mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2007813 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | LAGRAVE JOUTEUX |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête, enregistrée le 11 août 2020, sous le n° 2007813, la société civile immobilière (SCI) Antony Bourdeau, représentée par Me Madoulé, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 à 2018 raison d'un immeuble dont elle est propriétaire au 26/28 rue Auguste Mounié à Antony (92), ainsi que la restitution des sommes versées, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle est fondée à obtenir le bénéfice de l'exonération prévue en faveur des constructions nouvelles par l'article 1383 du code général des impôts ; en effet, si elle n'a pas déposé la déclaration d'achèvement dans le délai prévu par l'article 1406 du code général des impôts, c'est en raison d'une mauvaise interprétation de la notion de réalisation définitive au sens de cet article ; dès lors que cette erreur est la première de la sorte et qu'elle a été commise de bonne foi, elle peut se prévaloir du droit à l'erreur consacré par les dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration. :
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.
II°) Par une requête, enregistrée le 13 août 2020, sous le n° 2007880, la société civile immobilière (SCI) Antony Bourdeau, représentée par Me Madoulé, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018 raison d'un immeuble dont elle est propriétaire au 26/28 rue Auguste Mounié à Antony (92), ainsi que la restitution des sommes versées, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle est fondée à obtenir le bénéfice de l'exonération prévue en faveur des constructions nouvelles par l'article 1383 du code général des impôts ; en effet, si elle n'a pas déposé la déclaration d'achèvement dans le délai prévu par l'article 1406 du code général des impôts, c'est en raison d'une mauvaise interprétation de la notion de réalisation définitive au sens de cet article ; dès lors que cette erreur est la première de la sorte et qu'elle a été commise de bonne foi, elle peut se prévaloir du droit à l'erreur consacré par les dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huon, magistrat désigné,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Antony Bourdeau a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2017 à 2018 raison de locaux à usage commercial, de bureau ou d'habitation compris dans l'immeuble dont elle est propriétaire au 26/28 rue Auguste Mounié à Antony (92). Aux termes de plusieurs réclamations, elle a sollicité le dégrèvement de ces impositions sur le fondement des dispositions de l'article 1383 du code général des impôts prévoyant, sous certaines conditions, une exonération temporaire de cette taxe en faveur des constructions nouvelles. Ces réclamations ont été rejetées soit implicitement, soit explicitement par des décisions du 11 juin 2020, motivées par la circonstance que la déclaration d'achèvement des constructions avait été présentée après l'expiration du délai fixé par l'article 1406 du code général des impôts. La SCI Antony Bourdeau réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
Sur l'étendue du litige :
2. Par décisions du 13 novembre 2020, ainsi postérieures à l'introduction des requêtes, l'administration a prononcé deux dégrèvements, respectivement à hauteur de 10 196 euros et 4 824 euros, soit au total 15 020 euros, afférents aux cotisations de taxes foncières assignées à la SCI Antony Bourdeau au titre de l'année 2018. Dans cette mesure, les conclusions à fin de décharge présentées par la requérante sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
3. D'une part, aux termes de l'article 1383 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " I.- Les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement ().". Aux termes de l'article 1406 de ce code : " I. - Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret. () II. - Le bénéfice des exonérations temporaires de taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties est subordonné à la déclaration du changement qui les motive. Lorsque la déclaration est souscrite hors délais, l'exonération s'applique pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante.". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au contribuable de porter à la connaissance de l'administration l'existence d'une construction nouvelle dans les quatre-vingt-dix jours de sa réalisation définitive pour pouvoir bénéficier de l'exonération prévue par l'article 1383 pendant les deux années qui suivent l'achèvement de la construction et qu'une déclaration tardive ne lui ouvre droit au bénéfice de l'exonération que pour la période restant à courir après le 1er décembre de l'année suivante. Par ailleurs, pour l'application du I de l'article 1383 du code général des impôts, un local d'habitation est réputé être achevé dès qu'il est habitable et un immeuble non destiné à l'habitation doit être regardé comme achevé lorsque l'état d'avancement des travaux, notamment en ce qui concerne le gros œuvre et les raccordements aux réseaux, permet son utilisation pour une activité industrielle ou commerciale.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude. () ".
5. Il est constant que la déclaration visée par l'article 1406 du code général des impôts n'a, au plus tôt, été établie que le 1er juin 2018 et déposée auprès du centre des impôts fonciers de Nanterre que le 17 juillet 2018. Il est tout aussi constant que l'achèvement des constructions en litige est intervenu au plus tard en décembre 2017, soit plus de 90 jours auparavant. La SCI Antony Bourdeau, qui, ainsi, ne conteste pas avoir méconnu le délai prévu par l'article 1406 du code général des impôts, fait valoir qu'ayant commis sans intention délibérée et pour la première fois une erreur d'interprétation de la notion d'achèvement au sens des dispositions de l'article 1383 du code général des impôts, elle peut bénéficier des dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration.
6. Toutefois, alors qu'il ressort de leurs termes mêmes que ces dispositions ne s'appliquent qu'aux sanctions et qu'il n'est pas contesté que l'administration s'est bornée à mettre en recouvrement les droits dus sans appliquer de pénalité, ce moyen est inopérant. De surcroît, et en tout état de cause, il résulte de l'instruction que le service a, par une lettre d'information du 15 novembre 2012, puis par une relance du 28 février 2017 et enfin, par une mise en demeure du 19 avril 2018, rappelé à la contribuable ses obligations déclaratives en précisant la définition de la notion d'achèvement au sens du droit fiscal, telle que rappelée au point 3 ci-dessus, de telle sorte que la requérante ne saurait sérieusement prétendre qu'elle ignorait de bonne foi la règle de droit applicable.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande la SCI Antony Bourdeau au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en décharge présentées par la SCI Antony Bourdeau à hauteur du dégrèvement de 15 020 euros prononcé en cours d'instance au titre de l'année 2018.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Antony Bourdeau et à au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023 .
Le magistrat désigné,
signé
C. A La greffière,
signé
A.TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2007880
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026