jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2008068 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GERMAIN-PHION JACQUEMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 19 août 2020, le 3 novembre 2021 et le 1er mars 2022, Mme D, représentée par la SCP Germain-Phion Jacquemet, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 avril 2020 par laquelle le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a suspendu son traitement du 1er avril au 22 juin 2020, ensemble la décision du 20 juin 2020 de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Asnières-sur-Seine la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- les décisions litigieuses méconnaissent le points 1.3.3, 1.3.4 et 1.3.6 de la circulaire du 30 janvier 1989 relative à la protection sociale des fonctionnaires et stagiaires de l'Etat contre les risques maladie et accidents de service, les points 1.3.3, 1.3.4 et 1.3.5 de la circulaire du 13 mars 2006 relative à la protection sociale des fonctionnaires territoriaux nommés dans des emplois permanents à temps complet ou à temps non complet contre les risques maladie et accidents de service, ainsi que le livret 2 du guide du ministère de la réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, dès lors que le maire de la commune d'Asnières n'a pas organisé les visites médicales de contrôle dans le ressort de son lieu de résidence, ni à son domicile ni par téléconsultation, et a refusé d'en modifier les dates ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ses absences à ces visites médicales de contrôle étaient justifiées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2021, le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère ;
- les conclusions de M. Camguilhem, rapporteur public ;
- et les observations de M. C, pour la commune d'Asnières-sur-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ingénieure territoriale qui a exercé les fonctions de chargée de mission développement durable au sein de la commune d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) à compter du 1er février 2009, a été détachée auprès de la communauté de communes " Cœur de Savoie " du 1er octobre 2015 au 31 décembre 2019, avant d'être réintégrée dans les services de la commune d'Asnières-sur-Seine à compter du 1er janvier 2020. Placée en congé de maladie ordinaire du 8 janvier au 21 juin 2020, Mme D a été convoquée à des visites médicales de contrôle, auxquelles elle ne s'est pas rendue, le 7 février 2020 et le 12 mars 2020. Par une décision du 2 avril 2020, le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a suspendu son traitement à compter du 1er avril 2020 et l'a convoquée à une nouvelle visite médicale de contrôle, le 20 avril 2020, que l'intéressée n'a pas davantage honorée. Par un courrier du 13 mai 2020, Mme D a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, expressément rejeté par décision du 20 juin 2020. Par la présente requête, Mme D doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que des résultats collectifs des services. S'y ajoutent les prestations familiales obligatoires. ". Selon l'article 4 de la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 de finances rectificatives pour 1961 : " L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité en vertu de la réglementation prévue à l'alinéa précédent. / Il n'y a pas service fait : / 1°) Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; / () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58. / () ". Selon l'article 15 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version applicable au litige : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'autorité territoriale dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail. () L'autorité territoriale peut faire procéder à tout moment à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption du versement de sa rémunération, à cette contre-visite. () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'un agent, placé de plein droit en congé de maladie dès la demande qu'il a formulée sur le fondement d'un certificat médical, demeure en situation régulière tant que l'administration n'a pas contesté le bien-fondé de ce congé. Lorsqu'un fonctionnaire placé en congé de maladie refuse de se soumettre à cette contre-visite, l'administration peut légalement opérer une retenue sur son traitement.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme D, placée en congé de maladie ordinaire du 8 janvier 2020 au 21 juin 2020, a informé la commune d'Asnières-sur-Seine, respectivement le 6 février 2020 et le 11 mars 2020, de son impossibilité de se rendre aux visites médicales de contrôle auxquelles elle a été convoquée le 7 février 2020 et le 12 mars 2020, en raison de son état de santé attesté par des certificats médicaux émanant de médecins psychiatres, datés respectivement du 5 février 2020 et du 10 mars 2020. La commune a donc commis une erreur d'appréciation en qualifiant d'irrégulière l'absence de Mme D à ces visites. En revanche, Mme D s'est bornée à indiquer à la commune, par un courrier électronique du 19 avril 2020 et un courrier du 20 avril 2020, qu'elle ne disposait pas de moyen de transport, notamment ferroviaire, en période de crise sanitaire, pour se rendre à la troisième visite médicale de contrôle à laquelle elle a été convoquée le 20 avril 2020, sans toutefois justifier de son impossibilité de se déplacer par tout autre moyen de transport, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé y aurait fait échec. A cet égard, Mme D ne saurait utilement se prévaloir des circulaires qu'elle invoque, qui ne contiennent pas de lignes directrices invocables devant le juge de l'excès de pouvoir, pour soutenir que le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine aurait dû organiser une visite de contrôle dans le ressort de son lieu de résidence, à son domicile ou par téléconsultation et, en s'y refusant, entaché sa position d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation. C'est donc à bon droit que le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a considéré que l'absence de Mme D à la visite médicale de contrôle du 20 avril 2020 était irrégulière. Dans ces conditions, Mme D est seulement fondée à soutenir que le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine ne pouvait légalement suspendre son traitement sur la période ayant couru du 1er au 19 avril 2020 et à demander, en conséquence, l'annulation des décisions attaquées en tant seulement qu'elles suspendent son traitement pour cette période.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune d'Asnières-sur-Seine la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Les décisions du 2 avril 2020 et 20 juin 2020 sont annulées en tant qu'elles suspendent le traitement de Mme D du 1er au 19 avril 2020.
Article 2 : La commune d'Asnières-sur-Seine versera la somme de 800 euros à Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la requête de Mme D sont rejetées pour le surplus.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à la commune d'Asnières-sur-Seine
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente,
Mmes E et Gay-Heuzey, conseillères,
Assistées de Mme Vivet, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
Signé
A. GAY-HEUZEY
La présidente,
Signé
C. ORIOL
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026