jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2009586 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoire enregistrés les 24 septembre 2020, 13 décembre 2021 et 7 février 2022, Mme A D, représentée par Me Séveno, demande au tribunal :
1°) de condamner CY Cergy Paris Université à lui verser la somme de 85 000 euros, majorée des intérêts et de leur capitalisation, en réparation de ses préjudices nés de l'exercice de ses fonctions à temps partiel et intégralement en télétravail à compter de sa réintégration au sein de l'université, le 1er novembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de CY Cergy Paris Université la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son employeur lui a imposé sans fondement légal de ne travailler qu'à temps partiel à compter de son retour de détachement le 1er novembre 2016 alors que, aux termes de l'article 37 de la loi du 16 janvier 1984, l'affectation à temps partiel est en principe subordonnée à une demande préalable de l'agent ; si elle a signé cette demande, elle a été contrainte et forcée de le faire ; la décision du 1er novembre 2016 méconnaît également l'article 2 du décret du 20 juillet 1982 dès lors qu'elle ne précise pas la période pendant laquelle elle est affectée à temps partiel ;
- son affectation à temps partiel ne pouvait être prolongée pour une durée supérieure à trois ans sans autorisation expresse, de sorte qu'elle aurait dû être réintégrée à temps plein à compter du 1er novembre 2019 ;
- l'université lui a imposé une quotité de télétravail qui excède le maximum autorisé par les articles 3 à 5 du décret du 11 février 2016, sans demande préalable de sa part ; le renouvellement de l'exercice de ses fonctions en télétravail n'a pas été précédé d'un entretien avec son supérieur hiérarchique ;
- elle a subi les préjudices suivants :
- 70 000 euros en raison de la perte de rémunération ;
- 15 000 euros en raison des troubles dans les conditions d'existence et de son préjudice moral, qui découle notamment de l'isolement résultant de la méconnaissance des plafonds de durée en télétravail.
Par des mémoires en défense enregistrés les 27 octobre 2021, 28 janvier et 24 février 2022, CY Cergy Paris Université, représentée par Me Beguin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête de Mme D est irrecevable en raison de sa tardiveté, sa réclamation indemnitaire ayant été reçue par courrier électronique le 19 mai 2020 et une décision implicite de rejet étant par suite née le 19 juillet 2020, qui ne pouvait être contestée que jusqu'au 20 septembre 2020 ;
- à titre subsidiaire, les moyens qu'elle soulève ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 82-624 du 20 juillet 1982 ;
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le décret n° 2016-151 du 11 février 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- et les observations de Me Béguin, pour CY Cergy Paris Université.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ingénieure d'étude de 2ème classe de l'établissement public CY Cergy Paris Université, a été placée en position de détachement auprès du centre de recherche INRIA de l'université de Bordeaux du 1er novembre 2011 au 31 octobre 2016. Elle a été réintégrée par CY Cergy Paris Université à compter du 1er novembre 2016 sur un emploi de chargée de communication scientifique, pour une quotité de temps de travail de 50% et avec l'autorisation d'exercer l'intégralité de ses fonctions en télétravail depuis son domicile, situé en Gironde. A compter du 3 octobre 2018, elle a été placée en congé de longue maladie, puis en congé de longue durée et, à compter du 1er septembre 2020, elle a été placée à sa demande en disponibilité pour convenances personnelles. Par un courrier électronique envoyé le 19 mai 2020 et une lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 25 mai 2020, restés sans réponse, elle a adressé à son employeur une réclamation préalable, tendant à l'indemnisation des préjudices qui seraient nés de l'exercice de ses fonctions à temps partiel et intégralement en télétravail. Par la présente requête, Mme D conclut à ce que CY Cergy Paris Université soit condamnée à l'indemniser de ces préjudices à hauteur de 85 000 euros.
Sur la recevabilité :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". L'article R. 421-2 du même code dispose que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme D a adressé à CY Cergy Paris Université une réclamation préalable par lettre recommandée avec accusé de réception, reçue le 25 mai 2020. Une décision implicite de rejet est née le 25 juillet 2020, que Mme D pouvait contester jusqu'au 28 septembre 2020. Le délai de recours n'était dès lors pas expiré lors de l'enregistrement de sa requête, le 24 septembre 2020. L'université fait valoir en défense que le contentieux aurait été lié par la réception de la copie de cette réclamation, adressée par courrier électronique le 19 mai 2020 et qui aurait fait naître une décision implicite de rejet le 19 juillet 2020, ne pouvant être contestée que jusqu'au lundi 21 septembre 2020. Toutefois, la date à laquelle ce courrier électronique a été réceptionné, qu'il incombe à la partie s'en prévalant de prouver, ne résulte pas de l'instruction. Il en résulte que la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne les fautes :
S'agissant des fautes nées de l'affectation de Mme D à temps partiel :
4. Aux termes de l'article 37 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires titulaires, en activité ou en service détaché, qui occupent un emploi conduisant à pension du code des pensions civiles et militaires de retraite peuvent, sur leur demande, sous réserve des nécessités de la continuité et du fonctionnement du service et compte tenu des possibilités d'aménagement de l'organisation du travail, être autorisés à accomplir un service à temps partiel, qui ne peut être inférieur au mi-temps, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ". L'article 2 du décret du 20 juillet 1982, pris pour l'application de ces dispositions, prévoit que : " L'autorisation d'assurer un service à temps partiel est accordée pour des périodes comprises entre six mois et un an, renouvelable, pour la même durée, par tacite reconduction dans la limite de trois ans. A l'issue de cette période de trois ans, le renouvellement de l'autorisation de travail à temps partiel doit faire l'objet d'une demande et d'une décision expresses. / La réintégration à temps plein ou la modification des conditions d'exercice du temps partiel peut intervenir avant l'expiration de la période en cours, sur demande des intéressés présentée au moins deux mois avant la date souhaitée. ".
