mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2009018 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GUILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 septembre 2020 et le 31 octobre 2023, M. et Mme B A, représentés par Me Guillot, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 413 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'administration n'a pas suffisamment motivé l'application ni de la pénalité de 40% pour manquement délibéré ni de la sanction prévue au 1. de l'article 1731 bis du code général des impôts ;
- c'est à tort que l'administration a appliqué la sanction prévue au 1. de l'article 1731 bis du code général des impôts dès lors que l'application de la majoration au titre des années de réalisation du déficit, soit en l'espèce 2013 et 2014, ne remet pas en cause l'imputation éventuelle de ces déficits sur l'année 2015 ;
- c'est à tort que l'administration a appliqué la pénalité pour manquement délibéré au titre des traitements et salaires dès lors que le contrôle a mis en évidence un trop-déclaré dans cette catégorie.
Par une ordonnance de renvoi n° 2014698 du 24 novembre 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête présentée par M. A.
Par cette requête, enregistrée le 11 septembre 2020 au greffe du tribunal administratif de Paris, M. A conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans sa requête précitée, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 11 septembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise, conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Froc, conseillère,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise individuelle de marchand de biens exploitée par M. A a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration lui a notifié, outre des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, des rectifications de son bénéfice industriel et commercial de l'année 2015. A la suite de cette vérification ainsi que d'un contrôle sur pièces des déclarations de M et Mme A et aux termes d'une proposition de rectification du 14 février 2017, le service a assigné aux intéressés des rectifications au titre de l'année 2015 en matière de bénéfices industriels et commerciaux et de traitements et salaires, assortis de la majoration de 40 % pour manquement délibéré. Par des réclamations en date du 20 novembre 2017 et 30 décembre 2019, M et Mme A ont contesté les impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu ainsi mises à leur charge. L'administration fiscale ayant rejeté ces réclamations, les requérants réitèrent leurs prétentions devant le juge de l'impôt.
Sur la procédure d'établissement des pénalités :
2. Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors applicable : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. Les sanctions fiscales ne peuvent être prononcées avant l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la notification du document par lequel l'administration a fait connaître au contribuable ou redevable concerné la sanction qu'elle se propose d'appliquer, les motifs de celle-ci et la possibilité dont dispose l'intéressé de présenter dans ce délai ses observations ". Il résulte de ces dispositions que l'administration a l'obligation, au moins trente jours avant la mise en recouvrement de pénalités visées par le second alinéa de ce texte, d'adresser au contribuable un document comportant la motivation des pénalités qu'elle envisage de lui appliquer et indiquant qu'il dispose d'un délai de trente jours pour présenter ses observations.
3. Il résulte de l'instruction qu'aux termes de la proposition de rectification du 14 février 2017, reçue par M. et Mme A plus de trente jours avant la mise en recouvrement des pénalités et sanctions fiscales en date du 20 septembre 2017 qui leur ont été infligées sur le fondement des articles 1728, 1729 et 1731 bis du code général des impôts, le service vérificateur a indiqué à M et Mme A la base légale, le taux et le montant de ces pénalités, a exposé de façon précise les motifs pour lesquels il envisageait de les prononcer et les a informés du délai de trente jours dont ils disposaient pour faire valoir leurs observations. Le moyen tiré de ce que ces sanctions seraient insuffisamment motivées manque donc en fait.
Sur le bien-fondé des pénalités :
4. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de ()b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ;() . " ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un contribuable n'a pas satisfait, dans les délais légaux, aux obligations déclaratives auxquelles il était tenu, l'ensemble des droits dus à ce titre, qu'ils fassent ou non l'objet d'une déclaration ultérieure, peut être soumis, outre l'intérêt de retard, aux majorations prévues par l'article 1728 du code général des impôts.
5. Il est constant que l'administration fiscale a adressé aux requérants une mise en demeure, distribuée le 19 septembre 2016, de déposer leur déclaration de bénéfices industriels et commerciaux de l'année 2015 dans les trente jours suivant sa réception. Or, cette déclaration n'a été déposée que le 30 novembre 2016 auprès du vérificateur puis le 2 décembre suivant par voie dématérialisée, soit au-delà des trente jours impartis. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a assorti les suppléments d'impôts sur les revenus établis au titre de l'année 2015 dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux de la majoration de 40% prévue en pareil cas par les dispositions précitées du b. de l'article 1728 du code général des impôts.
6. Aux termes de l'article 1731 bis du code général des impôts : " 1. Pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, les déficits mentionnés aux I et I bis de l'article 156 et les réductions d'impôt ne peuvent s'imputer sur les rehaussements et droits donnant lieu à l'application de l'une des majorations prévues aux b et c du 1 de l'article 1728, à l'article 1729 " et aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé eu égard aux propriétés et aux capitaux que possèdent les membres du foyer fiscal désignés aux 1 et 3 de l'article 6, aux professions qu'ils exercent, aux traitements, salaires, pensions et rentes viagères dont ils jouissent ainsi qu'aux bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles ils se livrent, sous déduction : / I. du déficit constaté pour une année dans une catégorie de revenus ; si le revenu global n'est pas suffisant pour que l'imputation puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté successivement sur le revenu global des années suivantes jusqu'à la sixième année inclusivement.() ".
7. Ainsi qu'il a été dit au point 5, c'est à juste titre que le service a appliqué la majoration de 40 % prévue par le b. de l'article 1728 du code général des impôts aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu assignées à M. et Mme A au titre des bénéfices industriels et commerciaux. Cette majoration étant au nombre de celles visées au 1. de l'article 1731 bis susvisé, l'administration fiscale a pu à bon droit refuser l'imputation des déficits commerciaux des années 2013 et 2014, lesquels, au surplus, ont fait l'objet de la même pénalité, sur les bénéfices constatés au titre de l'année 2015.
8. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ".
9. L'administration a appliqué la majoration prévue par les dispositions précitées de l'article 1729 du code général des impôts en considérant que les contribuables avaient omis délibérément de déclarer les traitements et salaires de Mme A, d'un montant de 13 265 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction que, parallèlement, M. A a déclaré des traitements et salaires pour un montant de 144 960 euros au lieu de 80 069 euros, soit une erreur en sa défaveur d'un montant de 64 891 euros, entraînant, selon les termes mêmes de la proposition de rectification, une régularisation à la baisse des traitements et salaires déclarés par le foyer fiscal. Ainsi, les requérants, qui ont déclaré, dans cette catégorie, une somme significativement supérieure à celle arrêtée par le service, ne peuvent être regardés comme ayant tenté délibérément d'éluder l'impôt. C'est donc à tort que l'administration a appliqué la majoration pour manquement délibéré à raison des salaires non déclarés de Mme A.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à demander la décharge des pénalités pour manquement délibéré appliquées au supplément d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : M et Mme A sont déchargés des pénalités pour manquement délibéré appliquées au supplément d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015.
Article 2 : L'Etat versera à M et Mme A la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
M. Viain, premier conseiller,
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
La rapporteure,
signé
E.FROCLe président,
signé
C.HUON
La greffière,
signé
A.TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026