mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2009494 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | MAURY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2010625 du 23 septembre 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en application des articles R. 351-3 et R. 312-14 du code de justice administrative, le dossier de la requête de Mme A C, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 20 juillet 2020.
Par cette requête, Mme C, représentée par Me Callon, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme totale de 19 467,33 euros assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter de la réception de sa demande indemnitaire préalable, en indemnisation des préjudices résultant de l'infection nosocomiale contractée à l'hôpital Beaujon le 14 août 2012 ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP le versement de la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a contracté une infection nosocomiale lors de l'intervention de neurochirurgie réalisée le 14 août 2012 à l'hôpital Beaujon ;
- cette infection n'était présente ni en incubation avant cette intervention et l'expertise n'a mis en évidence aucune cause pouvant expliquer la contraction de cette infection ;
- la responsabilité de l'AP-HP doit être est engagée sur le fondement du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique dès lors que celle-ci ne rapporte pas la preuve que cette infection résulte d'une cause étrangère ; l'AP-HP a proposé de l'indemniser et ne conteste pas la principe de sa responsabilité ;
- ni son état de santé antérieur ni la nature endogène du germe à l'origine de cette infection ne sauraient exonérer l'AP-HP de sa responsabilité ;
- l'AP-HP sera condamnée à lui verser les sommes de 3 398,20 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 7 201 euros au titre des souffrances endurées, de 1 859 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent, de 1 278,73 euros au titre de l'assistance par tierce personne, de 45,45 euros au titre des frais postaux, de 44,28 euros au titre des frais de reprographie de son dossier médical et de 8,67 euros au titre des dépenses de santé.
Par un mémoire enregistré le 9 octobre 2021, Mme C demande au tribunal qu'il soit donné acte de son désistement.
Par des mémoires enregistrés les 20 octobre 2021 et 28 juin 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, représentée par Me Maury, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 50 799,90 euros en remboursement des prestations qu'elle a versées en lien avec le dommage subi par Mme C, majorée des intérêts au taux légal à compter du 20 octobre 2021 ;
2°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle a pris en charge les dépenses de santé correspondant aux frais d'hospitalisation de Mme C en lien avec le dommage pour un montant de 40 816,06 euros ;
- elle a pris en charge des frais médicaux en lien avec ce dommage pour un montant de 2 165,35 euros ;
- elle a pris en charge des frais pharmaceutiques en lien avec ce dommage pour un montant de 1 271,23 euros ;
- elle a pris en charge des frais de transport en lien avec ce dommage pour un montant de 3 290,64 euros ;
- elle a appliqué une franchise d'un montant de 56 euros sur l'ensemble de ces dépenses ;
- elle aura à prendre en charge des dépenses de santé futures d'un montant de 3 312,62 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut à ce que les sommes demandées par la CPAM du Loir-et-Cher soient ramenées à de plus justes proportions.
