mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2009290 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 11ème Chambre |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2020, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le titre de recette émis et rendu exécutoire le 19 août 2020 par le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine en vue du recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 11 596,20 euros ;
3°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ledit indu ;
4°) de mettre à la charge du conseil départemental des Hauts-de-Seine le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- le bordereau de titre de recettes ne comporte pas la signature de l'émetteur ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- l'indu réclamé est infondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2022, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
La requête a été communiquée au directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations en défense.
Par une décision du 23 novembre 2020, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012';
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Robert, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a fait l'objet d'un titre de recette émis et rendu exécutoire le 19 août 2020 par le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine en vue du recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 11 596,20 euros. La présente requête demande l'annulation de ce titre de recette et la décharge de la somme due.
Sur les conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 susvisé : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ".
3. Par une décision du 23 novembre 2020, postérieure à l'introduction de la requête, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande présentée à ce titre.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
4. Premièrement, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. ()/. En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ".
5. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que tant le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif que l'ampliation adressée au redevable doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le titre de recettes litigieux mentionne que son émetteur est M. Siffredi Georges, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, et n'est pas signé. Toutefois, le département des Hauts-de-Seine verse aux débats, d'une part, le bordereau de recette n°2149 du 19 août 2020 relatif à l'indu en litige signé électroniquement par Mme C D et, d'autre part, l'arrêté n° 2020-DAJA-84 du 4 juin 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs en application duquel Mme C D a pu valablement signer ce bordereau de recettes sur délégation du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine. Par suite, le moyen tiré de l'absence de signature régulière du titre de recette émis et rendu exécutoire le 19 août 2020 ne peut qu'être écarté.
7. Deuxièmement, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
8. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire contesté est intitulé " Trop perçu RSA 2020 R04 01/03/2017 au 31/08/2019 - 19/08/2020 ". Cette indication permettait à l'intéressée de comprendre que la créance visée portait sur un montant de revenu de solidarité active perçu par elle de mars 2017 à août 2019. En outre, Mme B avait été préalablement rendu destinataire d'une décision de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine du 5 décembre 2019 notifiant un trop-perçu de revenu de solidarité active, ainsi que les éléments de calcul de cet indu et ses motifs. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas été régulièrement informée des motivations et des bases de calcul de la dette dont il lui était demandé règlement.
9. Troisièmement, le titre exécutoire émis en vue du recouvrement d'indus de revenu de solidarité active qui n'entre dans aucune des catégories de décisions devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, doit être motivé selon les modalités prévues par les dispositions spécifiques du décret du
7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir que le titre exécutoire attaqué serait irrégulier faute pour le département des Hauts-de-Seine d'avoir préalablement mis en œuvre la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen, étant inopérant, doit donc être écarté. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que Mme B a formé un recours administratif le 16 décembre 2019 contre la décision de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine du 5 décembre 2019 notifiant un trop-perçu de revenu de solidarité active. Elle a ainsi pu présenter ses observations préalablement à l'édiction du titre exécutoire contesté.
10. Quatrièmement, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête établi par un contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine le 2 décembre 2019, que Mme B, qui a déposé des déclarations trimestrielles faisant apparaître des ressources nulles de 2017 à 2019, possédait un compte bancaire à son nom alimenté par des virements et des dépôts d'espèce représentant la somme totale de 8 020 euros en 2017, 11 825 euros en 2018 et 3 868 euros en 2019. Par suite, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a pris en compte ces ressources non-déclarées et procédé à une révision des droits de Mme B sur la période litigieuse.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et de décharge présentées par Mme B doivent être rejetées. Par suite, doivent également être rejetées les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions demandant le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au conseil départemental des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée à la paierie départementale des Hauts-de-Seine et à la caisse d'allocations familiales des Hauts de-Seine.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Robert, premier conseiller,
M. Dupin, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
D. Robert
Le président,
signé
T. Bertoncini
Le greffier
signé
V. Guillaume
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026