LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2007466

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2007466

vendredi 16 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2007466
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantSELARL GUIDET ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 31 juillet 2020, 10 novembre 2022, 30 novembre 2022 et 20 avril 2023, ainsi qu'un mémoire récapitulatif, produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative et enregistré le 20 décembre 2023, sous le n° 2007466, M. B A, représenté par Me Guidet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 et 2014 ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les rectifications opérées dans la catégorie des bénéfices non commerciaux ne sont pas fondées dès lors qu'au titre des années en litige, les revenus tirés de son activité de photographe-auteur doivent être imposés dans la catégorie des traitements et salaires en application des dispositions du 1 quater de l'article 93 du code général des impôts ;

- contrairement à ce que fait valoir l'administration fiscale, il a déclaré l'intégralité de ses droits d'auteur de source étrangère ;

- il est fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des paragraphes 20, 40 et 50 de la documentation administrative de base référencée BOI-BNC-SECT-20-10-20 ;

- les pénalités appliquées sur le fondement de l'article 1728 du code général des impôts ne sont pas fondées dès lors qu'il pouvait déclarer les revenus qu'il a perçus au titre des années 2013 et 2014 dans la catégorie des traitements et salaires et qu'il n'avait aucune obligation de déposer une déclaration de bénéfices non commerciaux.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 novembre 2020 et 17 février 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 31 juillet 2020, 10 novembre 2022, 30 novembre 2022 et 20 avril 2023, ainsi qu'un mémoire récapitulatif, produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative et enregistré le 20 décembre 2023, sous le n° 2007467, M. A, représenté par Me Guidet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour les périodes correspondant aux années 2013, 2014 et 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- s'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2013 et 2014, s'il ne conteste pas la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires à partir des encaissements bancaires qui a été mise en œuvre, les retraitements nécessaires n'ont pas été effectués par le service vérificateur qui n'a pas tenu compte, d'une part, des revenus de source étrangère qui ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée et, d'autre part, des droits d'auteur ayant fait l'objet d'une retenue à la source de taxe sur la valeur ajoutée en application de l'article 285 bis du code général des impôts ;

- s'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée de l'année 2015, la méthode employée par le service vérificateur pour déterminer la base imposable à la taxe sur la valeur ajoutée est sommaire et ne saurait servir de base aux rappels correspondant ;

- les pénalités appliquées pour absence de dépôt des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée ne sont pas fondées, dès lors que les rappels de taxe en litige sont sans objet.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 novembre 2020 et 17 février 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

III. Par une réclamation du 22 décembre 2020, réitérée le 30 décembre 2021, soumise d'office au tribunal par la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise en application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, enregistrée le 24 mars 2022 sous le n° 2204405 et valant requête introductive d'instance, des mémoires, enregistrés les 30 novembre 2022 et 21 avril 2023, ainsi qu'un mémoire récapitulatif, produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative et enregistré le 20 décembre 2023, M. A demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour les périodes correspondant aux années 2016, 2017 et 2018 ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la méthode employée par le service vérificateur pour déterminer la base imposable à la taxe sur la valeur ajoutée des années 2016 à 2018 est sommaire et ne saurait servir de base aux rappels correspondant ;

- les retraitements nécessaires n'ont pas été effectués par le service vérificateur qui n'a pas tenu compte, d'une part, des revenus de source étrangère qui ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée et, d'autre part, des droits d'auteur ayant fait l'objet d'une retenue à la source de taxe sur la valeur ajoutée en application de l'article 285 bis du code général des impôts.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 mars 2022 et 17 février 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Amazouz, rapporteur,

- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,

- et les observations de Me Lebegue, substituant Me Guidet, avocat de M. A.

Des notes en délibéré, produites pour M. A dans les instances n° 2007466, n° 2007467 et n° 2204405, ont été enregistrées le 25 janvier 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2007466, n° 2007467 et n° 2204405, présentées pour M. A, concernent la situation d'un même contribuable et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. A, qui exerce une activité de photographe-auteur, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité de son activité au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014. Par des propositions de rectification des 20 et 23 mai 2016, l'administration fiscale lui a notifié, selon la procédure de taxation d'office, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour les périodes correspondant aux années 2013 et 2014, ainsi que des rectifications dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, ayant généré des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des mêmes années. À la suite d'un contrôle sur pièces, l'administration fiscale lui a également notifié, selon la procédure de taxation d'office, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de période correspondant à l'année 2015, par une proposition de rectification datée du 16 septembre 2016. La réclamation du 27 décembre 2019 dirigée contre les impositions supplémentaires des années 2013 à 2015 a été rejetée par des décisions en date du 15 juin 2020. À la suite d'un nouveau contrôle sur pièces, par une proposition de rectification du 3 juin 2019, l'administration fiscale a notifié à l'intéressé, selon la procédure de taxation d'office, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour les périodes correspondant aux années 2016, 2017 et 2018. La réclamation du 22 décembre 2020, réitérée le 30 décembre 2021, dirigée contre ces rappels de taxe sur la valeur ajoutée a été soumise d'office au tribunal par l'administration fiscale en application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales. A l'appui des requêtes visées ci-dessus, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 et 2014, ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour les périodes correspondant aux années 2013 à 2018.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu :

S'agissant de l'application de la loi fiscale :

3. Aux termes de l'article 92 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus. / 2. Ces bénéfices comprennent notamment : / () 2° Les produits de droits d'auteurs () ". Aux termes du 1 quater de l'article 93 du même code : " Lorsqu'ils sont intégralement déclarés par les tiers, les produits de droits d'auteur perçus par les auteurs des œuvres de l'esprit mentionnées à l'article L. 112-2 du code de la propriété intellectuelle sont, sans préjudice de l'article 100 bis, soumis à l'impôt sur le revenu selon les règles prévues en matière de traitements et salaires. / () ". Aux termes de l'article 241 du code général des impôts, dans sa version applicable au titre des années en litige : " Les entreprises, sociétés ou associations qui procèdent à l'encaissement et au versement des droits d'auteur ou d'inventeur sont tenues de déclarer, dans les conditions prévues aux articles 87, 87 A, 89 et 89 A, le montant des sommes qu'elles versent à leurs membres ou à leurs mandants ".

4. Il résulte de l'instruction que M. A, qui exerce une activité de photographe-auteur, a déclaré les revenus tirés de son activité sous le régime " micro-BNC " au titre de l'année 2013 et dans la catégorie des traitements et salaires au titre de l'année 2014. À l'issue de la vérification de comptabilité de son activité, après avoir reconstitué le chiffre d'affaires de l'intéressé à partir des encaissements constatés sur son compte bancaire professionnel, l'administration fiscale a estimé que ses revenus relevaient de la catégorie des bénéfices non commerciaux et devaient être imposés sous le régime de la déclaration contrôlée. Pour refuser d'imposer les revenus perçus par M. A selon les règles applicables aux traitements et salaires, l'administration fiscale s'est notamment fondée sur le motif que les droits d'auteur mentionnés sur les factures clients présentées au vérificateur n'ont pas été déclarés par des tiers. Si le requérant se prévaut des dispositions précitées du 1 quater de l'article 93 du code général des impôts, il ne produit aucun élément de nature à établir que les revenus qu'il a perçus au titre des années 2013 et 2014, dont il ne précise d'ailleurs pas la nature, auraient donné lieu au dépôt de la déclaration prévue à l'article 241 du code général des impôts et que les produits de droits d'auteur qu'il aurait perçus ont été intégralement déclarés par le tiers versant. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que ses revenus devaient être imposées selon les règles applicables aux traitements et salaires en application du 1 quater de l'article 93 du code général des impôts et que c'est à tort que l'administration fiscale a estimé que lesdits revenus étaient imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux en application de l'article 92 du même code.

S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :

5. M. A se prévaut sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales des paragraphes 20, 40 et 50 de la documentation administrative de base référencée BOI-BNC-SECT-20-10-20 qui prévoit notamment que " Lorsqu'ils sont perçus par des bénéficiaires domiciliés fiscalement en France, les produits de droits d'auteur versés directement par des débiteurs établis ou domiciliés à l'étranger sont normalement passibles de l'impôt sur le revenu en France. () Il est évident que, lorsqu'elles sont établies à l'étranger, les entreprises, sociétés ou associations, chargées de l'encaissement ou du versement des droits ne sont pas tenues à l'obligation de déclaration prévue à l'article 241 du CGI. En droit strict, les auteurs d'œuvres de l'esprit bénéficiaires de ces droits de source étrangère devraient donc se voir refuser l'application des dispositions du 1 quater de l'article 93 du CGI. Afin de ne pas pénaliser les auteurs d'œuvres de l'esprit de notoriété internationale, il a été décidé, par mesure de tempérament, de ne pas les priver, pour ce seul motif, du bénéfice du régime spécial. Mais s'il apparaissait, à la suite d'un contrôle du service, que les intéressés n'ont pas déclaré l'intégralité des droits de source étrangère, il conviendrait de leur retirer le bénéfice du régime des salariés pour la totalité des droits d'auteur perçus () ". À ce titre, le requérant soutient que, contrairement à ce que fait valoir l'administration fiscale, il a déclaré l'intégralité de ses droits d'auteur de source étrangère au titre des années en litige. Toutefois, à supposer que les revenus de source étrangère perçus par M. A puissent être qualifiés de droits d'auteur, le requérant, qui ne tenait pas de livre-journal de recettes-dépenses, ne fournit aucune précision ni aucun élément sur les revenus qu'il a spontanément déclarés au titre des années 2013 et 2014. Le seul fait que les revenus qu'il a déclaré sous le régime " micro-BNC " au titre de l'année 2013, dont le montant n'est d'ailleurs pas justifié, excède le montant reconstitué de son chiffre d'affaires au titre de cette année ne suffit pas à démontrer qu'il avait déclaré l'intégralité de ses revenus de source étrangère en 2013. En outre, au titre de l'année 2014, le montant reconstitué de son chiffre d'affaires excède celui déclaré dans la catégorie des traitements et salaires. Si les factures produites relatives à ses revenus de source étrangère correspondent à des encaissements bancaires identifiés en annexe de la proposition de rectification, une telle circonstance ne suffit pas à démontrer que les revenus correspondant ont été déclarés intégralement. Ainsi, le requérant, qui ne démontre pas avoir déclaré l'intégralité de ses droits d'auteur de source étrangère, n'est pas fondé à se prévaloir des énonciations des paragraphes 20, 40 et 50 de la documentation administrative de base référencée BOI-BNC-SECT-20-10-20 dans les prévisions desquels il n'entre pas.

