mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2008217 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | ALBERTI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 21 août 2020, enregistrée le 24 août 2020 au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. et Mme D.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 8 juillet 2020 et un mémoire complémentaire, enregistrés le 28 avril 2021, M. et Mme D, représentés par Me Thierry, demandent au tribunal :
1) la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014 ;
2) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 7 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les sommes taxées dans la catégorie d'origine indéterminée correspondent pour un montant de 10 000 euros à un prêt accordé par la société Antropia et remboursé par l'association sport Auto en remboursement partiel d'un prêt accordé par M. D, pour un montant 9 600 euros au remboursement partiel du prêt accordé par M. D à l'association Sport Auto, pour un montant de 37 500 euros au remboursement partiel du compte courant de M. D détenu dans la société Sport and Co dont il a été le gérant entre juin 2013 et août 2014, pour un montant de 4 325,9 euros à des sommes versées sur le compte de M. D et immédiatement reversées, pour un montant de 2 900 euros au remboursement par Mme A de l'achat d'une rolex par M. D, pour un montant de 24 000 euros à une recette professionnelle de M. D, pour un montant de 19 546,44 euros à la vente d'un contrat d'assurance vie ;
- la majoration pour manquement délibérée n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur les sommes ayant fait l'objet d'une décision de dégrèvement du 2 février 2021 et au rejet du surplus des conclusions.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D ont fait l'objet d'un examen de leur situation fiscale personnelle au titre des années 2013 et 2014, à l'issue duquel des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de prélèvements sociaux assortis de la pénalité pour manquement délibéré leur ont été notifiés au titre de ces années, par une proposition de rectification du 4 octobre 2016. Leurs réclamations des 23 mars et 21 juillet 2017 ont été respectivement rejetées par des décisions du 4 avril 2017 et 21 avril 2020. Par la présente requête, ils demandent la décharge en droit et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014.
Sur l'étendue du litige :
2. Par décision du 2 février 2021, postérieure à l'enregistrement de la requête le 8 juillet 2020, l'administration fiscale a procédé au dégrèvement partiel, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles M. et Mme D ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014, à hauteur de la somme de 42 909 euros. Les conclusions de la requête de M. et Mme D relatives à ces impositions sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les revenus d'origine indéterminée :
3. Aux termes de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. " Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. "
4. Il est constant que le service vérificateur a eu recours à la procédure de taxation d'office, prévue par l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, pour réintégrer dans le revenu imposable de M. et Mme D au titre des années 2013 et 2014 des sommes portées au crédit du compte bancaire de M. D, dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée. Par suite, les requérants, qui ne contestent pas le recours à cette procédure, supportent la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions réclamées à raison de ces rectifications, en application des dispositions précitées de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales.
5. En premier lieu, les requérants soutiennent que la somme de 10 000 euros versée au crédit du compte de M. D au CIC le 5 avril 2013, taxée en 2013 dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, correspond au prêt accordé par la société Antropia à M. D le 4 avril 2013 d'un montant de 10 000 euros, prêt remboursé à la société Antropia par l'intermédiaire de l'association Sport Auto le 29 juin 2013 en remboursement partiel du prêt d'un montant de 30 000 euros accordé le 5 avril 2013 par M. D à l'association Sport Auto dont son épouse est la trésorière. Toutefois, le requérant n'apporte pas de contrat de prêt enregistré entre la société Antropia et M. D et n'établit pas la nature et la cause du versement dont il a bénéficié et, par suite, le caractère non imposable de cette somme.
6 En deuxième lieu, les requérants soutiennent que, d'une part, les sommes de 6 000 euros et de 3 000 euros versées au crédit du compte de M. D au CIC, et, d'autre part, la somme de 600 euros versée au crédit du compte de M. D à la société générale, taxées en 2013 dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, correspondent au remboursement partiel du prêt de 30 000 euros accordé le 5 avril 2013 à l'association Sport Auto par M. D. Toutefois, si un contrat de prêt a été établi entre M. D et l'association Sport Auto, les sommes en litige de 6 000 euros, 3 000 euros et 600 euros ne respectent ni les dates des échéances trimestrielles ni leur montant fixés par le contrat. Par suite le caractère non imposable de ces sommes n'est pas établi.
