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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2009674

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2009674

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2009674
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème Chambre
Avocat requérantGATINEAU FATTACCINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés respectivement les 25 septembre 2020, 1er mars et 24 mai 2021, un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1, enregistré le 16 juin 2021, et deux nouveaux mémoires complémentaires enregistrés les 19 octobre 2021 et 5 décembre 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. A B, représenté par la SCP Gatineau, Fattaccini et Rebeyrol, demande au tribunal :

1°) la décharge de l'obligation de payer résultant de la notification d'une saisie administrative à tiers détenteur décernée le 5 février 2020 par le comptable public près le service des impôts des entreprises de Vanves pour le recouvrement de droits de taxe sur la valeur ajoutée réclamés à la SA Subex au titre de la période du 1er janvier 1993 au 31 décembre 1994, ainsi que des pénalités y afférentes, pour un montant total de 3 583 767,47 euros ;

2°) d'ordonner la restitution de sommes saisies en application de cette saisie administrative à tiers détenteur ; ;

3°) de mettre à la charge de l'État un somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée réclamés à la SA Subex, pour un montant total en droits et pénalités de 3 583 867,47 euro, ont été mis en recouvrement le 31 octobre 1995 sans faire l'objet de poursuite avant le 10 décembre 2019 au travers d'une mise en demeure de payer valant commandement de payer décernée par le comptable public ;

- n'ayant pas reçu l'avis de mise en recouvrement, il n'a pas donné suite à cette mise en demeure faute de pouvoir être tenu conjointement au paiement de cette somme en application de l'article 1857 du code civil ;

- ce faisant, il ne saurait être tenu pour solidairement responsable de cette dette, l'existence de l'obligation de payer ne pouvant donc lui être opposée ;

- la solidarité des dettes de la SA Subex ne peut lui être opposée en application de l'article 1857 du code civil inapplicable aux sociétés anonymes ;

- il ne peut davantage l'être en application de l'article 1858 du code civil faute pour l'administration d'établir avoir vainement poursuivi la SA Subex et de lui avoir adressé un avis de mise en recouvrement ainsi que le prévoit l'instruction administrative référencée BOI REC PREA 10-10-30 ;

- à supposer que l'illégalité de cette mise en demeure soit sans incidence sur la légalité de la saisie administrative à tiers détenteur du 5 février 2020, cette dernière ne comporte pas les mentions suffisantes permettant d'identifier la créance fiscale pour le recouvrement de laquelle elle a été mise en œuvre ;

- la prescription de l'action en recouvrement prévue par l'article L. 274 du livre des procédures fiscales est acquise dès lors qu'aucune action en recouvrement n'a été engagée entre le 31 octobre 1995 et le 10 décembre 2019 ;

- aucun acte interruptif de prescription n'est intervenu durant cette période ;

- en particulier, M. B n'a jamais, en se référant clairement à une créance définie par sa nature, son montant et l'identité du créancier, interrompu le cours de la prescription par une reconnaissance de dette ;

- il ne saurait, en tout état de cause, lui être réclamé de payer la somme en litige faute pour l'administration fiscale de démontrer avoir déclaré cette créance au passif de la SA Subex durant la procédure de redressement judiciaire ce qui a eu pour effet de l'éteindre en application des dispositions de l'article L. 621-46 du code de commerce.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 décembre 2020, 25 mars et 7 septembre 2021, et 22 mai 2023, la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de commerce ;

- le code de procédure pénale ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,

- et les observations de Me Gatineau, représentant M. B.

Une note en délibéré, présentée pour M. B par la SCP Gatineau, Fattaccini et Rebeyrol, a été enregistrée le 18 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Le tribunal de grande instance de Paris a, sur le fondement de l'article 1745 du code général des impôts, condamné M. A B, par un jugement rendu contradictoirement le 25 octobre 1999, au paiement solidaire de la taxe sur la valeur ajoutée et de l'impôt sur les sociétés dus, respectivement au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 1994 et de l'année 1993, par la SA Subex, dont il était le dirigeant, et des pénalités correspondantes. M. B demande la décharge de l'obligation de payer résultant de la notification d'une saisie administrative à tiers détenteur décernée le 5 février 2020 par le comptable public près le service des impôts des entreprises de Vanves pour le recouvrement de droits de taxe sur la valeur ajoutée réclamés à la SA Subex au titre de la période du 1er janvier 1993 au 31 décembre 1994, ainsi que des pénalités y afférentes, pour un montant total de 3 583 767,47 euros.