En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

S'agissant de la charge de la preuve :

6. Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige ayant été notifiés à M. A selon la procédure de taxation d'office, pour défaut de déclaration, sur le fondement du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve de l'exagération des impositions lui incombe sur le fondement de l'article L. 193 du même livre.

S'agissant des années 2013 et 2014 :

7. M. A soutient que le chiffre d'affaires reconstitué par le service vérificateur et soumis à la taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2013 et 2014 comprend des revenus de source étrangère, qui ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que des droits d'auteur ayant fait l'objet d'une retenue à la source de taxe sur la valeur ajoutée en application de l'article 285 bis du code général des impôts. Toutefois, d'une part, s'agissant des revenus de source étrangère, le requérant se borne à produire des factures relatives à des prestations servies à des sociétés étrangères au titre des années 2013 et 2014, ainsi que des informations générales relatives à certaines de ces sociétés mais ne précise pas sur quel fondement les prestations en cause ne seraient pas soumises à la taxe sur la valeur ajoutée en France, alors que le siège de son activité économique se situe en France. D'autre part, en se bornant à produire des informations générales sur des sociétés d'édition à qui il a facturé des prestations, le requérant n'établit pas que les droits d'auteur perçus de ces sociétés aurait fait l'objet d'une retenue à la source de taxe sur la valeur ajoutée par ces dernières. Dans ces conditions, M. A n'établit pas le caractère exagéré des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés au titre des années 2013 et 2014.

S'agissant des années 2015 à 2018 :

8. En premier lieu, pour déterminer le montant du chiffre d'affaires soumis à la taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2015, le service vérificateur s'est référé aux résultats du contrôle portant sur les années 2013 et 2014, pour lesquels les encaissements des clients s'élevaient respectivement à 109 826 euros et 74 830 euros, et a estimé, sur la base de ces éléments, que le chiffre d'affaires de l'année 2015 s'élevait à 100 000 euros. Pour les années 2016 à 2018, le service vérificateur s'est fondé sur les mêmes éléments et a estimé que le chiffre d'affaires taxable s'élevait à 92 328 euros. En se bornant à faire valoir que le service vérificateur ne s'est basé sur aucun élément tangible pour déterminer le chiffre d'affaires, sans fournir aucun élément de nature à démontrer que le montant retenu par le service serait supérieur au chiffre d'affaires qu'il a effectivement réalisé, le requérant ne démontre pas le caractère exagéré des bases d'imposition retenues. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir que, du fait de son caractère sommaire, la méthode retenue par le service vérificateur ne saurait servir de base aux rappels en litige.

9. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du présent jugement, M. A ne démontre pas que le chiffre d'affaires reconstitué par le service vérificateur au titre des années 2015 à 2018 comprendrait des revenus de source étrangère, qui ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée, et des droits d'auteur ayant fait l'objet d'une retenue à la source de taxe sur la valeur ajoutée en application de l'article 285 bis du code général des impôts. Dans ces conditions, M. A n'établit pas le caractère exagéré des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés au titre des années 2015 à 2018.

En ce qui concerne les pénalités :

10. En premier lieu, aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; / () ".

11. Il est constant que M. A n'a pas souscrit de déclarations de bénéfices non commerciaux sous le régime de la déclaration contrôlée au titre des années 2013 et 2014. Contrairement à ce qu'il fait valoir et ainsi qu'il a été dit aux points 3 à 5 du présent jugement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que ses revenus devaient être imposées selon les règles applicables aux traitements et salaires et qu'il n'était pas tenu de déposer une déclaration de bénéficies non commerciaux. Ainsi, M. A, qui ne conteste pas qu'il n'a pas déposé de déclarations de bénéfices non commerciaux en dépit des mises en demeure qui lui ont été adressées par l'administration fiscale, n'est pas fondé à contester le bien-fondé des pénalités appliquées sur le fondement de l'article 1728 du code général des impôts aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 et 2014.

12. En second lieu, les rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2013 à 2015 étant fondés, M. A n'est pas fondé à demander la décharge des pénalités dont ces droits ont été assortis.

Sur les frais liés aux litiges :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans les présentes instances, les sommes que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes visées ci-dessus de M. A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

M. Amazouz, premier conseiller,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.

Le rapporteur,

S. AmazouzLe président,

T. Bertoncini

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière

2, 2007467, 2204405

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions