jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2009040 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET OYAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 septembre 2020, 21 mai 2021, 8 juillet 2022, 13 mars 2023, 15 avril 2023 et 4 mai 2023, la société Globe-Trotter Café, représentée par Me Salat-Baroux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'établissement public Paris La Défense à lui verser la somme de 3 911 722 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 12 mai 2020 et de la capitalisation de ces intérêts, en application des stipulations de l'article 17 de la convention d'occupation du domaine public du 31 juillet 1998, en raison de la résiliation anticipée de cette convention ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner l'établissement public Paris La Défense à lui verser la somme de 4 795 886 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 12 mai 2020 et de la capitalisation de ces intérêts, au titre de sa responsabilité quasi-délictuelle ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement public Paris La Défense la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 3 juillet 2019 par laquelle l'établissement public Paris La Défense a mis un terme à la convention d'occupation du domaine public doit être regardée comme une décision de résiliation anticipée de l'autorisation dont elle bénéficiait jusqu'au 31 juillet 2025, au sens des stipulations de l'article 17 de cette convention, dès lors que, par avenant, le terme initial de la convention avait été reporté au 31 juillet 2025 ;
- elle a droit en conséquence à l'indemnisation prévue en pareil cas par les stipulations de l'article 17 telles qu'elles résultent de l'avenant du 10 décembre 2008, soit la somme de 3 911 722 euros ;
- à titre subsidiaire, la responsabilité quasi-délictuelle de l'établissement public peut être engagée, dès lors que cet établissement n'a pas tenu sa promesse de prolonger de cinq années sa convention d'occupation puis lui a laissé croire qu'elle régulariserait cette situation et l'a en conséquence induite en erreur sur l'étendue de ses droits à occupation du domaine public ;
- cette responsabilité quasi-délictuelle de l'établissement public lui ouvre droit à être indemnisée du préjudice financier ayant résulté de ces comportements fautifs, en lui versant la somme de 4 795 886 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 mai 2021, 3 juin 2022, 12 mars 2023 et 14 avril 2023, l'établissement public Paris La Défense, représenté par Me de la Brosse, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Globe-Trotter Café la somme de 5 000 euros ainsi que les entiers dépens.
Il fait valoir que :
- sa responsabilité ne peut être engagée ni sur le terrain de la responsabilité contractuelle, ni sur le terrain de la responsabilité quasi-délictuelle ;
- s'agissant de la responsabilité quasi-délictuelle, la créance que la société déclare détenir est de toute façon frappée par la prescription quadriennale ;
- en tout état de cause, le préjudice financier n'est pas établi et manifestement disproportionné.
Par une ordonnance du 18 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n°2007-254 du 27 février 2007 ;
- l'ordonnance n°2017-717 du 3 mai 2017 ;
- le décret n°2007-1684 du 29 novembre 2007 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- les observations de Me Lejeune, représentant la société Globe-Trotter Café ;
- et les observations de Me Marroni, représentant Paris La Défense.
La société Globe-Trotter Café, représentée par Me Salat-Baroux, a produit une note en délibéré le 2 juin 2023.
1. Par une convention du 31 juillet 1998, l'établissement public d'aménagement de la région de La Défense (EPAD) a autorisé la société Ipanema à occuper pour vingt-deux années une emprise du domaine public sise sur le parvis de La Défense, afin d'y construire et d'y exploiter un restaurant. Le 19 juillet 2005, cette société a cédé ses droits à la société Globe-Trotter Café, avec l'accord de l'EPAD. Le 1er janvier 2009, l'EPAD a été remplacé par l'établissement public de gestion du quartier d'affaire de La Défense, dénommé " Defacto ", en application de la loi du 27 février 2007 relative aux règles d'urbanisme applicables dans le périmètre de l'opération d'intérêt national de La Défense et portant création d'un établissement public de gestion du quartier d'affaires de La Défense. Puis, par l'ordonnance du 3 mai 2017 portant création de l'établissement public Paris La Défense, la convention a été transférée au nouvel établissement public Paris La Défense. Par un courrier du 3 juillet 2019, la directrice générale de cet établissement a informé la société Globe-Trotter Café de ce que la convention d'occupation temporaire ne serait pas renouvelée après la date de son échéance, le 31 juillet 2020. Par une réclamation, reçue le 12 mai 2020 par l'établissement public Paris La Défense, la société a demandé à être indemnisée en raison de la résiliation anticipée de la convention d'occupation, en application des stipulations de l'article 17, ou, à défaut, à être indemnisée des préjudices ayant résulté du comportement fautif de l'établissement public à son égard. Par la présente requête, la société demande à être indemnisée en raison de la responsabilité contractuelle de l'établissement public, à hauteur de 3,9 millions d'euros, ou, à titre subsidiaire, en raison de la responsabilité quasi-délictuelle de ce dernier, en le condamnant à lui verser la somme de 4,7 millions d'euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité contractuelle :
2. Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public. Eu égard aux exigences qui découlent tant de l'affectation normale du domaine public que des impératifs de protection et de bonne gestion de ce domaine, l'existence de relations contractuelles en autorisant l'occupation privative ne peut se déduire de sa seule occupation effective, même si celle-ci a été tolérée par l'autorité gestionnaire et a donné lieu au versement de redevances domaniales. En conséquence, une convention d'occupation du domaine public ne peut être tacite et doit revêtir un caractère écrit.
