jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2007411 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET EYMARD-SABLIER ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2020 sous le numéro 2012813, et un mémoire enregistré le 10 mars 2023, la société par actions simplifiée (SAS) DITER, représentée par Me Charmard-Sablier, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) à lui verser la somme de 752 746,48 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre du solde du décompte général du lot n° 1B " Menuiseries extérieures aluminium - occultations " du marché d'extension et de réhabilitation de l'école Saint-Exupéry, majorée des intérêts moratoires à compter du 13 avril 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bois-Colombes la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le projet de décompte final transmis est devenu le décompte général et définitif par acceptation tacite le 13 mars 2020 en application de l'article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés de travaux ;
- le document établi par la commune de Bois-Colombes le 2 avril 2020 comporte des erreurs de relevés comptables, lui inflige des pénalités qui ne sont pas justifiées, ne tient pas compte des travaux supplémentaires réalisés et omet de libérer les retenues provisoires ;
- la commune a de surcroît commis des fautes en raison de l'allongement de la durée du chantier, qui lui ont fait subir divers préjudices dont elle n'a pas tenu compte.
Par un courrier du 16 mars 2021, le tribunal a proposé aux parties de régler leur litige par une médiation. Le tribunal a été informé, le 7 septembre 2021, qu'aucun accord n'avait pu être trouvé et qu'il était mis fin à la médiation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 novembre 2021 et le 12 mai 2023, la commune de Bois-Colombes, représentée par Me Hasday, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la SAS DITER sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SAS DITER ne sont pas fondés.
II- Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2020 sous le numéro 2007411, et des mémoires enregistrés le 9 octobre 2020, le 2 février 2021, le 4 novembre 2021 et le 16 mars 2022, ainsi qu'un mémoire récapitulatif enregistré le 13 mars 2023, la SAS DITER, représentée par Me Charmard-Sablier, demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la commune de Bois-Colombes à lui verser à titre provisionnel la somme de 752 746,48 euros TTC, majorée des intérêts moratoires à compter du 13 avril 2020, au titre du décompte général du lot n° 1B " Menuiseries extérieures aluminium - occultations " du marché d'extension et de réhabilitation de l'école Saint-Exupéry, et la somme de 40 euros au titre de l'indemnité de recouvrement forfaitaire ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bois-Colombes la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle invoque les mêmes moyens et se prévaut des mêmes fautes que dans le cadre de la requête n°2012813 susvisée.
Par un courrier du 16 mars 2021, le tribunal a proposé aux parties de régler leur litige par une médiation. En l'absence de réponse de la SAS DITER, l'affaire est retournée à l'instruction le 7 septembre 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 septembre 2020, le 24 décembre 2020, le 13 septembre 2021 et le 4 avril 2022, la commune de Bois-Colombes, représentée par Me Hasday, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SAS DITER sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle se prévaut des mêmes moyens de défense que dans la requête enregistrée sous le n° 2012813 susvisée.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 modifié portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère,
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- les observations de Me Sablier, représentant la SAS DITER ;
- et les observations de Me Dimondo, représentant la commune de Bois-Colombes.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 4 juillet 2016, la commune de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) a attribué à la société par actions simplifiées (SAS) DITER le lot n° 1B " Menuiseries extérieures aluminium - occultations " du marché d'extension et de réhabilitation de l'école Saint-Exupéry pour un montant de 1 078 800,12 euros toutes taxes comprises (TTC). Par sa requête n° 2012813, la SAS DITER demande au tribunal de condamner la commune de Bois-Colombes à lui verser la somme de 752 746,48 euros TTC au titre du solde du décompte général et définitif de ce marché, majorée des intérêts moratoires à compter du 13 avril 2020. Par sa requête n° 2007411, la SAS DITER demande au tribunal de condamner la commune de Bois-Colombes à lui verser la même somme à titre de provision, assortie de 40 euros au titre de l'indemnité de recouvrement forfaitaire.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n°s 2012813 et 2007411 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
I- Requête n° 2012813 :
Sur l'existence d'un décompte général et définitif obtenu tacitement :
