jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2006805 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL CAEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 juillet 2020 et 22 février 2022, la société par actions simplifiée (SAS) MPO Fenêtres, représentée par Me Gey, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'arrêter le montant du lot n° 2 " menuiseries extérieures aluminium " du marché de travaux portant sur la rénovation énergétique de la tour des Chênes et l'amélioration thermique des façades vitrées des Chênes 1 de l'Université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) à la somme de 1 034 493,77 euros toutes taxes comprises (TTC) ;
2°) de condamner l'Université de Cergy-Pontoise à lui verser la somme de 17 700 euros TTC au titre du solde du marché, augmentée des intérêts moratoires à compter du 20 novembre 2019 et de la capitalisation des intérêts échus le 20 novembre 2020, ainsi que de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ;
3°) de mettre à la charge de l'Université de Cergy-Pontoise la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les pénalités de retard en litige ne sont pas fondées, faute de précision des documents contractuels initiaux quant aux délais globaux d'exécution des travaux et de transmission par l'Université de Cergy-Pontoise d'un planning d'exécution détaillé ;
- si l'Université lui oppose néanmoins la date du 31 décembre 2018, le délai global d'exécution des travaux a en tout état de cause été rallongé par l'avenant n° 1 au marché, qui a prévu un report de dix semaines à compter de sa notification, le 2 mai 2019, soit jusqu'au 12 juillet 2019 ;
- l'application des pénalités contractuelles est impossible, le contrat ne prévoyant pas de pénalités hors l'hypothèse d'un retard au regard du délai global d'exécution des travaux ;
- en tout état de cause, le démarrage des travaux a été retardé du fait de l'Université de Cergy-Pontoise et des difficultés d'installation du chantier dont elle est responsable, comme l'atteste notamment la transmission tardive du dossier GN 13 à la commission de sécurité ;
- l'Université de Cergy-Pontoise a attendu la fin des travaux supplémentaires pour accuser la réception globale des travaux, contribuant ainsi, alors qu'elle aurait pu le faire beaucoup plus tôt, aux retards qui lui sont reprochés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 novembre 2021 et 15 décembre 2022, l'Université de Cergy-Pontoise conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société MPO Fenêtres sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 2 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mars 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lusinier, conseillère ;
- et les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 30 avril 2018, l'Université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) a attribué à la société par actions simplifiée (SAS) MPO Fenêtres le lot n° 2 " menuiseries extérieures aluminium " du marché de travaux portant sur la rénovation énergétique de la tour des Chênes et l'amélioration thermique des façades vitrées des Chênes 1. Après avoir réceptionné les travaux avec réserves le 17 octobre 2019, l'Université a notifié le décompte général et définitif du marché à la SAS MPO Fenêtres le 13 décembre 2019, en fixant son montant définitif à la somme de 862 078,14 euros hors taxes (HT) et en lui réclamant la somme finale de 26 159,29 euros toutes taxes comprises (TTC), dont 17 700 euros de pénalités de retard. Estimant que celles-ci lui ont été infligées à tort, la SAS MPO Fenêtres doit être regardée comme demandant au tribunal, par la présente requête, d'arrêter le montant définitif du marché à la somme de 1 034 493,77 euros TTC et de condamner l'Université de Cergy-Pontoise au paiement de la somme de 17 700 euros TTC, augmentée des intérêts moratoires à compter du 20 novembre 2019 et de la capitalisation des intérêts échus le 20 novembre 2020, ainsi que de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Sur les pénalités de retard réclamées par l'Université de Cergy-Pontoise :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 3.2 du cahier des clauses administratives particulières applicable au marché en litige : " L'ensemble des travaux pour les deux lots devront être réalisés de façon à ce que le site soit accessible aux utilisateurs et opérationnel début septembre 2018 et la réception pour les deux lots est prévue fin décembre 2018 (). La planification des travaux se base sur le planning détaillé prévisionnel fourni par le titulaire et validé par le maître d'œuvre. Les délais sont contractuels. Ils ne pourront pas être redéfinis après la validation du maître d'œuvre et la validation du maître d'ouvrage. ".
3. D'autre part, l'avenant n° 1 du marché conclu le 2 mai 2019 prévoit que : " le délai global d'exécution des travaux encadrés par le présent avenant n° 1, fixé à 10 semaines à compter de la date de sa notification, est distinct du délai d'exécution des travaux prévus par le CCTP du marché susvisé. ".