7. En troisième lieu, pour justifier la nature et l'origine de la somme de 7 000 euros perçue le 9 décembre 2013 par M. D sur son compte du CIC, et des sommes de 9 000 euros, 7 500 euros, 6 000 euros et 8 000 euros versées respectivement le 13 janvier 2014, le 14 avril, le 10 juillet et le 24 juin 2014 sur son compte au CIC et à la société générale, les requérants affirment qu'il s'agit du remboursement partiel du compte courant de M. D détenu dans la société Sport and Co dont il a été le gérant entre juin 2013 et août 2014. Toutefois, le rapport de cette société à l'attention de ses associés, produit par les requérants, ne mentionne aucun débit du montant de 7 000 euros autour de la date du 9 décembre 2013 et souligne le fonctionnement anormal des comptes courants. En outre, si des débits de 9 000 euros, 7 500 euros, 6 000 euros et 8 000 euros sont mentionnés aux dates des 10 janvier, 9 avril, 9 juillet et 24 mars 2014, le tableau sur lequel ils figurent n'a pas valeur de document comptable probant. Par suite, les requérants n'apportent pas la preuve qui leur incombe, de l'origine, la nature et l'objet de ces sommes.
8. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que les sommes de 3 348,80 euros, 591 euros et 386,10 euros versées sur le compte de M. D à la société générale le 26 février 2013, taxées en 2013 dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, correspondent à des virements de la société Garibaldi et qu'elles ont été immédiatement reversées les 28 février et 7 mars 2013. Par suite, les requérants n'apportent aucun élément permettant d'établir la nature et la cause des versements dont M. D a bénéficié et, par suite, le caractère non imposable de ces sommes.
9. En cinquième lieu, pour justifier la nature et l'origine des sommes de 1 600 euros et 1 300 euros perçues les 2 et 8 juillet 2014, les requérants font valoir qu'elles correspondent au remboursement par Mme A de l'achat d'une montre Rolex par M. D sur E bay au profit de Mme A. Toutefois, il apparaît que le montant global perçu par M. D ne correspond pas au prix de la montre en euro, que l'adresse de facturation de cet achat n'est pas l'adresse personnelle de M. D mais son adresse professionnelle et que le débit de cet achat n'apparaît sur aucun compte bancaire. Par suite, les requérants n'apportent pas la preuve qui leur incombe, de l'origine, la nature et l'objet de ces sommes.
10. En sixième lieu, les requérants soutiennent que la somme de 24 000 euros versée au crédit du compte de la société générale de M. D le 21 août 2014 correspond à une recette professionnelle dont 15 000 euros ont été reversés à un confrère M. C. Toutefois, il résulte de l'instruction que d'une part, aucun honoraire relatif à une activité de conseil n'a été déclaré par M. D et d'autre part, le bénéficiaire des 15 000 euros dont le débit a été effectué sur le compte commun de M. et Mme D n'est pas connu. Par suite, les requérants n'apportent pas la preuve qui leur incombe, de l'origine, la nature et l'objet de cette somme.
11. En dernier lieu, les requérant soutiennent que les sommes de 7 338,21 euros, 4 948,81 euros et 7259,42 euros versées les 26 juin, 30 septembre et 4 octobre 2014 correspondent à la vente de contrat d'assurance vie SOGECAP. Ils ne produisent cependant aucun document probant à l'appui de leurs allégations. Par suite, ils n'apportent pas la preuve qui leur incombe, de l'origine, la nature et l'objet de ces sommes.
Sur la majoration pour manquement délibéré :
12. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a) 40 % en cas de manquement délibéré ; ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. "
13. Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
14. Pour justifier l'application de la majoration pour manquement délibéré sur les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, l'administration s'est fondée sur la circonstance que les revenus déclarés de M. et Mme D s'élevaient à 69 783 euros pour 2013 et 68 078 euros pour 2014, alors qu'à la suite des rectifications opérées, les revenus injustifiés par les requérants s'élevaient à 206 684 euros en 2013 et 180 852 euros en 2014. Par ailleurs, si M. D fait état de difficultés professionnelles survenues à cette époque, il a pourtant accordé un prêt de 30 000 euros à l'association Sport Auto à la même époque. Ainsi, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe, de l'intention délibérée de M. et Mme D de minorer l'impôt dont ils étaient redevables au titre des années en litige. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a assorti les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ont été assujettis les requérants au titre des années 2013 et 2014 d'une majoration de 40 % pour manquement délibéré.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de prélèvements sociaux auxquelles M. et Mme D ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de la requête de M. et Mme D aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence des dégrèvements intervenus en cours d'instance.
Article 2 : Les surplus des conclusions de la requête de M. et Mme D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mm Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.
La rapporteure,
signé
S. Cuisinier-HeisslerLe président,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2008217
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026