mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2010173 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | TZIKAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 octobre 2020 et 22 juin 2021, M. B D, représenté par Me Tzikas, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la souscription au capital du 2 septembre 2016 et l'avance en compte courant dans la société par actions simplifiée (SAS) UJ Media, la souscription au capital et les avances en compte courant dans la SAS Loyd et Davis, la souscription au capital du 29 janvier 2016 dans la SAS Busjet ainsi que la souscription au capital du 14 février 2016 dans la société à responsabilité limitée (SARL) Callixo concernent des activités économiques et sont éligibles au dispositif de report d'imposition prévu à l'article l'article 150-0 B ter du code général des impôts ;
- c'est à tort que l'administration fiscale a considéré que seules les souscriptions en capital dans des sociétés qu'il ne contrôlait pas déjà étaient éligibles à ce dispositif ;
- c'est à tort que l'administration a considéré que la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) ADT Invest n'avait pas réinvesti plus de 50 % du produit de la cession de titres réalisée le 28 janvier 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillier, rapporteur,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 janvier 2016, M. D a apporté à la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) ADT Invest, dont il était l'unique actionnaire, 400 parts qu'il détenait dans la SARL Foncière de la vallée de Chevreuse et a reçu en contrepartie 95 000 actions de la SASU ADT Invest d'une valeur unitaire de 10 euros, soit une valeur totale de 950 000 euros. Le 28 janvier 2016, la SASU ADT Invest a cédé les 400 parts de la SARL Foncière de la vallée de Chevreuse qu'elle avait reçues en apport à cette même SARL, moyennant un prix de 950 000 euros. La SASU ADT Invest a réinvesti une partie du produit de cette vente, d'une part, dans des prises de participation dans cinq sociétés, la SAS Busjet, la SAS Lloyd et Davis, la SAS UJ Media, la SARL Callixo et la SAS Bien Vivre A, réalisées du 29 janvier 2016 au 7 décembre 2017 pour un montant total de 451 738 euros, et, d'autre part, dans des apports en compte courant à la SAS UJ Media et à la SAS Lloyd et Davis, effectués du 23 mars au 10 août 2016 pour un montant total de 150 000 euros. M. D, qui a entendu bénéficier du régime du report d'imposition prévu à l'article 150-0 B ter du code général des impôts, a déclaré au titre de ses revenus de l'année 2016 la plus-value réalisée par lui, d'un montant de 139 135 euros, en s'engageant, par la SASU ADT Invest, à réinvestir au moins 50 % du produit de la cession dans une activité économique dans un délai de deux ans à compter de la cession des titres. L'administration, qui a effectué un contrôle sur pièces de la situation fiscale du contribuable portant sur les années 2015 et 2016, a estimé que les investissements réalisés par la SASU ADT Invest par avances en compte courant ainsi que par certaines des souscriptions en capital n'étaient pas éligibles au dispositif de report d'imposition et que cette société devait donc être regardée comme n'ayant réinvesti que 45,06 % du produit de la cession dans des activités économiques. L'administration a donc réintégré une plus-value d'un montant de 139 135 euros dans les revenus imposables de M. D au titre de l'année 2016, et lui a notifié, en conséquence, par une proposition de rectification du 20 décembre 2018, des rehaussements d'impôt sur le revenu et de contributions sociales d'un montant total de 90 135 euros en droits et pénalités au titre de l'année 2016, lesquels ont été intégralement maintenus par une réponse aux observations du contribuable du 4 avril 2019. L'administration ayant rejeté, par décision du 29 mai 2020, la réclamation préalable de M. D du 30 mars 2020, ce dernier demande, par la présente requête, la décharge des suppléments d'imposition auxquels il a ainsi été assujetti au titre de l'année 2016.
