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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2006590

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2006590

mercredi 4 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2006590
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation11ème Chambre (JU)
Avocat requérantLERAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement les 13 juillet 2020 et 10 mars 2022, M. A C, représenté par Me Lerat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 juillet 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a notifié un indu d'aide personnalisée au logement, de prime exceptionnelle de fin d'année 2016 et de revenu de solidarité active depuis le 1er août 2016, d'un montant total de 23 971,95 euros, et a mis fin à ses droits à la perception de ces allocations, ensemble les décisions implicites en date des 31 décembre 2019, en matière d'aide personnalisée au logement, et 14 février 2020, en matière de revenu de solidarité active, rejetant son recours administratif préalable obligatoire ;

2°) d'annuler les décisions du 12 août 2019 lui réclamant un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2017 et 2018, ensemble le rejet de son recours gracieux ;

3°) d'annuler la décision du 29 janvier 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a infligé une pénalité administrative d'un montant de 1 445 euros, ensemble la décision rejetant son recours gracieux contre cette décision ;

4°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé le 24 février 2020 ;

5°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 25 017,58 euros ou, à défaut, de réduire le montant de l'indu aux sommes versées en 2018 pour les mois au cours desquels il n'était pas présent en France et de réduire le montant de la pénalité administrative à 300 euros ;

6°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;

- les décisions ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que la commission de recours amiable n'a pas été saisie et l'administration, d'une part, ne l'a pas informé de son droit à communication et ne lui a pas communiqué les documents sollicités auprès de tiers, et, d'autre part, n'établit pas que le contrôleur, auteur du rapport d'enquête, était régulièrement assermenté ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation, d'une part, sur sa résidence stable et effective en France, d'autre part, sur ses ressources financières ;

- la décision du 29 janvier 2020 lui infligeant une pénalité administrative d'un montant de 1 445 euros est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut :

- à ce qu'il soit mis hors de cause en ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 31 décembre 2019 rejetant implicitement son recours administratif préalable obligatoire relatif à l'indu d'aide personnalisée au logement ;

- au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre la décision du 24 juillet 2019, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a notifié un indu d'aide personnalisée au logement, de prime exceptionnelle de fin d'année 2016 et de revenu de solidarité active depuis le 1er août 2016, d'un montant total de 23 971,95 euros, sont irrecevables, dès lors que la décision en date du 14 février 2020, rejetant son recours administrative préalable obligatoire, s'est substituée à cette décision ;

- les conclusions dirigées contre la décision implicite, par laquelle la commission de recours amiable aurait rejeté son recours gracieux formé le 24 février 2020, sont irrecevables, dès lors que ladite commission émet un avis qui ne revêt pas de caractère décisoire ;

- les conclusions dirigées contre la décision du 29 janvier 2020, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a infligé une pénalité administrative d'un montant de 1 445 euros, ensemble la décision rejetant son recours gracieux contre cette décision, sont irrecevables, dès lors que, d'une part, le courrier en date du 29 janvier 2020, qui notifie le montant envisagé de la pénalité administrative, invite M. C à présenter ses observations, et que, d'autre part, la contestation du recours gracieux exercé contre la pénalité financière prononcée le 1er juillet 2020 relève de la compétence de l'ordre judiciaire ;

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés de :

- l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 24 juillet 2019, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a notifié un indu d'aide personnalisée au logement, de prime exceptionnelle de fin d'année 2016 et de revenu de solidarité active depuis le 1er août 2016, d'un montant total de 23 971,95 euros, et a mis fin aux droits de M. C à ces allocations, à laquelle se sont entièrement substituées les décisions rejetant son recours administratif préalable obligatoire ;

- l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision, par laquelle la commission de recours amiable aurait implicitement rejeté son recours gracieux formé le 24 février 2020, dès lors que ladite commission, saisie pour avis, ne prend pas de décision susceptible d'être contestée devant le juge administratif en matière de revenu de solidarité active ;