2. En premier lieu, l'article L. 281 du livre des procédures fiscales dispose que : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts () ne peuvent porter que : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt ()/ Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ". Il résulte de ces dispositions que le juge de l'impôt n'est pas compétent pour connaître du contentieux de la régularité en la forme d'un acte de poursuite. En conséquence, un moyen tenant à la régularité en la forme d'un tel acte ne peut être utilement soulevé par un requérant à l'appui d'une contestation, portée devant le juge administratif, de son obligation de payer.

3. Si M. B soutient que la saisie administrative à tiers détenteur décernée le 5 février 2020 par le comptable public près le service des impôts des entreprises de Vanves est insuffisamment motivée et ne comporte pas les mentions suffisantes permettant d'identifier la créance fiscale pour le recouvrement de laquelle elle a été mise en œuvre, un tel moyen, qui se rattache à la régularité en la forme de l'acte de poursuite, ne saurait être utilement soulevé par le requérant à l'appui de la contestation, devant le juge administratif, de son obligation de payer.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 257-0 A du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors applicable : " () A défaut de paiement () des sommes mentionnées sur l'avis d'imposition à la date limite de paiement ou de celles mentionnées sur l'avis de mise en recouvrement et en l'absence d'une réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement formulée dans les conditions prévues au premier alinéa de l'article L. 277, le comptable public compétent adresse au contribuable une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte de poursuite devant donner lieu à des frais au sens de l'article 1912 du code général des impôts () Lorsque la mise en demeure de payer n'a pas été suivie de paiement ou d'une demande de sursis de paiement au sens de l'article L. 277, le comptable public compétent peut engager des poursuites à l'expiration d'un délai de trente jours suivant sa notification () ". Selon l'article L. 257-0 B du même livre, dans sa rédaction alors applicable, la mise en demeure de payer n'a pas à être précédée d'une lettre de relance lorsque les impositions dont le recouvrement est recherché résultent de l'application d'une procédure de rectification ou d'une procédure d'imposition d'office. L'article L. 260 du livre des procédures fiscales dispose que : " Dans les cas mentionnés au 2 de l'article 1663 du code général des impôts, le comptable public compétent peut faire signifier une mise en demeure de payer au contribuable dès l'exigibilité de l'impôt sur le revenu, des contributions sociales recouvrées comme en matière d'impôt sur le revenu, de la taxe d'habitation, des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties et des impositions recouvrées comme les impositions précitées.() ".

5. Il résulte des dispositions précitées que l'envoi d'une mise en demeure de payer au redevable est, en vertu de l'article L 257-0 A du livre des procédures fiscales, obligatoire avant la notification du premier acte de poursuite devant donner lieu à des frais au sens de l'article 1912 du code général des impôts. Il s'ensuit que le comptable public n'est pas tenu d'adresser une telle mise en demeure préalablement à la notification d'une saisie administrative à tiers détenteur prévue à l'article L. 262 du livre des procédures fiscales dès lors que celle-ci n'est pas un acte de poursuite devant donner lieu à des frais au sens de l'article 1912. Ainsi, si l'administration décide, sans y être tenue, d'adresser une mise en demeure à un contribuable dans cette situation, cet envoi ne constitue pas, dans cette hypothèse, une garantie pour ce contribuable. Dès lors, les éventuelles irrégularités qui auraient pu être commises par l'administration fiscale préalablement à l'envoi de la mise en demeure du 10 décembre 2019 ou qui entacheraient cette dernière, n'ont pas privé M. B d'une garantie dont il puisse se prévaloir et ne peuvent avoir d'influence sur la régularité de la procédure de recouvrement ou sur l'exigibilité de la dette fiscale en litige. Il s'ensuit que ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

6. En troisième lieu, en vertu des articles L. 621-43, L. 621-46 et L. 621-103 du code de commerce alors applicables, à partir de la publication du jugement d'ouverture de la procédure collective tous les créanciers dont la créance a son origine antérieurement au jugement d'ouverture adressent la déclaration de leurs créances dans un délai de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture de la procédure collective, les créanciers n'étant pas admis dans le cas contraire dans les répartitions et dividendes, leurs créances étant alors éteintes, à moins que le juge-commissaire ne les relève de leur forclusion s'ils établissent que leur défaillance n'est pas due à leur fait. La déclaration des créances doit être faite alors même qu'elles ne sont pas établies par un titre. Les créances du Trésor public qui n'ont pas fait l'objet d'un titre exécutoire au moment de leur déclaration sont admises à titre provisionnel pour leur montant déclaré. L'établissement définitif des créances déclarées à titre provisionnel doit, à peine de forclusion, et sous réserve des procédures administratives et judiciaires en cours, être effectué dans le délai fixé à l'article L. 621-103 alors applicable du code de commerce.