3. Aux termes de l'article 13.3 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG-Travaux), dans sa rédaction issue de l'arrêté du 3 mars 2014 : " 13.3.1. Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. () 13.3.2. Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 () Toutefois, s'il est fait application des dispositions de l'article 41.5, la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux visés à cet article est substituée à la date de notification de la décision de réception des travaux comme point de départ des délais ci-dessus. () 13.3.3. Le maître d'œuvre accepte ou rectifie le projet de décompte final établi par le titulaire. Le projet accepté ou rectifié devient alors le décompte final. () ". Selon l'article 13.4 de ce même CCAG : " 13.4.1. Le maître d'œuvre établit le projet de décompte général, qui comprend : -le décompte final ; -l'état du solde, établi à partir du décompte final et du dernier décompte mensuel, dans les mêmes conditions que celles qui sont définies à l'article 13.2.1 pour les acomptes mensuels ; -la récapitulation des acomptes mensuels et du solde. () 13.4.2. Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : - trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; - trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire. () 13.4.3. Dans un délai de trente jours compté à partir de la date à laquelle ce décompte général lui a été notifié, le titulaire envoie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, ce décompte revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer. () En cas de contestation sur le montant des sommes dues, le représentant du pouvoir adjudicateur règle, dans un délai de trente jours à compter de la date de réception de la notification du décompte général assorti des réserves émises par le titulaire ou de la date de réception des motifs pour lesquels le titulaire refuse de signer, les sommes admises dans le décompte final. Après résolution du désaccord, il procède, le cas échéant, au paiement d'un complément, majoré, s'il y a lieu, des intérêts moratoires, courant à compter de la date de la demande présentée par le titulaire. Ce désaccord est réglé dans les conditions mentionnées à l'article 50 du présent CCAG. () 13.4.4. Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, le titulaire notifie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé () Dans un délai de dix jours à compter de la réception de ces documents, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie le décompte général au titulaire. Le décompte général et définitif est alors établi dans les conditions fixées à l'article 13.4.3. Si, dans ce délai de dix jours, le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié au titulaire le décompte général, le projet de décompte général transmis par le titulaire devient le décompte général et définitif. Le délai de paiement du solde, hors révisions de prix définitives, court à compter du lendemain de l'expiration de ce délai. () ". L'article 41 du même CCAG-Travaux stipule que : " () 41.3. Au vu du procès-verbal des opérations préalables à la réception et des propositions du maître d'œuvre, le maître de l'ouvrage décide si la réception est ou non prononcée ou si elle est prononcée avec réserves. S'il prononce la réception, il fixe la date qu'il retient pour l'achèvement des travaux. La décision ainsi prise est notifiée au titulaire dans les trente jours suivant la date du procès-verbal. La réception prend effet à la date fixée pour l'achèvement des travaux. () 41.5. S'il apparaît que certaines prestations prévues par les documents particuliers du marché et devant encore donner lieu à règlement n'ont pas été exécutées, le maître de l'ouvrage peut décider de prononcer la réception, sous réserve que le titulaire s'engage à exécuter ces prestations dans un délai qui n'excède pas trois mois. La constatation de l'exécution de ces prestations doit donner lieu à un procès-verbal dressé dans les mêmes conditions que le procès-verbal des opérations préalables à la réception prévu à l'article 41.2. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le maître de l'ouvrage ne notifie au titulaire aucune décision expresse de réception ou de refus de réception dans les trente jours suivant la date du procès-verbal des opérations préalables à la réception, les propositions du maître d'œuvre s'imposent au maître de l'ouvrage et au titulaire. Dans ce cas, le point de départ du délai de trente jours pendant lequel le titulaire doit, en application de l'article 13.3.2 du CCAG-Travaux, transmettre son projet de décompte final, est alors déterminé au regard de la proposition du maître d'œuvre relative à la réception. Lorsque le maître d'œuvre propose de réceptionner l'ouvrage au moins en partie sous réserves, le délai ouvert au titulaire pour transmettre son projet de décompte final court à compter du procès-verbal de levée de ces réserves, y compris, le cas échéant, pour les travaux qu'il propose de réceptionner sans réserves ou avec réserves.
5. La SAS DITER soutient qu'elle a transmis le projet de décompte final au maître d'œuvre et au maître d'ouvrage le 13 janvier 2020 par la plateforme " Chorus ", qu'en l'absence de notification du décompte général par la commune de Bois-Colombes, dans le délai de trente jours prévu à l'article 13.4.2 précité du CCAG-Travaux, elle lui a notifié le projet de décompte général signé le 2 mars 2020 et que l'absence de réponse de la commune à l'issue du délai de dix jours, prévu par l'article 13.4.4 précité du CCAG-Travaux, a conféré à ce projet de décompte général signé la qualification de décompte général et définitif du marché, lequel, en l'espèce, est intervenu tacitement 13 mars 2020.