Elle fait valoir que :
- certaines demandes de la caisse sont trop imprécises pour déterminer leur imputabilité à l'infection nosocomiale contractée par Mme C ;
- l'expertise n'a pas retenu de dépenses de santé futures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Par ordonnance du 29 juin 2022, la clôture de l'instruction initialement fixée au 23 mai 2022 a été reportée au 1er septembre 2022.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fléjou,
- et les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, née le 4 janvier 1974, s'est vue diagnostiquer une hypertension intracrânienne bénigne alors qu'elle était enfant. Le 21 juin 2007, une imagerie par résonnance médicale (IRM) a mis en évidence la présence d'un œdème papillaire stable sans baisse d'acuité visuelle. Face à l'intensification de ses céphalées, l'indication de mise en place d'une valve de dérivation ventriculopéritonéale a été posée et l'intervention réalisée le 16 octobre 2007. En 2010, Mme C a également subi une craniotomie impliquant la pose d'un neuropatch. En 2012, elle a présenté de nouveau des céphalées liées à cette hypertension intracrânienne et, le 14 août 2012, elle a subi une intervention chirurgicale à l'hôpital Beaujon, établissement de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), afin de procéder à une révision de la valve, au cours de laquelle il a été procédé à une dépose de ce matériel et à la remise en place complète du dispositif. En 2013, elle a de nouveau présenté des céphalées postérieures laissant supposer un nouveau dysfonctionnement de valve. Le 4 mars 2014, elle a subi une nouvelle intervention de révision de la valve à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Les prélèvements à visée microbiologique effectués à cette occasion ont mis en évidence la présence du germe propionibacterium acnés. L'évolution ultérieure a été marquée par plusieurs récidives de la symptomatologie nécessitant une dépose du matériel le 26 janvier 2015 puis sa repose le 25 février 2015. Le 23 mars 2016, la requérante a bénéficié d'une ponction lombaire soustractive au sein du centre hospitalier de Chartres, qui a mis en évidence la présence du même germe et justifié à nouveau l'ablation du matériel le 1er juillet 2016 à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Devant la persistance des troubles infectieux, la possibilité d'une colonisation du neuropatch posé en 2010 a conduit à la dépose de celui-ci le 8 août 2016 au sein du même hôpital. Le 3 octobre 2016, Mme C a bénéficié de la pose d'une nouvelle dérivation ventriculopéritonéale imprégnée d'antibiotiques. Se plaignant de céphalées postérieures persistantes et de bourdonnements d'oreille, ainsi que d'une anxiété réactionnelle, Mme C a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) d'Ile-de-France le 29 septembre 2017 qui a désigné le docteur B, neurochirurgienne, et le docteur D, infectiologue, aux fins de réaliser une expertise. Dans leur rapport du 21 février 2018, les expertes ont estimé que Mme C avait souffert d'une infection nosocomiale en lien avec l'intervention du 14 août 2012. S'appropriant leurs conclusions, la CCI a estimé dans son avis du 12 juillet 2018 que, compte tenu du déficit fonctionnel permanent dont souffre Mme C, qui n'est pas supérieur à 25 %, il appartenait à l'AP-HP de réparer intégralement les préjudices subis par l'intéressée en lien avec cette infection. Par courrier du 17 août 2018, l'AP-HP a proposé la somme de 18 090,20 euros à Mme C en indemnisation de ses préjudices extrapatrimoniaux et l'a invitée à produire des justificatifs s'agissant de ses préjudices patrimoniaux. Par courrier du 16 décembre suivant, Mme C a demandé le versement de 1 377,13 euros au titre de ces derniers préjudices. En l'absence de tout versement complémentaire à ce titre de la part de l'AP-HP, l'intéressée a formulé une demande indemnitaire préalable portant sur un montant de 19 467,33 euros auprès de cet établissement par un courrier du 14 mai 2020 reçu le lendemain. Devant le silence gardé par l'AP-HP sur cette demande, Mme C a demandé au tribunal que cet établissement soit condamné à lui verser cette somme. Par un courrier du 28 septembre 2021, enregistré par le greffe le 9 octobre suivant, elle a indiqué se désister de sa requête. La CPAM du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, demande quant à elle le versement par l'AP-HP de la somme de 50 779,90 euros au titre des frais engagés pour la prise en charge de Mme C en lien avec l'infection nosocomiale.
Sur le désistement de Mme C :
2. Par un mémoire enregistré le 9 octobre 2021, Mme C a déclaré se désister de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier. / Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre et le livre Ier, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident dans les conditions ci-après. / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. () ". Ces dispositions ne font pas dépendre de l'exercice d'un recours indemnitaire par la victime ou ses ayants droit la possibilité pour la caisse de sécurité sociale, subrogée dans les droits de son assuré à hauteur des prestations qu'elle lui a versées, d'en poursuivre le remboursement par le responsable de l'accident. Par suite, le désistement de Mme C de sa demande est sans incidence sur les conclusions de la CPAM du Loir-et-Cher.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'AP-HP :
4. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge. Il n'y a pas lieu de tenir compte de ce que la cause directe de cette infection a le caractère d'un accident médical non fautif ou a un lien avec une pathologie préexistante. L'article L. 1142-1-1 du même code dispose que : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales () ".