7. D'une part, il est constant que, par un jugement du 5 mai 1995, le tribunal de commerce de Senlis a prononcé le redressement judiciaire de la SA Subex. Il résulte de l'instruction que, le 11 août 1995, l'administration fiscale a déclaré dans le délai légal, le jugement du 5 mai 1995 ayant été publié le 13 juin 1995, une créance provisionnelle portant un montant total de 55 810 917 francs composée de dettes de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 1993 au 31 mai 1995, de taxe d'apprentissage et de participation des employeurs à la formation professionnelle au titre des années 1993 et 1994. L'administration fiscale établit, ainsi qu'en atteste l'avis d'inscription sur l'état des créances délivré par le greffe de ce tribunal de commerce le 20 juin 1997, avoir déclaré dans le délai de l'article L. 621-103 du code de commerce alors applicable, fixé à un an par le jugement du 5 mai 1995, une créance définitive sur la SA Subex de 29 825 515 francs, cette déclaration s'opposant à l'extinction de cette créance. La créance provisionnelle demeurant de 26 985 402 francs, n'ayant quant à elle pas été établie définitivement après l'arrêt de la cour d'appel d'Amiens du 12 avril 2001 prononçant son admission à titre provisionnel après un premier refus du juge commissaire du tribunal de commerce de Senlis du 8 janvier 1997, est en revanche forclose et éteinte en application des dispositions citées au point 4 ci-dessus. Par suite, dans la limite de la somme de 29 825 515 francs (4 546 870,45 euros), la créance de l'administration fiscale relative aux impositions mentionnées dans sa déclaration de créance du 11 août 1995 n'était pas éteinte à la date d'émission de la saisie administrative à tiers détenteur en litige.

8. D'autre part, il ressort de l'avis de mise en recouvrement du 4 avril 1996, que l'administration fiscale a, à cette occasion, mis en recouvrement à la charge de la SA Subex, en droits et pénalités, des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée pour les périodes du 1er janvier 1993 au 31 décembre 1994 et du 1er janvier au 31 mai 1995 pour respectivement 28 891 048 francs et 1 227 729 francs. En outre, il résulte de l'instruction, et en particulier de la déclaration définitive de créance du 5 avril 1996 qui se réfère à cet avis de mise en recouvrement, que l'administration fiscale a déclaré à cet égard une créance définitive de 28 408 841 francs. Si le Trésor public a, le 23 avril 1996, déclaré définitivement une autre créance de 1 416 674 francs, elle n'apporte pas les pièces, telles que l'avis de mise en recouvrement du 22 avril précédent auquel cette déclaration fait référence, de nature à déterminer l'imposition dont s'agit. Partant, à supposer que la créance de taxe sur la valeur ajoutée portant sur la période du 1er janvier au 31 mai 1995 ait été intégralement déclarée définitivement le 5 avril 1996, la créance de taxe sur la valeur ajoutée relative à la période du 1er janvier 1993 au 31 décembre 1994 n'était pas éteinte à la date d'émission de la saisie administrative à tiers détenteur en litige dans la limite de 27 181 112 francs, soit 4 143 733,81 euros, pour un montant supérieur à celui réclamé dans l'acte de contrainte litigieux.

9. En quatrième lieu, en vertu de l'article 1745 du code général des impôts, tous ceux qui ont fait l'objet d'une condamnation définitive, prononcée en application des articles 1741, 1742 ou 1743 du code général des impôts, peuvent être solidairement tenus, avec le redevable légal de l'impôt fraudé, au paiement de cet impôt ainsi qu'à celui des pénalités fiscales y afférentes. Le jugement correctionnel devenu définitif déclarant le dirigeant d'une société reconnue coupable de fraude fiscale solidairement responsable du paiement de l'impôt fraudé et des pénalités y afférentes sur le fondement de l'article 1745 du code général des impôts constitue de par sa nature même, en application de l'article 3 de la loi 91-650 du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d'exécution (désormais article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution) un titre exécutoire suffisant pour fonder les poursuites en recouvrement engagées à l'encontre du dirigeant, y compris en l'absence d'éléments dans ce jugement permettant de déterminer le montant des pénalités au paiement desquelles l'intéressé était solidairement tenu.