5. En premier lieu, Mme D soutient qu'elle a été placée en service à temps partiel sans en avoir fait la demande préalable. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction qu'elle a accepté par courrier électronique le principe d'une réintégration à temps partiel le 31 octobre 2016 et qu'elle a signé une demande en ce sens, datée du 2 novembre 2016. Cette autorisation a été renouvelée expressément par un arrêté du 25 août 2017, que Mme D n'a pas contesté alors que cette modalité de travail a fait l'objet d'échanges avec la direction des ressources humaines en octobre 2017. En outre, le 13 juillet 2018, elle a demandé à être maintenue à temps partiel.
6. Il ne résulte pas de l'instruction, ainsi que le fait valoir la requérante, que ses demandes de travail à temps partiel antérieures à la rentrée universitaire de septembre 2018 auraient été signées sous la menace de ne pas être réintégrée. Les échanges de courriers électroniques produits par les parties, notamment entre Mme D et le président de l'université le 26 octobre 2016, établissent au contraire que les représentants de l'établissement ont cherché à organiser son travail de manière à ce que, conformément à ses souhaits, elle puisse continuer à résider à Bordeaux et à y disposer de temps pour développer une activité de reconversion, sans avoir besoin de se déplacer à Cergy. Aucun de ses interlocuteurs n'a fait d'une demande de travail à temps partiel une condition de sa réintégration et son supérieur hiérarchique a, au contraire, exprimé son souhait qu'elle renonce au travail à temps partiel à la rentrée 2018. Elle a également été informée des conséquences financières de son placement à temps partiel avant de signer la demande. En outre, contrairement à ses allégations, s'il lui a été indiqué que des considérations budgétaires s'opposaient à la création du poste qu'elle aurait souhaité occuper, de tels éléments n'ont jamais été invoqués pour justifier sa réintégration à temps partiel.
7. Par ailleurs, si une proposition définitive d'emploi d'affectation n'a été faite à Mme D que le 26 octobre 2016, cela répondait également à la préoccupation de l'intéressée qui avait indiqué souhaiter disposer du plus de temps possible pour mener à bien une recherche d'emploi à Bordeaux avant la fin de son détachement intervenue le 31 octobre 2016. Au demeurant, si la requérante se prévaut des dispositions de l'article 22 du décret du 16 septembre 1985, celles-ci n'ont ni pour objet, ni pour effet d'imposer à l'administration un délai avant l'expiration du détachement pour indiquer à l'agent les conditions précises de sa réintégration et, notamment, l'emploi d'affectation, qui constitue une prérogative unilatérale de l'employeur public.
8. Enfin, la circonstance que le procès-verbal d'installation du 1er novembre 2016 ne mentionne pas la durée pour laquelle l'autorisation de travailler à temps partiel a été accordée à l'intéressée ne constitue pas, par elle-même, une méconnaissance de l'article 2 du décret du 20 juillet 1982 précité.
9. En deuxième lieu, il résulte du premier alinéa de l'article 2 du décret du 20 juillet 1982 que l'autorisation de travail à temps partiel accordée à Mme D à compter du 1er novembre 2016 ne pouvait être prolongée au-delà du 31 octobre 2019 que par une décision expresse. Par suite, en ayant prolongé cette autorisation au-delà de cette date sans décision expresse, ainsi que le révèlent les bulletins de salaire de l'intéressée, CY Cergy Paris Université a méconnu ces dispositions et, par là-même, a commis une faute. Toutefois, il résulte de l'instruction que d'une part Mme D avait réitéré en juillet 2018 son souhait d'être maintenue à temps partiel, dès lors notamment qu'elle développait une activité annexe en parallèle de son emploi par l'université, et que d'autre part elle ne s'est pas manifestée auprès de son employeur à ce sujet avant le 19 mai 2020. Dans ces conditions, il y a lieu de n'engager la responsabilité de CY Cergy Paris Université qu'à hauteur de 50% des préjudices pouvant résulter de cette faute.