3. Il résulte de l'instruction que l'article 3 de la convention d'occupation temporaire du domaine public signée le 31 juillet 1998 prévoyait initialement une durée d'occupation de vingt-deux années, fixant donc le terme de la convention au 30 juillet 2020. Si la société Globe-Trotter Café se prévaut d'un avenant signé le 10 décembre 2008 qui aurait porté de vingt-deux à vingt-sept années la durée de cette occupation, il résulte en tout état de cause de l'instruction que la société Globe-Trotter Café a signé, postérieurement à l'avenant dont elle se prévaut, un avenant n°2 à sa convention d'occupation fixant au 30 septembre 2020 le terme de sa convention d'occupation, paraphé par l'ensemble des parties et constituant le dernier état de la volonté des parties. Par suite, la société ne peut utilement invoquer, devant le juge du contrat, un manquement aux termes de la convention.
4. Il résulte de ce qui précède que la société Globe-Trotter Café ne saurait rechercher l'engagement de la responsabilité contractuelle de l'établissement Paris La Défense au motif que ce dernier aurait méconnu les termes de la convention d'occupation temporaire du domaine public à laquelle elle était partie.
En ce qui concerne la responsabilité quasi-délictuelle :
5. D'une part, il résulte de l'instruction que la société Globe-Trotter Café a entamé des discussions avec l'établissement public gestionnaire des locaux en vue d'obtenir une prolongation de cinq années de la convention dès 2004, lorsqu'elle a envisagé de reprendre la convention d'occupation initialement accordée à la société Ipanema. Il résulte de cette même instruction que le directeur général de l'établissement public de l'époque, qui avait toute compétence pour engager une telle prolongation, a confirmé à deux reprises et par écrit les 15 juin et 23 juillet 2004 son accord sur le principe de cette prolongation, sa durée et son prix pour le bénéficiaire. Il n'est en outre pas contesté que l'établissement public a établi un projet d'avenant à la convention qui a été transmis pour signature à la société Globe-Trotter Café ainsi qu'au crédit-bailleur de cette dernière le 31 juillet 2008, que la société le lui a retourné et que le directeur financier de cet établissement lui a indiqué le 19 novembre 2008 que cet avenant serait transmis à la direction de l'établissement successeur, qui devait être opérationnel au 1er janvier 2009, pour qu'il soit signé par les dirigeants de ce dernier et qu'une copie leur serait retournée. Eu égard aux termes fermes et précis dans lesquels ces courriers ont été rédigés, ainsi qu'à la qualité de leurs auteurs, la société Globe-Trotter Café est fondée à se prévaloir de l'existence d'une promesse de la part de l'établissement public gestionnaire de La Défense, auquel Paris La Défense a succédé, qui n'a pas été honorée par cet établissement et ses successeurs, dès lors que cet avenant n'a finalement jamais été valablement signé malgré les nombreuses relances de la société sur ce point à partir de 2010.