5. Ainsi qu'il a été indiqué au point 1, il résulte de l'instruction que, dans le cadre de la prise en charge de l'hypertension intracrânienne bénigne dont souffre Mme C depuis l'enfance, en particulier de l'obstruction de la valve de dérivation ventriculopéritonéale posée en 2007, cette dernière a bénéficié le 14 août 2012 à l'hôpital Beaujon d'une intervention neurochirurgicale de dépose et repose de ce matériel. En raison de la dégradation de son état de santé, la requérante a fait l'objet, le 4 mars 2014, d'une nouvelle intervention de révision de la valve à l'occasion de laquelle les prélèvements effectués ont révélé la présence du germe propionibacterium acnés. Dans leur rapport, les experts ont estimé que l'infection contractée par Mme C était directement imputable à l'intervention neurochirurgicale de l'intéressée au sein de l'hôpital Beaujon le 14 août 2012. Comme ils l'ont également précisé, il ne résulte pas de l'instruction que cette infection était présente ou en incubation avant cette date ni qu'elle aurait pour origine une cause étrangère, l'AP-HP s'étant abstenue de présenter des observations sur ce point en défense. Dans ces conditions, l'infection contractée au cours ou au décours de sa prise en charge à l'hôpital Beaujon le 14 août 2012 présente un caractère nosocomial. Dès lors que les critères d'engagement de la responsabilité de l'ONIAM au titre de la solidarité nationale prévus au II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ne sont pas réunis, ce que les parties ne contestent pas, l'AP-HP doit être condamnée à réparer l'intégralité des préjudices résultant pour la CPAM de cette infection en application des dispositions du deuxième alinéa du I de l'article L. 1142-1 de ce code.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
Quant aux dépenses de santé actuelles :
S'agissant des frais hospitaliers :
6. La CPAM demande le versement de la somme de 40 816,06 euros correspondant aux frais d'hospitalisation de Mme C des 3 au 7 mars 2014, 25 au 27 janvier et 24 au 28 février 2015, 30 juin au 4 juillet 2016, 7 au 12 août 2016 et 2 au 5 octobre 2016 à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière ainsi que du 5 décembre 2015, des 7 au 9 décembre 2015 et du 17 mars 2016 au centre hospitalier de Chartres. Il résulte de l'instruction et, notamment, de l'attestation d'imputabilité du médecin conseil de la CPAM, que ces frais sont en lien avec le dommage résultant de l'infection nosocomiale contractée par Mme C à l'hôpital Beaujon. Dans ces conditions, la CPAM est fondée à demander le versement par l'AP-HP de 40 816,06 euros à ce titre.
S'agissant des frais médicaux :
7. La CPAM demande le versement de la somme de 2 165,35 euros correspondant à la somme des montants des actes médicaux dont a bénéficié Mme C 11 février 2015 au 4 mai 2017, des soins infirmiers qu'elle a reçus du 2 mars 2015 au 26 août 2016 et des actes de biologie réalisés entre les 11 mars 2015 et 8 avril 2017. Si l'AP-HP fait valoir qu'elle n'établit pas l'imputabilité de ces frais au dommage, il résulte toutefois de l'instruction et, notamment, de l'attestation d'imputabilité du médecin conseil de la CPAM que ces frais sont en lien avec le dommage résultant de l'infection nosocomiale contractée par Mme C à l'hôpital Beaujon le 14 août 2012. Dans ces conditions, la CPAM est fondée à demander le versement de la somme de 2 165,35 euros par l'AP-HP à ce titre.
S'agissant des frais pharmaceutiques :
8. La CPAM demande le versement de la somme de 1 271,23 euros correspondant aux frais pharmaceutiques de Mme C. Si l'AP-HP fait valoir qu'elle n'établit pas l'imputabilité de ces frais au dommage, il résulte toutefois de l'instruction et, notamment, de l'attestation d'imputabilité du médecin conseil de la CPAM, que ces frais sont effectivement en lien avec le dommage résultant de l'infection nosocomiale contractée par Mme C à l'hôpital Beaujon. Dans ces conditions, la CPAM est fondée à demander le versement de la somme de 1 271,23 euros par l'AP-HP à ce titre.
