jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2008869 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | THIERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 septembre 2020 et le 1er juillet 2021, le centre de ressources et d'expertise de la performance sportive (CREPS) d'Ile-de-France doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la mise en demeure de payer émise par la SAS Grenke Location le 20 août 2020 ;
2°) d'enjoindre à la société par actions simplifiées (SAS) Grenke Location de cesser les demandes de paiement relatives à l'exécution du marché public conclu le 9 novembre 2016 ayant pour objet des " services de location-maintenance de copieurs au CREPS d'Ile-de-France ".
Elle soutient que :
- le juge administratif est compétent pour trancher les litiges relatifs à l'exécution d'un marché public ;
- le marché public, conclu pour une durée de trois ans, a expiré le 31 novembre 2019, et les parties n'ont pas entendu poursuivre leurs relations contractuelles au-delà de ce terme ;
- les demandes de paiement de la société Grenke Location sont donc infondées.
Par des mémoires en défense enregistrés le 11 juin et le 9 juillet 2021, la SAS Grenke Location, représentée par Me Thiéry, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge du CREPS d'Ile-de-France au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 25 mai 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction présentées par le CREPS d'Ile-de-France, cette injonction n'étant pas nécessaire à l'exécution du contrat.
Elle fait valoir que :
- la requête est portée devant un ordre juridictionnel incompétent pour en connaître ;
- les demandes du CREPS d'Ile-de-France sont infondées.
Par une ordonnance du 13 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sitbon, conseiller ;
- et les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement conclu le 9 novembre 2016, le CREPS d'Ile-de-France a confié à un groupement conjoint composé des sociétés Grenke Location et Numerica France un marché public ayant pour objet des services de location-maintenance de copieurs, d'une durée de trois ans. Par la présente requête, le CREPS d'Ile-de-France doit être regardé comme demandant au tribunal, d'une part, d'enjoindre à la SAS Grenke Location de cesser ses demandes de paiement relatives à l'exécution de ce marché et, d'autre part, d'annuler sa mise en demeure de payer du 20 août 2020.
Sur l'exception d'incompétence soulevée par la SAS Grenke Location en défense :
2. La demande de paiement attaquée a été émise par la SAS Grenke Location, personne morale de droit privé non chargée d'une mission de service public administratif. Cet acte, serait-il édicté dans le cadre de l'exécution d'un marché public, ne présente pas un caractère administratif et ne peut dès lors être compétemment déféré au juge administratif. Il en résulte que l'exception d'incompétence soulevée par la SAS Grenke Location en défense doit être accueillie et les conclusions à fin d'annulation présentées par le CREPS d'Ile-de-France rejetées comme portées devant un ordre juridictionnel incompétent.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'injonction :
3. S'il n'appartient pas au juge administratif d'intervenir dans l'exécution d'un marché public en adressant des injonctions à ceux qui ont contracté avec l'administration, lorsque celle-ci dispose à l'égard de ces derniers des pouvoirs nécessaires pour assurer l'exécution du contrat, il en va autrement quand l'administration ne peut user de moyens de contrainte à l'encontre de son cocontractant qu'en vertu d'une décision juridictionnelle. En pareille hypothèse, le juge du contrat est en droit de prononcer, à l'encontre du cocontractant, une condamnation, éventuellement sous astreinte, à une obligation de faire.
4. Si le CREPS d'Ile-de-France demande au tribunal d'enjoindre son cocontractant à cesser ces demandes de paiement, une telle injonction n'est nécessaire, ni à la continuité du service public, ni à l'exécution des prestations, au demeurant achevée avant l'introduction de la requête. En outre, il n'appartient pas au juge du contrat de statuer préventivement sur la responsabilité contractuelle de la personne publique, avant tout recours indemnitaire formé par son cocontractant. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction présentées par le CREPS d'Ile-de-France sont irrecevables et doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CREPS d'Ile-de-France la somme de 1 000 euros, réclamée par la SAS Grenke Location, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête du CREPS d'Ile-de-France est rejetée.
Article 2 : Le CREPS d'Ile-de-France versera à la SAS Grenke Location la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au centre de ressources et d'expertise de la performance sportive d'Ile-de-France et à la société par actions simplifiées Grenke Location.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente,
Mme A et M. Sitbon, conseillers,
Assistés de Mme Ricaud, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. Sitbon
La présidente,
Signé
C. Oriol La greffière,
Signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026