- l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 29 janvier 2020 et le rejet du recours gracieux du requérant, dès lors que ces conclusions sont dirigées contre une pénalité administrative de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, qui ne peut être contestée que devant le juge judiciaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'organisation judiciaire ;

- le décret n° 2016-1945 du 28 décembre 2016 ;

- le décret n°2017-1785 du 27 décembre 2017 ;

- le décret n°2018-11502 du 14 décembre 2018 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thomas Bertoncini, vice-président, pour statuer sur les litiges prévus aux articles R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertoncini, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Sanches, substituant Me Lerat, représentant M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C sollicite l'annulation, d'une part, des décisions du 24 juillet 2019 par lesquelles la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a notifié à un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 8 048,03 euros pour la période de janvier 2017 à juillet 2019, un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2016 d'un montant de 152,45 euros et un indu de revenu de solidarité active depuis le 1er août 2016 d'un montant de 15 771,47 euros, soit un montant total de 23 971,95 euros, et a mis fin à ses droits à ces allocations, ensemble les décisions implicites en date des 31 décembre 2019, en matière d'aide personnalisée au logement, et 14 février 2020, en matière de revenu de solidarité active, rejetant son recours administratif préalable obligatoire, ainsi que, d'autre part, de la décision du 29 janvier 2020 lui infligeant une pénalité administrative d'un montant de 1 445 euros et, enfin, de la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable aurait rejeté son recours gracieux formé le 24 février 2020 en matière de revenu de solidarité active et d'aide personnalisée au logement. Il demande également l'annulation des décisions du 12 août 2019 lui réclamant un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2017 et 2018, ensemble le rejet de son recours gracieux.

Sur les indus de revenu de solidarité active, d'aide personnalisée au logement et de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2016, 2017 et 2018 :

2. Il résulte, d'une part, des articles L. 262-46 et L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles applicables en matière de revenu de solidarité active, d'autre part, des articles L. 825-2, L.825-3 et R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation applicables en matière d'aide personnalisée au logement qu'une décision de récupération d'un indu ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif en application des dispositions précitées.

3. L'institution d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale, et elle est seule susceptible d'être déférée au juge. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 juillet 2019, lui ayant notifié un indu d'aide personnalisée au logement et de revenu de solidarité active, sont irrecevables et doivent être rejetées.

4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, d'aide personnalisée au logement, ou de prime exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre celle-ci, d'une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, d'aide personnalisée au logement, ou de prime exceptionnelle de fin d'année, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Lorsque tout ou partie d'un indu de revenu de solidarité active, d'aide personnalisée au logement, ou de prime exceptionnelle de fin d'année a été recouvré avant que le caractère suspensif du recours n'y fasse obstacle, il appartient au juge, s'il est saisi de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de rembourser la somme déjà recouvrée ou s'il décide de prescrire cette mesure d'office, de déterminer le délai dans lequel l'administration, en exécution de sa décision, doit procéder à ce remboursement, sauf à régulariser sa décision de récupération si celle-ci n'a été annulée que pour un vice de légalité externe.

En ce qui concerne le revenu de solidarité active :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-13 du code de l'action sociale et des familles : " Le revenu de solidarité active est attribué par le président du conseil départemental du département dans lequel le demandeur réside ou a, dans les conditions prévues au chapitre IV du titre VI du présent livre, élu domicile. Le conseil départemental peut déléguer l'exercice de tout ou partie des compétences du président du conseil départemental en matière de décisions individuelles relatives à l'allocation aux organismes chargés du service du revenu de solidarité active mentionnés à l'article L. 262-16. ". Aux termes de l'article L. 262-47 du même code : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'État. ".

6. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'article 3 de la convention pour la gestion du revenu de solidarité active conclue le 19 avril 2016 entre le département des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine que cette dernière dispose d'une délégation de compétence concernant notamment " le traitement des recours administratifs préalables obligatoires formés par () les bénéficiaires dans le cadre de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles. ". Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision en date du 31 décembre 2019, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire, a été prise par une autorité incompétente. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. "

8. Il résulte de ces dispositions qu'une décision implicite intervenue dans les cas où la décision expresse aurait dû être motivée n'est pas entachée d'illégalité du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Une telle décision ne peut être regardée comme illégale qu'en l'absence de communication de ses motifs dans le délai d'un mois par l'autorité saisie. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que M. C ait sollicité la communication des motifs de la décision par laquelle le département des Hauts-de-Seine a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire. M. C n'est, par suite, pas fondé à soutenir que cette décision serait illégale du seul fait de son absence de motivation. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. / Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".

10. Dans ce cadre, il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.

11. D'une part, l'article 7 de la convention de gestion du revenu de solidarité active exclut de recueillir l'avis de la commission de recours amiable pour les recours administratifs dirigés contre les décisions relatives au revenu de solidarité active. Par suite, le moyen selon lequel la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure du fait de l'absence de saisine de cette commission et d'avis rendu dans des conditions régulières est inopérant.

12. D'autre part, ainsi qu'il vient d'être dit, la commission de recours amiable rend un avis en matière de revenu de solidarité active, qui ne présente pas le caractère d'une décision, insusceptible d'être contesté. Par suite, les conclusions de M. C dirigées contre la décision, par laquelle la commission de recours amiable aurait implicitement rejeté son recours gracieux formé le 24 février 2020 à l'encontre de la décision lui notifiant un indu, doivent être rejetées comme irrecevables.

13. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que Mme D justifie de sa qualité d'agente de contrôle assermentée. Par suite, le moyen tiré de ce que le contrôleur, auteur du rapport d'enquête, n'était pas régulièrement assermenté, ne peut qu'être écarté.

14. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-16 du code de l'action sociale et des familles : " Le service du revenu de solidarité active est assuré, dans chaque département, par les caisses d'allocations familiales et, pour leurs ressortissants, par les caisses de mutualité sociale agricole ". Aux termes de l'article L. 262-40 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour l'exercice de leurs compétences, le président du conseil général, les représentants de l'État et les organismes chargés de l'instruction et du service du revenu de solidarité active demandent toutes les informations nécessaires à l'identification de la situation du foyer : / 1° Aux administrations publiques, et notamment aux administrations financières ; / 2° Aux collectivités territoriales ; / 3° Aux organismes de sécurité sociale, de retraite complémentaire et d'indemnisation du chômage ainsi qu'aux organismes publics ou privés concourant aux dispositifs d'insertion ou versant des rémunérations au titre de l'aide à l'emploi. / Les informations demandées, que ces administrations, collectivités et organismes sont tenus de communiquer, doivent être limitées aux données nécessaires à l'instruction du droit au revenu de solidarité active, à sa liquidation et à son contrôle ainsi qu'à la conduite des actions d'insertion. / () / Les organismes chargés de son versement réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale. () ".

15. D'autre part, aux termes de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : / 1° Aux agents des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations servies par lesdits organismes () ". Aux termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".

16. Il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales et les caisses de mutualité sociale agricole, chargées du service du revenu de solidarité active, réalisent les contrôles relatifs à cette prestation d'aide sociale selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'ils servent, ainsi que les garanties procédurales qui s'attachent, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale. Il incombe, ainsi, à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de revenu de solidarité active, tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.

17. En l'espèce, M. C soutient qu'il n'aurait pas été informé de la mise en œuvre par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine du droit de communication prévu par les dispositions précitées. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête établi le 12 juillet 2019 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que le requérant a bien été informé de la mise en œuvre du droit dévolu à la caisse. En outre, le rapport mentionne les démarches réalisées, notamment les organismes contactés et les comptes bancaires consultés. Par ailleurs, le requérant, sur sa demande, a obtenu le 28 janvier 2020, le rapport d'enquête. S'il n'est pas établi que M. C aurait été informé tant de la teneur que de l'origine des renseignements obtenus par la caisse via l'exercice de son droit de communication, eu égard à la teneur des renseignements, nécessairement connus de M. C, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, qu'il a eu, par ailleurs, la possibilité de solliciter auprès de l'agent de contrôle lors de ces échanges, de la garantie instituée par l'article L.114-21 du code de la sécurité sociale. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure résultant de la méconnaissance de son droit à communication et de l'obligation d'informer l'allocataire sur la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus par l'administration doit être écarté.

18. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ".

19. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État qui détermine notamment : / () 2° Les modalités d'évaluation des ressources () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ".

20. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elle mentionne et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.

21. En l'espèce, l'indu en litige, qui couvre la période allant du 1er août 2016 au 30 juin 2019, a été mis à la charge de M. C au motif que l'intéressé, d'une part, ne résidait plus de manière régulière et permanente en France, et, d'autre part, a bénéficié de dépôts d'espèces et de virements bancaires émanant de plusieurs personnes. M. C, qui, par ailleurs, ne s'est pas présenté à deux convocations fixées par la caisse d'allocations familiales, n'établit pas, par les pièces versées à l'instance, que les versements en litige correspondraient à des transferts d'argent, via un compte paypal, à sa fille qui vit en Espagne ainsi qu'à des remboursements émanant de sa sœur faisant suite à l'achat pour le compte de cette dernière de divers biens. Ainsi, il ne démontre pas que l'administration aurait commis une erreur dans l'appréciation de ses ressources. Il n'établit pas davantage, par ses seules allégations, ne pas avoir résidé à l'étranger notamment entre les 2 janvier et 17 juillet 2017, 21 novembre et 20 décembre de la même année et à compter du 9 avril 2018, ainsi que le mentionne le rapport d'enquête. Dans ces conditions, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, en considérant que le requérant avait fait de fausses déclarations, réitérées par la suite, n'a pas, avant d'édicter la décision en litige, entaché sa décision d'une erreur dans l'appréciation de sa situation. Dès lors, le moyen doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 14 février 2020, en tant qu'elle lui notifie un indu de revenu de solidarité active, d'un montant de 15 771,47 euros, depuis le 1er août 2016, ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne la prime exceptionnelle de fin d'année pour 2016, 2017 et 2018 :

23. Selon les décrets n°2016-1945 du 28 décembre 2016, n°2017-1785 du 27 décembre 2017 et n°2018-11502 du 14 décembre 2018, une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2016, 2017 et 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2016, 2017 et 2018, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. Une seule aide est due par foyer.

24. Eu égard à ce qui a été dit aux points 5 à 22 ci-dessus, le requérant n'ayant pas droit au bénéfice du revenu de solidarité active au titre du mois de novembre ou de décembre 2016, 2017 et 2018, il n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 24 juillet 2019 et du 12 août 2019, par lesquelles la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a notifié des indus de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2016, 2017 et 2018 ainsi que de la décision rejetant implicitement son recours gracieux.

En ce qui concerne l'aide personnalisée au logement :

25. Aux termes de l'article L. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " () les décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes mentionnés à l'article L. 812-1 sont portés devant la juridiction administrative. ". Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". "Aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. ". Et aux termes de l'article R. 825-2 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. / Ses décisions sont motivées. "

26. M. C soutient, sans être contredit, que la commission de recours amiable n'a pas été saisie pour avis préalablement au rejet de son recours administratif préalable obligatoire. La consultation obligatoire de la commission de recours administratif constitue une garantie pour les bénéficiaires des aides au logement. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision de rejet de son recours administratif préalable a été prise au terme d'une procédure irrégulière au regard des dispositions des articles précités du code de la construction et de l'habitation. Une telle omission de consultation préalable, qui a privé M. C d'une garantie, constitue une irrégularité de nature à entacher la légalité de la décision attaquée.

27. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision implicite du 31 décembre 2019 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a maintenu à la charge de M. C un indu d'aide personnalisée au logement doit être annulée.