Quant aux frais divers :
9. La CPAM demande le versement de la somme de 3 290,64 euros correspondant aux frais de transport de Mme C. Contrairement à ce que fait valoir l'AP-HP, il résulte de l'instruction et, notamment, de l'attestation d'imputabilité du médecin conseil de la CPAM, que ces frais sont en lien avec le dommage résultant de l'infection nosocomiale contractée par Mme C à l'hôpital Beaujon. Dans ces conditions, la CPAM est fondée à demander le versement de 3 290,64 euros par l'AP-HP à ce titre.
10. Il résulte de l'instruction que la CPAM a appliqué à Mme C des franchises d'un montant total de 56 euros sur le versement de ces prestations telles que retenues aux 6 à 9. Il y a dès lors lieu de retrancher ce montant aux sommes totales dues par l'AP-HP à ce titre. Par suite, l'AP-HP devra verser à la CPAM du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, la somme totale de 47 487,28 euros.
Quant aux dépenses de santé futures :
11. La CPAM demande le versement de la somme viagère de 3 312,62 euros correspondant selon elle à la capitalisation des dépenses de santé futures de Mme C, dont elle estime le montant à 108,39 euros par an, correspondant au prix de onze boites de Gabapentine 100 mg et de Chrono indocid 75 mg et de six boîtes de Dafalgan codéïné 500 mg. Elle soutient, en s'appuyant sur l'attestation d'imputabilité rédigée par son médecin conseil, que la prescription d'anti-inflammatoires et d'antidouleurs est en lien direct et certain avec l'infection nosocomiale et ne résulte pas de son état antérieur. L'AP-HP fait pour sa part valoir en défense que les expertes n'ont pas retenu de préjudice de dépenses de santé futures. Néanmoins, s'il ressort du rapport d'expertise que la requérante souffre de " céphalées chroniques en lien avec la pathologie initiale ", les docteurs B et D ont également relevé que Mme C " souffr[ait] d'importantes douleurs cervicales suite à l'intervention chirurgicale pour ablation du neuropatch ", rendue nécessaire par l'infection nosocomiale. Dans ces conditions, et compte tenu de ce qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'AP-HP ait donné son accord pour la capitalisation des sommes dues à la CPAM, celle-ci est fondée à obtenir le versement des dépenses liées au remboursement d'anti-douleurs et d'anti-inflammatoires sur justificatifs dans la limite de 50 % de leur montant correspondant à la part imputable à l'infection nosocomiale.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
12. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ".
13. La CPAM du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, a droit au versement des intérêts au taux légal à compter du 20 octobre 2021, date de sa première demande.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
14. Aux termes des dispositions du 9ème alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". Pour leur application, l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 fixe respectivement à 115 euros et 1 162 euros les montants minimum et maximum de l'indemnité pouvant être recouvrée par l'organisme d'assurance maladie.
15. La CPAM du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, demande la condamnation de l'AP-HP au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion instituée par ces dispositions à laquelle il y a lieu de faire droit. L'AP-HP lui versera la somme de 1 162 euros à ce titre.
Sur les frais de l'instance :
16. Il convient, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP le versement de la somme de 1 200 euros à la CPAM du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par cette caisse et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de Mme C.
Article 2 : L'AP-HP versera à la CPAM du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, les sommes correspondant aux dépenses de santé futures engagées pour Mme C sur justificatifs à mesure de leur engagement dans les conditions prévues au point 11 du jugement ainsi qu'une somme de 47 487,28 euros. Cette somme portera intérêts à compter 20 octobre 2021.
Article 3 : L'AP-HP versera à la CPAM du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité de frais de gestion.
Article 4 : L'AP-HP versera une somme de 1 200 euros à la CPAM du Loir-et-Cher, venant aux droits de la CPAM de l'Eure-et-Loir, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Loir-et-Cher et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère et Mme Moinecourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
V. Fléjou
La présidente,
signé
E. CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2009494
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026