qui lui réclamé par le titre de perception du 12 février 2020 en tant que cet indu porte sur la période antérieure au 1er février 2018.
Article 3 : l'Etat versera à Mme. Malika E la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme. E, au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine et à la caisse d'allocations familiales des Hauts de-Seine.
Copie en sera adressée à la pairie départementale des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Robert, premier conseiller,
M.Dupin, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
F. Dupin
Le président,
signé
T. Bertoncini
Le greffier,
signé
V. Guillaume
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026