mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2007359 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | LECOMTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2020, M. B A, représenté par Me Lecomte, demande au tribunal :
1°) la réduction des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en ce qui concerne les rehaussements au titre de l'année 2014 et 2015 qui trouvent leur source dans la procédure de vérification de comptabilité dont a fait l'objet la SASU A à raison de charges non justifiées, celles-ci sont désormais justifiées à hauteur de 9 838,52 euros hors taxes pour 2014 et 7 337,53 euros hors taxes pour 2015 ;
- au titre de la seule année 2015, le produit de la cession d'un fonds de commerce par la SASU A a été mis sous séquestre et non désinvesti, de telle sorte qu'en application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts il ne constitue pas un revenu distribué ;
- cette somme était en tout état de cause indisponible au titre de l'année d'imposition.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du département du Val-d'Oise conclut au non-lieu à concurrence du dégrèvement intervenu en cours d'instance et au rejet du surplus de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle a octroyé un dégrèvement en droits et pénalités de 6 024 euros au titre de l'année 2015 ;
- en ce qui concerne l'année 2014, la requête est irrecevable faute pour le requérant d'avoir adressé, préalablement à sa requête, une réclamation préalable à l'administration ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- et les conclusions de M. Bories, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la vérification de comptabilité de la SASU A, dont M. A est le président et associé unique, l'administration fiscale l'a informé, par une proposition de rectification du 3 août 2017 établie selon la procédure de rectification contradictoire, que les bénéfices reconstitués de cette société seraient imposés entre ses mains en tant que revenus distribués sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts au titre des années 2014 et 2014. M. A demande au tribunal la réduction des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur l'étendue du litige :
2. L'administration fiscale a prononcé, par une décision du 1er décembre 2020, postérieure à l'enregistrement de la requête, le dégrèvement en droits et pénalités, pour un montant de 6 024 euros des cotisations supplémentaires à l'impôts sur le revenu et aux contributions sociales, ainsi que des pénalités y afférentes, auxquelles M. A avait été assujetti au titre de l'année 2015. À concurrence de cette somme, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête.
Sur la fin de non-recevoir au titre de l'année 2014 :
3. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition ". Aux termes de l'article L. 199 du même livre : " En matière d'impôts directs et de taxes sur le chiffre d'affaires ou de taxes assimilées, les décisions rendues par l'administration sur les réclamations contentieuses et qui ne donnent pas entière satisfaction aux intéressés peuvent être portées devant le tribunal administratif ". Enfin, aux termes de l'article R. 199-1 de ce livre : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur sa réclamation, que cette notification soit faite avant ou après l'expiration du délai de six mois prévu à l'article R. 198-10. Toutefois, le contribuable qui n'a pas reçu de décision de l'administration dans le délai de six mois mentionné au premier alinéa peut saisir le tribunal dès l'expiration de ce délai ".
4. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 199 et R. 190-1 du livre des procédures fiscales que les demandes en décharge ou en réduction d'une imposition ne sont recevables devant le tribunal administratif que si elles ont été précédées d'une réclamation adressée à l'administration des impôts
5. M. A ne conteste pas, ainsi que le fait valoir l'administration, qu'il n'a formé aucune réclamation, qui aurait été introduite dans le délai de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, contre les impositions supplémentaires qui ont été mises à sa charge au titre de l'année 2014. Par suite, ces conclusions sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur le bien-fondé des impositions restant en litige :
6. Aux termes de l'article 109-1 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ". Aux de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés () ". Il résulte des dispositions des articles 108 et suivants du code général des impôts que les revenus de capitaux mobiliers sont imposables au titre de l'année au cours de laquelle le contribuable en a eu la disposition.
7. La SASU A a cédé par acte sous-seing privé le fonds de commerce qu'elle détenait le 27 avril 2015. Cette société n'ayant pas constaté le produit de cette opération de cession dans sa comptabilité et sa déclaration de résultat, l'administration fiscale a réintégré la plus-value en résultant de 118 000. Elle a ensuite, en application des dispositions de l'article 109,1, 1° du code général des impôts, imposé cette somme entre les mains de M. A dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Il résulte toutefois de l'instruction que, par une ordonnance de référé du 13 août 2015, le président du tribunal de commerce de Paris a ordonné le maintien du prix de cession entre les mains de Me Marchal, l'acquéreur du fonds de commerce ayant entendu obtenir l'annulation de la vente, jusqu'au jugement de l'affaire au fond qui est intervenu en 2016. Il a ainsi placé le maintien du reliquat du prix de cession sous séquestre judiciaire. Le requérant, qui supporte la charge de la preuve faute d'avoir présenté des observations à la proposition de rectification dans le délai de trente jours, établit ce faisant que la somme en litige était placée sous séquestre judiciaire au titre de l'année 2015. Partant, il démontre qu'au titre de l'année d'imposition en litige, la plus-value de cession du fonds de commerce de la SASU A était rendue par conséquent indisponible, et ne pouvait être regardée comme ayant été désinvestie de la société et mise à sa disposition. La circonstance que M. A puisse être considéré comme le seul maître de l'affaire, qui permet d'instaurer une présomption d'appréhension des bénéfices distribués en application du 1° du 1 de l'article 109 précité, qui ne peut être utilement combattue aux seules motifs qu'il n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes ou qu'elles auraient été versées à des tiers, est à cet égard sans incidence sur l'application de ces dispositions qui établissent en amont une présomption de distribution à l'égard des seuls bénéfices disponibles et qui ne sont pas restés investis dans l'entreprise. C'est donc à tort que l'administration fiscale a imposé entre les mains de M. A au titre de l'année 2015, sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, la somme en litige de 118 000 euros.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la réduction de la base d'imposition à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales assignée au titre de l'année 2015 à hauteur de 118 000 euros et, ce faisant, la décharge, en droits et pénalités, de ces cotisations résultant de cette réduction de la base imposable.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujetti au titre de l'année 2015, à concurrence, en droits et pénalités, de la somme de 6 024 euros.
Article 2 : La base d'imposition supplémentaire à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales fixée à M. A au titre de l'année 2015 est réduite de 118 000 euros.
Article 3 : M. A est déchargé des cotisations supplémentaires l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015, ainsi que des pénalités correspondantes, correspondant à la réduction de la base d'imposition définie à l'article 2 du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Amazouz, premier conseiller,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
signé
T. BertonciniL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
S. Amazouz
La greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2007359
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026