2. Aux termes de l'article 150-0 B ter du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - L'imposition de la plus-value réalisée, directement ou par personne interposée, dans le cadre d'un apport de valeurs mobilières, de droits sociaux, de titres ou de droits s'y rapportant tels que définis à l'article 150-0 A à une société soumise à l'impôt sur les sociétés ou à un impôt équivalent est reportée si les conditions prévues au III du présent article sont remplies. Le contribuable mentionne le montant de la plus-value dans la déclaration prévue à l'article 170. () / Il est mis fin au report d'imposition à l'occasion : () / 2° De la cession à titre onéreux, du rachat, du remboursement ou de l'annulation des titres apportés, si cet événement intervient dans un délai, décompté de date à date, de trois ans à compter de l'apport des titres. Toutefois, il n'est pas mis fin au report d'imposition lorsque la société bénéficiaire de l'apport cède les titres dans un délai de trois ans à compter de la date de l'apport et prend l'engagement d'investir le produit de leur cession, dans un délai de deux ans à compter de la date de la cession et à hauteur d'au moins 50 % du montant de ce produit, dans le financement d'une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière, à l'exception de la gestion d'un patrimoine mobilier ou immobilier, dans l'acquisition d'une fraction du capital d'une société exerçant une telle activité, sous la même exception, et qui a pour effet de lui en conférer le contrôle au sens du 2° du III du présent article, ou dans la souscription en numéraire au capital initial ou à l'augmentation de capital d'une ou plusieurs sociétés répondant aux conditions prévues au b du 3° du II de l'article 150-0 D bis. Le non-respect de la condition de réinvestissement met fin au report d'imposition au titre de l'année au cours de laquelle le délai de deux ans expire ; (). ".
3. Ces dispositions instaurent sous certaines conditions un mécanisme de report d'imposition de plein droit des plus-values réalisées lors d'opérations d'apport de titres à une société soumise à l'impôt sur les sociétés, contrôlée par l'apporteur. En cas de cession par la société bénéficiaire de l'apport des titres dans un délai de trois ans à compter de l'apport, il n'est toutefois pas mis fin au bénéfice de ce report d'imposition si la société prend l'engagement de réinvestir 50 % du produit de la cession dans un délai de deux ans à compter de celle-ci dans une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière, en vertu du 2° du I de l'article 150-0-B ter du code général des impôts précité. En l'absence de circonstances particulières de nature à lui retirer son caractère patrimonial, ne constitue pas un investissement dans une des activités mentionnées par ces dispositions une avance en compte courant consentie par le bénéficiaire du report d'imposition à la société exerçant une de ces activités.
4. En premier lieu, s'agissant des avances en compte courant à la SAS Lloyd et Davis, d'un montant total de 17 000 euros, si le requérant fait valoir qu'elles avaient pour but de répondre à un besoin de trésorerie pressant, avec un but de restructuration économique, ces seules affirmations ne permettent pas, en l'absence de toute pièce probante jointe au dossier, de justifier précisément de l'utilisation des différentes sommes avancées pour ces besoins de trésorerie, ni d'établir, a fortiori, que chacune des sommes avancées en compte courant par la SASU ADT Invest a été affectée à l'acquisition d'éléments actifs ou à la réalisation de travaux. Par suite, ces opérations, qui relèvent de la gestion patrimoniale, ne concernaient pas une activité économique et ne pouvaient, par suite, être éligibles au dispositif prévu à l'article 150-0 B ter du code général des impôts.
5. En second lieu, s'agissant des avances en compte courant à la SAS UJ Media, le requérant, qui fait valoir les mêmes éléments que ceux indiqués au point précédent pour soutenir que ces avances concernaient une activité économique, ne justifie pas plus, en l'absence de pièces probante, de l'utilisation de la somme avancée pour les besoins de trésorerie et de restructuration allégués. Par suite, ces opérations, qui relèvent de la gestion patrimoniale, ne concernaient pas une activité économique et ne pouvaient, par suite, être éligibles au dispositif prévu à l'article 150-0 B ter du code général des impôts.
6. Il suit de là que le taux de réinvestissement éligible au dispositif prévu à l'article 150-0 B ter du code général des impôts s'élève, en l'espèce, au mieux à 47,55 % %, soit un taux inférieur au seuil de 50 % prévu par ce dispositif. Pour ce seul motif, c'est donc à bon droit que l'administration fiscale a pu réintégrer la somme de 139 135 euros dans les revenus imposables de M. D au titre de l'année 2016.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de M. D doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
M. C et M. A, premiers conseillers,
Assistés de Mme Tainsa, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
S. C
Le président,
signé
C. Huon La greffière,
signé
A. Tainsa
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2010173
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026