S'agissant de la signature d'un protocole de télétravail :
10. Aux termes de l'article 3 du décret du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique et la magistrature : " La quotité des fonctions pouvant être exercées sous la forme du télétravail ne peut être supérieure à trois jours par semaine. Le temps de présence sur le lieu d'affectation ne peut être inférieur à deux jours par semaine. ". L'article 5 du même décret, dans sa rédaction alors en vigueur, dispose que : " L'exercice des fonctions en télétravail est accordé sur demande écrite de l'agent. () La durée de l'autorisation est d'un an maximum. L'autorisation peut être renouvelée par décision expresse, après entretien avec le supérieur hiérarchique direct et sur avis de ce dernier. ".
11. Il résulte de l'instruction que Mme D a signé des protocoles individuels de télétravail pour les années 2016-2017, 2017-2018 et 2018-2019, ce dernier comportant une erreur de plume dans son intitulé, et qu'elle n'a jamais demandé leur résiliation ainsi qu'il le lui était pourtant permis. La faute tirée de ce qu'elle aurait été placée en situation de télétravail sans en avoir fait la demande ne peut par conséquent qu'être écartée. Par ailleurs, si elle a été autorisée à pratiquer l'ensemble de son activité en télétravail, méconnaissant ainsi l'obligation de présence sur le lieu d'affectation d'au minimum deux jours par semaine qui résulte des dispositions précitées, cette dérogation lui a été accordée eu égard à sa volonté de résider à Bordeaux et de se rendre le moins fréquemment possible à Cergy, ainsi qu'il a été dit précédemment. Cette faute ne saurait dès lors être regardée comme lui ayant causé un préjudice. Enfin, si le renouvellement de l'exercice de ses fonctions en télétravail n'a pas été précédé d'un entretien avec son supérieur hiérarchique, il n'est pas établi, ni même soutenu, que la méconnaissance de cette obligation serait à l'origine d'un préjudice.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est fondée à rechercher la responsabilité de CY Cergy Paris Université qu'à hauteur de 50% des préjudices résultant de la faute commise en l'ayant maintenue à temps partiel sans autorisation expresse au-delà du 31 octobre 2019.
En ce qui concerne les préjudices :
13. Aux termes de l'article 4 du décret du 20 juillet 1982 : " Les fonctionnaires qui bénéficient d'un congé de maladie mentionné aux 2°, 3° et 4° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, pendant une période où ils ont été autorisés à assurer un service à temps partiel perçoivent une fraction des émoluments auxquels ils auraient eu droit dans cette situation s'ils travaillaient à temps plein, déterminée dans les conditions fixées à l'article 40 de la loi du 11 janvier 1984 précitée. A l'issue de la période de travail à temps partiel, ces fonctionnaires, s'ils demeurent en congé de maladie, recouvrent les droits des fonctionnaires exerçant leurs fonctions à temps plein. ".
14. Il résulte de ces dispositions que, durant la période du 1er novembre 2019 au 1er septembre 2020 où Mme D se trouvait en congé de longue durée et où elle ne pouvait être maintenue à temps partiel sans autorisation expresse, elle avait dès lors droit à une rémunération correspondant à une affectation à temps plein. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que son traitement net en étant employée à mi-temps était, durant l'année 2020, de 960 euros par mois. Dans ces conditions, et compte tenu du partage de responsabilité mentionné au point 12, Mme D est fondée à obtenir la somme de 4 800 euros en réparation de son préjudice financier né de la faute de son employeur.
15. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que Mme D, qui a été placée en congé de maladie à compter du 3 octobre 2018 du fait d'un syndrome dépressif causé par un épuisement professionnel puis par le décès d'une proche, circonstances étrangères à la faute commise par CY Cergy Paris Université, aurait subi des troubles dans ses conditions d'existence ou un préjudice moral consécutifs à la faute retenue. Par suite, ses conclusions tendant à l'indemnisation de ces préjudices doivent être écartées.
En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :
16. Ainsi qu'il a été dit au point 3, la réclamation indemnitaire de Mme D a été reçue par CY Cergy Paris Université le 25 mai 2020. Elle a droit aux intérêts à compter de cette date, ainsi qu'à leur capitalisation annuelle à compter du 25 mai 2021, première échéance à laquelle une année entière d'intérêts était due.
Sur les frais de l'instance :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de CY Cergy Paris Université au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise sur leur fondement à la charge de Mme D, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : CY Cergy Paris Université versera à Mme D, en réparation de ses préjudices, la somme de 4 800 euros, majorée des intérêts à compter du 25 mai 2020 et de leur capitalisation annuelle à compter du 25 mai 2021.
Article 2 : CY Cergy Paris Université versera à Mme D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à CY Cergy Paris Université.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient
Mme Van Muylder, présidente,
M. C et M. B, premiers conseillers,
assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le rapporteur,
signé
G. CLa présidente,
signé
C. Van MuylderLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026