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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2008962

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2008962

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2008962
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre (JU)
Avocat requérantSCHIANO-GENTILETTI FIONA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I) Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2020 sous le n° 2008962, la société civile immobilière (SCI) Noda, représentée par Me Schiano Gentiletti, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2017 à raison de l'immeuble dont elle est propriétaire à Issy-les-Moulineaux (92)

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- pour le calcul de la valeur locative révisée de l'immeuble litigieux et en vertu de l'article 1 du décret n°2011-1313 du 17 octobre 2011, les sanitaires et vestiaires, les circulations et issues de secours, les ateliers, archives et réserves, les locaux sociaux, les locaux techniques et le PC sécurité, et les réserves, caves, et circulation en sous-sol doivent être rangés dans la catégorie des surfaces secondaires et se voir appliquer un coefficient de pondération de 0,5, sans que l'administration ne puisse utilement lui opposer les énonciations de ses propres formulaires.

- pour le calcul de la valeur locative non révisée de l'immeuble litigieux et en vertu de de l'article 324 Z de l'annexe III au code général des impôts, les surfaces de circulations/dégagements, des issues de secours, des sas, des réserves/archives et des locaux sociaux doivent être pondérées d'un coefficient de 0,3.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

II) Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2020 sous le n° 2008967, la SCI Noda, représentée par Me Schiano Gentiletti, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à raison de l'immeuble dont elle est propriétaire à Issy-les-Moulineaux (92)

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- pour le calcul de la valeur locative révisée de l'immeuble litigieux et en vertu de l'article 1 du décret n°2011-1313 du 17 octobre 2011, les sanitaires et vestiaires, les circulations et issues de secours, les ateliers, archives et réserves, les locaux sociaux, les locaux techniques et le PC sécurité, et les réserves, caves, et circulation en sous-sol doivent être rangés dans la catégorie des surfaces secondaires (P2) et se voir appliquer un coefficient de pondération de 0,5, sans que l'administration ne puisse utilement lui opposer les énonciations de ses propres formulaires.

- pour le calcul de la valeur locative non révisée de l'immeuble litigieux et en vertu de de l'article 324 Z de l'annexe III au code général des impôts, les surfaces de circulations/dégagements, des issues de secours, des sas, des réserves/archives et des locaux sociaux doivent être pondérées d'un coefficient de 0,3.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de justice administrative.

- la code général des impôts et le livre des procédures fiscales.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huon, magistrat désigné ;

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

1. Par deux requêtes, enregistrées sous les nos 2008962 et 2008967, la SCI Noda demande la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018, à raison de l'immeuble dont elle est propriétaire à Issy-les-Moulineaux (92) et abritant des bureaux avec parkings ainsi qu'un restaurant d'entreprise.

2. Ces requêtes, aux termes desquelles la SCI Noda conteste la surface pondérée de l'immeuble précité pour la détermination de sa valeur locative, tant révisée que non révisée, concernent le même contribuable, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur la valeur locative révisée :

3. L'article 34 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, désormais codifié à l'article 1498 du code général des impôts, a défini de nouvelles modalités de détermination et de révision de la valeur locative cadastrale des locaux professionnels, en vue de l'établissement des impositions directes locales. A cette fin, le législateur a prévu la constitution de secteurs d'évaluation regroupant les communes ou parties de communes qui, dans chaque département, présentent un marché locatif homogène et le classement des locaux professionnels par sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination et, à l'intérieur de ces sous-groupes, par catégories, en fonction de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques. Il a également prévu la fixation, dans chaque secteur d'évaluation, de tarifs par mètre carré déterminés à partir des loyers moyens constatés par catégorie de propriétés. La valeur locative de chaque propriété bâtie est obtenue par application à sa surface pondérée du tarif par mètre carré correspondant à sa catégorie, modulé, le cas échéant, par l'application d'un coefficient de localisation.

4. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2011-1313 du 17 octobre 2011, désormais codifié à l'article 324 Z de l'annexe III du code général des impôts : " Pour l'application du V de l'article 34 de la loi du 29 décembre 2010 susvisée, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire. ".

5. En premier lieu, la seule circonstance que les sanitaires et vestiaires, les circulations et issues de secours, les ateliers, archives et réserves, les locaux sociaux soient moins fréquentés que les bureaux proprement dits n'est pas de nature à conférer à ces éléments une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local auquel ils sont incorporés et à l'activité duquel ils participent de manière directe et essentielle. La requérante n'est donc pas fondée à revendiquer l'application d'un coefficient de 0,5 aux éléments en cause.