Sur la radiation de ses droits :

28. Par suite, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 2 et 3 du présent jugement, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 juillet 2019 mettant fin aux droits du requérant, à laquelle s'est substituée la décision rejetant son recours préalable obligatoire, sont irrecevables et doivent être rejetées.

29. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active ou à l'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

30. En premier lieu, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur des décisions litigieuses, de l'insuffisance de motivation et de ce que les décisions attaquées ont été prises à l'issue de procédures irrégulières, sont inopérants et doivent, dès lors, être écartés.

31. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 21, c'est à bon droit que le département des Hauts-de-Seine a mis fin aux droits du requérant au revenu de solidarité active à compter du mois d'août 2016.

32. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 351-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " () La notion de résidence principale doit être entendue au sens du logement effectivement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure, soit par le bénéficiaire ou son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 351-8 () ". Aux termes de l'article R. 351-5 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Les ressources prises en considération pour le calcul de l'aide personnalisée sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. () / Sont retenues les ressources perçues pendant l'année civile de référence. L'année civile de référence est l'avant-dernière année précédant la période de paiement prévue à l'article R. 351-4. Ces ressources sont appréciées selon les dispositions qui figurent ci-dessous et après application le cas échéant des dispositions des articles R. 351-6, R. 351-7-1, R. 351-7-2 et R. 351-10 à R. 351-14-1 (). / II.- Les ressources prises en considération s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu d'après le barème, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu, ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale () ".

33. Ainsi qu'il a été dit au point 21, il résulte du rapport d'enquête, non sérieusement contesté, que M. C a bénéficié de dépôts d'espèces et de virements bancaires émanant de plusieurs personnes, qu'il a omis de mentionner dans ses déclarations de ressources, et qu'il a résidé à l'étranger de janvier à juillet 2017 puis de novembre à décembre 2017 et à compter d'avril 2018. Dans ces conditions, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine n'a pas entaché sa décision d'une erreur dans l'appréciation de sa situation en le radiant des droits à l'aide personnalisée au logement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 29 janvier 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a infligé une pénalité administrative d'un montant de 1 445 euros :

34. Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I. - Peuvent faire l'objet d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations ; 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations ; 3° L'exercice d'un travail dissimulé, constaté dans les conditions prévues à l'article L. 114-15, par le bénéficiaire de prestations versées sous conditions de ressources ou de cessation d'activité ; 4° Les agissements visant à obtenir ou à tenter de faire obtenir le versement indu de prestations servies par un organisme mentionné au premier alinéa, même sans en être le bénéficiaire () ; La mesure prononcée est motivée et peut être contestée devant le tribunal de grande instance spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. () ".

35. Il résulte de ces dispositions que la contestation de la pénalité administrative, infligée à M. C sur le fondement de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, relève de la compétence de la juridiction judiciaire. Ainsi, le tribunal administratif n'est pas compétent pour connaître de cette contestation.

Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer :

36. L'annulation de la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a maintenu à la charge de M. C un indu d'aide personnalisée au logement, pour un motif de légalité externe, ne fait pas obstacle à ce que l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, reprenne régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, une nouvelle décision. Partant, elle n'implique pas nécessairement, compte-tenu de la possibilité d'une régularisation par la caisse d'allocations familiales, l'extinction de la créance litigieuse. Par suite, et aucun des autres moyens invoqués n'étant susceptible de fonder l'annulation prononcée, celle-ci n'implique pas nécessairement de prononcer la décharge de l'obligation de payer et les conclusions à fin de décharge présentées par M. C doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

37. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine et de l'État la somme présentée par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 31 décembre 2019, par laquelle la caisse des allocations familiales des Hauts-de-Seine a rejeté implicitement le recours administratif préalable obligatoire formé par M. C contre une décision lui notifiant un indu d'aide personnalisée au logement de 8 048,03 euros, est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au département des Hauts-de-Seine, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

signé

T. BertonciniLa greffière,

signé

M. B

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui les concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2006590

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