10. Il résulte de l'instruction que, par une jugement du tribunal de grande instance de Paris, devenu tribunal judiciaire, en date du 25 octobre 1999, M. B, dirigeant de la SA Subex, a été reconnu coupable de soustraction frauduleuse à l'établissement ou au paiement de la taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 1994 et de l'impôt sur les sociétés établi au titre de l'année 1993, ce jugement le condamnant en application de l'article 1745 du code général des impôts au paiement solidaire de ces impôts. En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée, seule visée par la saisie administrative à tiers détenteur du 5 février 2020, il résulte de l'instruction, et notamment de ce jugement, comme des mentions de la signification par voie d'huissier d'un commandement de payer du 28 mars 2000 établi en vertu de ce jugement, que la créance de taxe sur la valeur ajoutée portant sur la période du 1er janvier au 31 décembre 1994 au paiement de laquelle M. B a été jugé solidairement tenu porte en droits sur 30 906 611 francs et au titre des pénalités sur 12 362 764,40 francs. En outre, ainsi que l'indique en défense l'administration fiscale sans être sérieusement contredite, produisant notamment à cet effet différentes attestations de comptables publics corroborées par les autres pièces du dossier, si cette créance a été mise en recouvrement par deux avis de mise en recouvrement des 4 avril 1996 et 20 octobre 1997, une partie de cette dette n'ayant pas été déclarée dans les délais à la procédure collective concernant la SA Subex qui s'est achevée le 6 avril 2011, seul le paiement solidaire de la dette de taxe sur la valeur ajoutée sur cette période mise en recouvrement le 4 avril 1996 a été recherché auprès de M. B. Il résulte de l'instruction que cette créance, portant la référence 9604960, pour sa part relative à la seule année 1994, s'élevait à cette date en droits et intérêts de retard à 17 011 910 francs (2 593 324 euros) et en pénalités à 6 804 435 francs (1 037 329,43 euros). Il s'ensuit qu'en mettant à la charge de M. B dans la saisie administrative à tiers détenteur du 5 février 2020 une somme, en droits et pénalités, de 3 583 737,47 euros, ayant tenu compte de versements effectués par le requérant, l'administration fiscale doit être regardée, d'une part, comme n'ayant pas recherché le paiement solidaire de la dette d'impôt sur les sociétés au paiement de laquelle M. B a également été reconnu comme solidairement tenu par le jugement du 25 octobre 1999, et d'autre part, comme ayant uniquement recherché le paiement solidaire de la créance de taxe sur la valeur ajoutée portant sur la période du 1er au 31 décembre 1994 pour un montant, ainsi qu'il a été dit au point 6 ci-dessus, qui avait été nécessairement déclaré définitivement au cours de la procédure collective de la SA Subex.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les comptables du Trésor qui n'ont fait aucune poursuite contre un contribuable retardataire pendant quatre années consécutives, à partir du jour de la mise en recouvrement du rôle perdent leur recours et sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. / Le délai de quatre ans mentionné au premier alinéa, par lequel se prescrit l'action en vue du recouvrement, est interrompu par tous actes comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous autres actes interruptifs de la prescription ". Aux termes de l'article L. 275 du même livre, alors en vigueur : " La notification d'un avis de mise en recouvrement interrompt la prescription courant contre l'administration et y substitue la prescription quadriennale () / Le délai de quatre ans mentionné au premier alinéa est interrompu dans les conditions indiquées à l'article L 274. ".

12. D'une part, la décision juridictionnelle déclarant, sur le fondement des dispositions de l'article 1745 précitées, qu'une personne par ailleurs condamnée en application des articles 1741, 1742 ou 1743 du code général des impôts est tenue au paiement solidaire de l'impôt fraudé interrompt la prescription de l'action en recouvrement de cet impôt et fait courir, en l'état du droit applicable avant l'entrée en vigueur de l'article 3-1 de la loi du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d'exécution, dans sa rédaction issue de la loi du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile, un nouveau délai de prescription quadriennale à l'encontre du débiteur solidaire. Eu égard au caractère de mesure pénale que revêt la solidarité ainsi prononcée, le nouveau délai de prescription court à compter du jour de lecture de la décision juridictionnelle, sauf dans les cas où le code de procédure pénale prévoit que cette décision doit être signifiée.