6. D'autre part, la société soutient que l'établissement public lui aurait fait une autre promesse non-tenue et l'aurait induite en erreur sur l'étendue de ses droits, en lui laissant croire, après 2010, que sa situation serait bientôt régularisée par la signature d'un avenant prolongeant ses droits d'occupation, et qu'elle pouvait ainsi se prévaloir d'un tel droit jusqu'en 2025 pour toutes ses décisions de gestion. Toutefois, il ne ressort pas des termes des nombreux courriers échangés avec DefActo à partir de 2010, notamment du courrier du 23 janvier 2012 où la directrice générale de l'établissement public rappelle, en des termes dénués de toute ambiguïté, qu'aucun avenant n'a été signé, puis des courriers échangés avec Paris La Défense après 2017 que cet établissement ait jamais laissé croire à la société que la signature d'un avenant pour prolonger l'occupation était certaine, ni même possible après 2010. A cet égard, la circonstance que l'avocat de Globe-Trotter Café ait rapporté à cette société, dans un courriel du 30 mai 2013 des propos prêtés à la directrice générale de DefActo selon lesquels cette dernière serait " d'accord " pour une prolongation de la convention est insuffisante à caractériser l'existence d'une telle promesse.
7. Il résulte de ce qui précède que la société Globe-Trotter Café est seulement fondée à rechercher la responsabilité de l'établissement public Paris La Défense en raison de l'existence d'une promesse, réitérée entre 2004 et 2008, de prolonger de cinq années ses droits d'occupation du domaine public, promesse qui n'a finalement pas été tenue par l'établissement public.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
8. La faute commise par Paris La Défense en ne tenant pas sa promesse de prolonger la convention d'occupation du domaine public de la société Globe-Trotter Café a engagé la responsabilité extracontractuelle de cet établissement. La requérante ne peut cependant prétendre qu'à la réparation du préjudice financier directement causé par cette faute, tel que celui correspondant, le cas échéant, aux dépenses qu'elle a pu engager sur la foi de cette promesse.
9. En premier lieu, la requérante demande à être indemnisée à hauteur de 743 566 euros correspondant à son endettement net à la date d'expiration de la convention, au motif qu'elle a été privée de la possibilité de réduire cet endettement par cinq années supplémentaires d'exploitation. Toutefois, la société n'établit aucunement que ses dettes seraient directement liées à des décisions d'endettement prises entre 2005 et 2008 sur la foi de la promesse de prolongation de la convention, alors qu'il résulte des pièces comptables qu'elle a produites qu'elle a souscrit le 18 mai 2020, soit après que Paris La Défense lui a formellement rappelé le terme de la convention, un prêt garanti par l'État à hauteur de 400 000 euros et que l'essentiel de son passif est constitué de sa dette fiscale et sociale ainsi que d'une provision pour risque sur laquelle elle n'apporte aucune précision.
10. En deuxième lieu, la requérante demande à être indemnisée à hauteur de 550 000 euros du manque à gagner résultant de l'impossibilité pour elle d'exploiter cinq années supplémentaires son établissement. Toutefois, l'assurance que l'EPAD a donnée entre 2004 et 2008 à la société Globe-Trotter Café de ce qu'une prolongation de cinq années lui serait accordée n'a pu créer aucun droit à la conclusion de l'avenant relatif à une telle prolongation. La perte du bénéfice que la société escomptait de cette prolongation ne saurait donc constituer un préjudice indemnisable eu égard à la faute retenue par le présent jugement.
11. En troisième lieu, la société prétend se faire indemniser à hauteur de 2,2 millions d'euros de la valeur vénale du local qu'elle occupe au seul motif que Paris La Défense l'aurait récupéré au terme de la convention. Toutefois, ce préjudice ne présente pas de lien de causalité avec la faute mentionnée au point 7. En tout état de cause, la société n'établit aucunement que les actifs encore non-amortis au 31 août 2020 résulteraient d'investissement consentis entre 2005 et 2010, période où elle pouvait raisonnablement compter sur la prolongation de sa convention d'occupation. De plus, il ressort des termes de l'article 18 de la convention qu'à la cessation de l'autorisation à son terme normal, les installations de la société sur l'emprise du domaine public devaient être soit enlevées et les lieux remis en état, soit abandonnées sans indemnité au concédant. Par suite, les prétentions indemnitaires de la société sur ce point seront rejetées.
