mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2009989 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 octobre 2020 et un mémoire du 23 septembre 2022, Mme B, représentée par Me Pierre-Henry Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine du 11 octobre 2019 rejetant le recours administratif qu'elle a formé contre la décision du 13 août 2019 par laquelle la caisse a mis à sa charge un indu d'aide personnalisée au logement de 4 275,03 euros ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 4 275,03 euros ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Hauts de Seine de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Hauts de Seine la somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Desfarges sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le directeur de la caisse n'a pas consulté préalablement la commission de recours amiable ;
- le directeur de la caisse ne lui a pas communiqué le rapport d'enquête de l'agent contrôleur ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision n'est pas conforme aux dispositions de l'article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration relatif aux décisions individuelles prises sur le fondement d'un traitement algorithmique ;
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- le directeur de la caisse a commis une erreur de droit en tenant compte, pour déterminer ses droits, des aides financières versées par sa famille et ses amis ;
- l'absence d'intention frauduleuse de sa part fait obstacle à ce que le remboursement de l'indu puisse lui être demandé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Baude, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme. B demande au tribunal d'annuler la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine du 11 octobre 2019 rejetant le recours administratif qu'elle a formé contre la décision du 13 août 2019 par laquelle la caisse a mis à sa charge un indu d'aide personnalisée au logement de 4 275,03 euros, et de la décharger de l'intégralité de ces sommes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner l'ensemble des moyens de la requête ;
2. Aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve de l'application du 2° de l'article L. 311-5, une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. () ".
3. La caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine ne conteste pas l'affirmation de Mme B selon laquelle que la décision attaquée a été prise sur le fondement d'une formule algorithmique. Par ailleurs, bien que la décision attaquée ait été prise au terme d'une enquête conduite par un agent assermenté de telles investigations ne sont pas par nature exclusives de l'emploi complémentaire d'une formule algorithmique pour déterminer les droits et les obligations de l'allocataire. En outre une décision de récupération d'indu n'est pas non plus en tant que telle insusceptible de résulter de l'emploi d'une formule algorithmique. Dans ces conditions Mme B est fondée à soutenir que la décision attaquée qui ne comporte pas la mention visée à l'article L. 313-3-1 précité est entachée d'un vice forme.
4. L'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, dans sa version applicable au litige, dispose : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Aux termes de l'article R. 823-24 du même code : " Les dispositions des articles R. 133-9-2, () du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des indus. ".
Aux termes de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale : " L'action en recouvrement de prestations indues s'ouvre par l'envoi au débiteur par le directeur de l'organisme compétent d'une notification de payer le montant réclamé par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception. Cette lettre précise le motif, la nature et le montant des sommes réclamées et la date du ou des versements donnant lieu à répétition. Elle mentionne l'existence d'un délai de deux mois imparti au débiteur pour s'acquitter des sommes réclamées et les modalités selon lesquelles les indus de prestations pourront être récupérés, le cas échéant, par retenues sur les prestations à venir. Elle indique les voies et délais de recours ainsi que les conditions dans lesquelles le débiteur peut, dans le délai mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 142-1, présenter ses observations écrites ou orales. A l'expiration du délai de forclusion prévu à l'article R. 142-1 ou après notification de la décision de la commission instituée à ce même article, le directeur de l'organisme créancier compétent, en cas de refus du débiteur de payer, lui adresse par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception une mise en demeure de payer dans le délai d'un mois qui comporte le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées, la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement, les voies et délais de recours et le motif qui, le cas échéant, a conduit à rejeter totalement ou partiellement les observations présentées. ". Aux termes de l'article L. 351-14 du code de la construction et de l'habitation dans sa version applicable au litige : " () Le directeur de l'organisme payeur statue, après avis de la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, sur : () 2° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre de l'aide personnalisée au logement ou de la prime de déménagement. / Les recours relatifs à ces décisions sont portés devant la juridiction administrative ".
5. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un allocataire de l'aide personnalisée au logement exerce un recours administratif à l'encontre de la décision de la caisse d'allocations familiales de récupérer tout ou partie de cette aide, le directeur de la caisse doit, avant de se prononcer sur ce recours, consulter pour avis la commission de recours amiable.
6. La caisse d'allocations des Hauts-de-Seine a informé le 13 août 2019 Mme B de sa décision de récupérer un indu d'aide personnalisée au logement perçu par l'intéressée du 1er août 2016 au 31 juillet 2019. La requérante a exercé à l'encontre de cette décision un recours administratif préalable le 13 septembre 2019, par lequel elle conteste le fondement de la décision de récupération en tant qu'elle intègre des aides familiales dans ses ressources de référence et demande à la caisse de retirer cette décision et de la rétablir dans ses droits. Ce recours a fait l'objet d'une décision explicite de rejet le 11 octobre 2019. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que la commission de recours amiable a été consultée pour avis sur ce recours avant que la décision de rejet n'intervienne. Dès lors Mme B est fondée à soutenir que la décision est entachée également d'un vice de procédure de nature à entraîner l'annulation de la décision litigieuse.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine du 11 octobre 2019 doit être annulée et que Mme B doit être déchargée de l'obligation de payer la somme de 4 275,03 euros.
Sur les conclusions aux fins de décharge et les conclusions aux fins d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. "
9. L'annulation de la décision attaquée, eu égard à ses motifs, implique nécessairement que la caisse d'allocations familiales réexamine la situation de la requérante dans le respect des règles de procédure et de forme susmentionnées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer à deux mois à compter de la notification du jugement le délai dans lequel ce réexamen doit intervenir.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, en application de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, le versement à Me Desfarges de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine du 11 octobre 2019 est annulée.
Article 2 :Mme B est déchargée de l'obligation de payer la somme de 4 275,03 euros.
Article 3 :Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de réexaminer la situation de Mme B dans les deux mois de la notification du jugement.
Article 4 : la caisse d'allocations familiales versera en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 000 euros à Me Desfarges, avocat de Mme B.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à Mme B, à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine et à Me Desfarges.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. Louvel, premier conseiller,
M. Baude, premier conseiller,
Assistés de Mme C.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
F.-E. Baude Le président,
signé
P. Thierry
La greffière,
signé
S. C
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 20099892
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026