mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2007583 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AVODIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 août 2020, la SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique, représentée par Me Neto, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, en droits et pénalités, qui lui ont été assignés pour la période allant du 1er juillet 2011 au 31 juillet 2014, ainsi que des rehaussements d'impôt sur les sociétés auxquels elle a été assujettie au titre des années 2011, 2012 et 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure est irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été régulièrement informée de la vérification de comptabilité ; à cet égard, l'administration n'a pas vérifié la qualité du signataire de l'accusé de réception du pli contenant l'avis de vérification, la privant ainsi de l'information sur les garanties dont elle pouvait bénéficier ;
- c'est à tort que l'administration a emprunté la voie de la taxation d'office, dès lors qu'elle n'apporte pas la preuve de la notification des mises en demeure de souscrire ses déclarations ;
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Froc,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique, qui exploite une activité de conception, installation et maintenance de cuisine de restaurant, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013, étendue en matière de TVA au 31 juillet 2014. A l'issue de ce contrôle, et aux termes de propositions de rectification des 15 décembre 2014 et 15 décembre 2015, le service lui a assigné, selon la procédure de taxation d'office prévue à l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, des rappels de TVA afférents à la période allant du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de ses exercices clos en 2011 et 2013. L'administration a également établi à l'encontre de la contribuable des amendes sur le fondement des dispositions de l'article 1729 D du code général des impôts. Par une réclamation du 31 décembre 2018, la SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique a contesté droits et pénalités ainsi mises à sa charge. A la suite du rejet de cette réclamation, elle réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
2. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu ou une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification. / Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix () ".
3. Lorsque le destinataire d'un acte de procédure soutient que l'avis de réception d'un pli recommandé portant notification de cet acte à l'adresse qu'il avait lui-même indiquée à l'administration n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli en cause. Dans le cas où le contribuable n'apporte aucune précision sur l'identité de la personne signataire de l'avis litigieux et s'abstient de dresser la liste des personnes qui, en l'absence de toute habilitation, auraient néanmoins eu qualité pour signer un tel avis, il ne peut être regardé comme ayant démontré que le signataire de l'avis de réception n'était pas habilité à réceptionner ce pli.
4. Il résulte de l'instruction que le pli contenant la notification de l'avis du 15 octobre 2014 par lequel l'administration a informé la SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique de l'engagement du contrôle, a été distribué le 17 octobre 2014 à l'adresse du siège de la société requérante 183 avenue Achille Peretti à Neuilly sur Seine (92200), ainsi qu'il ressort des mentions précises, claires et concordantes de l'accusé de réception, lequel a été retourné au service revêtu de cette date et d'une signature manuscrite. Si la SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique soutient que la signature figurant sur cet accusé de réception n'est pas celle de M. A, représentant légal de la société, elle s'abstient de préciser les personnes, qui, même non expressément habilitées, auraient néanmoins eu qualité pour signer un tel avis. Dans ces conditions, dès lors qu'elle n'apporte pas la preuve qui lui incombe que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli contenant l'avis de vérification en cause, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas été régulièrement informée du contrôle et des garanties s'y attachant.
5. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office: () / 2° à l'impôt sur les sociétés, les personnes morales passibles de cet impôt qui n'ont pas déposé dans le délai légal leur déclaration, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 68 / 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes () ;". Aux termes de l'article L. 68 du livre des procédures fiscales : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. ".
6. Il résulte de l'instruction que la SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique, qui n'a pas souscrit dans le délai légal ses déclarations de TVA et de résultats au titre des années 2011, 2012 et 2013, n'a pas non plus régularisé sa situation dans les trente jours suivant les mises en demeure établies à cette fin, lesquelles, ainsi que l'établit l'administration, ont régulièrement été notifiées les 2 juillet 2012, 1er juillet 2013, 4 juillet 2014 et 6 octobre 2014. Dans ces conditions, et alors, au surplus, que l'administration n'était pas tenue d'adresser à la contribuable des mises en demeure en matière de TVA, c'est à bon droit que, pour établir les rectifications en litige, le service vérificateur a mis en œuvre la procédure d'imposition d'office prévue par les dispositions précitées du 2 et du 3 de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Cuisine Installation Tech Aéraulique et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère ;
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
La rapporteure,
signé
E. FROC
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2007583
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026