6. Toutefois, quand bien même la SAS DITER aurait effectivement adressé un projet de décompte final à la commune de Bois-Colombes et à la maîtrise d'œuvre le 13 janvier 2020 par la plateforme " Chorus ", il résulte de l'instruction que les procès-verbaux des 4 mai 2018 et 11 octobre 2019 ont prononcé la réception de certains travaux des phases 1 et 2 avec réserves, en fixant des date d'achèvement des travaux au 25 août 2018 et au 6 novembre 2019 respectivement, et d'autres sous réserves de l'exécution de certains travaux et prestations, la levée des réserves ayant finalement été prononcée par un procès-verbal du 24 février 2020. Ainsi, la SAS DITER ne pouvait établir son projet de décompte final en vue de le transmettre simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur en amont de cette date. Par suite, ce document ne peut être regardé ni comme le projet de décompte final au sens des articles 13.3.1 et 13.3.2 précités du CCAG-Travaux, ni comme le décompte général et définitif au sens de l'article 13.4.4 du même cahier qui serait intervenu tacitement le 13 mars 2020.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions principales de la SAS DITER tendant à ce que la commune de Bois-Colombes soit condamnée à lui verser la somme de 752 746,48 euros TTC, en exécution d'un décompte général et définitif tacitement obtenu, doivent être rejetées.
8. En revanche, les conclusions de la SAS DITER doivent être regardées comme tendant à la contestation du décompte général du 2 avril 2020 qui lui a été notifié par la commune de Bois-Colombes le 23 avril 2020, lequel fixe le solde du marché à la somme de 43 849,09 euros TTC à son débit.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Bois-Colombes :
9. Aux termes de l'article 50 du CCAG-Travaux, dans sa version applicable au présent litige : " () 50.1.1. Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif. () ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'un mémoire du titulaire d'un marché ne peut être regardé comme une réclamation au sens de l'article 50.1 du CCAG-Travaux que s'il comporte l'énoncé d'un différend et expose de façon précise et détaillée les chefs de la contestation en indiquant, d'une part, les montants des sommes dont le paiement est demandé, et, d'autre part, les motifs de ces demandes, notamment les bases de calcul des sommes réclamées. Si ces éléments ainsi que les justifications nécessaires peuvent figurer dans un document joint au mémoire, celui-ci ne peut pas être regardé comme une réclamation lorsque le titulaire se borne à se référer à un document antérieurement transmis au représentant du pouvoir adjudicateur ou au maître d'œuvre sans le joindre à son mémoire.
11. Il résulte de l'instruction que le mémoire en réclamation du 6 mai 2020, adressé par la SAS DITER à la commune de Bois-Colombes qui l'a reçu le 14 mai 2020, mentionne les motifs de sa contestation, notamment l'existence d'un décompte général et définitif tacite, le caractère injustifié des pénalités infligées et les fondements de ses demandes indemnitaires, les bases de calcul des sommes réclamées et est en outre assorti des différents échanges et documents préalables adressés à la commune à ce titre. Par suite, le mémoire en réclamation adressé par la SAS DITER étant conforme aux prescriptions de l'article 50.1 précité du CCAG-Travaux, il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Bois-Colombes et d'examiner l'établissement du décompte poste par poste.
Sur l'établissement du décompte général et définitif :
En ce qui concerne le passif du décompte :
Quant aux paiements effectués :
12. La SAS DITER soutient que le décompte litigieux mentionne à tort que la somme de 1 116 345,26 euros TTC lui a été versée au titre des douze situations de travaux, alors que la somme qui lui a été effectivement versée n'est que de 1 100 009,50 euros TTC, soit un écart de 16 335,74 euros TTC. Pour s'en défendre, la commune de Bois-Colombes fait valoir que cet écart correspond à l'addition de la somme de 15 764,48 euros correspondant aux pénalités appliquées du fait du retard sur le " hors d'eau / hors d'air " des travaux et de la somme de 571,57 euros au titre de la retenue de garantie sur l'avenant en plus-value, précisant à ce titre que le comptable public a procédé à une telle retenue dans l'attente d'une compensation entre les sommes au crédit et les sommes au bénéfice de la société. Toutefois, la commune de Bois-Colombes ne justifie ni de la réalité ni du montant, pas plus d'ailleurs que du fondement, de ces pénalités et de cette retenue. Par suite, la SAS DITER est fondée à soutenir que la somme de 16 335,74 euros TTC ne pouvait être mise à sa charge dans l'établissement du décompte général et définitif.
Quant aux pénalités :
13. En premier lieu, aux termes de l'article 5.3.2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché : " Par dérogation à l'article 20.1 du CCAG-Travaux, le titulaire subira en cas de non-respect du délai d'exécution par phase, une pénalité par jour calendaire d'un montant de : 1/1500ème du montant de la phase de travaux concernée. () ".
14. Il résulte de l'instruction, notamment du procès-verbal du 4 mai 2018, que l'achèvement des travaux de la phase 1 a été constaté le 13 avril 2018, soit 57 jours après la date de fin de travaux reportée au 15 février 2018 par l'ordre de service n° 5 du 22 novembre 2017, tandis qu'il ressort du procès-verbal du 11 octobre 2019 que l'achèvement des travaux de la phase 2 a été constaté le 30 août 2019, soit 30 jours après la date de fin de travaux reportée au 31 juillet 2019 par l'avenant n° 3 du 19 février 2019. Ainsi, la circonstance que le compte rendu de chantier du 4 octobre 2019 retienne 13 jours de retard pour la phase 1 des travaux et aucun jour de retard pour la phase 2 des travaux n'est pas de nature à remettre utilement en cause les 57 jours de retard retenus dans le cadre du décompte général et définitif au titre de ladite phase 1 et les 30 jours de retard retenus au titre de ladite phase 2. Par ailleurs, la société requérante n'établit pas que le retard objet des pénalités contestées ne lui est pas imputable en évoquant la liquidation de la société titulaire du lot 1-A " Gros œuvre " et en alléguant que la commune de Bois-Colombes n'aurait pas mis en œuvre des actions palliatives afin de remédier à l'allongement de la durée d'exécution des travaux, alors pourtant qu'il résulte de l'instruction qu'elle a décidé de leur report par ordres de service et avenants. Par suite, les conclusions de la SAS DITER tendant à ce qu'elle soit exonérée des pénalités en cause, fixées à 23 019,95 euros TTC et 7 011,80 euros TTC respectivement au titre des pénalités de retard révisées pour les phases 1 et 2 des travaux, doivent être rejetées.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5.4.1 du CCAP du marché : " La participation de chaque titulaire convoqué aux réunions de chantier, de synthèse, ou à toute autre réunion organisée par l'OPC ou le maître d'œuvre ou le CSPS est obligatoire. Par dérogation à l'article 20.1 du CCAG-Travaux, en cas d'absence de l'un des représentations du titulaire aux réunions de chantier, de synthèse, de CISSCT ou à toute autre réunion organisée par l'OPC ou le maître d'œuvre ou le CSPS, le maître d'ouvrage pourra appliquer une pénalité par absence constatée de 500 euros. ".
16. Il résulte de l'instruction, notamment des comptes rendus de chantier des 14 août 2019, 25 août 2019 et 4 octobre 2019, que la SAS DITER a été absente à 14 réunions de chantier pendant l'exécution des travaux du marché en litige, sans que le document produit par la commune, daté du 10 février 2020 et non contextualisé, ne permette d'établir la réalité des 70 absences dont elle se prévaut. Par suite, il y a lieu de limiter à 7 427 euros TTC, correspondant au montant des pénalités révisées pour 14 absences aux réunions de chantier, la somme de 37 135 euros inscrite à son débit dans le décompte.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article 5.4.3 du CCAP du marché : " Tout manquement, défaut d'application ou retard constaté dans l'application du règlement de chantier à faible impact environnemental, entraîne une pénalité financière d'un montant croissant de niveau 1 à 3 suivant la nature de l'infraction () En cas de manquement de l'entreprise aux règles établies dans le règlement de chantier à faible impact sur l'environnement, des pénalités financières seront appliquées à chaque infraction avérée, d'un montant croissant de niveau 1 à 3. Une pénalité par jour de retard et/ou par manquement pourra être appliquée dans les cas prévus au R.C.F.I.E. Les personnes habilitées à relever les infractions sont : le maître d'œuvre, l'OPC, les représentants du maître d'ouvrage, le SPS. ".
18. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 10 janvier 2018, la commune de Bois-Colombes a constaté l'infraction commise par la société requérante, selon laquelle l'état de propreté des espaces extérieurs était insatisfaisant, lui imposant de ce fait un délai de vingt-quatre heures pour procéder à la remise en l'état des espaces. Toutefois, la commune de Bois-Colombes n'établit pas que la société requérante n'aurait pas déférée à cette mise en demeure dans le délai imparti et ne justifie donc pas de la réalité de l'infraction alléguée pendant les quatre jours au titre desquels une pénalité journalière de 300 euros a été infligée. Par suite, les conclusions de la SAS DITER tendant à ce qu'elle soit exonérée de l'ensemble des pénalités en cause, d'un montant révisé de 1 252,80 euros TTC, doivent être accueillies.
En ce qui concerne l'actif du décompte :
Quant aux retenues provisoires :
19. Aux termes de l'article 5.3.1 du CCAP du marché : " a) Les retenues provisoires pourront être appliquées sur simple constatation de l'OPC ou à défaut du maître d'œuvre d'un retard par rapport : - aux délais partiels ou globaux des prestations suivantes : études, désignation de sous-traitants, fourniture de documents, production de devis ou échantillons, exécution, etc () - aux dates-clés ou dates-jalons () b) En cas de retard tel que défini au paragraphe précédent, le titulaire subira à la fin de chaque mois calendaire, une retenue provisoire déterminée () d) Les retenues provisoires sont restituées dans les cas suivants : () partiellement en cas de rattrapage : - ayant nécessité l'intervention accélérée des entreprises titulaires d'autres marchés ; - ayant induit des frais de quelque nature que ce soit au maitre d'ouvrage ou à son mandataire. En particulier, les coûts de location de bâtiments démontables résultant du non-respect du phasage de l'opération par le titulaire, lui seront imputés. e) Les retenues provisoires correspondant à la part du retard non rattrapé seront confirmées et transformées en pénalités définitives. ". Selon l'article 40 du CCAG-Travaux, dans sa rédaction applicable : " Si le marché prévoit des retenues provisoires pour retard dans la remise des documents conformes à l'exécution, dans les conditions précisées à l'article 40, ces retenues sont opérées sur le dernier décompte mensuel. Elles sont appliquées sans mise en demeure préalable et sont payées après la remise complète des documents. ".
20. Il résulte de l'instruction que la commune de Bois-Colombes a opéré des retenues provisoires, à l'encontre de la SAS DITER, d'un montant cumulé de 15 764,48 euros dans le cadre de l'état de situation n° 11 du 9 octobre 2018 au titre des retards d'exécution de la phase 1 des travaux, des absences aux réunions et des manquements aux obligations " haute qualité environnementale ". Toutefois, il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit aux points 14, 18 et 16 du présent jugement, que la commune de Bois-Colombes a également transformé ces retenues provisoires en pénalités définitives dans le cadre du décompte général et définitif, alors qu'elle ne pouvait pénaliser la société titulaire à deux reprises en raison des mêmes manquements. Par ailleurs, la commune de Bois-Colombes n'établit pas, en se bornant faire état de la désorganisation du chantier, qu'eût été nécessaire l'intervention accélérée des entreprises titulaires d'autres marchés, ni que des frais lui auraient été imputés en raison du non-respect du phasage de l'opération par la société requérante. Par suite, la SAS DITER est fondée à demander que la somme de 15 764,48 euros soit portée à son crédit dans le décompte général et définitif.
Quant aux travaux supplémentaires :
21. Dans le cadre d'un marché à prix global et forfaitaire, l'entrepreneur a le droit d'être indemnisé du coût des travaux supplémentaires, non prévus au contrat, s'ils ont été prescrits par ordre de service ou acceptés par le maître de l'ouvrage ou si à défaut d'ordre de service ou d'acceptation du maître de l'ouvrage, ils présentent un caractère indispensable à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art. La charge définitive de l'indemnisation incombe, en principe, au maître de l'ouvrage.
22. La SAS DITER soutient que la commune de Bois-Colombes lui a imposé la réalisation de la prestation " pose d'un châssis aluminium entre la loge et l'escalier ", par un ordre de service n° 8 du 17 juin 2019, constitutive de travaux supplémentaires pour un montant de 7 149,54 euros hors taxes (HT). Toutefois, la société n'établit pas que cette prestation n'était pas prévue par le marché initial, notamment par les plans " A11-PAO et coupe A32 EAB ". En tout état de cause, la société requérante ne justifie pas davantage du montant d'indemnisation sollicitée en produisant un devis du 13 décembre 2018 d'un montant de 2 733,07 euros HT pour la fourniture et la pose dudit châssis, un devis du 27 juin 2019 d'un montant de 1 962,47 euros HT pour le remplacement d'un vitrage cassé et en soutenant que la réponse tardive de la commune à ses devis lui aurait causé un surcoût d'un montant de 2 454 euros HT. Par suite, les conclusions de la SAS DITER tendant à l'inscription de la somme de 7 149,54 euros HT à son crédit dans le décompte général et définitif doivent être rejetées.
Quant aux préjudices invoqués inhérents à l'allongement de la durée du chantier :
23. Les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché à forfait ne peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés trouvent leur origine dans des sujétions imprévues, c'est-à-dire des sujétions présentant un caractère exceptionnel et imprévisible et dont la cause est extérieure aux parties, ayant eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat, soit qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en œuvre, en particulier dans le cas où plusieurs cocontractants participent à la réalisation de travaux publics
24. La SAS DITER n'établit pas que l'allongement de la durée d'exécution des travaux serait intervenu en raison de sujétions imprévues dont la cause serait extérieure aux parties en se bornant à soutenir que la négligence de la commune de Bois-Colombes en est la cause. Elle n'établit pas davantage que la commune aurait commis une faute dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché dès lors qu'elle a, notamment, procédé au report des délais d'exécution. Par suite, la SAS DITER n'est pas fondée à solliciter l'engagement de la responsabilité de la commune de Bois-Colombes au titre des difficultés rencontrées dans l'exécution du marché en litige, ni par suite à l'indemnisation des préjudices qui en seraient résultés.
25. En tout état de cause, si la société requérante soutient premièrement qu'elle a subi un préjudice de 15 365 euros HT en raison de l'obligation qui a été la sienne de stocker des matériaux et fournitures pendant 76 jours dans ses locaux pour un montant de 202 euros HT par jour, elle n'en justifie pas par les pièces versées à l'instance. Deuxièmement, si la SAS DITER soutient qu'elle a subi un préjudice de 35 745 euros HT en raison de l'impact sur sa productivité de la vaine immobilisation de sept de ses salariés sur le chantier du marché contesté, elle ne justifie pas du nombre d'heures de travail prétendument perdues en se bornant à indiquer dans sa requête qu'il s'agit de 784 heures de travail rémunérées en moyenne à 45,60 euros de l'heure, avant d'indiquer dans ses écritures complémentaires qu'il s'agirait en réalité de 1 198 heures de travail rémunérées en moyenne à 29,92 euros de l'heure. Troisièmement, si la SAS DITER soutient qu'elle a subi un préjudice de 55 560 euros HT, au motif qu'elle a dû recruter des prestataires externes pour assurer l'avancée de ses autres chantiers, elle n'en justifie pas en se bornant à produire les fiches de paie des salariés temporairement recrutés et les factures relatives à ces autres chantiers. Quatrièmement, si la SAS DITER soutient qu'elle a subi un préjudice de 75 458 euros tiré des frais de déplacement et d'hébergement supplémentaires de ses salariés pendant l'allongement de la durée d'exécution des travaux du marché en litige, elle ne justifie pas de la réalité de ce préjudice ni du montant sollicité en se bornant à produire des documents budgétaires non datés ni contextualisés et les fiches de paie de ses salariés. Enfin, si la société requérante soutient qu'elle a subi un préjudice de 387 852 euros HT en raison de sa perte de marge brute consécutive à l'impossibilité qui aurait été la sienne de pouvoir intervenir sur d'autres chantiers pendant la durée d'allongement d'exécution des travaux du marché en litige, en comparaison avec la marge brute moyenne réalisée au cours des exercices 2017, 2018 et 2019, elle n'établit pas que cette contrainte, à la supposer établie, aurait été exclusivement liée à l'allongement de la durée d'exécution du marché en litige pour une durée de 76 jours.
