jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2006073 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | CABINET FREDERIC NAIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoires, enregistrés le 3 juillet 2020, le 8 mars 2021, ainsi qu'un mémoire récapitulatif enregistré le 16 décembre 2021, la société Foncière Siba Ile-de-France, représentée par Me Naïm, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019, à raison de l'immeuble dont elle est propriétaire au 1 boulevard de l'Oise à Pontoise (95).
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3.000 € sur le fondement de l'article L. 71-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les travaux de rénovation lourde engagés en 2017 et poursuivis en 2018 et 2019 ont affecté le gros œuvre d'une manière telle qu'ils ont rendu l'immeuble dans son ensemble impropre à toute utilisation ; par suite, il convient de l'exclure du champ d'application de la taxe foncière sur les propriétés bâties.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huon, magistrat désigné,
- les conclusions de M. Chabauty , rapporteur public,
- les observations de Me Leroux, substituant Me Naïm,
- et les explications de M. B, mandaté par la gérante de la société Foncière Siba Ile-de-France.
Considérant ce qui suit :
1. La société Foncière Siba Ile-de-France a entrepris en 2017 la restructuration, en un immeuble d'habitation composé de 137 logements, d'un immeuble de bureaux dont elle est propriétaire au 1, boulevard de l'Oise à Pontoise (95). Estimant que les travaux de rénovation rendaient cet immeuble impropre à toute utilisation, elle a sollicité, par voie de réclamation, le dégrèvement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties y afférentes, établies au titre des années 2018 et 2019. A la suite du rejet de sa demande, elle réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France, à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1393 du même code : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés non bâties de toute nature sises en France, à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code (). ". Aux termes de l'article 1415 du même code précité, la taxe foncière sur les propriétés bâties est due " pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année d'imposition ".
3. Un immeuble passible de la taxe foncière sur les propriétés bâties qui fait l'objet de travaux entraînant sa destruction intégrale avant sa reconstruction ne constitue plus, jusqu'à l'achèvement des travaux, une propriété bâtie assujettie à la taxe foncière en application de l'article 1380 du code général des impôts. Il en va de même lorsqu'un immeuble fait l'objet de travaux nécessitant une démolition qui, sans être totale, affecte son gros œuvre d'une manière telle qu'elle le rend dans son ensemble impropre à toute utilisation. En revanche, la seule circonstance qu'un immeuble fasse, ultérieurement à son achèvement et alors qu'il est soumis à ce titre à la taxe foncière sur les propriétés bâties, l'objet de travaux qui, sans emporter ni démolition complète ni porter une telle atteinte à son gros œuvre, le rendent inutilisable au 1er janvier de l'année d'imposition, ne fait pas perdre à cet immeuble son caractère de propriété bâtie pour l'application de l'article 1380 du code général des impôts.
4. A l'appui de sa demande, la société Foncière Siba Ile-de-France produit, outre la déclaration préalable du 17 février 2017, mentionnant la transformation d'un immeuble de bureaux en résidence de services, ainsi que la décision de non-opposition du 20 juillet suivant, le descriptif sommaire des travaux et deux constats d'huissier réalisés en octobre et décembre 2017. S'il en ressort que l'opération en cause a entraîné la démolition partielle des planchers, le recloisonnement de l'ensemble du bâtiment, la réfection des installations électriques, téléphoniques, de chauffage, et de plomberie, ces documents ne font pas apparaître que le gros-œuvre aurait été substantiellement modifié. Du reste, outre qu'elle n'apporte aucune précision sur l'ampleur d'une telle modification au regard de la consistance de l'ouvrage, la requérante admet elle-même que l'immeuble " n'a pas été démoli dans son enveloppe extérieure ", les travaux n'ayant porté que sur la transformation des espaces intérieurs. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que ces travaux auraient affecté le gros œuvre de l'immeuble d'une manière telle qu'ils l'auraient rendu, dans son ensemble, impropre à toute utilisation au 1er janvier 2018 et 2019. La seule circonstance qu'ils aient rendu le bâtiment inutilisable à ces dates du fait qu'ils n'étaient pas encore achevés, n'a pas fait perdre à cet immeuble son caractère de propriété bâtie au sens et pour l'application de l'article 1380 du code général des impôts. Dès lors, c'est à juste titre que l'administration fiscale a estimé que l'immeuble en litige était imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2018 et 2019 en application de cet article. Est radicalement sans incidence, à cet égard, la circonstance que l'administration ait prononcé un dégrèvement relativement à un autre de ses immeubles sis à Cergy-Pontoise, étant relevé, au surplus, que ce dégrèvement, seulement partiel, n'est pas motivé.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la Société Foncière Siba est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Société Foncière Siba Ile-de-France et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022 .
Le magistrat désigné,
C. ALa greffière,
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026