13. D'autre part, la reconnaissance par le redevable de l'impôt, de l'exigibilité de sa dette s'entend de tout acte ou de toute démarche par lesquels celui-ci admet son obligation de payer une créance définie par sa nature, son montant et l'identité du créancier.

14. Il n'est pas constaté que la prescription de l'action en recouvrement a été interrompue à l'égard de M. B par le jugement du tribunal de grande instance de Paris, devenu tribunal judiciaire, en date du 25 octobre 1999. Ce jugement, rendu contradictoirement ainsi qu'il le précise, a donc produit son plein effet dès son prononcé ainsi que le prévoit l'article 498 du code de procédure pénale de telle sorte que la prescription quadriennale de l'action en recouvrement des créances en litige a recommencé à courir le 25 octobre 1999 pour un nouveau de délai de quatre ans devant expirer le 25 octobre 2003. L'administration fiscale ayant, le 28 mars 2000, notifié au requérant un commandement de payer valant saisie qui remplissait les conditions énoncées au point 11 ci-dessus, cet acte de poursuite a de nouveau interrompu le cours de la prescription qui devait ainsi échoir le 28 mars 2004. Il résulte de l'instruction que, le 7 avril 2000, à la réception de ce commandement de payer auquel il s'est expressément référé et qui faisait lui-même très clairement référence à sa dette de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 1994 ainsi qu'il a été dit précédemment, M. B a mis en avant son indigence auprès de l'administration et a proposé de procéder à l'apurement de sa dette par un versement mensuel de 1 000 francs, joignant à son courrier un chèque de 2 000 francs. Il doit ainsi être regardé comme ayant sans équivoque admis son obligation de payer une créance définie par sa nature, son montant et l'identité de son créancier. Cet acte comportant une reconnaissance de dette de la part du contribuable a donc interrompu une nouvelle fois le délai de prescription de l'action en recouvrement qui a recommencé à courir jusqu'au 7 avril 2004. Par un nouveau courrier du 28 janvier 2001, M. B s'est une nouvelle fois référé à sa dette telle qu'elle est issue du jugement du 25 octobre 1999 pour ne pas en contester l'exigibilité mais solliciter un étalement de ses paiements. Ce courrier ayant les mêmes caractéristiques que le précédent, il a également interrompu le cours de la prescription qui devait, dès lors, s'achever le 28 janvier 2005. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction que le requérant a chaque année, de 2000 à 2021, participé à l'apurement de ses dettes fiscales, par différents versements. S'il est vrai que le Trésor public détenait d'autres créances que celle en litige dans la présente affaire sur M. B, l'administration fiscale établit, d'une part, que les versements dont s'agit ont été réalisés auprès du service des impôts des entreprises de Vanves et, d'autre part, que ce service était détenteur sur l'intéressé uniquement de cette dette de taxe sur la valeur ajoutée liée à la solidarité au paiement résultant du jugement du 25 octobre 1999. Ces éléments, qui s'insèrent dans un échange nourri avec l'administration fiscale au cours duquel, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. B a reconnu l'exigibilité de sa dette sans équivoque, sont corroborés par d'autres échanges adressés au service des impôts des entreprises de Vanves les 12 juin 2006 et 16 septembre 2019, au cours desquels l'intéressé a fait clairement référence à sa dette fiscale relative au dépôt de bilan de la SA Subex, qu'il distingue lui-même de " l'ensemble de [sa] dette accumulée auprès du Trésor public " dans le premier de ces courriers, courriers par lesquels comme précédemment il évoque ses difficultés financières et la nécessité d'apurer sa dette par des versements réguliers. A cet égard, M. B précise dans le second de ces courriers participer depuis plus de quinze ans à la réduction de sa dette par l'envoi de chèques mensuels. Dans ces circonstances particulières, les différents versements d'acomptes effectués entre 2000 et 2021, et les courriers des 12 juin 2006 et 16 septembre 2019, qui ne peuvent être regardé que comme la reconnaissance par M. B de son obligation de payer une créance définie par sa nature, son montant et l'identité du créancier, ont également eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement. Par suite, à la date du 5 février 2020 à laquelle a été émis la saisie administrative à tiers détenteur querellée, la prescription de l'action en recouvrement n'était pas acquise.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B aux fins de décharge de l'obligation de payer les impositions litigieuses ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la restitution des versements déjà réalisés et à la mise à la charge de l'Etat des frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saih, premier conseiller,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Signé

Z. Saïh

La greffière,

Signé

N. Magen

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2009674

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TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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