En ce qui concerne le solde du décompte général et définitif :
26. Il y a lieu de fixer le solde du décompte en faisant état de tous les éléments actifs et passifs résultant d'obligations ayant une existence certaine et devant figurer sur ledit décompte.
27. Dans le décompte général et définitif établi par la commune de Bois-Colombes, le solde dû sur le montant TTC du marché, avant imputation des retenues diverses, s'élève à 24 570,46 euros TTC au bénéfice de la SAS DITER. En vertu de ce qui vient d'être dit, il convient d'y ajouter les sommes de 16 335,74 euros TTC et de 15 764,48 euros au titre respectivement des paiements non effectués et de l'absence de libération des retenues provisoires, soit une somme globale révisée du montant du marché de 56 670,68 euros TTC. De cette somme, il convient de retrancher seulement celles de 23 019,95 euros et 7 011,80 euros au titre des pénalités de retard révisées pour les phases 1 et 2 des travaux, et celle de 7 427 euros au titre des pénalités révisées pour absence aux réunions de chantier. Par suite, la somme finalement due par la commune de Bois-Colombes à la SAS DITER au titre du solde du marché s'élève à 19 211,93 euros TTC.
Sur les intérêts moratoires :
28. Aux termes des dispositions de l'article 13.4 du CCAG-Travaux, dans sa version applicable au litige : " () 13.4.3. () En cas de contestation sur le montant des sommes dues, le représentant du pouvoir adjudicateur règle, dans un délai de trente jours à compter de la date de réception de la notification du décompte général assorti des réserves émises par le titulaire ou de la date de réception des motifs pour lesquels le titulaire refuse de signer, les sommes admises dans le décompte final. Après résolution du désaccord, il procède, le cas échéant, au paiement d'un complément, majoré, s'il y a lieu, des intérêts moratoires, courant à compter de la date de la demande présentée par le titulaire. () ". L'article R. 2192-10 du code de la commande publique dispose que : " Le délai de paiement prévu à l'article L. 2192-10 est fixé à trente jours pour les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entité adjudicatrice. ". Selon l'article R. 2192-32 du même code : " Les intérêts moratoires courent à compter du lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse. ". Enfin, selon l'article R. 2192-31 de ce code : " Le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. ".
29. En vertu de ces stipulations, la commune de Bois-Colombes versera à la SAS DITER les intérêts moratoires au taux contractuel sur la somme de 19 211,93 euros TTC, mentionnée au point 27 du présent jugement, à compter du 14 mai 2020, date de réception du mémoire en réclamation du 6 mai 2020 contestant le décompte général et définitif du 2 avril 2020.
Sur les frais liés au litige :
30. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bois-Colombes la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II- Requête n° 2007411 :
Sur le non-lieu à statuer partiel :
31. Dès lors que le présent jugement n° 2012813 statue au fond sur les conclusions indemnitaires de la SAS DITER, ses conclusions à fin d'octroi d'une provision au titre du décompte litigieux présentées dans la requête n° 2007411 sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer. Il y a lieu, toutefois, d'examiner les conclusions indemnitaires à fin d'octroi d'une provision au titre de l'indemnité de recouvrement présentées par la SAS DITER et les conclusions présentées par les parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur l'indemnité forfaitaire de recouvrement :
32. Aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " () Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire. () ". Selon l'article D. 2192-35 du même code : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. ".
33. Il résulte de ces dispositions et de ce qui a été dit aux points précédents du présent jugement que la commune de Bois-Colombes versera une provision de 40 euros à la SAS DITER au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Sur les frais liés au litige :
34. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bois-Colombes la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2007411 de la SAS DITER tendant à l'octroi d'une provision au titre du règlement du solde du marché.
Article 2 : La commune de Bois-Colombes est condamnée à verser à la SAS DITER la somme de 19 211,93 euros toutes taxes comprises au titre du solde du marché, assortie des intérêts au taux légal calculés selon les modalités indiquées au point 29 du présent jugement.
Article 3 : La commune de Bois-Colombes est condamnée à verser à la SAS DITER une provision de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Article 4 : La commune de Bois-Colombes versera à la SAS DITER la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SAS DITER et à la commune de Bois-Colombes.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Gay-Heuzey, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
A. GAY-HEUZEY
La présidente,
Signé
C. ORIOL
La greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
N°s 2007411 - 2012813
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026