4. La SAS MPO Fenêtres soutient qu'aucun délai d'exécution ne lui est opposable dès lors que les documents contractuels ne mentionnaient pas avec suffisamment de précisions le terme prévisionnel des travaux et qu'aucun planning d'exécution détaillé ne lui a d'ailleurs été transmis. Toutefois, il résulte clairement des stipulations précitées de l'article 3.2 du cahier des clauses administratives particulières du marché que la date de réception des travaux a été prévue pour la fin du mois de décembre 2018, date au demeurant retenue par la requérante elle-même dans le planning détaillé prévisionnel qu'elle a établi. Si, pour s'en défendre, la SAS MPO Fenêtres soutient que l'avenant n° 1 conclu le 2 mai 2019 a eu pour effet de rallonger le délai global d'exécution des travaux de dix semaines à compter de sa notification, soit jusqu'au 12 juillet 2019, il résulte de ses stipulations exposées au point 3 ci-dessus qu'il n'a pas rallongé le délai global d'exécution des travaux initiaux, mais simplement fixé un délai spécifique, entendu explicitement comme distinct pour les travaux supplémentaires. Par suite, la SAS MPO Fenêtres n'est pas fondée à soutenir que le délai d'exécution des travaux fixé contractuellement au 31 décembre 2018 ne lui est pas opposable.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7.1 du cahier des clauses administratives particulières, les pénalités de retard sont fixées à 100 euros par jour calendaire de retard à compter du lendemain de la date d'expiration du délai de réalisation de la prestation. Contrairement à ce que soutient la SAS MPO Fenêtres, il ne ressort pas de ces stipulations que les parties auraient entendu réserver l'infliction de pénalités hors l'hypothèse d'un retard au regard du délai global d'exécution des travaux. Le moyen tiré de l'impossible application des pénalités contractuelles doit donc être écarté. Est à cet égard sans incidence la circonstance que l'ensemble des travaux ait fait l'objet d'une réception unique.
6. En troisième lieu, la SAS MPO Fenêtres soutient que le démarrage des travaux a pris du retard du fait de l'Université, qui aurait repoussé les opérations de préparation, et des difficultés d'installation du chantier. Toutefois, il résulte de l'instruction, d'une part, que la société a sciemment fait le choix d'interrompre son activité en juillet et août 2018, et, d'autre part, que les difficultés liées à l'installation d'un local de base-vie lui sont strictement imputables dès lors qu'elle était contractuellement responsable de la mise en conformité des installations du chantier. Si, pour s'en défendre, la SAS MPO Fenêtres fait notamment valoir que l'Université de Cergy-Pontoise est à l'origine de l'interruption du chantier en raison de la transmission tardive du dossier GN 13 à la commission de sécurité, il ressort des nombreux courriers que lui a adressés l'Université, notamment ceux des 19 septembre 2018, 21 septembre 2018 et 17 octobre 2018, que ces installations présentaient de nombreux problèmes de sécurité pour les usagers des locaux. Pourtant, malgré les multiples demandes de l'Université tendant à leur mise en conformité, l'intéressée n'a réalisé que tardivement les corrections demandées, retardant ainsi la remise du GN 13, document sans lequel les travaux ne pouvaient pas commencer. Ainsi, les retards dans la mise en œuvre des travaux et dans le démarrage du chantier ne peuvent être regardés comme n'étant pas imputables à la SAS MPO Fenêtres.
7. En quatrième lieu, la SAS MPO Fenêtres soutient que l'Université de Cergy-Pontoise a attendu la fin des travaux supplémentaires pour accuser la réception globale des travaux, contribuant ainsi, alors qu'elle aurait pu le faire beaucoup plus tôt, aux retards qui lui sont reprochés. Toutefois, il résulte de l'instruction que le maître d'œuvre avait bien en amont identifié des malfaçons sur les travaux initiaux. Ainsi, dans son courrier du 24 avril 2019, il faisait état de différentes réserves l'ayant conduit à ne pas poursuivre la visite, pointant à ce titre des " réglages d'ouvrants non réalisés ", un " vitrage fêlé non remplacé ", des " cylindres définitifs non posés sur les portes " ou encore des " réglages des butées des stores non réalisés ". Si, pour s'en défendre, la SAS MPO Fenêtres fait valoir que toutes les réserves formulées sur les travaux antérieurs à la conclusion de l'avenant n° 1 du 2 mai 2019 avaient été levées et que les malfaçons ne pouvaient dès lors que concerner des travaux supplémentaires prévus par cet avenant ou, le cas échéant, des travaux de reprise rendus nécessaires par les dégradations des usagers, qu'il était loisible à l'Université, pour ne pas allonger les délais, de réceptionner avec réserves, elle n'en justifie pas en se bornant à verser à l'instance un courrier du 17 mai 2019 par lequel elle liste ses propres constats, alors par ailleurs que la levée des réserves est une prérogative propre du maître d'ouvrage. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que, par procès-verbal du 17 octobre 2019, la date d'achèvement des travaux a été fixée au 26 juin 2019, avec une levée des réserves prévue le 30 octobre 2019. Par suite, la société MPO Fenêtres n'est pas fondée à soutenir que la réception des travaux aurait pu intervenir avant le 26 juin 2019.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de rectifier le décompte général de l'Université de Cergy-Pontoise et de la condamner à verser à la SAS MPO Fenêtres la somme de 17 700 euros au titre des pénalités de retard qu'elle lui a infligées. Les conclusions indemnitaires de la SAS MPO Fenêtres doivent donc être rejetées, y compris en ce qu'elles tendent à l'octroi d'intérêts moratoires capitalisés et au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SAS MPO Fenêtres la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Université de Cergy-Pontoise, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société MPO Fenêtres demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de la société par actions simplifiée (SAS) MPO Fenêtres est rejetée.
Article 2 : La SAS MPO Fenêtres versera à l'Université de Cergy-Pontoise la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS MPO Fenêtres et à l'Université de Cergy-Pontoise.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Lusinier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
V. Lusinier
La présidente,
Signé
C. OriolLa greffière,
Signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026