12. En quatrième et dernier lieu, la société se prévaut de diverses dépenses qui auraient résulté du caractère anticipé de sa fermeture par rapport aux prévisions établies lors de sa prise des locaux en 2005. Toutefois, elle ne saurait être indemnisée ni du coût des licenciements des salariés, ni du coût des frais d'accompagnement administratif de la fermeture, dès lors que ces dépenses sont inhérentes à la fermeture de l'établissement, quelle que soit sa date. Par ailleurs, la société, dont le crédit-bail d'une durée de douze années souscrit en 2005 arrivait à échéance avant le 31 juillet 2020, n'est pas fondée à soutenir que la somme de 200 000 euros restant dû au crédit-bailleur, créance dont au demeurant elle n'établit pas l'existence, résulte de la promesse non-tenue par Paris La Défense. Enfin, si la société se prévaut de contrats de long-terme passés avec divers fournisseurs et prestataires auxquels elle a dû mettre fin de manière anticipée, alors qu'ils avaient été passés sur le principe d'une occupation jusqu'en 2025, il résulte de l'instruction que les contrats avec les sociétés Gazel Energie, Initial, Magellan Biotechnologie et JBR Conseil ont été respectivement passés les 1er novembre 2019, 4 mars 2019, 1er septembre 2018 et en mars 2015, à une période où la prudence aurait dû la conduire à fixer au 31 juillet 2020 le terme de ces contrats, au regard de l'état de ses échanges avec l'établissement public qui excluait toute prolongation. En revanche, il résulte de l'instruction que les contrats courant jusqu'au 31 juillet 2025 avec les sociétés Déco plante et R contrôle ont été passés respectivement les 23 septembre 2009 et 27 décembre 2008, dates auxquelles Globe-Trotter Café disposait encore d'un engagement ferme et précis de l'établissement public gestionnaire du parvis de La Défense. Si la société se prévaut, pour ces deux sociétés, d'un coût de résiliation anticipée total de 379 576 euros, il conviendra de tenir compte du comportement négligent de la société qui s'est engagée imprudemment dans ces contrats avant même de disposer d'un avenant en bonne et due forme et de faire une juste appréciation de son préjudice en lui allouant la somme de 300 000 euros.
En ce qui concerne la prescription opposée en défense :
13. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'État, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'État, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ". Aux termes de l'article R. 328-13 du code de l'urbanisme : " Paris La Défense est soumis aux dispositions du titre Ier du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ainsi qu'à celles prévues aux articles R. 2221-35 à R. 2221-52 du code général des collectivités territoriales ".
14. Lorsque la responsabilité d'une personne publique est recherchée, les droits de créance invoqués en vue d'obtenir l'indemnisation des préjudices doivent être regardés comme acquis, au sens des dispositions précitées de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968, à la date à laquelle la réalité et l'étendue de ces préjudices ont été entièrement révélées, ces préjudices étant connus et pouvant être exactement mesurés.
15. Le préjudice indemnisable, mentionné au point 12, ne s'est révélé qu'en 2020, année au cours de laquelle la société Globe-Trotter Café a rompu les relations contractuelles avec ses différents fournisseurs et prestataires et s'est vue facturer par ces derniers des frais résultant du caractère anticipé de la résiliation de ses contrats. Par suite, Paris La Défense n'est pas fondé à soutenir que cette créance, qui lui a été réclamée le 12 mai 2020 par la société requérante, est prescrite.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Paris La Défense doit être condamnée à payer la somme de 300 000 euros à la société Globe-Trotter Café.
En ce qui concerne les intérêts et la capitalisation :
17. La réclamation indemnitaire de la société Globe-Trotter Café a été reçue par Paris La Défense le 12 mai 2020, de sorte que cette dernière a droit, sur la sommes mentionnée au point 16, au versement des intérêts au taux légal à compter de cette date, ainsi qu'à leur capitalisation annuelle à compter du 12 mai 2021, première échéance à laquelle une année entière d'intérêts était due.
Sur les frais liés au litige :
18. D'une part et en tout état de cause, l'instance n'a donné lieu à aucun dépens. Les conclusions de Paris La Défense visant à mettre ces derniers à la charge de la société requérante doivent être rejetées.
19. D'autre part, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société Globe-Trotter Café, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par Paris La Défense au titre des frais liés à l'instance et non compris dans les dépens, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
20. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Paris La Défense la somme de 2 000 euros au titre de ces mêmes frais.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Paris La Défense est condamnée à verser la somme de 300 000 euros à la société Globe-Trotter Café. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 12 mai 2020. Les intérêts échus à la date du 12 mai 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Paris La Défense versera à la société Globe-Trotter Café la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par Paris La Défense sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Globe-Trotter Café et à l'établissement public Paris La Défense.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme Monteagle et M. A, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
signé
M. MonteagleLa présidente,
signé
C. Van Muylder La rapporteure,
M. Monteagle La présidente,
C. Van Muylder
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2009040
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026