6. En second lieu, il n'est pas contesté qu'au vu des superficies communiquées en dernier lieu par la SCI Noda, l'application d'un tel coefficient aux locaux techniques et aux aires de stationnement, ce à quoi ne s'oppose plus le service, ne conduirait pas, compte tenu des mécanismes correctifs prévus par la loi, à des impositions, au titre des années 2017 et 2018, inférieures aux impositions primitives. La requérante ne saurait donc prétendre à une réduction desdites impositions à ce titre.

Sur la valeur locative non révisée :

7. Il résulte du XVI de l'article 34 de la loi du 29 décembre 2010, dans sa rédaction issue de la loi 2015-1786 du 29 décembre 2015, codifié, à compter du 1er janvier 2018, aux I et III de l'article 1518 A quinquies du CGI, du IV de ce dernier article et de l'article 1518 E du même code que la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 utilisée pour lisser les variations de cotisations d'impôts locaux résultant de la révision des valeurs locatives des locaux professionnels est déterminée conformément au code général des impôts dans sa rédaction en vigueur le 31 décembre 2016.

8. En vertu du a) du 2° de l'article 1498 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'espèce, la valeur locative des biens autres que les locaux visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels, occupés par leur propriétaire, est déterminée par comparaison. Aux termes du I de l'article 324 Z de l'annexe III au même code : " L'évaluation par comparaison consiste à attribuer à un immeuble ou à un local donné une valeur locative proportionnelle à celle qui a été adoptée pour d'autres biens de même nature pris comme types. ". Aux termes de l'article 324 AA de la même annexe : " La valeur locative cadastrale des biens () occupés par leur propriétaire () est obtenue en appliquant aux données relatives à leur consistance - telles que superficie réelle, nombre d'éléments - les valeurs unitaires arrêtées pour le type de la catégorie correspondante. Cette valeur est ensuite ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer, notamment du point de vue de la situation, de la nature de la construction, de son état d'entretien, de son aménagement, ainsi que de l'importance plus ou moins grande de ses dépendances bâties et non bâties si ces éléments n'ont pas été pris en considération lors de l'appréciation de la consistance. ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, qu'il doit être attribué au local à évaluer une valeur locative proportionnelle à celle du local-type retenu comme terme de comparaison et, d'autre part, que l'appréciation de la consistance d'un bien, par le recours à sa superficie, peut faire l'objet d'une pondération de la surface de ses différents éléments afin de tenir compte des différences de commercialité de ceux-ci en fonction de leur affectation et de leur emplacement au sein du local.

9. Il n'est pas contesté que le service a pu, à juste titre, évaluer l'immeuble en litige par comparaison avec le local type n°112 C du procès-verbal des opérations de révision de la commune d'Issy-les-Moulineaux, correspondant à un immeuble de bureaux de 13 000 m² situé 26, rue d'Oradour-sur-Glane, d'une valeur locative unitaire de 41,92 € par mètre carré pondéré. A l'instar du local-type, les différentes surfaces ont été uniformément pondérées à 1, seuls les sanitaires (403 m²) et les halls (488 m²) de l'immeuble ayant été pondérés à 0,3. L'administration, aux termes de ses écritures en défense, admet la pondération des surfaces des espaces de restauration situés au rez-de-chaussée de l'immeuble (coefficients 0,5 ou 0,3), des locaux techniques (coefficient 0,3), essentiellement situés en sous-sol ou en terrasse technique et des stationnements situés en sous-sols (coefficients de 0,2). Elle fait toutefois valoir, sans être contredite, qu'au regard des superficies communiquées par la requérante, la surface pondérée totale ainsi obtenue, incluant le restaurant d'entreprise, soit 21.596 m2, est supérieure, à celle de 20.813 m2 initialement retenue. Par ailleurs, si la SCI Noda soutient que les circulations sont comparables aux halls, que les réserves/archives se distinguent, par leur affectation, des bureaux et que les locaux sociaux sont, quant à eux, rattachables aux sanitaires, il ne résulte pas de l'instruction que ces espaces, indispensables à l'activité des bureaux, revêtiraient des valeurs de commercialité et d'usage moindres justifiant l'application d'un coefficient de pondération inférieur à 1.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de la SCI Noda ne peuvent qu'être rejetées, en toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de la SCI Noda sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière (SCI) Noda et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

C. ALa greffière,

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2008967

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